Iran: démission du vice-président Mohammad Javad Zarif

Le président iranien nouvellement élu Massoud Pezeshkian (à droite) et l'ancien ministre des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (à gauche) visitent le sanctuaire du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeini, dans le sud de Téhéran, le 6 juillet 2024. (AFP)
Le président iranien nouvellement élu Massoud Pezeshkian (à droite) et l'ancien ministre des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (à gauche) visitent le sanctuaire du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeini, dans le sud de Téhéran, le 6 juillet 2024. (AFP)
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Publié le Lundi 12 août 2024

Iran: démission du vice-président Mohammad Javad Zarif

  • M. Zarif, qui avait été nommé à ce poste début août par le président réformateur Massoud Pezeshkian récemment élu, a dit avoir démissionné "pour éviter tout soupçon (...) de perturber le travail du gouvernement".
  • Dimanche, le président Pezeshkian a soumis pour approbation au Parlement les membres de son gouvernement mais la liste des ministres ne comprenait qu'une seule femme, aucun jeune ni aucune minorité.

TEHERAN : L'ancien chef de la diplomatie iranienne et architecte de l'accord sur le nucléaire côté iranien, Mohammad Javad Zarif, a démissionné de ses fonctions d'adjoint au président dans les affaires stratégiques, a-t-il annoncé lundi sur X.

M. Zarif, qui avait été nommé à ce poste début août par le président réformateur Massoud Pezeshkian récemment élu, a dit avoir démissionné "pour éviter tout soupçon (...) de perturber le travail du gouvernement".

Proche des réformateurs mais sans étiquette politique, M. Zarif était le chef de la diplomatie iranienne de 2013 à 2021 dans le gouvernement modéré de Hassan Rohani. Il était figure de proue de la campagne électorale de M. Pezeshkian et a joué un rôle clé dans sa victoire.

Après son élection, Massoud Pezeshkian a chargé M. Zarif de former un comité afin de proposer au président des candidats pour la formation du conseil des ministres.

Lors de sa campagne, il avait promis d'accroître la représentation des femmes, des jeunes et des minorités ethniques et religieuses, en particulier des sunnites, au sein du gouvernement.

Dimanche, le président Pezeshkian a soumis pour approbation au Parlement les membres de son gouvernement mais la liste des ministres ne comprenait qu'une seule femme, aucun jeune ni aucune minorité.

"Je suis désolé de ne pas avoir pu mettre en oeuvre (...) l'avis des experts du comité et parvenir à l'inclusion des femmes, des jeunes et des groupes ethniques, comme je l'avais promis", a regretté M. Zarif.

Il a ajouté en outre qu'il avait subi des pressions après sa nomination au poste de vice-président car ses enfants détiennent la nationalité américaine.

Une loi iranienne promulguée en octobre 2022 interdit la nomination de ceux "qui eux-mêmes, leurs enfants ou leur conjoint ont la double nationalité" à des emplois et postes sensibles.

Ces derniers jours, des réformateurs ont critiqué le cabinet proposé par M. Pezeshkian pour ces mêmes raisons ainsi que pour l'inclusion de conservateurs.

M. Zarif a été l'architecte de l'accord sur le nucléaire côté iranien conclu en 2015 entre Téhéran et la communauté internationale visant à accorder à l'Iran un allègement des sanctions en échange de limites sur son programme nucléaire. Mais le pacte a commencé à s'effilocher en 2018, lorsque l'ex-président Donald Trump en a retiré les Etats-Unis et a réimposé des sanctions.

Durant la campagne, M. Pezeshkian avait plaidé pour un Iran plus ouvert au monde afin de sortir son pays de l'"isolement" et promis de relancer l'accord pour lever les sanctions.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.