Un ministre israélien d'extrême droite prie sur l'esplanade des Mosquées, tollé international

Une capture d'écran tirée d'une séquence AFPTV montre le ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (AFP)
Une capture d'écran tirée d'une séquence AFPTV montre le ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (AFP)
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Publié le Mercredi 14 août 2024

Un ministre israélien d'extrême droite prie sur l'esplanade des Mosquées, tollé international

  • Le ministre israélien Itamar Ben Gvir, colon d'extrême droite habitué des provocations, a prié mardi comme quelque 3.000 fidèles juifs sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est
  • "Provocation inutile" ou "inacceptable", l'ONU, l'Union européenne, les Etats-Unis et plusieurs pays musulmans ont dénoncé l'attitude du chef du parti d'extrême droite Force juive

JERUSALEM: Le ministre israélien Itamar Ben Gvir, colon d'extrême droite habitué des provocations, a prié mardi comme quelque 3.000 fidèles juifs sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, déclenchant aussitôt l'ire de la communauté internationale.

"Provocation inutile" ou "inacceptable", l'ONU, l'Union européenne, les Etats-Unis et plusieurs pays musulmans ont dénoncé l'attitude du chef du parti d'extrême droite Force juive.

Située dans le secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël, l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, est bâtie sur les ruines du second temple juif, détruit en l'an 70 par les romains. Pour les juifs, c'est le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme.

Ministre israélien de la Sécurité nationale, M. Ben Gvir s'y est filmé mardi à l'occasion de Ticha Beav, commémoration juive de la destruction des deux Temples, appelant notamment à "battre" le Hamas plutôt qu'à négocier avec le mouvement islamiste palestinien, sur fond de guerre dans la bande de Gaza.

Mardi matin, durant les quelques heures d'ouverture de l'esplanade aux non-musulmans, "environ 2.250 juifs ont prié, dansé et hissé le drapeau israélien" sur le site, a rapporté à l'AFP un responsable du Waqf, l'administration jordanienne des Biens religieux musulmans à Jérusalem.

Lors du second créneau alloué aux non-musulmans dans l'après-midi, "plus de 700 juifs y ont prié", selon cette même source sous couvert d'anonymat.

- "Comportement qui n'aide pas" -

En vertu d'un statu quo décrété après la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967, les non-musulmans peuvent se rendre sur l'esplanade des Mosquées, qui abrite le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa, à des heures précises, sans y prier, une règle de moins en moins suivie par certains juifs nationalistes.

Si le lieu est administré par la Jordanie, son accès est contrôlé par les forces de sécurité israéliennes.

Dans une vidéo qu'il a postée en ligne, M. Ben Gvir se félicite de "grands progrès sur la gouvernance, la souveraineté et le nombre de juifs qui prient", en allusion au nombre important de fidèles qui ont pu mener des rituels sur l'esplanade sans être inquiétés par les forces de sécurité israéliennes.

Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Farhan Haq, s'est dit "contre toute tentative de changer le statu quo lié aux lieux saints".

"Ce type de comportement n'aide pas et c'est une provocation inutile", a-t-il ajouté.

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé un "évènement" qui constitue "une exception au statu quo".

"La politique d'Israël sur le Mont du Temple n'a pas changé", a-t-il assuré, estimant que "ni le ministre de la Sécurité nationale ni aucun autre ministre" ne pouvait la modifier seul.

M. Ben Gvir a été inculpé plus de 50 fois dans sa jeunesse pour incitation à la violence ou pour des discours de haine, et condamné en 2007 pour soutien à un groupe terroriste et incitation au racisme.

"Le bureau du Premier ministre Netanyahu a dit clairement que les actes du ministre (Itamar) Ben Gvir n'étaient pas conformes à la politique israélienne. Nous attendons du gouvernement d'Israël qu'il empêche de tels incidents à l'avenir", s'est exprimé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué, fustigeant "le mépris flagrant" manifesté par le ministre.

Plus tôt, un porte-parole du département d'Etat américain, Vedant Patel, avait qualifié cet événement d'"inacceptable", survenu dans "un moment vital, alors que nous travaillons à conclure un accord de cessez-le-feu" à Gaza.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne a dénoncé des "provocations", terme également employé par la diplomatie française qui a qualifié d'"inacceptable" la visite du ministre d'extrême droite.

La Jordanie a condamné "la prise d'assaut" de l'esplanade par M. Ben Gvir et des députés israéliens "sous la protection de la police d'occupation israélienne".

- "Incursions" -

Amman y a vu "des violations continues du statu quo historique et juridique à Jérusalem et ses lieux saints", alors que Paris a condamné une "nouvelle provocation inacceptable".

Le responsable du Waqf a indiqué pour sa part à l'AFP que "la police israélienne n'avait laissé entrer que quelques fidèles musulmans, imposant des restrictions à l'entrée à al-Aqsa" mardi.

M. Ben Gvir "supervise la judaïsation" du lieu saint hautement sensible "et contribue à changer la situation à Al-Aqsa (...) au lieu de respecter les traités internationaux sur le statu quo avec la Jordanie", a-t-il accusé.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a dénoncé une "escalade" et des "provocations", évoquant des "incursions illégales (...) pour préparer l'imposition d'un contrôle israélien total et une judaïsation" des lieux "en violation du droit international".

Plusieurs capitales arabes, la Turquie et l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ont également vivement condamné ces "incursions".

Sur l'esplanade, M. Ben Gvir a aussi évoqué la guerre à Gaza, affirmant qu'il fallait "gagner cette guerre, ne pas aller à des discussions à Doha ou au Caire", les négociateurs régionaux qui, avec les Etats-Unis, poussent pour une trêve.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.