Israël a accepté le plan pour une trêve selon Blinken qui appelle le Hamas à « faire de même »

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'adresse aux membres de la presse à l'hôtel David Kempinski à Tel Aviv le 19 août 2024. (AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'adresse aux membres de la presse à l'hôtel David Kempinski à Tel Aviv le 19 août 2024. (AFP)
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Publié le Mardi 20 août 2024

Israël a accepté le plan pour une trêve selon Blinken qui appelle le Hamas à « faire de même »

  • Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a assuré, lundi, à Tel-Aviv, que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou lui avait « confirmé qu'Israël acceptait le plan de compromis » de Washington pour une trêve dans la bande de Gaza
  • Washington avait soumis, vendredi, à Doha, une nouvelle proposition de compromis, qui prévoit dans une première phase une trêve de six semaines accompagnée d'un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza

TEL-AVIV: Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a assuré lundi à Tel-Aviv que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lui avait "confirmé qu'Israël acceptait le plan de compromis" de Washington pour une trêve dans la bande de Gaza, affirmant qu'il "incombait" désormais au Hamas "d'en faire de même".

Les pourparlers sont à "un moment décisif", avait déclaré plus tôt M. Blinken à l'occasion de son neuvième voyage dans la région depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée le 7 octobre par Israël après une attaque d'une ampleur inédite du mouvement islamiste palestinien sur son sol et au cours de laquelle des otages ont été capturés.

Il s'agit "peut-être de la dernière occasion de ramener les otages chez eux" et "d'obtenir un cessez-le-feu", a-t-il ajouté, appelant à ne "pas faire dérailler le processus" des pays médiateurs --Etats-Unis, Qatar et Egypte-- pour une trêve assortie d'une libération des otages, alors qu'Israël et le Hamas s'accusent mutuellement de faire échouer les négociations.

Washington avait soumis vendredi à Doha une nouvelle proposition de compromis, qui prévoit dans une première phase une trêve de six semaines accompagnée d'un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza et la libération d'un certain nombre d'otages.

Le Hamas, qui n'a pas participé à ces négociations et qui a rejeté la nouvelle proposition américaine, a jugé qu'elle "répondait aux conditions posées par Netanyahu". Il a évoqué notamment "l'insistance" israélienne à maintenir des troupes à la frontière de Gaza avec l'Egypte et des "nouvelles conditions sur le dossier" des prisonniers palestiniens détenus par Israël susceptibles d'être échangés contre des otages.

Arrivé dimanche en Israël, M. Blinken doit se rendre mardi en Egypte, où les médiateurs doivent reprendre leurs discussions cette semaine, avant d'aller ensuite au Qatar.

Israël a promis d'envoyer une délégation aux prochaines négociations, selon M. Blinken.

- "Pas de vainqueur" -

L'étau se resserre en Israël où une nouvelle manifestation s'est tenue à Tel-Aviv pour réclamer un accord. "La guerre n'a pas de vainqueur", pouvait-on lire sur l'une des nombreuses pancartes brandies lors du rassemblement, d'après des images de l'AFP.

Benjamin Netanyahu a déclaré lundi vouloir la libération du "maximum d'otages vivants" dès la première phase du plan en trois phases proposé par les Etats-Unis.

La veille, il avait appelé à "diriger la pression sur le Hamas", au pouvoir à Gaza depuis 2007 et qu'Israël considère au même titre que les Etats-Unis et l'Union européenne comme une organisation terroriste.

Il a dénoncé un "refus obstiné" du mouvement de conclure un accord, après les deux jours de négociations à Doha entre la partie israélienne et les médiateurs.

De son côté, le Hamas a affirmé lui faire porter "l'entière responsabilité d'avoir fait échouer les efforts des médiateurs et fait obstruction à un accord".

Si la guerre ne connaît pas de répit à Gaza, elle a aussi exacerbé les tensions au-delà du petit territoire palestinien assiégé.

L'arrivée de M. Blinken en Israël a coïncidé avec un "attentat terroriste" qui a "blessé légèrement un passant" à Tel-Aviv dimanche, selon la police israélienne. Le Hamas et le Jihad islamique, autre groupe armé palestinien, ont revendiqué cette attaque et menacé d'en commettre d'autres en Israël.

Le conflit a aussi provoqué une flambée des violences en Cisjordanie occupée, notamment entre Palestiniens et colons juifs, contre qui M. Blinken a demandé aux dirigeants israélien d'agir.

A sa frontière nord, Israël échange quasi-quotidiennement des tirs avec le Hezbollah libanais, allié du Hamas. L'armée israélienne a indiqué lundi qu'un de ses soldats était "tombé au combat" tandis que le mouvement islamiste pro-iranien a annoncé la mort de deux de ses combattants.

Pour les Etats-Unis, un cessez-le-feu aiderait aussi à éviter une éventuelle attaque de l'Iran et de ses alliés contre Israël, après leurs menaces de riposter à l'assassinat, imputé à Israël, du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh à Téhéran le 31 juillet, et à celui du chef militaire du Hezbollah libanais, Fouad Chokr, tué la veille dans une frappe israélienne près de Beyrouth.

"Nous travaillons pour nous assurer qu'il n'y a pas d'escalade ni de provocations ni aucune action qui pourrait d'une manière ou d'une autre nous éloigner de cet accord ou élargir le conflit à d'autres endroits", a assuré M. Blinken.

- Vaccins contre la polio -

Pendant ce temps, les frappes israéliennes se poursuivent sans relâche dans la bande de Gaza. Lundi, une source médicale a fait état de trois morts dans le bombardement d'une maison à l'est de Khan Younès (sud).

La guerre a déplacé la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants du territoire et provoqué un désastre humanitaire et sanitaire.

Le secrétaire d'Etat américain a assuré lundi qu'Israël avait accepté de soutenir les efforts en vue de vacciner les enfants gazaouis contre la polio après un appel de l'ONU face au premier cas confirmé depuis 25 ans dans le territoire palestinien.

L'ONU avait réclamé vendredi des "pauses humanitaires" d'une semaine pour vacciner plus de 640.000 enfants.

L'attaque du Hamas le 7 octobre dans le sud d'Israël a entraîné la mort de 1.198 personnes côté israélien, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. Sur 251 personnes enlevées ce jour-là, 111 sont toujours retenues à Gaza dont 39 déclarées mortes par l'armée.

L'offensive israélienne dans la bande de Gaza a fait au moins 40.139 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui ne détaille pas le nombre des civils et des combattants tués.


Les Etats-Unis suppriment un statut de protection pour les exilés yéménites

La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire. (Reuters)
La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire. (Reuters)
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  • Les États‑Unis ont annoncé la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants yéménites, accordé depuis 2015 en raison du conflit armé, avec une mise en œuvre prévue dans 60 jours selon le Département de la Sécurité intérieure
  • Cette décision reflète une politique plus large du gouvernement américain visant à réduire les protections humanitaires pour les migrants

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé vendredi mettre fin au statut de protection accordé aux exilés originaires du Yémen, qui était en vigueur depuis dix ans.

La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé que le statut de protection temporaire (TPS), initialement accordé aux ressortissants de ce pays en septembre 2015 en raison du conflit armé qui y sévit, prendrait fin dans 60 jours.

Le TPS permet à un petit nombre de personnes de vivre et de travailler aux États-Unis si elles sont considérées comme étant en danger en cas de retour dans leur pays d'origine, en raison d'une guerre, d'une catastrophe naturelle ou d'autres circonstances exceptionnelles.

Environ 1.400 Yéménites bénéficient de ce statut aux Etats-Unis.

L'administration Trump a déjà supprimé les protections TPS de nombreux Etats, comme le Venezuela, Haïti ou le Népal, dans le cadre de sa politique drastique visant à réduire l'immigration.

Le Yémen est un des pays les plus pauvres du monde et fait face à une guerre civile depuis 2014.

"Après avoir examiné la situation dans le pays et consulté les agences gouvernementales américaines compétentes, j'ai déterminé que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire", a déclaré Mme Noem dans un communiqué.

"Permettre aux bénéficiaires du TPS yéménites de rester temporairement aux États-Unis est contraire à notre intérêt national", a ajouté la ministre.

Les bénéficiaires du TPS yéménite qui n'ont aucune autre base légale pour rester aux États-Unis ont 60 jours pour quitter le territoire américain, sous peine d'être arrêtés, précise le communiqué, promettant un billet d'avion gratuit et une "prime de départ" de 2.600 dollars à ceux qui partiront de leur plein gré.


Iran: Trump évoque désormais un renversement du pouvoir

Le président Donald Trump avant d’embarquer à bord de l’Air Force One après une visite de la base de l’armée américaine de Fort Bragg, vendredi. (AFP)
Le président Donald Trump avant d’embarquer à bord de l’Air Force One après une visite de la base de l’armée américaine de Fort Bragg, vendredi. (AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a évoqué un possible renversement du régime iranien tout en envoyant un deuxième porte-avions dans le Golfe, sur fond de négociations difficiles avec Téhéran
  • Les manifestations en Iran, réprimées début janvier, ont fait des milliers de morts et plus de 53.000 arrestations ; Reza Pahlavi appelle à de nouvelles mobilisations internationales et à l’intérieur du pays pour faire pression sur le régime

WASHINGTON: Donald Trump a évoqué ouvertement vendredi un renversement du pouvoir en Iran, sur fond de difficile dialogue entre Washington et Téhéran sur les capacités nucléaires et balistiques de la République islamique.

Le président américain, qui oscille entre promesses d'une issue négociée et menaces militaires, avait peu auparavant confirmé l'envoi "très bientôt" d'un deuxième porte-avions américain dans la région.

"Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver", a dit le président américain à des journalistes qui l'interrogeaient sur éventualité d'un "changement de régime".

"Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps nous avons perdu beaucoup de vies", a ajouté le dirigeant républicain, en quittant la base militaire de Fort Bragg (Caroline du Nord, sud-est).

Reza Pahlavi, le fils exilé du dernier chah d'Iran, a lui appelé les Iraniens à de nouvelles actions de protestation, après la vague de mobilisation réprimée dans le sang début janvier, parallèlement à des rassemblements prévus samedi à l'étranger.

Le président américain avait brandi la menace d'une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts.

Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un accord, notamment sur le dossier nucléaire.

- "Traumatisantes" -

Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris le 6 février à Oman mais leur poursuite demeure incertaine tant les positions restent éloignées.

Washington, encouragé par Israël, veut également limiter le programme de missiles balistiques de l'Iran et mettre fin au soutien à des groupes armées dans la région.

L'Iran de son côté ne veut parler que du programme nucléaire et insiste pour conserver des capacités de raffinage d'uranium.

Faute d'accord, Donald Trump a menacé jeudi le pays de conséquences "traumatisantes", en rappelant le bombardement par les Etats-Unis de sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.

A l'époque, le président américain avait déjà évoqué en termes confus un possible changement du pouvoir en Iran mais avait ensuite rejeté cette idée, jugeant que cela apporterait du "chaos".

Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et de ses navires d'escorte, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit donc les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Les cibles que Washington pourrait viser dans le cas d'une intervention ne sont pas claires non plus.

Le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, a lui indiqué vendredi qu'un accord entre l'AIEA et Téhéran sur les inspections du programme nucléaire était "possible", mais "terriblement difficile".

- Répression -

L'Iran avait refusé en novembre que l'AIEA inspecte ses différents sites bombardés en juin.

Dans le même temps, Reza Pahlavi, qui vit aux Etats-Unis et n'a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, a appelé à manifester samedi à Munich, Toronto et Los Angeles pour réclamer une action internationale contre l'Iran.

Dans un message publié sur X, le fils exilé du dernier chah a exhorté en outre les Iraniens de l'intérieur à s'associer à ces manifestations en scandant, samedi et dimanche, des slogans depuis leurs fenêtres et leurs toits.

Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7.008 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées lors des protestations, début janvier, et plus de 53.000 personnes ont été arrêtées depuis.

Si quelques figures du courant réformateur ont été libérées, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) des centaines de personnes sont poursuivies pour des chefs d'accusation liés aux manifestations, qui pourraient aboutir à leur condamnation à mort.

Selon les autorités iraniennes, les manifestations ont fait plus de 3.000 morts, en grande majorité des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des "terroristes", à la solde selon Téhéran d'Israël et des Etats-Unis.


Merz et Macron évoquent leur discussion sur la dissuasion nucléaire avant un discours français

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E-3, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E-3, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
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  • Le chancelier Friedrich Merz a confirmé des discussions avec Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire européenne, alors que la France envisage d’articuler sa doctrine nationale avec des intérêts de sécurité communs à certains pays européens
  • Berlin insiste pour que toute évolution s’inscrive strictement dans le cadre de l’OTAN et refuse l’émergence de niveaux de protection nucléaire différenciés entre États européens

MUNICH: Le chancelier allemand Friedrich Merz a évoqué vendredi ses "discussions confidentielles" avec Emmanuel Macron sur "la dissuasion nucléaire européenne", le président français envisageant d'"articuler" la "doctrine nationale" française avec des "intérêts de sécurité communs" de certains pays européens.

La France est le seul pays de l'Union européenne, et le seul pays européen avec le Royaume-Uni, à disposer de l'arme nucléaire. Tous les autres pays sont protégés par la dissuasion élargie américaine dans le cadre l'alliance atlantique Otan.

Emmanuel Macron doit prononcer fin février un important et rare discours mettant à jour la doctrine nucléaire française, alors que plusieurs voix en Europe ont appelé à réfléchir à de nouvelles pistes pour protéger le Vieux continent.

Mais le chancelier allemand a estimé qu'il ne fallait pas que ces réflexions aboutissent à créer des différences de protection nucléaire entre Européens.

Toute dissuasion nucléaire européenne doit "s'inscrire strictement dans le cadre de notre participation nucléaire à l'Otan. Et nous ne laisserons pas apparaître en Europe des zones de sécurité différentes", a-t-il mis en garde.

Les Etats-Unis, qui ont assumé depuis des décennies la protection de l'Europe tandis que les pays du Vieux Continent réduisaient leurs dépenses de défense, exigent désormais de leurs alliés qu'ils se prennent en main. Dans le même temps, la Russie a envahi l'Ukraine, menant une guerre en Europe protégée par son propre arsenal nucléaire.

Interrogé sur le sujet à Munich, le président français a expliqué envisager d'"articuler" la "doctrine nationale, qui est garantie et contrôlée par la Constitution, avec des coopérations spéciales, des excercices communs, et des intérêts de sécurité communs avec certains pays-clés".

"C'est exactement ce que nous faisons pour la première fois de l'histoire avec l'Allemagne", a-t-il dit.

Selon lui, la dissuasion doit être "articulée dans une approche holistique de défense et sécurité". "C'est une manière de créer de la convergence dans notre approche statégique et culture stratégique entre l'Allemagne et la France", a-t-il ajouté.