Iran: le Parlement approuve la composition du cabinet du président Pezeshkian

Des membres du parlement iranien votent sur les nominations proposées par le président nouvellement élu après un discours lors d'une session spéciale à Téhéran, le 21 août 2024. (Photo AFP)
Des membres du parlement iranien votent sur les nominations proposées par le président nouvellement élu après un discours lors d'une session spéciale à Téhéran, le 21 août 2024. (Photo AFP)
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Publié le Mercredi 21 août 2024

Iran: le Parlement approuve la composition du cabinet du président Pezeshkian

  • Les députés ont voté en faveur des 19 ministres choisis par M. Pezeshkian lors d'une séance retransmise par la télévision d'Etat.
  • M. Pezeshkian a aussi nommé Farzaneh Sadegh, diplômée en urbanisme et qui a exercé des responsabilités au sein du ministère du Logement, au poste de ministre des Routes et du Développement urbain.

TEHERAN : Le Parlement iranien, dominé par les conservateurs, a approuvé mercredi la nomination des membres du cabinet proposés par le président réformateur récemment élu, Massoud Pezeshkian, parmi lesquels figurent une femme et un diplomate ouvert à l'Occident.

Les députés ont voté en faveur des 19 ministres choisis par M. Pezeshkian lors d'une séance retransmise par la télévision d'Etat.

Selon le journal réformateur Etemad, c'est la première fois que le Parlement iranien accorde sa confiance à tous les ministres proposés par un président depuis l'ancien dirigeant Mohammad Khatami, également réformateur, il y a 23 ans.

Le vote établit officiellement le nouveau cabinet iranien, qui constitue la base du gouvernement.

"J'avais en tête des candidats idéaux, mais quand j'ai vu qu'il n'y avait pas d'accord mutuel à leur sujet, j'ai fait marche arrière", a déclaré M. Pezeshkian lors d'un discours au Parlement avant le vote.

Il a indiqué avoir estimé que "l'accord était plus important" que les candidats "idéaux", s'engageant à "aller de l'avant dans l'unité".

Après le vote, M. Pezeshkian a publié sur X une photo de lui aux côtés du président conservateur du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, et du président de la Cour suprême, Gholamhossein Mohseni Ejeï, légendée: "Un consensus pour l'Iran".

"Le Parlement sera aux côtés du gouvernement pour résoudre les problèmes du pays. Le succès du gouvernement est notre succès à tous", a déclaré M. Ghalibaf sur X après le vote.

Le projet de cabinet avait suscité des critiques de la part de certains membres du camp réformateur iranien, notamment en raison de l'inclusion de conservateurs issus du gouvernement de l'ancien président Ebrahim Raïssi, mort dans un accident d'hélicoptère en mai.

D'autres ont critiqué sa composition en raison de l'absence de représentants des minorités ethniques et religieuses, et du manque de femmes.

- Deuxième ministre femme depuis 1979 -

Le nouveau cabinet comprend Abbas Araghchi, un diplomate de carrière âgé de 61 ans, au poste de ministre des Affaires étrangères. Il remplace Hossein Amir-Abdollahian, décédé en même temps que M. Raïssi.

Connu pour son ouverture à l'Occident, M. Araghchi avait joué un rôle clé dans la conclusion de l'accord international sur le nucléaire iranien en 2015 à Vienne, torpillé trois ans plus tard par la décision des Etats-Unis de s'en retirer.

M. Pezeshkian a aussi nommé Farzaneh Sadegh, diplômée en urbanisme et qui a exercé des responsabilités au sein du ministère du Logement, au poste de ministre des Routes et du Développement urbain.

A 48 ans, elle devient la deuxième Iranienne à accéder à un poste ministériel depuis l'instauration de la République islamique en 1979.

Le général Aziz Nasirzadeh, ancien commandant de l'armée de l'air et chef d'état-major adjoint des forces armées depuis 2021, a été investi comme ministre de la Défense, obtenant le vote de 281 des 290 députés, soit le meilleur score pour un vote de confiance dans la République islamique, selon l'agence de presse nationale IRNA.

La proposition de M. Pezeshkian de maintenir Esmail Khatib, au portefeuille des Renseignements, qu'il détenait sous M. Raïssi, a également été approuvée par le Parlement.

M. Pezeshkian a encore nommé le ministre de l'Industrie de M. Raïssi, Abbas Aliabadi, à l'Energie, et maintenu à la Justice Amin Hossein Rahimi.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.