Mer de Chine: Washington avertit Pékin contre toute action « dangereuse»

Mer de Chine: Washington avertit Pékin contre toute action « dangereuse»
Short Url
Publié le Mardi 10 septembre 2024

Mer de Chine: Washington avertit Pékin contre toute action « dangereuse»

  • Les deux parties ont indiqué que deux hauts responsables militaires chinois et américain avaient pu échanger: Samuel Paparo, chef du commandement indo-pacifique des Etats-Unis, et Wu Yanan, chef du Commandement du théâtre Sud de l'armée chinoise.
  • Samuel Paparo "a souligné l'importance de maintenir des lignes de communication entre les armées américaine et chinoise", selon le communiqué diffusé par son commandement

WASIHNGTON: Un responsable militaire américain a mis en garde son homologue chinois contre toutes "tactiques dangereuses, coercitives et potentiellement escalatoires" de Pékin en mer de Chine méridionale, à l'occasion d'un appel vidéo.

Malgré les nombreux sujets de friction actuellement entre les deux premières puissances mondiales - sur le commerce, la rivalité dans les technologies, les tensions en mer de Chine méridionale ou encore Taïwan -, Pékin et Washington tentent tous deux, depuis l'an passé, de maintenir un certain niveau d'échanges et de rencontres.

Mardi, heure chinoise, les deux parties ont indiqué que deux hauts responsables militaires chinois et américain avaient pu échanger lors d'un appel vidéo: Samuel Paparo, chef du commandement indo-pacifique des Etats-Unis, et Wu Yanan, chef du Commandement du théâtre Sud de l'armée chinoise.

Samuel Paparo "a souligné l'importance de maintenir des lignes de communication entre les armées américaine et chinoise", selon le communiqué diffusé par son commandement.

"De telles discussions entre de hauts dirigeants permettent de clarifier les intentions et de réduire les risques de perception erronée et d'erreur d'appréciation", a-t-il aussi noté.

Mais il a également évoqué les récentes "interactions dangereuses avec les alliés des Etats-Unis" de la part de la Chine.

C'est pourquoi il a "exhorté l'Armée populaire de libération (armée chinoise, ndlr) à reconsidérer son utilisation de tactiques dangereuses, coercitives et potentiellement escalatoires en mer de Chine méridionale et ailleurs", selon le communiqué.

« Questions d'intérêt commun »

Le Commandement du théâtre Sud de l'armée chinoise est responsable des activités militaires de la Chine dans la mer de Chine méridionale, où des navires chinois ont été impliqués ces derniers mois dans des confrontations avec des bateaux philippins.

La Chine revendique, au nom de raisons historiques, la quasi-totalité des îlots de la mer de Chine méridionale, face à d'autres pays riverains (Philippines, Vietnam, Brunei, Malaisie), aux prétentions rivales.

La semaine dernière, elle a assuré avoir défendu "ses droits" de manière "légitime" après une énième collision entre des navires de ses garde-côtes et des bateaux philippins près d'un récif disputé dans cette zone maritime.

Côté chinois, le compte-rendu de l'appel vidéo de mardi donne peu de détails sur le contenu de la conversation, indiquant seulement que "les deux parties ont eu un échange de points de vue approfondi sur des questions d'intérêt commun", selon le communiqué du ministère de la Défense.

Cet échange était le premier du genre depuis la suspension par la Chine des communications militaires entre les deux pays, en représailles d'une visite en 2022 de Nancy Pelosi, alors cheffe de la Chambre des représentants, à Taïwan.

Il survient deux semaines après la visite à Pékin de Jake Sullivan, premier conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche à s'être rendu en Chine depuis 2016. Une visite de trois jours sur fond de tensions entre ce pays et des alliés clés en Asie - Japon, Philippines et Taïwan - des Etats-Unis.

« Liberté de navigation »

Lors de ce déplacement, Jake Sullivan a été reçu par le président Xi Jinping et a eu un tête-à-tête avec le général Zhang Youxia, le vice-président de la Commission militaire centrale, qui a notamment porté sur Taïwan.

Les deux parties s'étaient alors mises d'accord sur un prochain appel entre des chefs des commandements des deux pays.

Jake Sullivan avait souligné, lors de sa visite, l'importance de la "liberté de navigation" en mer de Chine méridionale et de la "stabilité" dans le détroit de Taïwan qui sépare cette île de la Chine continentale.

Le général Zhang, en retour, a prévenu que le statut de Taïwan constituait "la première ligne rouge ne pouvant être franchie en ce qui concerne les relations sino-américaines".

"La Chine demande que les Etats-Unis mettent un terme à toute collusion militaire avec Taïwan, cessent d'armer Taïwan et arrêtent de diffuser de fausses nouvelles en lien avec Taïwan", avait-il lancé.

Il avait aussi appelé Washington à "travailler avec la Chine pour promouvoir la communication et les échanges entre les deux armées".

 


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
Short Url
  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.