En mémoire de Maradona: l'inoubliable journée de 1987 où il a joué pour Al-Ahli

Les fans saoudiens de Diego Maradona, sans doute le plus grand footballeur de tous les temps, ont des souvenirs particuliers de l'avoir vu jouer lorsqu'il a revêtu le maillot d'Al-Ahli pour un match à Jeddah en 1987. (Photo AN)
Les fans saoudiens de Diego Maradona, sans doute le plus grand footballeur de tous les temps, ont des souvenirs particuliers de l'avoir vu jouer lorsqu'il a revêtu le maillot d'Al-Ahli pour un match à Jeddah en 1987. (Photo AN)
Short Url
Publié le Lundi 23 septembre 2024

En mémoire de Maradona: l'inoubliable journée de 1987 où il a joué pour Al-Ahli

  • La star argentine était venue au Royaume pour jouer en tant qu'invité lorsque Al-Ahli a célébré son 50e anniversaire par un match amical contre l'équipe danoise de Brondby
  • Ceux qui ont eu la chance d'être dans la foule et de le voir en action n'ont eu aucun doute sur le fait qu'il était le meilleur joueur que le monde ait jamais vu

RIYADH : Les fans saoudiens de Diego Maradona, sans doute le plus grand footballeur de tous les temps, ont des souvenirs particuliers de l'avoir vu jouer lorsqu'il a revêtu le maillot d'Al-Ahli pour un match à Jeddah en 1987.

La star argentine était venue au Royaume pour jouer en tant qu'invité lorsque Al-Ahli a célébré son 50e anniversaire par un match amical contre l'équipe danoise de Brondby. Ceux qui ont eu la chance d'être dans la foule et de le voir en action n'ont eu aucun doute sur le fait qu'il était le meilleur joueur que le monde ait jamais vu.

L'un de ces supporters, Gharman Al-Ghamdi, a déclaré à Arab News : "C'était en effet un grand moment pour nous de voir Maradona, le plus grand footballeur, jouer dans notre jardin à l'occasion du 50e anniversaire de notre club.

"C'était un sentiment incroyable. C'est un sentiment indescriptible lorsque vous voyez le meilleur joueur du monde représenter votre équipe. Bien sûr, cela ne pouvait pas (souvent) se produire dans le monde de l'époque, où les moyens de communication et les chaînes de télévision n'avaient pas la même qualité et la même abondance qu'aujourd'hui.

"Et imaginez, il y a près de 40 ans, avoir ce sentiment, car Al-Ahli est un grand club depuis longtemps. Il y a deux ans, les amateurs de football saoudiens ont commencé à ressentir ce que l'on ressent lorsqu'une star mondiale représente leur équipe, comme Al-Nassr avec Cristiano Ronaldo et Al-Ittihad avec Karim Benzema.

Près de 40 ans plus tard, Al-Ghamdi se souvient encore très bien de ce match au cours duquel, dynamisé par la présence de sa superstar invitée, Al-Ahli a enregistré une victoire convaincante de 5-2 sur ses adversaires européens.

"En cette nuit fatidique de 1987, Al-Ahli a joué un grand match, sachant que les membres de l'équipe principale se trouvaient dans le camp de l'équipe nationale et n'étaient pas autorisés à participer à cette rencontre, au cours de laquelle Maradona a marqué deux buts, Amin Dabo deux buts et Bandar Surour un but", a-t-il déclaré.

Le premier but de Maradona était un lob extravagant au-dessus du gardien de Brondby. Son deuxième but est une pichenette sans effort qui a déchaîné les foules dans le stade plein à craquer.

Si les supporters saoudiens étaient ravis, les dirigeants du Napoli, le club de Maradona à l'époque, l'étaient moins, craignant que leur meilleur atout ne se blesse. Mais Maradona, célèbre pour avoir toujours respecté ses propres règles, a tout de même joué le match.

Né en 1960 et élevé dans un bidonville à la périphérie de la capitale argentine, Buenos Aires, Maradona a fait ses débuts en Coupe du monde en Espagne en 1982.

Il a ensuite mené l'Argentine à la victoire lors de la phase finale de 1986 au Mexique, alors qu'il était au sommet de sa forme. Ses performances lors de la compétition lui ont permis d'être à jamais considéré comme un héros national et une superstar mondiale du football.

Maradona a notamment marqué les deux buts de son équipe lors d'une inoubliable victoire 2-1 sur l'Angleterre en quart de finale. Le premier but a été particulièrement controversé, les images montrant clairement que le joueur avait donné un coup de poing dans le filet. L'arbitre ne l'a cependant pas remarqué et Maradona a plus tard décrit l'incident comme "la main de Dieu". Il a ensuite marqué un deuxième but, après avoir dribblé la quasi-totalité de l'équipe d'Angleterre, qui est considéré comme l'un des plus beaux buts de la Coupe du monde de tous les temps.

Mahfooz Shaikh, un autre fan de longue date de Maradona, a déclaré à Arab News : "La superstar argentine, avec ses capacités magiques sur le terrain, s'est forgé un statut légendaire. Il a atteint une renommée mondiale et le statut de l'un des plus grands joueurs de l'histoire du football après la Coupe du monde 1986. On peut dire qu'il a porté à lui seul l'équipe d'Argentine à la gloire de la Coupe du monde".

Mexique 1986 a été l'occasion pour Maradona de montrer au monde qu'il y avait enfin un challenger digne du trône de Pelé en tant que plus grand footballeur de tous les temps, a ajouté M. Shaikh.


Leïla Slimani ausculte son rapport à la langue arabe avec son nouveau livre

L’écrivaine et journaliste franco-marocaine Leïla Slimani, lors d’une séance photo à Paris, le 17 mars 2026. (AFP)
L’écrivaine et journaliste franco-marocaine Leïla Slimani, lors d’une séance photo à Paris, le 17 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Leïla Slimani évoque une relation complexe à l’arabe, dont l’enseignement rigide et dévalorisé dans le système scolaire français a accentué son éloignement et son sentiment d’étrangeté culturelle
  • Aujourd’hui, elle adopte une vision plus apaisée et transmet une relation libérée à la langue à ses enfants, affirmant que l’identité et les liens linguistiques peuvent toujours se reconstruire

PARIS: Dans "Assaut contre la frontière", publié jeudi en France, Leïla Slimani interroge son rapport à la langue arabe, qu'elle déplore de ne pas parler, au point d'en "avoir honte" en tant que Franco-Marocaine "aux identités boiteuses".

L'autrice de 44 ans, prix Goncourt (le plus prestigieux en France) en 2016 pour "Chanson douce", explique dans un entretien à l'AFP avoir commencé à parler l'arabe dialectal, la darija, "toute petite avec (sa) grand-mère, (sa) nounou, dans la rue" au Maroc, mais pas avec ses parents, des bourgeois francophiles.

"Ils ne me parlaient qu'en français. Et je les entendais peu discuter en arabe", affirme cette mère de deux enfants qui vit désormais à Lisbonne, où elle s'est mise au portugais.

Elle découvre l'arabe classique en cours préparatoire, car "c'était obligatoire", et poursuit jusqu'en terminale. Mais l'enseignement ne lui plaît pas: "On y allait un peu à reculons" et "j'avais l'impression d'une sorte de langue qui était étrangère".

Et puis, à l'époque, "c'était très dévalorisé: à l'école française, les gens se moquaient des profs d'arabe", se remémore-t-elle. "Il y avait quelque chose de vraiment méchant, de condescendant à leur égard. Ils étaient beaucoup moins bien payés. Et donc, nous, les élèves, on les prenait moins au sérieux."

En arrivant à Paris, où elle est élève en classe préparatoire littéraire puis à Sciences Po, elle est "obligée d'expliquer à des Français pourquoi (elle) ne parle pas l'arabe", ce qu'elle vit comme une "humiliation".

"Parfois, je mens en leur disant que je parle très bien et ça me met dans des situations très inconfortables, parce qu'on commence à me demander de traduire des trucs, ce dont je suis incapable", raconte-t-elle.

- "Mal à l'aise" -

En même temps, "je me rends compte que les gens en France ont une vision très parcellaire, très caricaturale, à la fois de mon pays, de ces questions linguistiques, et je me sens très mal à l'aise vis-à-vis de ça", ajoute-t-elle.

C'est alors que la question de la langue se mêle à celle de son identité arabe, que jusqu'à présent elle ne s'était pas posée, car ses parents en "avaient une vision extrêmement ouverte, extrêmement plastique".

"Quand j'arrive en France, je me retrouve dans une identité qui vient beaucoup plus des autres que de moi-même", analyse la romancière. "Ça m'amène à beaucoup de contradictions, de chagrins aussi parfois et un sentiment de solitude."

Pour en sortir, elle se met à écrire car cela lui permet "de se détacher d'une identité qui (lui) serait assignée par les autres".

L'autrice de la trilogie "Le pays des autres" va plus loin: "Quand on écrit, on peut ajouter de la nuance, de la fêlure. Moi, mes identités, elles sont boiteuses, imparfaites, infirmes, pleines de maladresse."

D'ailleurs, poursuit-elle, "je pense que beaucoup de gens, en France ou ailleurs, sont très insatisfaits de la manière dont on veut nous vendre l'identité: comme une sorte de fierté, de bandoulière héroïque qu'il faudrait qu'on porte en étendard, qu'il faudrait mériter, prouver constamment".

Aujourd'hui, son rapport à l'arabe est "apaisé": il lui arrive toujours d'avoir "honte" de ne pas le parler mais, avec ce livre édité par Gallimard, elle veut dire à ceux qui seraient dans sa situation que "rien n'est jamais perdu".

La preuve: ses enfants apprennent l'arabe, "avec un grand plaisir, en étant détachés de toutes ces pressions, de toutes ces connotations".


Immersion à « Byblos, cité millénaire du Liban », à l'IMA

Derrière la présentation d’objets antiques d’une valeur inestimable, c’est toute une nation qui cherche à affirmer son existence, sa continuité et sa place dans l’histoire du monde. (Arlette Khouri)
Derrière la présentation d’objets antiques d’une valeur inestimable, c’est toute une nation qui cherche à affirmer son existence, sa continuité et sa place dans l’histoire du monde. (Arlette Khouri)
Short Url
  • Dès l’ouverture, la présidente de l’Institut du monde arabe, Anne-Claire Legendre, insiste sur la portée exceptionnelle de cette exposition, dont la tenue relève presque de l’exploit
  • Il a fallu surmonter des obstacles logistiques majeurs, des incertitudes constantes et surtout un contexte de guerre qui fragilise chaque étape du projet

PARIS: À l’Institut du monde arabe, l’inauguration de l’exposition consacrée à Byblos ne ressemble pas à un événement culturel ordinaire.

Intitulée « Byblos, cité millénaire du Liban », elle s’impose comme un moment chargé d’émotion, de mémoire et de résistance, dans un contexte où le Liban traverse une nouvelle épreuve dramatique.

Derrière la présentation d’objets antiques d’une valeur inestimable, c’est toute une nation qui cherche à affirmer son existence, sa continuité et sa place dans l’histoire du monde.

ima byblos

Dès l’ouverture, la présidente de l’Institut du monde arabe, Anne-Claire Legendre, insiste sur la portée exceptionnelle de cette exposition, dont la tenue relève presque de l’exploit.

Il a fallu surmonter des obstacles logistiques majeurs, des incertitudes constantes et surtout un contexte de guerre qui fragilise chaque étape du projet.

L’acheminement des œuvres, parfois interrompu ou retardé, témoigne de cette tension permanente. Certaines pièces n’ont d’ailleurs pas pu quitter le Liban, rappelant brutalement que le patrimoine n’est pas seulement fragile : il est aujourd’hui directement menacé.

ima byblos

Car cette exposition se tient alors que le conflit entre le Hezbollah et Israël provoque destructions et pertes humaines. Dans ce contexte, montrer Byblos à Paris devient un acte profondément symbolique, « un cri de résistance », selon les mots de la présidente de l’IMA.

Résistance face à la destruction, mais aussi face à l’oubli, car l’exposition rappelle que le Liban ne se résume pas à ses conflits : il est l’héritier d’une histoire parmi les plus anciennes et les plus riches de l’humanité.

ima byblos

Occupée depuis plus de 9 000 ans, Byblos est considérée comme l’un des plus anciens ports du monde. Elle fut un carrefour majeur d’échanges entre la Méditerranée, la Mésopotamie et l’Égypte.

Le commerce du bois de cèdre, notamment, a contribué à sa prospérité et à son rayonnement, mais son rôle ne s’arrête pas à l’économie : Byblos est aussi associée à l’émergence de l’écriture alphabétique, une innovation fondamentale dans l’évolution de la communication humaine.

L’exposition met en lumière cette richesse à travers une sélection d’objets remarquables : statuettes, bijoux, armes, mosaïques ou encore éléments issus de nécropoles royales.

Chaque pièce raconte une époque, une civilisation, un échange. Pourtant, le parcours est ponctué de mentions explicites : « absent, fait de guerre ».

Ces absences deviennent elles-mêmes signifiantes et témoignent des risques encourus pour protéger ces trésors, ainsi que du prix à payer pour leur préservation.

Pour le directeur des sites archéologiques, Sarkis el-Khoury, la situation est alarmante. Il rappelle que plusieurs sites classés à l’UNESCO sont aujourd’hui en danger, notamment dans le sud du Liban.

Des villages entiers ont été détruits, emportant avec eux non seulement des bâtiments, mais aussi des paysages culturels façonnés depuis des millénaires.

Selon lui, les sites archéologiques, parfois encore enfouis, risquent de disparaître avant même d’avoir été étudiés, et préserver ce patrimoine devient ainsi une mission urgente, presque désespérée.

Cette urgence est également portée par la responsable du site archéologique de Byblos, Tania Zaven, dont le témoignage donne à l’exposition une dimension profondément humaine.

Venue initialement pour valoriser la beauté et l’importance du patrimoine libanais, elle se retrouve aujourd’hui investie d’une mission différente : celle de défendre l’existence même de ce patrimoine.

ima byblos

Elle aussi parle d’une « résistance culturelle », d’un besoin de prouver que le Liban est toujours vivant, qu’il ne doit pas être relégué au passé. « On ne veut pas être un souvenir », affirme-t-elle, mais un présent et un avenir.

Face à cette situation, l’exposition se veut aussi un acte de solidarité, puisque l’IMA annonce une contribution financière destinée à soutenir la préservation du patrimoine libanais, notamment via des organisations spécialisées.

D’autres acteurs, comme l’Œuvre d’Orient, se mobilisent également. Ces initiatives rappellent que la protection du patrimoine dépasse les frontières nationales et engage une responsabilité collective.

Enfin, la dimension politique de l’événement est manifeste. La présence annoncée d’Emmanuel Macron et de plusieurs ministres souligne l’importance accordée au Liban par la France.

Au-delà du geste diplomatique, cette mobilisation traduit une volonté de soutenir un pays ami et de défendre, à travers lui, une certaine idée de la culture comme bien commun de l’humanité.

L’exposition doit durer jusqu’au 23 août.


Aïd en vue : forte demande de chocolats et confiseries

La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr. (AN Photo)
La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr. (AN Photo)
Short Url
  • Servir des sucreries et des fruits secs pendant l’Aïd est une tradition ancienne, avec des foyers proposant une variété de friandises accompagnées de café arabe et de thé
  • Durant les derniers jours du Ramadan, la demande pour les produits locaux et importés augmente, les clients se ruant vers les commerces d’Al-Balad

DJEDDAH : La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr, les sucreries étant un élément incontournable des célébrations dans tout le Royaume.

Servir des sucreries et des fruits secs pendant l’Aïd est une tradition de longue date, les familles proposant une variété de gourmandises avec du café arabe et du thé.

Dans les derniers jours du Ramadan, la demande pour les produits locaux et importés augmente fortement, les clients se rendant massivement dans les boutiques d’Al-Balad, les centres commerciaux et les plateformes en ligne pour préparer la fête.

Abdulaziz Farhane, responsable des ventes et du marketing d’une grande chocolaterie de Tahlia Street à Djeddah, a indiqué que les ventes de sucreries avaient fortement augmenté ces derniers jours.

« Les entreprises, hôtels et particuliers avaient déjà commencé à passer leurs commandes pour l’Aïd dès le 15e jour du Ramadan », a-t-il déclaré. « Nos boutiques à Djeddah ont enregistré une hausse de 25 % des ventes. Nous devons répondre à un grand nombre de clients ayant réservé à l’avance. »

Le quartier historique d’Al-Balad constitue également un centre majeur pour les achats du Ramadan et de l’Aïd, avec de nombreux commerces proposant des confiseries traditionnelles et modernes ainsi que des cadeaux.

Le vendeur Saeed Al-Yamani a déclaré : « Nos ventes ont doublé à l’approche de l’Aïd al-Fitr, avec une forte hausse des achats et commandes durant les dix derniers jours du mois sacré. »

Les chocolats suisses et belges de luxe, vendus entre 200 et 400 riyals le kilo, sont très demandés, aux côtés des confiseries traditionnelles à 50–80 riyals.

« L’Aïd est un moment où l’on célèbre la fin du Ramadan en recevant famille et amis à la maison. La tradition est donc d’offrir chocolats, confiseries et café arabe », a expliqué un employé, Faisal Bawazeer.

Il ajoute qu’il préfère acheter ses confiseries plus tôt dans le Ramadan afin d’éviter la foule et la hausse des prix en fin de période. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com