Liban: missions périlleuses pour récupérer les animaux dans les maisons bombardées

Un activiste de l'ONG Animals Lebanon s'occupe d'un chat abandonné par ses propriétaires qui ont fui lors des frappes israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth, dans un refuge pour animaux, le 3 octobre 2024. (AFP)
Un activiste de l'ONG Animals Lebanon s'occupe d'un chat abandonné par ses propriétaires qui ont fui lors des frappes israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth, dans un refuge pour animaux, le 3 octobre 2024. (AFP)
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Publié le Samedi 05 octobre 2024

Liban: missions périlleuses pour récupérer les animaux dans les maisons bombardées

  • "Entrer, sauver et partir", résume Maggie Shaarawi, vice-présidente de l'association Animaux du Liban, qui prend de gros risques pour se rendre dans la banlieue sud
  • "Les gens ont dû évacuer dans la hâte. Leurs chats, stressés par les bombardements, se sont cachés" et n'ont pu être emportés par leurs maîtres, raconte-t-elle

BEYROUTH: Dans les quartiers dévastés de la banlieue sud de la capitale libanaise, des volontaires se faufilent entre les décombres pour une périlleuse mission: ramener les animaux laissés par leurs propriétaires partis dans la précipitation sous les bombes israéliennes.

"Entrer, sauver et partir", résume Maggie Shaarawi, vice-présidente de l'association Animaux du Liban, qui prend de gros risques pour se rendre dans la banlieue sud, aujourd'hui désertée et toujours pilonnée par les bombardements israéliens.

"Les gens ont dû évacuer dans la hâte. Leurs chats, stressés par les bombardements, se sont cachés" et n'ont pu être emportés par leurs maîtres, raconte-t-elle.

Cette semaine, Mme Shaarawi et deux autres volontaires se sont rendus dans la banlieue pour récupérer huit chats traumatisés, à la demande désespérée de leur propriétaire.

En appel vidéo, la femme voilée d'un foulard blanc les a guidés dans la maison dévastée pour tenter d'attraper Fifi, Leo, Blacky, Teddy, Tanda, Ziki, Kitty et Masha.

"Nous les avons tous retrouvés!" s'exclame, triomphante, Mme Shaarawi.

A toute vitesse, les trois volontaires, cage à chats à la main, ont réussi à faire sortir les félins terrorisés de leurs cachettes et les ont rassemblés. Alors qu'ils se préparaient à fouiller une autre maison, une frappe a retenti, les contraignant à filer.

"C'est la première fois que c'est tombé si près de nous. Nous avons eu de la chance de nous en sortir vivants", raconte Mme Shaarawi.

Traumatisés 

Depuis le 23 septembre, Israël a lancé une campagne de bombardements dans le sud, l'est du Liban, et dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du mouvement pro-iranien Hezbollah. Plus de 1.100 personnes ont été tuées dans ces raids et plus d'un million d'autres déplacées, selon des chiffres officiels libanais.

Beaucoup de ces familles déplacées, dont nombre dorment aujourd'hui dans la rue à Beyrouth ont fui avec leurs animaux domestiques. D'autres ont refusé de partir pour ne pas les laisser derrière eux. Ceux qui n'ont pas pu faire autrement en appellent désormais aux services de l'association de Mme Shaarawi.

Une femme leur a ainsi demandé de retrouver ses 21 chats. D'autres familles ayant fui loin de Beyrouth sollicitent l'association, mais récupérer les clés de leurs maisons s'avère un autre casse-tête

"Jusqu'ici, nous avons récupéré 120 animaux dans la banlieue sud, et 60 dans le sud", dit Mme Shaarawi.

"La guerre est traumatisante pour les animaux comme pour les gens. Ils sont bombardés tous les jours et ne comprennent pas ce qui se passe", constate-t-elle. "Ils attendent que leurs maîtres reviennent".

Les félins récupérés par Animaux du Liban sont ensuite mis à l'abri dans les locaux de l'association à Beyrouth, en attendant que leurs propriétaires viennent les chercher.

Récupérer les animaux dans les maisons bombardées n'est pas simple, la peur "transforme les chats en tigres", raconte Mme Shaarawi.

Parfois, les volontaires n'arrivent pas à temps. Lors d'une de leurs missions cette semaine, visant à récupérer trois chats, ils ont trouvé l'un d'entre eux rigidifié par la mort, sa fourrure blanche devenue noire dans la poussière du bombardement. Les deux autres félins étaient introuvables.


Netanyahu affirme que la menace du Hezbollah impose la poursuite de l'action militaire au Liban

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
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  • Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban
  • Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle)

BEYROUTH: Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives.

Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban.

M. Aoun a souligné que leur objectif était de mettre fin au conflit, ajoutant à l'intention du Hezbollah que la véritable "trahison" était d'avoir entraîné le Liban dans la guerre.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait auparavant accusé les autorités libanaises d'avoir fait "des concessions gratuites et humiliantes".

"Naïm Qassem joue avec le feu, et ce feu brûlera le Hezbollah et tout le Liban", a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, lors d'une rencontre avec l'envoyée de l'ONU au Liban.

Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne a annoncé avoir commencé à frapper "des sites d'infrastructures du Hezbollah" dans la vallée de la Bekaa (est) et dans d'autres zones du sud.

Elle a affirmé avoir "détruit au cours des derniers jours plus de cinquante infrastructures terroristes dans le sud du Liban, y compris un complexe souterrain utilisé par le Hezbollah" pour des attaques contre Israël.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué de nouvelles attaques contre les troupes israéliennes déployées dans des localités frontalières du sud,  notamment contre un char Merkava à Kantara, et un bulldozer qui "démolissait des maisons dans la ville de Bint Jbeil".

"10% des missiles" 

Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril puis prolongé de trois semaines le 23 avril, après deux sessions de pourparlers à Washington au niveau des ambassadeurs libanais et israélien.

Selon M. Netanyahu, il "reste encore deux menaces principales venant du Hezbollah: les roquettes de type 122 et les drones. Cela exige une combinaison d'actions opérationnelles et technologiques", a-t-il affirmé devant des gradés.

Selon lui, le mouvement dispose encore "d’environ 10% des missiles" qu'il détenait au début de la guerre, déclenchée le 2 mars par des tirs du Hezbollah sur Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

Ses forces ont délimité par une "ligne jaune" une zone le long de la frontière pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

"Pas d'accord humiliant" 

"Mon objectif est de parvenir à la fin de l'état de guerre avec Israël", a affirmé M. Aoun, assurant qu'il "n'accepterait pas un accord humiliant".

"Ce que nous faisons n'est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d'intérêts étrangers", a-t-il rétorqué au mouvement chiite.

Ce dernier, qui dénonce une "capitulation" et se pose en défenseur de la souveraineté territoriale du Liban, "refuse catégoriquement de négocier directement avec Israël", a réaffirmé lundi son chef, dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, affiliée au mouvement.

Il a demandé au gouvernement libanais de renoncer à "un grave pêché qui place le Liban dans un cycle d'instabilité", ajoutant que son mouvement, dont Israël exige le désarmement, ne renoncerait pas à ses armes.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a pour sa part affirmé que 2026 "pourrait encore être une année de combats" sur tous les fronts.

Selon des chiffres de l'AFP fondés sur des sources officielles libanaises, les opérations israéliennes ont fait depuis le début de la trêve au moins 36 morts, dont 14 dimanche.

Depuis le 2 mars, la campagne militaire israélienne a tué 2.521 personnes et en a blessé 7.804 blessées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche, selon les autorités.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.