Frankly Speaking: Comment Fareed Zakaria voit le changement en Arabie Saoudite

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Publié le Dimanche 06 octobre 2024

Frankly Speaking: Comment Fareed Zakaria voit le changement en Arabie Saoudite

  • Le journaliste et auteur de CNN n'est plus sceptique à l'égard des États arabes du Golfe après avoir assisté à la transformation du Royaume
  • Il estime qu'ils font évoluer la région vers la stabilité, l'intégration économique, une plus grande interdépendance et des liens avec davantage de pays

DUBAÏ: Les changements en cours en Arabie saoudite seront perçus à long terme comme une véritable révolution, mais qui s'est produite de manière "progressive" et "organique", selon le journaliste, auteur et analyste politique de CNN, Fareed Zakaria.

Il a fait ces commentaires lors d'une apparition dans l'émission "Frankly Speaking" de Arab News depuis la capitale saoudienne, qu'il a visitée la semaine dernière et où il a participé à une conférence à la Foire internationale du livre de Riyad autour de son dernier livre, "The Age of Revolutions" (L'âge des révolutions).

Il a déclaré qu'il pensait que les changements dans le Royaume se produisaient à de nombreux niveaux. "Les changements qui me frappent le plus sont, bien sûr, le rôle des femmes, mais aussi celui de tous les Saoudiens. Pour moi, il s'agit d'un changement très intéressant et peu remarqué", a-t-il déclaré à Katie Jensen, animatrice de l'émission "Frankly Speaking".

"Il y a des domaines dans lesquels (l'Arabie saoudite) évolue très rapidement, et d'autres dans lesquels elle est encore un peu retenue. Je suis impressionné par le fait qu'ils essaient de trouver un équilibre, qu'ils essaient de faire avancer certaines choses et de se moderniser dans certains domaines".

Zakaria a développé ce point: "Le rôle des femmes s'est réellement transformé, mais dans certains domaines, par exemple, les Saoudiennes sont toujours tenues de porter des vêtements traditionnels et sont encouragées à le faire. L'Arabie saoudite s'efforce donc de trouver un équilibre qui ne soit pas trop révolutionnaire".

D'une manière générale, il a déclaré, en évoquant le changement, que "si l'on regarde les choses en termes historiques, il est clair que cela sera perçu comme une révolution, mais c'est une révolution qui se déroule de manière progressive, de manière organique... de sorte que les changements ne soient pas si écrasants".

Le journaliste américain d'origine indienne Fareed Zakaria, qui anime l'émission Fareed Zakaria GPS sur CNN et tient une chronique hebdomadaire dans le Washington Post, a participé à l'émission Frankly Speaking. (Photo AN)

Passant à la région du Golfe arabe, Zakaria a avoué avoir été sceptique pendant de nombreuses années, considérant ces pays comme "très passifs".

"Dans les années 1950, 1960 et 1970, le monde arabe se définissait par ses grands États historiquement importants: l'Égypte, la Syrie et l'Irak. Puis, dans les années 70, il y a eu une période de troubles autour de l'Iran et de la révolution islamique", a-t-il déclaré.

"Mais aujourd'hui, ce qui est clair, c'est que (les États arabes du Golfe), à commencer par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Bahreïn, sont aux commandes et qu'ils essaient de faire évoluer la région vers la stabilité, l'intégration économique, une plus grande interdépendance, des liens plus étroits avec davantage de pays.

Zakaria attribue ce changement en partie à ce qui se passe en Arabie saoudite. "Les Émirats arabes unis, pour être juste, ont peut-être même été l'un des premiers à entamer ce processus. Mais maintenant que l'Arabie saoudite est à bord, elle est bien sûr beaucoup plus grande, beaucoup plus puissante et peut avoir une influence beaucoup plus positive", a-t-il déclaré.

Faisant allusion à l'esprit des accords historiques d'Abraham, négociés par l'administration Trump en 2020,  Zakaria a noté que les États arabes du Golfe tendent la main à l'Inde et à la Chine, entre autres puissances économiques. "Tout cela est bénéfique, car plus il y aura d'échanges, de commerce, d'interdépendance et d'intégration, plus la personne moyenne dans le monde arabe en bénéficiera, car son niveau de vie augmentera", a-t-il déclaré.

Le journaliste américain d'origine indienne est l'animateur de l'émission Fareed Zakaria GPS sur CNN et rédige une chronique hebdomadaire pour le Washington Post. Auteur prolifique,  Zakaria est titulaire d'un doctorat en administration publique de l'université de Harvard, où il a étudié sous la direction d'érudits aussi célèbres que Samuel P. Huntington et Stanley Hoffmann.


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.