Comment Xzit Thamer a captivé un public mondial grâce à la comédie muette

Xzit Thamer captive son public avec des comédies muettes, mêlant jeu et comédie physique pour des fans à travers le monde. (Photo fournie)
Xzit Thamer captive son public avec des comédies muettes, mêlant jeu et comédie physique pour des fans à travers le monde. (Photo fournie)
Short Url
Publié le Mardi 08 octobre 2024

Comment Xzit Thamer a captivé un public mondial grâce à la comédie muette

  • Le parcours de Xzit Thamer a commencé en 2019 et ses vidéos ont gagné en popularité peu de temps après, récoltant des millions de vues au plus fort de la pandémie de Covid-19
  • En tant qu'introverti, il a trouvé du réconfort dans la création de contenu alors que beaucoup étaient confinés chez eux

RIYAD: Dans le monde de la création de contenu, rares sont ceux qui ont réussi à s'imposer autant que le joueur saoudien Xzit Thamer. Connu pour son approche novatrice du jeu muet, Thamer s'est attiré une audience mondiale en s'appuyant uniquement sur la comédie physique et les gestes expressifs plutôt que la communication verbale.

Sa capacité à communiquer avec des publics de différentes cultures lui a permis de sortir du lot dans le monde très fréquenté des jeux vidéo.

Le parcours de Xzit Thamer a commencé en 2019 et ses vidéos ont gagné en popularité peu de temps après, récoltant des millions de vues au plus fort de la pandémie de Covid-19. En tant qu'introverti, il a trouvé du réconfort dans la création de contenu alors que beaucoup étaient confinés chez eux.

«Lorsque le virus a frappé, j'étais heureux», a-t-il déclaré. «J'ai utilisé cette énergie pour créer mon contenu. L'explosion de ma popularité a coïncidé avec le confinement et je me suis efforcé d'être différent des créateurs de contenu typiquement gamers». Son approche a trouvé un écho auprès des téléspectateurs qui recherchaient un divertissement léger en ces temps difficiles.

M. Thamer décrit son style comme étant proche de celui de M. Bean, le personnage bien connu pour son humour burlesque et ses dialogues minimaux. «J'ai beaucoup de fans aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne et au Brésil parce que je ne parle pas», poursuit-il.

«J'ai toujours voulu être connu dans le monde entier et je ne voulais pas être comme les autres joueurs qui ne font que streamer. Je voulais être différent. Son engagement en faveur du jeu muet lui a permis de toucher un public varié, en transcendant les barrières linguistiques et les différences culturelles.»

Xzit Thamer captive son public avec des comédies muettes, mêlant jeu et comédie physique pour des fans à travers le monde. (Photo fournie)

L'un des principaux objectifs de Xzit Thamer est d'augmenter le pourcentage de joueurs de jeux vidéo. Il pense que la comédie muette peut attirer ceux qui ne s'intéressent généralement pas au contenu des jeux.

M. Thamer a expliqué qu'il aspirait à avoir un impact sur le monde entier grâce à son contenu. Cette ambition est évidente dans son travail, car il associe l'humour visuel à des thèmes liés aux jeux vidéo, créant ainsi une marque qui attire à la fois les joueurs et les spectateurs occasionnels.

Sur les réseaux sociaux, M. Thamer opère sous deux personnalités distinctes. La première est consacrée à son jeu d'acteur muet, dans lequel il utilise des expressions exagérées et une comédie physique pour transmettre des émotions et de l'humour. Le second personnage se concentre sur les jeux et les ouvertures de packs d'anime, où il parle arabe et dialogue avec les fans dans un format plus traditionnel. «Certaines personnes ne savent pas que je suis la même personne sur les deux chaînes parce que mon énergie est différente», dit-il en riant. «La plupart des gens ne savaient pas que j'étais arabe.»

Depuis qu'il s'est lancé dans ce domaine en 2022, l'ouverture de packs d'anime est devenue une part importante du contenu de Thamer. L'activité consiste à déballer des cartes de collection liées à l'anime. L'enthousiasme de révéler des cartes rares ou précieuses maintient l'intérêt des spectateurs, transformant chaque vidéo en une expérience passionnante. M. Thamer ouvre souvent des paquets de cartes de franchises célèbres telles que Pokemon et Yu-Gi-Oh, appréciées par les fans de tous âges.

L'interaction lors de ces ouvertures de packs est électrique. La présence dynamique de M. Thamer attire le public, qu'il révèle une carte rare ou qu'il partage son enthousiasme pour un nouvel objet de collection. «Les enfants sont très enthousiastes lorsque j'ouvre les paquets», a-t-il déclaré, mettant en lumière la joie qu'il apporte à ses spectateurs. Cette interaction en direct l'a aidé à fidéliser son public, qui attend avec impatience sa prochaine révélation.  

L'approche de M. Thamer a attiré l'attention de la communauté des sports électroniques, ce qui lui a valu une opportunité intéressante lors de la Coupe du monde de sports électroniques à Riyad. Là, il a eu droit à sa propre activité axée sur l'ouverture de packs d'anime au Boulevard Riyadh City. Cet événement lui a permis de rencontrer des fans en personne, ce qui a renforcé sa réputation d'étoile montante dans le domaine de la création de contenu. «C'était un événement passionnant au cours duquel j'ai pu interagir avec mon public et ouvrir des packs devant lui», a-t-il déclaré. L'énergie et l'enthousiasme suscités par l'événement ont mis en évidence sa capacité à établir un lien personnel avec ses fans.

En tant que créateur de contenu, Xzit Thamer a relevé les défis et saisi les opportunités qui découlent de son double personnage. Trouver un équilibre entre le jeu muet et les commentaires traditionnels sur les jeux nécessite de la créativité et de l'adaptabilité. «J'ai dû apprendre à impliquer mon public de différentes manières», explique-t-il. Sa polyvalence lui permet de s'adresser à un public plus large tout en restant fidèle à son propre style.   

Xzit Thamer captive son public avec des comédies muettes, mêlant jeu et comédie physique pour des fans à travers le monde. (Photo fournie)

L'impact de son travail va au-delà du simple divertissement; Thamer est devenu un modèle pour les créateurs de contenu en Arabie saoudite et ailleurs. Son expérience démontre que l'innovation et l'authenticité peuvent mener au succès dans le monde numérique. En combinant la comédie muette et le jeu, il s'est forgé une identité distincte qui trouve un écho auprès des téléspectateurs du monde entier.   

https://www.instagram.com/xzit_thamer/

Pour l'avenir, M. Thamer se concentre sur l'élargissement de son champ d'action et sur la poursuite de l'innovation dans la création de contenu. Son ambition d'accroître la visibilité et l'engagement de la communauté des joueurs reste une force motrice dans son travail.   

Dans un paysage numérique de plus en plus encombré, Xzit Thamer a prouvé que parfois, moins, c'est mieux. Son approche silencieuse mais expressive de la création de contenu capture l'essence de l'humour universel, ce qui lui permet d'établir un lien avec des fans du monde entier. Alors qu'il continue à développer sa marque et à explorer de nouvelles voies au sein de la communauté des joueurs, il ne fait aucun doute que Xzit Thamer laissera une marque indélébile dans le monde de la création de contenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.


Le décès de Loana pourrait être dû à une chute, selon le parquet

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Short Url
  • Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies
  • "A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur

NICE: Le décès de Loana, première vedette de la télé-réalité en France, retrouvée morte mercredi à son domicile à Nice, pourrait être dû à une chute, sans intervention d'un tiers, a annoncé jeudi le procureur de Nice, Damien Martinelli.

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours.

La porte de l'appartement étant fermée à clé de l'intérieur, les pompiers sont entrés par une fenêtre. Loana était "manifestement décédée depuis plusieurs jours", et son chien a également été retrouvé mort, selon le communiqué du procureur.

Une plaie à l'arrière du crâne et des ecchymoses dans la région lombaire laissent envisager que le décès puisse être lié à une chute en arrière.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies.

"A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur.

La France avait découvert Loana Petrucciani (de son nom complet) en avril 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes dix semaines durant 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras de M6.

Le succès du "Loft" a été immédiat et phénoménal et l'émission, considérée comme culte, a inspiré une série pour la plateforme de streaming d'Amazon, Prime Video, en 2024.

Mais Loana a quitté peu à peu le monde du show business et entamé un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques.

"On peut dire que nous avons vécu un conte de fées. Une vie que jamais nous n'aurions osé imaginer. Un rêve éveillé, intense. Et puis, je t'ai vue tomber, te redresser, te battre, lutter, céder... Tu as tout donné, jusqu'au bout", a témoigné sur Instagram le chroniqueur Steevy Boulay, autre "lofteur" de la première édition.

 

 


A Tyr, dans le sud du Liban, des joyaux de l'antiquité sous les bombes israéliennes

Fumée s’élevant après une frappe aérienne israélienne, en arrière-plan du site archéologique des ruines de l’ancien port phénicien à Tyr, dans le sud du Liban, le 23 mars 2026. Au site d’Al-Bass, seul un symbole de l’UNESCO rappelle la protection des vestiges antiques, désormais menacés par les frappes. (AFP)
Fumée s’élevant après une frappe aérienne israélienne, en arrière-plan du site archéologique des ruines de l’ancien port phénicien à Tyr, dans le sud du Liban, le 23 mars 2026. Au site d’Al-Bass, seul un symbole de l’UNESCO rappelle la protection des vestiges antiques, désormais menacés par les frappes. (AFP)
Short Url
  • Le site antique de Tyr, classé à l’UNESCO, est protégé symboliquement par l’initiative « Boucliers bleus », mais reste exposé aux frappes israéliennes dans le contexte du conflit avec le Hezbollah
  • Les attaques ont déjà causé des victimes civiles à proximité des vestiges, suscitant des inquiétudes sur la protection du patrimoine archéologique du sud du Liban en pleine guerre

TYR: Le "bouclier" pourra-t-il arrêter la foudre? Sur le site archéologique d'Al-Bass, dans le sud du Liban, aucune présence militaire mais un panneau symbolique de l'Unesco flanqué d'un écusson bleu et blanc, unique rempart pour protéger les ruines antiques des bombes israéliennes.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'initiative "Boucliers bleus", lancée par un comité lié à l'Unesco, concerne une trentaine de sites au Liban, dont celui de Tyr. C'est d'abord un message adressé à l'armée israélienne: la convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Le 6 mars, une frappe israélienne s'est abattue à quelques mètres des poteries anciennes. Huit personnes, une famille entière, ont été tuées, selon les autorités. Leur maison, pulvérisée par l'explosion, n'est plus qu'un amas de gravats, à côté d'une voiture calcinée. 

--
Un emblème de protection renforcée, symbole du droit international humanitaire, est affiché sur le site de l’hippodrome romain à Tyr, le 23 mars 2026. À Al-Bass, aucun dispositif militaire, seulement un signe censé protéger les ruines antiques, désormais touchées par les frappes. (AFP)

"C'était nos voisins, ils vivaient ici depuis des décennies (...) Ils pensaient que la proximité du site les protégerait parce qu'il est classé au patrimoine mondial de l'Unesco, qu'il ne serait pas touché", raconte Nader Saqlaoui, directeur des fouilles archéologiques dans le sud, rattaché au ministère de la Culture.

Détail macabre, l'équipe venue inspecter d'éventuels dégâts sur les monuments a, dit-il, "découvert des restes humains sur le toit du musée" encore en construction.

Celui-ci a subi quelques dommages, ses vitres ont volé en éclats, mais l'explosion n'a pas atteint la nécropole des IIe et IIIe siècles, ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, témoins d'une époque romaine prospère.

Beaucoup d'habitants de la ville ont fui, à la suite d'un appel à évacuer d'Israël, mais quelques milliers sont restés, avec des combattants du Hezbollah pro-iranien - et les précieux vestiges.

Durant l'Antiquité, la ville fut un important port phénicien, avant d'être conquise par Alexandre le Grand, puis l'Empire romain.

Le ministre de la Culture Ghassan Salamé a dénoncé une "agression" d'Israël.

"Il n'existe aucune présence militaire ou sécuritaire sur ces sites (archéologiques, NDLR) et un tel argument ne peut être utilisé pour les bombarder ou y porter atteinte", a-t-il fustigé dans un communiqué.

Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne, qui dit viser le Hezbollah, n'a pas commenté dans un premier temps.

- Transport risqué -

Les archéologues doivent encore examiner les vieilles pierres pour détecter d'éventuelles fissures ou altérations qui pourraient avoir été provoquées par l'onde de choc.

"Le Liban est plein de richesses archéologiques (...) et les dépôts de Beyrouth n'ont pas la capacité d'accueillir tous ces objets" menacés, raconte David Sassine, expert de l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine (Aliph), une fondation qui aide le gouvernement à aménager des lieux sécurisés pour les objets de valeur.

Le dilemme est double: rien ne garantit qu'ils seront davantage en sécurité dans la capitale, elle-même bombardée régulièrement par Israël, et le transport des objets depuis le sud du pays, même sous escorte militaire, "reste risqué", dit-il. 

--
Caisses remplies de fragments de poteries antiques après une frappe israélienne près de l’hippodrome romain à Tyr, au sud du Liban, le 23 mars 2026. À Al-Bass, un simple emblème de protection marque un site archéologique désormais touché par les frappes. (AFP)

Lors du précédent conflit de 2023-2024, des pièces d'or, des amphores plurimillénaires et des sarcophages de grande valeur avaient ainsi été transférés à Beyrouth - où ils se trouvent encore.

Les environs immédiats de Tyr avaient déjà été touchés. Et la citadelle de Chamaa, une forteresse médiévale de la zone frontalière, a été à moitié détruite par l'armée israélienne.

Le directeur des fouilles ne se fait pas beaucoup d'illusion.

"Les Israéliens savent tout, même la pointure de vos chaussures (...) Ils savaient très bien où se trouvait le site", assure M. Saqlaoui. "Nous avons vécu au moins six guerres avec Israël (...) ça ne les a pas empêché d'attaquer des sites archéologiques". 

Mustafa Najdi, employé comme gardien, était présent à Al-Bass le jour du bombardement: "j'ai entendu un choc très violent et j'ai pris la fuite avant de prévenir les responsables", dit-il.

"Personne ne s'intéresse à nous", dénonce le trentenaire à la barbe épaisse, appelant "tous ceux qui le peuvent à faire pression pour mettre fin à cette barbarie".

"Cette civilisation représente l'histoire et elle nous représente tous, Libanais comme non Libanais".