Israël dit que la mort du chef du Hamas marque le « début de la fin » de la guerre à Gaza

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Publié le Vendredi 18 octobre 2024

Israël dit que la mort du chef du Hamas marque le « début de la fin » de la guerre à Gaza

  • L'armée et les services du renseignement intérieur "confirment, qu'après une traque d'un an", des soldats "ont éliminé Yahya Sinouar (...) lors d'une opération dans le sud de la bande de Gaza" mercredi, a indiqué l'armée
  • "Yahya Sinouar est mort", s'est félicité M. Netanyahu dans un message vidéo en anglais diffusé dans la nuit. "Ceci ne veut pas dire la fin de la guerre à Gaza, mais le début de la fin"

JERUSALEM: Israël a annoncé jeudi que le chef du Hamas Yahya Sinouar, considéré comme l'architecte du 7-Octobre, avait été tué lors d'une opération à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le Premier ministre Benjamin Netanyahu assurant que cette mort marquait "le début de la fin" la guerre à Gaza.

Cet activiste radical de 61 ans dirigeait depuis 2017 le mouvement islamiste palestinien à Gaza, avant d'être nommé début août chef politique du Hamas après la mort d'Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran le 31 juillet dans une attaque imputée à Israël.

L'armée et les services du renseignement intérieur "confirment, qu'après une traque d'un an", des soldats "ont éliminé Yahya Sinouar (...) lors d'une opération dans le sud de la bande de Gaza" mercredi, a indiqué l'armée.

"Yahya Sinouar est mort", s'est félicité M. Netanyahu dans un message vidéo en anglais diffusé dans la nuit. "Ceci ne veut pas dire la fin de la guerre à Gaza, mais le début de la fin", a-t-il souligné.

Les forces israéliennes opéraient "ces dernières semaines" dans ce secteur à la suite d'informations indiquant la présence probable de hauts responsables du Hamas, a précisé l'armée israélienne.

Elles ont "éliminé trois terroristes" et les procédures d'identification ADN du corps ont "confirmé que le chef du Hamas avait été éliminé".

L'armée israélienne a diffusé une courte vidéo filmée par un drone montrant un homme blessé et qu'elle présente comme des images du chef du Hamas juste avant qu'il ne soit tué.

L'homme, assis dans le fauteuil d'un salon éventré au premier étage d'un bâtiment partiellement détruit, a le visage caché par un tissu qui pourrait être un keffieh et a dans la main un objet ressemblant à un sabre qu'il jette sur le drone. Selon l'armée, ces images sont celles de Yahya Sinouar "quelques instants avec son élimination".

La mort de Yahya Sinouar, considéré comme le cerveau de l'attaque d'une ampleur sans précédent menée par le mouvement palestinien le 7 octobre 2023 sur le sol israélien et qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, n'a pas été confirmée par le Hamas dans l'immédiat.

C'est "une étape importante" dans le déclin du Hamas, a déclaré Benjamin Netanyahu plus tôt dans la soirée. "Le Mal a pris un coup sévère mais la tâche qui nous attend n'est pas encore terminée", a-t-il ajouté.

Le chef d'état-major de l'armée, le général Herzi Halevi, a affirmé que la guerre "ne s'arrêterait pas" avant la capture de tous les auteurs du 7-Octobre et le retour de "tous les otages" retenus à Gaza.

"Heureuse" 

Après l'annonce de la mort de Yahya Sinouar, le président américain Joe Biden a salué une "bonne journée pour Israël, les Etats-Unis et le monde".

M. Biden a dit avoir téléphoné à M. Netanyahu pour le féliciter de la mort du chef du Hamas, ajoutant qu'il "espérait" parvenir à un cessez-le-feu à Gaza.

Kamala Harris, candidate démocrate à la Maison Blanche, a aussi estimé que sa mort offrait "l'occasion" de "mettre fin" à la guerre à Gaza.

Pour sa part, le président français Emmanuel Macron a déclaré devant la presse que la mort du chef du Hamas représentait une "occasion" à saisir pour mettre fin aux opérations militaires. C'est un "tournant" de la guerre, a-t-il encore écrit sur X plus tard dans la nuit.

Lors de leur entretien téléphonique, MM. Netanyahu et Biden ont assuré que c'était "une occasion de favoriser la libération des otages" et qu'ils allaient "coopérer" afin d'y parvenir.

Le Forum des familles, principale association des proches d'otages en Israël, a "demandé instamment de tirer parti de cette avancée majeure pour assurer le retour" des derniers captifs.

Devant une morgue de Tel-Aviv, où le corps de Sinouar est arrivé pour des "examens complémentaires" d'après la police, plusieurs personnes ont dansé et chanté, selon des images de l'AFPTV. Parmi elles, Hemda, une Israélienne, s'est dite "heureuse".

Cinq soldats tués 

Cette annonce intervient dans un contexte explosif au Moyen-Orient, où Israël pilonne depuis le 23 septembre les positions du Hezbollah au Liban, qui a ouvert un front transfrontalier dès le 8 octobre 2023 en soutien au Hamas.

Après avoir affaibli le Hamas, Israël a déplacé l'essentiel de ses opérations sur le front libanais et lancé le 30 septembre des incursions au sol dans le sud du Liban pour combattre le mouvement islamiste libanais.

Jeudi soir, le Hezbollah a annoncé passer "à la vitesse supérieure" dans sa guerre avec Israël, affirmant avoir utilisé pour la première fois des missiles à guidage de précision pour viser les soldats israéliens.

L'Iran, soutien du Hamas, a assuré que la mort de Yahya Sinouar allait "renforcer l'esprit de résistance" en vue de la "libération" des Territoires occupés. "Il va devenir un modèle pour la jeunesse", a écrit sur son compte X la mission de l'Iran auprès des Nations unies à New York, assurant que "la résistance se poursuivra".

Israël dit vouloir neutraliser le Hezbollah à la frontière pour permettre le retour dans le nord de son territoire de quelque 60.000 personnes déplacées par ses tirs depuis un an.

Jeudi, des frappes ont visé le sud et l'est du Liban, bastions du Hezbollah avec la banlieue sud de Beyrouth.

Au moins 1.418 personnes ont été tuées dans le pays, d'après un décompte de l'AFP à partir de données officielles, l'ONU recensant près de 700.000 déplacés.

Le Hezbollah a affirmé jeudi avoir tiré des roquettes contre des troupes israéliennes près du plateau du Golan syrien annexé par Israël, et détruit deux chars israéliens dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a annoncé la mort de cinq soldats dans le sud du Liban, sans en préciser la date, portant à 19 le nombre de soldats israéliens tués depuis le début de l'offensive au sol.

L'Iran, allié du Hezbollah et du Hamas, a menacé d'attaquer "douloureusement" Israël s'il frappait des cibles "en Iran ou dans la région", en riposte à l'attaque de missiles menée par Téhéran sur le territoire israélien le 1er octobre à laquelle Israël a juré de répondre.

Quatorze morts à Gaza 

Dans la bande de Gaza, au moins 14 personnes ont été tuées par une frappe israélienne sur l'école Abou Hussein abritant des déplacés dans le camp de Jabalia (nord), selon deux hôpitaux locaux.

Jabalia est encerclée et pilonnée depuis le 6 octobre par l'armée israélienne qui affirme que le Hamas tente d'y reconstituer ses forces.

L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a pointé un "vrai risque" de famine dans le territoire palestinien assiégé et dévasté, accusant "certains membres du gouvernement israélien" d'en faire "une arme de guerre".

Au moins 42.438 Palestiniens ont été tués, majoritairement des civils, dans l'offensive israélienne à Gaza, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

 


Le Liban n'acceptera pas d'être entraîné dans le conflit, dit son Premier ministre

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
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  • Les autorités libanaises, dont le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, ont affirmé leur refus d’impliquer le Liban dans l’escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, appelant à la sagesse et à la préservation de l’unité nationale
  • Le Hezbollah, affaibli par son récent conflit avec Israël, a reporté le discours de son chef Naïm Qassem et maintient une posture défensive

BEYROUTH: Les dirigeants libanais, qui craignent une implication du Hezbollah après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, ont affirmé samedi qu'ils refusaient d'entraîner leur pays dans le conflit.

Le Hezbollah a annoncé qu'un discours de son chef Naïm Qassem, prévu à 13h00 GMT, était reporté "en raison des développements".

Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi une série de frappes contre l'Iran qui a riposté, faisant craindre un embrasement régional.

"Je réitère que nous n'accepterons pas que quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité", a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam sur X.

"A la lumière des sérieux développements dans la région, j'appelle à nouveau tous les Libanais à agir avec sagesse et patriotisme et à placer les intérêts du Liban et de son peuple au-dessus de toute considération", a-t-il ajouté.

Le président Joseph Aoun a estimé dans un communiqué "nécessaire d'éviter au Liban les catastrophes des conflits extérieurs".

La coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis, a exhorté "toutes les parties au Liban" de "donner la priorité, en paroles et en actes, à la nécessité de protéger le pays et son peuple des développements régionaux".

Peu avant le début des frappes, Israël a annoncé avoir visé des positions "des infrastructures" du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'agence nationale d'information (ANI, officielle) a indiqué que des raids avaient visé des régions montagneuses où le Hezbollah est fortement implanté.

Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'élargissement du conflit avec l'Iran.

Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines "limitées" contre l'Iran, mais considérera toute atteinte contre le guide suprême, Ali Khamenei, comme une "ligne rouge", avait indiqué mercredi à l'AFP un responsable de cette formation.

Le chef du Hezbollah répète que sa formation est en "position défensive" mais a affirmé qu'elle s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, le Hezbollah n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.


L’Arabie saoudite condamne les violations iraniennes de la souveraineté dans le Golfe et la région

Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
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  • L’Arabie saoudite dénonce des violations iraniennes de la souveraineté des Émirats, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, et soutient toute action de ces pays
  • Le Royaume appelle la communauté internationale à condamner ces actes et à prendre des mesures pour préserver la paix et la stabilité dans la région

RIYAD : L’Arabie saoudite a fermement condamné ce qu’elle a qualifié de violations iraniennes de l’autonomie de plusieurs États du Golfe et de la région, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Dans un communiqué officiel, le ministère a dénoncé ce qu’il a qualifié de « violation flagrante » de la souveraineté des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, exprimant sa pleine solidarité avec ces pays et son soutien à toute mesure qu’ils pourraient prendre.

Le Royaume a averti des graves conséquences de la poursuite de violations de l’autonomie des États et des atteintes au droit international, soulignant que de telles actions menacent la sécurité et la stabilité régionales.

L’Arabie saoudite a également appelé la communauté internationale à condamner les actions présumées de l’Iran et à prendre des mesures fermes pour faire face aux violations qui compromettent la paix et la stabilité dans la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington et Israël ont lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne, selon Netanyahu

Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
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  • Benjamin Netanyahu annonce qu’Israël et les États-Unis ont lancé une « opération » contre la « menace existentielle » que représente le régime iranien
  • Il appelle le peuple iranien à se soulever contre le pouvoir en place et à construire un « Iran libre et épris de paix »

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé samedi qu'Israël et les Etats-Unis avaient lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne et appelé les Iraniens à se soulever contre le pouvoir en place à Téhéran.

"Mes frères et soeurs, citoyens d'Israël, il y a peu, Israël et les Etats-Unis ont lancé une opération pour éliminer la menace existentielle que fait peser le régime terroriste en Iran", a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo.

"Notre action commune créera les conditions pour que le courageux peuple iranien prenne son destin en main", a ajouté M. Netanyahu. "Le temps est venu pour toutes les composantes du peuple iranien (...) de rejeter le joug de la tyrannie et de faire advenir un Iran libre et épris de paix".