Harris ou Trump: une élection aux lourdes conséquences pour le climat

Cette combinaison d'images créée le 16 octobre 2024 montre l'ancien président des États-Unis et candidat républicain à la présidence Donald Trump à Cumming, en Géorgie, le 15 octobre 2024, et la vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à la présidence Kamala Harris à Détroit, dans le Michigan, le 15 octobre 2024. (AFP)
Cette combinaison d'images créée le 16 octobre 2024 montre l'ancien président des États-Unis et candidat républicain à la présidence Donald Trump à Cumming, en Géorgie, le 15 octobre 2024, et la vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à la présidence Kamala Harris à Détroit, dans le Michigan, le 15 octobre 2024. (AFP)
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Publié le Vendredi 25 octobre 2024

Harris ou Trump: une élection aux lourdes conséquences pour le climat

  • Sur le climat, Kamala Harris et Donald Trump ont des vues diamétralement opposées, faisant de l'élection présidentielle américaine un choix entre transition énergétique ou climatoscepticisme
  • Aucun des deux candidats n'a détaillé de programme complet sur la question, qui est loin d'être au centre de la campagne aux Etats-Unis

WASHINGTON: Sur le climat, Kamala Harris et Donald Trump ont des vues diamétralement opposées, faisant de l'élection présidentielle américaine un choix entre transition énergétique ou climatoscepticisme, avec d'immenses conséquences au niveau mondial.

Aucun des deux candidats n'a détaillé de programme complet sur la question, qui est loin d'être au centre de la campagne aux Etats-Unis, pourtant deuxième plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre derrière la Chine.

Mais leurs positions ne font aucun mystère. L'ancien président qualifie le changement climatique de "canular", et a promis de "forer à tout va" s'il est élu.

Sa victoire entraînerait davantage d'émissions de gaz à effet de serre américaines -- avec un impact sur le réchauffement mondial -- ainsi qu'un désengagement des Etats-Unis de la diplomatie climatique, pouvant freiner l'élan contre les énergies fossiles.

Sans même attendre l'investiture en janvier, son élection affaiblirait la voix des négociateurs américains à la COP29, qui doit débuter six jours après le scrutin.

Or l'engagement des pays riches comme les Etats-Unis sera décisif pour l'augmentation de l'aide financière aux pays vulnérables, au coeur des discussions cette année.

Durant son mandat, le républicain avait retiré les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, et a promis de le refaire s'il est élu, après l'annulation de cette décision par son successeur Joe Biden.

C'est sous cet accord que les Etats-Unis se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de moitié d'ici 2030, comparé à 2005. En 2023, cette réduction avait atteint 18%, selon le centre de recherche Rhodium Group.

Pour parvenir à 50%, "nous devons vraiment maintenir le cap", mais "il y aurait un revirement complet sous Trump", avertit Leah Stokes, politologue spécialisée sur le climat. "L'élection américaine aura des répercussions pour l'ensemble de la planète."

- "Escroquerie verte" -

Kamala Harris, qui s'était rendue à la COP28 où les Etats-Unis avaient joué un rôle clé, s'engage elle à "poursuivre et développer le leadership international des Etats-Unis sur le climat", selon son site de campagne.

En tant que sénatrice, elle a soutenu le "Green New Deal", résolution appelant à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre -- surnommée par Donald Trump la "nouvelle escroquerie verte" ("Green New Scam").

En 2019, alors candidate à la primaire démocrate, elle s'était prononcée pour l'interdiction de la fracturation hydraulique, une méthode polluante d'extraction d'hydrocarbures.

Elle est toutefois revenue sur cette position, dommageable notamment auprès d'électeurs de l'Etat clé de Pennsylvanie, où le secteur est important.

La démocrate en campagne ne fait d'ailleurs que peu référence au climat.

Lors de son débat face à Donald Trump, elle a défendu la nécessité de "sources d'énergie diversifiées", allant jusqu'à vanter que le pays ait "connu la plus forte augmentation de la production nationale de pétrole de l'histoire".

Un positionnement critiqué à bas bruit par certains. Mais toutes les associations environnementales la soutiennent, martelant son bilan.

Elles citent ses poursuites contre des entreprises pétrolières en tant que procureure générale de Californie. Et surtout son vote décisif pour adopter l'"Inflation Reduction Act" (IRA), loi d'investissement massif pour la transition énergétique.

Celle-ci est régulièrement prise pour cible par Donald Trump, qui a déclaré qu'il en "annulerait tous les fonds non dépensés".

Mais revenir sur une loi est complexe, et même certains élus républicains se sont prononcés contre l'idée, soulignant l'utilité des crédits d'impôts qu'elle comprend.

- Retour vers le futur -

Autres promesses de Donald Trump: annuler le moratoire de Joe Biden sur les nouveaux terminaux d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que "l'obligation d'achat de véhicules électriques".

Une référence aux nouvelles réglementations sur les émissions des voitures visant à accélérer le passage à l'électrique -- sans pour autant l'imposer.

D'autres normes récentes de l'agence de protection de l'environnement (EPA), notamment sur les limites aux émissions de CO2 des centrales à charbon, pourraient être renversées.

Mais "tout effort pour abroger ces réglementations donnera lieu à de nombreux recours", croit savoir Fatima Ahmad, de la société de conseil climatique Boundary Stone.

De plus, "les gouvernements locaux et le secteur privé continueront à pousser leurs engagements en matière de climat", comme "lors de la première administration Trump", dit-elle à l'AFP.

Mais selon une analyse du média spécialisé Carbon Brief, une victoire de Donald Trump entraînerait bien l'émission supplémentaire, d'ici à 2030, de 4 milliards de tonnes d'équivalent CO2 par rapport aux démocrates -- soit les émissions annuelles de l'Europe et du Japon.


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.


Trump assure que les discussions avec Téhéran ont repris, malgré le démenti iranien

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des négociations avec l’Iran étaient en cours malgré les démentis de Téhéran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des négociations avec l’Iran étaient en cours malgré les démentis de Téhéran. (Reuters)
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  • Trump affirme que des négociations sont en cours avec l’Iran et les présente comme une « dernière chance » pour parvenir à un accord, notamment sur le détroit d’Ormuz. Téhéran dément
  • Les tensions restent fortes dans la région, avec des discussions entre l’Iran et Oman sur Ormuz et un incident visant un cargo dans le détroit

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que des négociations avec l'Iran avaient lieu "en ce moment même", malgré le démenti de Téhéran peu auparavant, le président américain affirmant que ces discussions représentaient "la dernière chance" pour le pays d'obtenir un bon accord.

Dans un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, le président américain a assuré que ces pourparlers se déroulaient "à la demande" de Téhéran, et avec le "soutien" de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis ainsi que du Qatar.

"C'est la dernière chance qu'ont les Iraniens de signer un bon document", a-t-il déclaré.

Selon Donald Trump, ces discussions portent en particulier sur une réouverture, possible selon lui "dès demain", du détroit d'Ormuz.

Auparavant, il avait fustigé dans un message sur son réseau Truth Social la "duplicité incroyable" des dirigeants iraniens.

"Ils demandent une rencontre (...), les discussions commencent, d'autres sont prévues dans un futur immédiat, et ils disent, publiquement et fièrement, qu'ils n'ont aucune discussion", a-t-il écrit sur sa plateforme.

Le président américain avait menacé il y a quelques jours de "frapper fort" la République islamique, avant d'annoncer suspendre ses plans de bombardements massifs dans une nouvelle volte-face, alternant à plusieurs reprises ces dernières semaines menaces et annonces de pourparlers.

- Situation tendue -

La réponse de l'Iran est arrivée lors du point presse hebdomadaire de sa diplomatie: "nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz", a affirmé Esmaïl Baghaï.

La veille déjà, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait parlé d'un accord proche avec Oman pour rouvrir cette voie cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures, de nouveau verrouillée depuis que le protocole d'accord américano-iranien a volé en éclats début juillet.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes.

Le sultanat omanais, qui avait déclenché la colère de Téhéran en juin en ouvrant une route alternative dans le détroit, n'a pas fait de déclaration pour l'instant.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", avait assuré dimanche Esmaïl Baghaï.

Vers 00H30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,49% à 80,73 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, progressait de 0,60% à 84,27 dollars. Les prix tentaient un timide sursaut après avoir lourdement chuté la veille sur fond d'espoirs de négociations entre Iran et Etats-Unis.

Le Brent avait brièvement dépassé 100 dollars le baril fin juillet.

En attendant, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue. L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté dans la nuit de lundi à mardi qu'un cargo y avait été frappé par un "projectile inconnu", sans faire état dans l'immédiat d'éventuels blessés ou dégâts.

- "Nouveau mensonge" -

Donald Trump avait conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur le détroit.

Il a avancé lundi que celui-ci était "totalement contrôlé" par la marine américaine, et averti que le blocus américain des ports iraniens ne serait levé qu'en cas d'"accord" ou de "capitulation totale".

Les hostilités, déclenchées fin février par une offensive américano-israélienne sur Téhéran, ont globalement cessé en avril avant de reprendre début juillet.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end, notamment contre des infrastructures énergétiques.

Donald Trump a dit avoir renoncé à cette nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord".

Il a affirmé que la requête provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même, ce que Téhéran a également démenti, évoquant un "nouveau mensonge" du président américain.

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux navires saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.


Après l'afflux migratoire à Ceuta, mesures sécuritaires en France et Italie

Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • L'Italie et la France renforcent leurs contrôles aux frontières avec l'Espagne après l'entrée illégale d'environ 60.000 migrants à Ceuta
  • Cette crise ravive les tensions au sein de l'UE, tandis que Madrid appelle à l'unité et renforce les moyens de sécurité à Ceuta

CEUTA: L'Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles frontaliers avec l'Espagne après l'entrée illégale cette semaine de quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne.

Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de "démagogique" par l'Espagne.

La portée de cette proposition reste incertaine, des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel.

Par ailleurs, à compter de samedi selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne.

En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne".

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X: "ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie".

Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l'extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

- "Pas de futur" -

"Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d'une conférence de presse vendredi, soit "70% de la population de Ceuta", et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades.

La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles.

Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla).

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta, où sont déployés de nombreux militaires, notamment autour du port d'où partent les ferries pour le continent européen.

Vendredi soir, de nombreux policiers patrouillaient dans les rues de la ville, certains à moto poursuivant des groupes de jeunes hommes pour les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur une plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, et certains ont allumé des feux, à quelques mètres d'un véhicule de police.

"Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen", selon Mohamed, 35 ans chauffeur de taxi à Ceuta qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Au poste-frontière aux alentours de minuit, devant un important déploiement policier et militaire, de nombreux jeunes rebroussaient chemin. Certains saluent les militaires qui leur indiquent la porte d'un "adiós!", ou "good bye!" avant de retraverser la frontière.

"La prochaine fois, je viens avec le passeport!", lance Oussam aux militaires, en se dirigeant vers la frontière. Le jeune homme de 25 ans, qui tient un salon de coiffure, dit avoir voulu quitter son pays car "c'est la misère au Maroc, on n'a pas de futur". Il est venu en nageant "trois kilomètres" : il rêve lui aussi de l'Europe mais en attendant, il rentre chez lui "pour prendre une douche et manger", car comme beaucoup, il n'a rien avalé depuis deux jours.

- Crise migratoire -

Arrivé vendredi matin avec son ministre de l'Intérieur, Pedro Sánchez a évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" et accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu'un bateau et des drones.

A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l'enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays", accusant sur X l'Espagne de mener des "efforts délibérés" ayant favorisé cette immigration clandestine.

Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d'un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l'Espagne.

Plus de 10.000 migrants avaient alors atteint Ceuta depuis le Maroc en deux jours.