Les accords américano-saoudiens ne sont pas en lien avec la normalisation des relations avec Israël

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprime lors de l'événement Future Investment Initiative à Riyad, jeudi. (Photo Arab News)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprime lors de l'événement Future Investment Initiative à Riyad, jeudi. (Photo Arab News)
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Publié le Jeudi 31 octobre 2024

Les accords américano-saoudiens ne sont pas en lien avec la normalisation des relations avec Israël

  •  Le prince Faisal a affirmé que la normalisation des relations israélo-saoudiennes était «exclue» tant qu'il n'y aurait pas de résolution concernant la création d'un État palestinien
  • Abordant la crise actuelle à Gaza, il a appelé à un cessez-le-feu, soulignant les dangers d'une réaction israélienne excessive à la suite des événements du 7 octobre

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré, jeudi, que certains des accords bilatéraux négociés par le Royaume avec Washington n'étaient pas en lien avec la normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël et qu'ils allaient bon train.

Il a indiqué que les accords américano-saoudiens potentiels sur le commerce et l'intelligence artificielle n'étaient «pas liés à des tierces parties» et «pouvaient progresser probablement assez rapidement».

«Certains accords de coopération en matière de défense plus importants sont beaucoup plus compliqués. Nous serions certainement heureux de pouvoir les finaliser avant la fin du mandat de l'administration Biden, mais cela dépend de facteurs qui échappent à notre contrôle», a-t-il déclaré.

«Les autres volets de travail ne sont pas aussi liés et certains d'entre eux progressent assez rapidement. Nous espérons continuer d'aller de l'avant.»

Excluant la possibilité que l'Arabie saoudite reconnaisse Israël sans la création d'un État palestinien, le prince Faisal a déclaré que cela restait la seule solution viable, indépendamment de l'acceptation d'Israël.

S'exprimant lors du sommet de la Future Investment Initiative à Riyad, il a souligné que la création d'un État palestinien était ancrée dans le droit international et les résolutions des Nations unies.

«En réalité, la création d'un État palestinien n'est pas liée au fait qu'Israël l'accepte ou non; elle est liée aux principes du droit international», a-t-il déclaré. «Les résolutions des Nations unies qui ont conduit à la création de l'État d'Israël envisageaient clairement un État palestinien et nous devons donc faire en sorte que cela se produise.»

Le prince Faisal a affirmé que la normalisation des relations israélo-saoudiennes était «exclue» tant qu'il n'y aurait pas de résolution concernant la création d'un État palestinien. Il a également souligné les implications plus larges de cette situation en déclarant: «La sécurité de l'ensemble de la région est menacée si nous n'abordons pas la question des droits des Palestiniens.»

Abordant la crise actuelle à Gaza, il a appelé à un cessez-le-feu, soulignant les dangers d'une réaction israélienne excessive à la suite des événements du 7 octobre. «Nous avons vu que la réaction d'Israël et la poursuite de son assaut militaire ont conduit à une catastrophe humanitaire», a-t-il fait remarquer. Il a décrit la situation dans le nord de Gaza comme désastreuse, avec des blocus et aucune zone de sécurité pour les civils, déclarant: «Cela ne peut être décrit que comme une forme de génocide. C'est certainement contraire au droit humanitaire et cela alimente un cycle continu de violence.» 

En ce qui concerne les perspectives d'un cessez-le-feu immédiat, le prince Faisal s'est montré prudent: «J'espère que nous pourrons voir un cessez-le-feu dans les heures qui viennent, à court terme. Je n'en suis pas sûr. Je ne connais pas les détails.»

Il a reconnu les efforts des États-Unis pour faciliter les négociations, ajoutant: «Nous ne participons pas aux négociations directes, mais nous soutenons certainement les efforts entrepris par les États-Unis pour trouver une voie vers un cessez-le-feu. J'espère qu'ils aboutiront.»

Il a fait remarquer que les précédentes tentatives de négociation d'un cessez-le-feu avaient échoué en raison des nouvelles exigences d'Israël. «Dans la plupart des cas où les négociations ont échoué, c'est parce que de nouvelles exigences ou demandes ont été ajoutées de la part d'Israël», a-t-il expliqué.

Le prince Faisal a également abordé la position de l'Arabie saoudite sur le Liban, en insistant sur une approche non interventionniste. «Nous ne nous sommes jamais totalement désengagés. Mais nous pensons qu'il appartient aux hommes politiques libanais de chercher une direction qui mette le Liban sur la bonne voie», a-t-il déclaré.

Il a ajouté: «Il n'appartient à aucune influence extérieure, à aucun pays extérieur ou à aucune puissance extérieure de dire aux Libanais ce qu'ils doivent faire ou d'influencer le processus politique au Liban. C'est notre avis.»

En ce qui concerne les relations avec l'Iran, le prince Faisal a indiqué que les discussions récentes ont porté sur la désescalade régionale. «J'espère que l'Iran, comme nous, travaille à la désescalade régionale sur tous les fronts et pas seulement au Liban. C'est en grande partie l'objet de mes conversations avec mon homologue iranien», a-t-il déclaré. Bien qu'il ne puisse être «sûr de rien qui soit sous le contrôle des autres parties», il a souligné l'importance d'éviter une nouvelle escalade.

«J'ai clairement indiqué à nos homologues iraniens qu'il était important d'éviter toute nouvelle escalade. J'ai l'impression qu'ils sont conscients des risques d'escalade et qu'ils préféreraient les éviter. Mais, bien sûr, ils ont leurs propres calculs stratégiques.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
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  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
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  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.