Harris ou Trump, l'Amérique à l'aube d'un choix historique

Des supporters brandissent des pancartes alors que Kamala Harris, vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à l'élection présidentielle, prend la parole lors d'un meeting de campagne sur la Benjamin Franklin Parkway à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 4 novembre 2024. (AFP)
Des supporters brandissent des pancartes alors que Kamala Harris, vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à l'élection présidentielle, prend la parole lors d'un meeting de campagne sur la Benjamin Franklin Parkway à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 4 novembre 2024. (AFP)
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Publié le Mardi 05 novembre 2024

Harris ou Trump, l'Amérique à l'aube d'un choix historique

  • Ce sont les derniers instants d'une campagne haletante pour la Maison Blanche: Kamala Harris et Donald Trump sont sur scène pour leurs ultimes meetings électoraux, juste avant un vote aux enjeux cruciaux pour les Etats-Unis et le reste du monde
  • Chacun des deux rivaux se dit confiant dans sa victoire. Si l'on croit les sondages, tout se jouera à quelques dizaines de milliers de voix seulement, dans sept Etats dits pivots

PHILADELPHINE: Ce sont les derniers instants d'une campagne haletante pour la Maison Blanche: Kamala Harris et Donald Trump sont sur scène pour leurs ultimes meetings électoraux, juste avant un vote aux enjeux cruciaux pour les Etats-Unis et le reste du monde.

"Ceci pourrait être une des élections les plus serrées de l'histoire. La moindre voix compte", a averti la candidate démocrate dans la nuit de lundi à mardi à Philadelphie, en Pennsylvanie, à quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote.

D'un côté, la vice-présidente, qui en juillet a remplacé au pied levé le dirigeant vieillissant Joe Biden. Kamala Harris, 60 ans, peut devenir mardi la première femme à diriger la plus grande puissance économique et militaire de la planète.

De l'autre, l'ancien président Donald Trump, 78 ans, auteur d'un retour politique spectaculaire après avoir quitté la Maison Blanche en 2021 dans un contexte chaotique, avoir réchappé à deux procédures de destitution et avoir été condamné en justice.

Dans le Michigan, le républicain a promis lors de son tout dernier meeting de campagne de "mener l'Amérique et le monde" vers "de nouveaux sommets". Débordant de confiance, il a assuré plusieurs fois être "en très bonne position" pour l'emporter.

- "Retour à la normale" -

Emaillée de coups de théâtre, dont deux tentatives d'assassinat visant Donald Trump, cette course à la Maison Blanche a aussi été marquée par toutes les surenchères dans un pays fracturé.

Chacun des deux rivaux se dit confiant dans sa victoire. Si l'on croit les sondages, tout se jouera à quelques dizaines de milliers de voix seulement, dans sept Etats dits pivots.

Les Etats-Unis, pays fédéral, ont en effet un système de suffrage universel indirect, couronnant le candidat qui parvient à rassembler une majorité des 538 grands électeurs, soit au moins 270.

C'est donc logiquement en Pennsylvanie, qui offre le plus de grands électeurs de ces "swing states", que Kamala Harris et Donald Trump ont notamment jeté leurs dernières forces.

Electrice de cet Etat, Yvonne Tinsley, comptable de 35 ans, s'est déplacée pour voir la vice-présidente, disant rêver d'"un retour à la normale".

"Nous avons la possibilité de tourner enfin la page d'une décennie de projet politique guidé par la peur et la division. Nous en avons assez", a dit comme en écho Kamala Harris, ancienne procureure puis sénatrice de Californie, née d'un père jamaïcain et d'une mère indienne.

Pour son  dernier meeting, qui selon son équipe a rassemblé 30.000 personnes, Kamala Harris a soigneusement choisi le décor.

Elle s'est exprimée à Philadelphie, berceau de la démocratie américaine, au pied d'un grand escalier immortalisé dans le film "Rocky", voulant y voir "un symbole de ceux qui sont donnés perdants au départ et qui grimpent jusqu'à la victoire."

Un peu avant, la star Lady Gaga avait appelé sur scène à voter pour Kamala Harris en soulignant que "les femmes participeraient à la décision" mardi. La défense du droit à l'avortement est un grand thème de campagne de la vice-présidente.

- "Ennemis de l'intérieur" -

L'ancien président a lui encore alimenté les tensions d'un pays à cran en commençant à remettre en question l'intégrité des opérations de vote. L'équipe de Kamala Harris a déclaré "s'attendre" à ce que le républicain se déclare vainqueur de façon prématurée, comme il l'avait fait en 2020.

L'ancien magnat de l'immobilier, qui qualifie ses adversaires d'"ennemis de l'intérieur", est un "fasciste" animé par la vengeance et sa soif de "pouvoir sans limites" martèlent les démocrates.

Mais dans ses meetings, les trumpistes ne sont pas rebutés.

Ethan Wells, employé d'un restaurant et âgé de 19 ans, confie son enthousiasme: "Quand Trump était président, personne ne déconnait avec l'Amérique".

Près de 80 millions d'Américains, dont Kamala Harris, ont déjà voté de façon anticipée, sur 244 millions d'électeurs. Son rival devrait lui voter en personne mardi près de sa résidence en Floride.

La suite reste la grande inconnue.

Donald Trump n'a jamais reconnu sa défaite à la présidentielle de 2020, après laquelle ses partisans avaient pris d'assaut le Capitole le 6 janvier 2021.

Au moins trois Etats, celui de Washington, le Nevada et l'Oregon, ont mobilisé les réservistes de la Garde nationale. Ailleurs dans le pays, certains bureaux de vote seront surveillés par des drones et des tireurs d'élite sur les toits.

Dans la capitale fédérale, des barrières métalliques sont érigées autour de la Maison Blanche, du Capitole et d'autres sites sensibles.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.