L'extrême droite française devenue plus frileuse à soutenir ouvertement Donald Trump

Eric Ciotti, l'ex-patron des Républicains (droite traditionnelle), désormais rallié au Rassemblement national (RN), a ainsi estimé mardi qu'une élection de l'ancien président Donald Trump "serait plus profitable pour les équilibres économiques et politiques" du monde. (AFP)
Eric Ciotti, l'ex-patron des Républicains (droite traditionnelle), désormais rallié au Rassemblement national (RN), a ainsi estimé mardi qu'une élection de l'ancien président Donald Trump "serait plus profitable pour les équilibres économiques et politiques" du monde. (AFP)
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Publié le Mardi 05 novembre 2024

L'extrême droite française devenue plus frileuse à soutenir ouvertement Donald Trump

  • Le principal parti français d'extrême droite, le Rassemblement national, se montre beaucoup plus prudent que par le passé pour soutenir ouvertement Donald Trump
  • Eric Ciotti, l'ex-patron des Républicains (droite traditionnelle), désormais rallié au Rassemblement national (RN), a ainsi estimé mardi qu'une élection de l'ancien président Donald Trump "serait plus profitable pour les équilibres économiques"

PARIS: Le principal parti français d'extrême droite, le Rassemblement national, se montre beaucoup plus prudent que par le passé pour soutenir ouvertement Donald Trump, même si plusieurs personnalités ne cachent pas leur enthousiasme pour le très clivant candidat à la présidentielle américaine.

Eric Ciotti, l'ex-patron des Républicains (droite traditionnelle), désormais rallié au Rassemblement national (RN), a ainsi estimé mardi qu'une élection de l'ancien président Donald Trump "serait plus profitable pour les équilibres économiques et politiques" du monde.

Critiquant "la dérive vers la gauche et l'ultra-gauche" des démocrates américains, selon lui partisans d'une "immigration irrégulière de masse" et d'un "wokisme terrifiant", M. Ciotti se dit "cohérent" avec son positionnement national.

Une façon pour lui de lancer une pique au dirigeant du RN Jordan Bardella.

En 2016, la figure de proue du parti, Marine Le Pen, avait ouvertement milité pour Donald Trump dont le discours antisystème, anti-immigration et protectionniste, faisait écho à celui du Front national, devenu Rassemblement national deux ans plus tard. "Si j'étais Américaine, je voterais tout sauf Hillary Clinton", avait-elle notamment déclaré.

Rebelote en 2020. "Si Joe Biden était élu, ce serait une véritable catastrophe", avait-elle affirmé, envoyant une délégation de son parti au dernier meeting de Donald Trump.

Mais rien d'aussi manifeste pour l'élection de 2024. "Je suis Français, je ne me prononce jamais sur les élections étrangères", a répété mardi le député RN Jean-Philippe Tanguy.

Le soutien du Rassemblement national est devenu beaucoup plus allusif. "Donald Trump défend l'intérêt des Américains et défend une forme de fierté américaine. Et j'aime ce patriotisme", a ainsi déclaré la semaine dernière Jordan Bardella.

Et Jean-Philippe Tanguy d'épingler "les médias" qui tenteraient "de faire peur aux Français en présentant Trump comme une espèce de nouveau fasciste, en présentant Kamala Harris comme le messie".

Une majorité d'électeurs RN pour Harris 

Mais le refus de Trump d'admettre sa défaite en 2020, l'attaque du Capitole en janvier 2021, ses outrances sexistes, racistes ou complotistes rendent aujourd'hui l'exercice plus délicat pour un parti qui cherche à lisser son image en France pour accéder au pouvoir.

"Je respecterai le vote des électeurs américains", a ainsi affirmé Jordan Bardella, sous-entendant que son parti n'irait pas dans la contestation des résultats déjà annoncée en cas de défaite du candidat républicain.

Pour Mathieu Gallard, directeur d'études chez Ipsos, "les dirigeants du RN n'ont pas intérêt à trop s'approcher ou à trop s’éloigner de Trump, parce que peut-être qu'une partie de leur électorat le plus radicalisé est pro-Trump, mais clairement pas tous leurs électeurs".

De fait, selon un sondage Elabe publié le 30 octobre, seuls 13% des Français souhaitent une victoire de Donald Trump contre 64% de Kamala Harris. Et, même parmi les électeurs RN, ils ne sont que 30% a être favorables au candidat républicain contre 46% pour la vice-présidente.

"Une partie de leurs nouveaux éléments jugent que Trump va trop loin. Dans ce contexte, c'est difficile pour le RN de prendre position", juge-t-il.

Le soutien au milliardaire américain, est en revanche beaucoup plus décomplexé chez le petit parti Reconquête!

Le président de cette formation d'extrême droite Eric Zemmour, écrivain à succès et ex-journaliste, s'était targué d'un échange téléphonique avec Trump lors de la campagne pour la présidentielle française de 2022 où il a remporté 7% des suffrages au premier tour.

Sarah Knafo, eurodéputée de ce parti, prend Donald Trump comme modèle pour la droite conservatrice française et a assisté à l'un des derniers meetings du candidat républicain, en Pennsylvanie.

Elle soutient sur X le "candidat de l'identité nationale et de la paix", celui qui "défend la liberté d'expression aux côtés d'Elon Musk contre tous les censeurs".

 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.