AlUla : quand l’expertise française rencontre un patrimoine millénaire

 L'envoyé spécial du président français Emmanuel Macron pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, à Erbil en juillet 2020. Photo d'archives Safin Hamed/AFP
L'envoyé spécial du président français Emmanuel Macron pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, à Erbil en juillet 2020. Photo d'archives Safin Hamed/AFP
Célébration de la culture, du patrimoine, de la musique et des délices culinaires du 19 décembre au 11 janvier
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Publié le Jeudi 14 novembre 2024

AlUla : quand l’expertise française rencontre un patrimoine millénaire

  • À cet effet, le président de l’agence Af AlUla a déclaré : « Depuis la création d’AFALULA, 346 contrats ont été signés par 203 entreprises privées et acteurs publics français.
  • Nous privilégions des conceptions s'inspirant de l'architecture locale et ayant recours à des matériaux durables, tout en veillant à minimiser l'impact sur l'environnement et en favorisant les artisans locaux.

RIYAD : Nommé par Emmanuel Macron à la tête de l'Agence française de développement d'AlUla (AfAlUla), Jean-Yves Le Drian est chargé de coopérer avec les autorités saoudiennes pour le développement touristique et culturel de la région d'AlUla.

Personnalité importante de la diplomatie française et spécialiste du monde arabe, Jean-Yves Le Drian a également été ministre de la Défense.

Le projet de développement de la région d’AlUla est sous la responsabilité de la Commission royale pour AlUla (RCU) et de l’Agence française pour le développement d’AlUla (Af AlUla), qui œuvrent ensemble pour la promotion du patrimoine archéologique, de la culture et de l’histoire de l'Arabie saoudite.

Les deux instances collaborent depuis pour faire de ce site un modèle de développement économique et touristique.

Lors de son récent passage à Riyad, Jean-Yves Le Drian a accordé à Arab News une interview exclusive en français, durant laquelle il a abordé les aspects importants de la collaboration franco saoudienne et son impact économique, culturel et environnemental dans la réalisation des projets initiés dans le cadre de la Vision 2030.

À cet effet, le président de l’agence Af AlUla a déclaré : « Depuis la création d’AFALULA, 346 contrats ont été signés par 203 entreprises privées et acteurs publics français (Bouygues, Alstom, Thales, RATP Dev, etc.) dont 194 contrats par des PME, pour un montant total dépassant 2,3 milliards d’euros.

Parmi les projets emblématiques figurent notamment le tramway conçu par Alstom pour un montant total de plus de 500 millions d’euros, l’hôtel imaginé par Jean Nouvel au cœur de la réserve naturelle de Shaaran, la villa Hégra conçue par les architectes français Lacaton & Vassal, le campus de l’école FERRANDI Paris à AlUla, première institution du genre, destinée à former les habitants d’AlUla aux métiers de la gastronomie et de l’hôtellerie, annoncé à l’occasion de la huitième édition du Forum FII 2024. ».

Un grand nombre d’entreprises françaises sont impliquées dans la réalisation de projets de développement durable en Arabie saoudite. C’est pourquoi le président de l’agence a confié : « Tous les projets en développement intègrent une dimension environnementale et durable. C’est déjà particulièrement vrai dans le domaine de la mobilité, avec un tramway « vert », et le « plan de mobilité 360 » proposé par RATP Dev pour développer des solutions de mobilité locales décarbonées. »

Nous avons également proposé un plan d'action pour le développement d'une offre hôtelière durable. Nous privilégions des conceptions s'inspirant de l'architecture locale et ayant recours à des matériaux durables, tout en veillant à minimiser l'impact sur l'environnement et en favorisant les artisans locaux.

La préservation de l’oasis et de ses trésors est au cœur du partenariat franco saoudien. L’expertise française est d’ailleurs particulièrement reconnue pour son engagement en faveur de la préservation de l’environnement. La collaboration franco saoudienne trouve ses origines dans les missions archéologiques, comme la mission Hégra. » a-t-il ajouté

Abordant le volet touristique, qui depuis ces dernières années a connu un essor considérable en Arabie, Le Driant a expliqué : « La Commission Royale pour AlUla (RCU), avec le soutien d’AFALULA, a mis en place une série de mesures visant à promouvoir le tourisme dans la région, en mettant particulièrement l'accent sur le développement d'une offre hôtelière durable et sur le développement d'une offre culturelle unique.

Par exemple, la France établit des partenariats stratégiques avec des voyagistes français. Ces collaborations permettront d'introduire environ 40 circuits touristiques sur le marché, en programmant AlUla comme une destination incontournable pour des agences spécialisées dans les voyages sur mesure. Parallèlement, une plateforme de formation en ligne a été lancée pour aider les professionnels du tourisme français à mieux comprendre et promouvoir la région. »

« Le tourisme représente un levier économique crucial pour AlUla à plusieurs niveaux. D’abord, il permet de créer de nombreuses opportunités d'emploi, notamment pour les jeunes, qui représentent plus de 70 % de la population saoudienne.

Ensuite, en attirant des visiteurs intéressés par son patrimoine culturel et archéologique, la région bénéficie des dépenses touristiques dans divers secteurs tels que l’hôtellerie, la restauration et les activités culturelles.

Enfin, l’impact économique du tourisme renforce les entreprises locales et contribue à une dynamique économique bénéfique pour toute la population d'AlUla. » a annoncé le président de l’agence.

« La France, première destination touristique mondiale, possède une expertise reconnue dans ce domaine. Les acteurs français peuvent transmettre leur savoir-faire à la RCU pour accompagner le développement d'AlUla de manière économiquement avantageuse et respectueuse de l’environnement, en mettant notamment l’accent sur la formation des habitants et la préservation du patrimoine naturel et culturel. » a conclu le président de l’agence AfAlUla.


Décès de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
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  • Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes
  • Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs

PARIS: L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.

M. Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse", sans divulguer de détails.

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s'était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.

Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.

Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs.

La surprise avait été totale lorsqu'en 2002, il n'était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac.

Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l'extrême droite, Lionel Jospin s'était alors retiré de la vie politique, n'intervenant plus pendant des années dans le débat public.

Pendant le quinquennat de François Hollande, il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique puis était au Conseil constitutionnel en 2014.

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de M. Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à "un modèle d'exigence et de travail" et salué la mémoire d'une "présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive", dans un message publié sur X.


Grégoire gagne Paris haut la main, défaite cuisante pour Dati

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
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  • Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche
  • L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix

PARIS: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.

Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans.

L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix.

"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad (nord-est), acclamé par les militants.

Le député PS et ex-premier adjoint de la maire sortante voit dans son succès "une promesse exigeante" et "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, progressiste, populaire".

"Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.

Sitôt sa victoire annoncée, le nouvel édile de la capitale, 48 ans, s'est rendu à Vélib à l'Hôtel de ville, où l'attendaient Anne Hidalgo mais aussi l'ex-maire socialiste Bertrand Delanoë, symbole de la "prise" de Paris par la gauche en 2001.

"Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense", a déclaré Anne Hidalgo à son arrivée, lui donnant une longue et chaleureuse accolade, avant de lui remettre la clé de la ville.

"Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo pour ses mots chaleureux", a répondu Emmanuel Grégoire, passant l'éponge sur leurs dernières années de brouille.

"Je pense à ceux qui dorment ce soir dans les rues, à ceux qui souffrent, à tous les plus vulnérables qui ont besoin de la gauche", a-t-il ajouté, avant de prendre le métro en direction de la Rotonde Stalingrad.

Douche froide chez Dati 

A l'annonce des résultats, plusieurs centaines de sympathisants ont explosé de joie, scandant "Paris reste à gauche !".

"Je suis soulagée! Je m'attendais à un petit écart mais là c'est impressionnant", a réagi Nolween Caruso, 27 ans.

Bière à la main et sourire aux lèves, Léo est allé célébrer la victoire sur le parvis de l'Hôtel de ville. "On eu un peu peur que Rachida Dati puisse être élue avec le soutien de l'extrême droite. Dans une ville comme Paris ça aurait fait mal", confie ce militant PS de 26 ans.

Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu dans un message lapidaire qu'elle n'avait "pas réussi à convaincre suffisamment" que le changement "était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire".

Devant son QG, c'est la douche froide pour les militants. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.

Autre salle, autre ambiance près du QG de campagne de Sophia Chikirou, où une quarantaine de personnes ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du député PS.

La candidate insoumise a vu dans cette victoire l'expression du "rejet fort de la droite" et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris.

De son côté, l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel a dit sur X former "le vœu que Paris réussisse" et "demeure, enfin, la capitale de la lutte contre tous les extrémismes politiques". L'ancien chef de file du centre-droit a fusionné ses listes avec Rachida Dati mais s'est retiré personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.

Equilibre inchangé dans les arrondissements 

"Je suis très triste pour les Parisiens", a déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite, qui s'était désistée pour "faire battre la gauche".

"Paris est une ville définitivement de gauche", analyse Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop. Selon lui, l'électorat de Pierre-Yves Bournazel "s'est très mal reporté sur Rachida Dati, dont le score est une addition de celui du premier tour, et sans doute de 90% à 95% de Sarah Knafo".

Dans les arrondissements, l'équilibre des forces politiques reste inchangé, avec neuf arrondissements restant à gauche et huit demeurant à droite.

Lucie Castets, ex-candidate de la gauche pour Matignon, a été élue maire du XIIe arrondissement, où elle avait remplacé au pied levé la maire écologiste sortante Emmanuelle Pierre-Marie, épinglée pour son management jugé toxique.

Le chef de file des écologistes parisiens David Belliard, ex-adjoint aux transports d'Anne Hidalgo, a remporté le XIe arrondissement. Il avait obtenu la tête de liste aux termes de l'accord d'union négocié avec les socialistes d'Emmanuel Grégoire, qui ont accepté de céder leur bastion, terre d'élection d'Anne Hidalgo.

L'élection du maire aura formellement lieu dimanche prochain.

 


Macron condamne les attaques iraniennes contre l'Arabie saoudite lors d'un appel avec le prince héritier

 Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
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  • Le président français réaffirme le soutien de Paris aux mesures prises par Riyad pour "sauvegarder sa souveraineté"
  • Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne (SPA).

Lors de l'appel, Macron a exprimé la solidarité de la France avec l'Arabie saoudite, condamnant fermement les attaques iraniennes répétées visant le Royaume.

Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale.

Cet appel est intervenu alors que les tensions régionales continuent de s'intensifier. Un jour plus tôt, M. Macron avait appelé toutes les parties au conflit à imposer un moratoire sur les frappes visant les installations énergétiques et d'autres infrastructures civiles.

Il a également exhorté l'Iran à permettre la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, mettant en garde sur le média social X contre le "risque d'une escalade incontrôlable".

La France a vivement critiqué l'Iran ces derniers jours. Lors d'une visite en Israël vendredi, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que toute résolution durable du conflit au Moyen-Orient devait être étayée par un règlement politique, ce qui suppose que Téhéran change radicalement de cap.

"Quelle que soit l'issue des opérations militaires en cours, elle doit être complétée par une solution politique qui produise des résultats durables", a déclaré M. Barrot aux journalistes à Tel-Aviv, ajoutant que "le régime iranien doit être prêt à faire des concessions majeures - à changer radicalement de position".

M. Barrot s'est également fait l'écho des appels européens en faveur d'un arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques, à la suite d'un bombardement israélien sur le principal champ gazier iranien qui a entraîné une hausse des prix de l'énergie.