Au Liban, la cueillette des olives sous les avions de chasse

Des agriculteurs récoltent des olives dans le village de Kfeir, dans le sud du Liban, le 15 novembre 2024, alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah libanais se poursuit. (AFP)
Des agriculteurs récoltent des olives dans le village de Kfeir, dans le sud du Liban, le 15 novembre 2024, alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah libanais se poursuit. (AFP)
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Publié le Mardi 19 novembre 2024

Au Liban, la cueillette des olives sous les avions de chasse

  • Le village de Kfeir, comme sa région de Hasbaya où vivent familles chrétiennes et druzes, a été largement épargné par la guerre qui déchire les bastions du Hezbollah chiite
  • Le calme relatif a permis d'organiser la cueillette des olives

Kfeir, Liban: Sur un versant boisé de la montagne libanaise, Assaad al-Taqi participe comme chaque année à la cueillette des olives, imperturbable malgré le rugissement des avions de chasse et les colonnes de fumées à l'horizon, en pleine guerre entre l'armée israélienne et le Hezbollah.

A neuf kilomètres de là seulement, débute le secteur du Golan syrien occupé par Israël. Un peu plus loin dans le sud du Liban, les villages frontaliers visés quotidiennement par les bombardements israéliens.

Mais dans les oliveraies du village bucolique de Kfeir, au côté d'autres ouvriers et ouvrières agricoles, M. al-Tagi, 51 ans, agite son bâton parmi les branches touffues des arbres pour faire tomber les olives sur une bâche en jute étalée au sol.

"La région est près des bombardements", reconnaît doctement l'homme au visage buriné par le soleil. "Mais je n'ai pas peur d'une roquette".

"Notre seule présence ici est comme un défi", ajoute-t-il non sans lyrisme: "Les olives sont le meilleur des fruits. C'est l'arbre de la paix".

Pour déjeuner, le groupe s'installe à l'ombre des oliviers, plantés à 900 mètres d'altitude sur le flanc du mont Hermon, près du triangle des frontières libanaise, syrienne et israélienne, sur le Golan occupé.

"On n'a pas peur, on a l'habitude. On a surtout peur pour nos frères impactés par le conflit", confie Hassna Hammad, 48 ans, en allusion aux centaines de milliers de Libanais déplacés par la guerre. Et surtout, "ce travail est notre gagne-pain"? ajoute-t-elle.

- "La guerre fait peur" -

Le village de Kfeir, comme sa région de Hasbaya où vivent familles chrétiennes et druzes, a été largement épargné par la guerre qui déchire les bastions du Hezbollah chiite, même si fin octobre, un complexe hôtelier de Hasbaya a pu être visé par une frappe qui a coûté la vie à trois journalistes.

Le calme relatif a permis d'organiser la cueillette des olives. Ailleurs dans le sud, il n'y a plus personne pour s'occuper des champs, les habitants ayant déserté les villages cibles depuis fin septembre de raids aériens et d'une offensive au sol lancée par Israël.

Dans les zones touchées par le conflit, "12% des oliveraies ont été détruites", selon un rapport de la Banque mondiale, estimant à 58 millions de dollars les pertes financières entraînées par une "perturbation" des cueillettes, "à cause des bombardements et des déplacements".

Mais dans les oliveraies de Kfeir, on s'éparpille dès l'aube pour la cueillette, malgré le passage des avions israéliens brisant le mur du son.

La saison est généralement très attendue au Liban. Parfois, les citadins rentrent spécialement dans leurs campagnes pour y participer.

"Tout le monde n'a pas le courage de venir", déplore toutefois Salim Kassab, propriétaire d'un pressoir traditionnel, où les villageois apportent leurs olives pour en tirer de l'huile.

"Pour cette cueillette, beaucoup manquent à l'appel. Ils ont préféré envoyer des ouvriers les remplacer", ajoute le quinquagénaire: "Evidemment la guerre fait peur". Lui-même est monté au village sans sa femme ni les enfants.

Avant la guerre, pour réparer les machines de son pressoir il allait à Nabatiyé ou Saïda, grandes villes du sud. Impossible aujourd'hui: pour des réparations il doit aller plus loin.

- "Le mois des olives"  -

Dans un pays en plein effondrement économique depuis 2019, douze mois de conflit ont coûté au secteur agricole libanais des pertes de 1,1 milliard de dollars, selon une estimation de la Banque mondiale.

Si l'impact varie, "les régions près de la frontière sud ont subi les pertes et les dégâts les plus significatifs", reconnaît-elle.

L'institution cite les dégâts causés par des incendies et l'abandon de terrains et de cheptels, dans le sud et dans la Bekaa (Est). Outre des déplacements de population et de fermiers, synonymes de "récoltes perdues".

Au village de Kfeir, au détour d'une ruelle, l'odeur des olives fraîches émane de l'entrée d'une petite maison. Inaam Abou Rizk, 77 ans, les rince avec l'aide de son mari.

Elle va les mettre en conserve, pour les servir à sa table tout l'hiver, ou les envoyer au pressoir. Des traditions héritées de génération en génération. Elle-même participe à la cueillette des olives depuis des décennies. Cette année ne pouvait pas être différente.

"Nous avons peur bien sûr", admet-elle: "Il y a le bruit des avions et des bombardements". Mais, confie-t-elle, "nous aimons le mois des olives, nous sommes des paysans et la terre est notre travail".


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).