En Syrie, d'anciens détenus revisitent les « cellules du désespoir »

Le journaliste syrien Mohamed Darwish, âgé de 34 ans, ancien détenu de la prison gérée par la « Division de la sécurité palestinienne » du Service des renseignements militaires de la Syrie, fait un tour d’une cellule de la prison de Damas le 13 décembre 2024. (Photo AFP)
Le journaliste syrien Mohamed Darwish, âgé de 34 ans, ancien détenu de la prison gérée par la « Division de la sécurité palestinienne » du Service des renseignements militaires de la Syrie, fait un tour d’une cellule de la prison de Damas le 13 décembre 2024. (Photo AFP)
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Publié le Dimanche 15 décembre 2024

En Syrie, d'anciens détenus revisitent les « cellules du désespoir »

  • Quelques jours après la chute de Bachar al-Assad, Mohammed Darwich raconte le « désespoir » de ces mois passés sous terre, aux mains d'une des branches les plus redoutées des renseignements syriens.
  • C'est dans les bâtiments imposants de cette section, appelée la « branche de Palestine », que les personnes arrêtées pour « terrorisme » atterrissaient pour être interrogées. Beaucoup ne donnaient plus jamais signe de vie.

DAMAS : Retourner sur les lieux où il a vécu les pires exactions : quelques jours après la chute de Bachar al-Assad, Mohammed Darwich raconte le « désespoir » de ces mois passés sous terre, aux mains d'une des branches les plus redoutées des renseignements syriens.

Une odeur de putréfaction s'échappe de la cellule numéro 9, sans fenêtres, aux murs noirs et humides, où étaient entassées une centaine de personnes avec lui.

C'est dans les bâtiments imposants de cette section, appelée la « branche de Palestine », que les personnes arrêtées pour « terrorisme » atterrissaient pour être interrogées. Beaucoup ne donnaient plus jamais signe de vie.

« Je suis l'une des personnes qu'ils ont le plus interrogées. Tous les jours, matin et soir », indique à l'AFP le journaliste Mohammed Darwich, qui a été arrêté pendant 120 jours.

Arrêté en 2018 pour avoir livré des informations à des groupes terroristes, selon les autorités, il dénonce aujourd'hui ces « arrestations arbitraires prolongées sans aucune accusation claire ».

L'homme, âgé de 34 ans, se souvient de cette pièce dans laquelle il partageait le quotidien d'une cinquantaine de détenus tuberculeux. Il se souvient de ce jeune homme turc devenu « fou » à cause de la pluie de coups qui s'abattaient sur lui.

« Quand la porte se referme derrière nous, un sentiment de désespoir nous submerge. Cette cellule a été témoin de tellement de tragédies », murmure-t-il.

« Sortir les morts »

Depuis dimanche et la prise de Damas par une coalition de groupes rebelles dominée par les islamistes radicaux de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), la « branche de Palestine » a été désertée par les hommes qui y travaillaient.

Dans une pièce sombre, une femme, le visage caché par un foulard gris, fouille désespérément les cartes d'identité abandonnées.

Plusieurs anciens détenus, à l'instar de Mohammed Darwich, reviennent aussi sur les lieux tant redoutés pour affronter leurs douleurs et angoisses du passé.

« On nous a dit que notre séjour dans la branche de Palestine durerait le temps d'une simple question-réponse. En réalité, j'y suis resté 35 jours, ou 32, je ne me souviens plus très bien », confie Adham Bajbouj, âgé de 32 ans.

« Il pesait 85 kg lorsqu'il est arrivé, il est ressorti en pesant 50 kg », poursuit son frère qui l'accompagne.

Outre les interrogatoires, il se souvient des « humiliations » subies.

« Il fallait nettoyer les lieux de torture et les toilettes, sortir les morts des cellules », dit le frêle trentenaire, soulignant qu'il n'était plus jamais arrivé à passer devant le bâtiment depuis sa sortie.

- Documents « secrets » brûlés -

Comme elle, des milliers de personnes se sont ruées, depuis près d'une semaine, vers les prisons, les commissariats, les centres de renseignement et les centres militaires, dans toute la Syrie, à la recherche d'informations sur des proches disparus.

Au dernier étage de l'édifice se trouvent les « salles de torture », comme les décrivent les anciens détenus. Plus loin, l'odeur de fumée se dégage des bureaux des officiers, réduits en cendres.

Sur des étagères, des milliers de documents, probablement importants ou secrets, ont été brûlés par les responsables avant leur départ.

Une lettre datée de 2022 et restée intacte est adressée par le haut commandement de l'armée à la section « chargée de traiter les affaires de terrorisme ». Elle y décrit l'arrestation d'un soldat accusé d'entretenir des relations avec des « organisations terroristes armées ».

Waël Saleh, 42 ans, fait face à son ancienne cellule, numéro 9, et répète, comme s'il avait du mal à réaliser la nouvelle réalité de la Syrie : « On m'a incriminé pour terrorisme. Je suis toujours accusé de terrorisme. »

« Je n'oublierai jamais ce que j'ai vécu ici. Je me souviens, nous étions 103 dans la cellule, nous restions debout pour permettre aux plus âgés de s'allonger. »

 


Pour le Hamas, tout arrangement sur Gaza doit commencer par "l'arrêt total de l'agression" d'Israël

Les Palestiniens se frayent un chemin dans un quartier dévasté, au milieu du conflit en cours entre Israël et le Hamas, à Gaza. (Reuters)
Les Palestiniens se frayent un chemin dans un quartier dévasté, au milieu du conflit en cours entre Israël et le Hamas, à Gaza. (Reuters)
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  • Le Hamas exige que tout accord sur Gaza commence par l’arrêt total de l’agression israélienne, la levée du blocus et le respect des droits nationaux palestiniens, notamment la liberté et l’autodétermination
  • Lors du Conseil de paix à Washington, Trump a annoncé plus de 7 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza, tandis qu’Israël insiste sur la démilitarisation préalable

Gaza, Territoires palestiniens: Tout arrangement concernant la bande de Gaza doit commencer par "l'arrêt total de l'agression israélienne", a déclaré le mouvement islamiste palestinien Hamas après la première réunion, à Washington, du "Conseil de paix" du président américain Donald Trump.

"Tout processus politique ou tout arrangement discuté concernant la bande de Gaza et l'avenir de notre peuple palestinien doit partir de l'arrêt total de l'agression (israélienne, NDLR), de la levée du blocus et de la garantie des droits nationaux légitimes de notre peuple, au premier rang desquels son droit à la liberté et à l'autodétermination", a écrit le Hamas dans un communiqué, publié jeudi soir à propos de cette rencontre.

M. Trump a réuni jeudi pour la première fois son "Conseil de paix", devant lequel plusieurs pays ont annoncé leurs contributions en argent et hommes pour la reconstruction de Gaza, après plus de quatre mois d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, qui s'accusent mutuellement de le violer au quotidien.

Selon le Hamas, "la tenue de cette réunion alors que se poursuivent les crimes de l'occupation (Israël, NDLR) et ses violations répétées de l'accord de cessez-le-feu impose à la communauté internationale, ainsi qu'aux parties participant au Conseil, de prendre des mesures concrètes l'obligeant à mettre fin à son agression, à ouvrir les points de passage, à laisser entrer l'aide humanitaire sans restrictions et à entamer immédiatement la reconstruction" de Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait insisté jeudi sur la nécessité de désarmer le Hamas avant toute reconstruction de la bande de Gaza.

"Nous sommes convenus avec notre allié, les Etats-Unis, qu'il n'y aurait pas de reconstruction de Gaza avant la démilitarisation de Gaza", a affirmé M. Netanyahu, absent à la réunion de Washington, où il était représenté par son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

A Washington, M. Trump a déclaré que plusieurs pays, majoritairement du Golfe, avaient promis "plus de sept milliards de dollars" pour reconstruire le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

L'Indonésie, pays en grande majorité musulman, assumera le rôle de commandant adjoint de la force internationale de stabilisation, prévue par le plan de M. Trump pour Gaza (endossé en novembre par le Conseil de sécurité des Nations unies), a annoncé le général américain Jasper Jeffers, qui a été nommé commandant de cette force.

Il a précisé que cinq pays s'étaient déjà engagés à fournir des troupes à cette force, citant outre l'Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l'Albanie.


Le prince héritier saoudien visite la Mosquée du Prophète à Médine

Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
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Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
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Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
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RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane a visité la Mosquée du Prophète à Médine, a rapporté vendredi matin l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse

Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse
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  • Les États-Unis prévoient de retirer leurs 1.000 soldats de Syrie dans les deux prochains mois, selon le Wall Street Journal et CBS, après l’extension du contrôle du gouvernement syrien sur le territoire
  • Washington recentre son attention militaire sur l’Iran, avec des porte-avions déployés dans le Golfe et des frappes envisagées si aucun accord n’est trouvé sur le nucléaire iranien

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient de retirer l'ensemble de leurs 1.000 soldats de Syrie au cours des deux prochains mois, selon la presse américaine.

Washington mettra fin à sa présence dans le pays, a indiqué le Wall Street Journal, après que le gouvernement syrien a étendu son contrôle sur le territoire et a annoncé fin janvier être parvenu à un accord pour intégrer à l'Etat syrien les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, qui jouaient un rôle clé dans la lutte contre l'Etat islamique (EI).

Le média CBS a également fait état de ce projet, citant des responsables américains sous couverts d'anonymat.

Les forces américaines présentes en Syrie ont récemment amorcé leur retrait, notamment la semaine dernière des bases d'al-Tanf et d'al-Chaddadi, utilisées dans le cadre de la lutte menée par la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI).

Les Etats-Unis avaient soutenu les forces kurdes dans leur lutte contre les jihadistes de l'EI à partir de 2014.

Mais après le renversement de Bachar al-Assad fin 2024 et l'arrivée au pouvoir de l'islamiste Ahmad al-Chareh, ils ont soutenu le nouveau président dans sa détermination à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est félicité dimanche de "la trajectoire" suivie par la Syrie, malgré "des jours difficiles".

Dernièrement, les Etats-Unis rassemblent aussi leur attention et leurs capacités militaires autour de l'Iran, qu'ils menacent de frapper si les deux ennemis ne parvenaient pas à conclure un accord au sujet du programme nucléaire iranien.

CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine était prête à mener des frappes sur l'Iran dès ce week-end, même si Donald Trump n'a selon eux pas encore pris de décision finale.

Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases à travers la région.

Sollicité, le Pentagone n'a pas donné de réponse dans l'immédiat à une demande de commentaires.