Israël traque les armes du Hezbollah dans les faubourgs de la Bekaa

Des sauveteurs cherchent des survivants sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village de Shmestar dans la vallée de la Bekaa, le 23 novembre 2024. (Photo d'archives AFP)
Des sauveteurs cherchent des survivants sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village de Shmestar dans la vallée de la Bekaa, le 23 novembre 2024. (Photo d'archives AFP)
L'armée israélienne a indiqué plus tôt avoir ciblé des infrastructures utilisées par les Houthis à l'aéroport international de Sanaa, ainsi que les ports de Hodeida, Al-Salif et Ras Qantib, de même que des centrales électriques. (File/AP)
L'armée israélienne a indiqué plus tôt avoir ciblé des infrastructures utilisées par les Houthis à l'aéroport international de Sanaa, ainsi que les ports de Hodeida, Al-Salif et Ras Qantib, de même que des centrales électriques. (File/AP)
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Publié le Samedi 28 décembre 2024

Israël traque les armes du Hezbollah dans les faubourgs de la Bekaa

  • Le bureau de Mikati dément avoir reçu des informations selon lesquelles Israël ne se retirerait pas de la zone frontalière.
  • La femme et la fille de Duraid Assad ont été arrêtées à l'aéroport de Beyrouth pour port de faux passeports.

Beyrouth : des avions de combat israéliens ont mené des frappes aériennes vendredi sur la périphérie de Qousaya, dans la chaîne de montagnes orientale qui sépare le Liban de la Syrie.

Selon l'armée israélienne, le Hezbollah « utilisait un point de passage dans la ville de Janta pour transférer du matériel militaire à travers la Syrie ».

Ces zones, qui comprennent des passages illégaux où les territoires libanais et syriens se chevauchent, étaient devenues des zones de sécurité fermées utilisées par des militants de factions palestiniennes loyales à la Syrie, ainsi que par le Hezbollah. Des tunnels ont été découverts au début de la semaine dans les zones reliant le Liban et la Syrie. 

Le service de presse du Premier ministre Najib Mikati a démenti les informations selon lesquelles Israël aurait informé le Liban qu'il ne se retirerait pas des zones envahies après l'expiration de la trêve. (AP/AFP)
Le service de presse du Premier ministre Najib Mikati a démenti les informations selon lesquelles Israël aurait informé le Liban qu'il ne se retirerait pas des zones envahies après l'expiration de la trêve. (AP/AFP)

Le commandant de l'armée de l'air israélienne, le général Tomer Bar, a déclaré : « Sept postes-frontières entre le Liban et la Syrie ont été attaqués ce matin, suite à des tentatives de contrebande de matériel militaire.

Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a déclaré sur les réseaux sociaux que « les frappes aériennes ont ciblé l'infrastructure du point de passage de Janta, qui a été utilisée pour transférer du matériel militaire à l'organisation terroriste Hezbollah à travers la Syrie ».

Dans le cadre de ce que l'armée israélienne affirme être la poursuite des caches d'armes du Hezbollah, l'aviation israélienne a également frappé tôt mercredi matin dans la plaine de Taraiyya, à l'ouest de Baalbek, ciblant une maison inhabitée et un garage appartenant à un membre de la famille Hamieh.

Les frappes ont touché trois sites, l'armée israélienne affirmant que le Hezbollah « utilisait un point de passage dans la ville de Janta pour transférer du matériel militaire à travers la Syrie ».

Pendant ce temps, les opérations israéliennes se poursuivent dans la région frontalière du sud du Liban, malgré l'accord de cessez-le-feu conclu avec le Hezbollah.

Vendredi, le corps de Najwa Ghasham, âgée de 75 ans, a été retrouvé dans sa maison de la ville frontalière de Yaroun. Elle avait refusé d'être évacuée et avait insisté pour rester sur place tout au long des hostilités, survivant jusqu'après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 27 novembre.

L'agence de presse nationale a rapporté que la Croix-Rouge libanaise avait récupéré son corps et que, après autopsie, il est apparu qu'elle avait été tuée par plusieurs balles.

Jeudi, le journal israélien Haaretz a rapporté que l'armée israélienne avait tué 44 membres du Hezbollah qui ont violé le cessez-le-feu dans les 30 jours qui ont suivi son entrée en vigueur et ont mené 25 attaques sur des sites libanais au cours de cette période.

Les forces israéliennes continuent de prendre pour cible des maisons et de raser des villages dans le sud du Liban. Les habitations et les routes continuent d'être détruites au bulldozer, dans le cadre des efforts visant à créer une zone tampon, dont l'accès est interdit aux habitants et aux membres du Hezbollah.

Les forces israéliennes ont tiré des obus d'artillerie sur la périphérie d'Aita Al-Shaab vendredi.

Le contact a été perdu avec deux travailleurs syriens de Wadi Al-Hujair, Taher Rimi et Ahmed Amin, suite au retrait de l'armée israélienne de la zone jeudi, qui a été envahie pendant quelques heures. Selon les enquêtes de sécurité, les travailleurs disparus pourraient avoir été kidnappés par Israël.

Une patrouille conjointe de l'armée libanaise et d'une unité indonésienne de la FINUL a inspecté les zones infiltrées par les forces israéliennes à Wadi Al-Hujair, Qantara, Adchit, Qsayr et aux abords de Wadi Al-Salouqi vers Houla. La patrouille a retiré les monticules de terre érigés par les forces israéliennes au milieu de la route.

Le bureau de presse du Premier ministre par intérim Najib Mikati a démenti vendredi les informations selon lesquelles Israël aurait informé le Liban par l'intermédiaire de tiers qu'il ne se retirerait pas des zones envahies dans le sud après l'expiration de la trêve de 60 jours.

Dans un communiqué, le bureau de Mikati a déclaré : « Ces informations sont totalement fausses. La position ferme que Mikati a transmise à toutes les parties concernées, en particulier aux États-Unis et à la France, qui soutiennent l'accord de cessez-le-feu, souligne la nécessité de faire pression sur l'ennemi israélien pour qu'il se retire des territoires libanais envahis et qu'il cesse ses violations et ses hostilités. »

La déclaration se poursuit ainsi : « Mikati a réitéré cette position lors des contacts diplomatiques et militaires intensifs qu'il a eus hier pour pousser l'ennemi à se retirer de Qantara, Adchit, Qsayr et Wadi Al-Hojair, dans le sud du Liban.

Il a également transmis cette position aux représentants de Washington et de Paris au sein du comité de sécurité de cinq membres chargé de superviser l'accord de cessez-le-feu, lors de la réunion de mardi dernier. Par ailleurs, Mikati a appelé au retrait total de l'ennemi israélien, soulignant que l'armée, faisant son devoir dans ses zones de déploiement, a commencé à consolider sa présence dans le sud conformément à l'accord. »

La Direction générale de la sûreté de l'État a annoncé qu'« une patrouille de la direction régionale de la sûreté de l'État du Akkar a arrêté, dans la matinée, une personne, dont l'identité n'a pas été révélée, considérée comme un élément clé des opérations de contrebande d'armes entre la Syrie et le Liban par le biais de points de passage illégaux à la frontière nord du pays ».

La direction générale a ajouté qu'après avoir fouillé sa maison, elle avait trouvé et saisi « 25 fusils Kalachnikov, une mitrailleuse PKM et des munitions ».

Par ailleurs, la justice libanaise a ordonné l'arrestation de l'épouse et de la fille de Duraid Assad, le cousin de l'ancien dirigeant syrien Bashar al-Assad, à l'aéroport international Rafik Hariri de Beyrouth, pour possession de faux passeports.

Une source judiciaire a précisé que « le ministère public a pris la décision d'arrêter Duraid Assad (le fils de l'ancien vice-président syrien Rifaat Assad), car il se trouvait en possession de faux passeports, alors que Duraid Assad (le fils de l'ancien vice-président syrien Rifaat Assad), qui détient un passeport syrien authentique, n'a pas été arrêté ».

Le trio se rendait au Caire depuis Beyrouth.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.