Un journaliste tué en Cisjordanie lors d’un raid de l’Autorité Palestinienne

L'Autorité palestinienne est accusée de réprimer brutalement les groupes armés anti-israéliens à Jénine et dans d'autres régions depuis le début du mois de décembre. (AFP)
L'Autorité palestinienne est accusée de réprimer brutalement les groupes armés anti-israéliens à Jénine et dans d'autres régions depuis le début du mois de décembre. (AFP)
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Publié le Mardi 31 décembre 2024

Un journaliste tué en Cisjordanie lors d’un raid de l’Autorité Palestinienne

  • La famille de la journaliste assassinée, Shatha Al-Sabbagh, basée à Jénine, dénonce l’Autorité palestinienne, l’accusant de conduire une "campagne de répression contre son propre peuple"
  • Shatha Al-Sabbagh est la dixième journaliste tuée à Gaza et en Cisjordanie au cours des deux dernières semaines

LONDRES:  Une journaliste de 21 ans a été tuée dimanche en Cisjordanie. Sa famille pointe du doigt les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, qu’elle tient pour responsables de sa mort.

Shatha Al-Sabbagh est décédée des suites d’une blessure par balle à la tête près de son domicile, situé dans le camp de réfugiés de Jénine, selon l’hôpital gouvernemental de la ville.
Sa mort porte à 10 le nombre de journalistes tués à Gaza et en Cisjordanie au cours des deux dernières semaines.
Dans un communiqué, la famille d'Al-Sabbagh a déclaré : "Nous tenons l'Autorité palestinienne et ses services de sécurité directement responsables de ce crime".
"Cette dangereuse escalade démontre que ces agences se sont transformées en outils répressifs, utilisant la terreur contre leur propre peuple au lieu de défendre leur dignité et de lutter contre l’occupation israélienne", a ajouté la famille.
L'Autorité palestinienne est accusée de réprimer brutalement les groupes armés anti-israéliens à Jénine et dans d'autres régions depuis le début du mois de décembre.
L'autorité a déclaré que cette campagne s'inscrivait dans le cadre d'un effort plus large visant à "poursuivre les criminels" et à empêcher que des zones comme Jénine ne deviennent des champs de bataille semblables à ceux de Gaza.
Au moins six résidents de Cisjordanie et cinq agents des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne ont été tués dans les affrontements survenus au cours de ces opérations.
Le porte-parole des forces de sécurité palestiniennes, Anwar Rajab, a rejeté ces accusations, attribuant la mort d'Al-Sabbagh à des "hors-la-loi" opérant dans le camp.
Il a affirmé que les enquêtes préliminaires et les témoignages indiquaient qu’aucune force de sécurité de l’Autorité palestinienne n’était présente sur les lieux, une assertion contestée par la famille et les résidents du quartier Mahyoub à Jénine.
Le Syndicat des journalistes palestiniens a demandé l'ouverture d'une enquête indépendante sur l'assassinat d'Al-Sabbagh, en insistant sur la présence d'un représentant du syndicat afin de garantir la transparence et la responsabilité.
La campagne de l'Autorité palestinienne a également été critiquée par des factions telles que le Hamas et le Jihad islamique, qui accusent l'Autorité de cibler les combattants de la résistance à Jénine.
Selon certains experts, l’Autorité palestinienne cherche à renforcer son emprise sur la région et à prouver sa capacité à gouverner et à assurer la sécurité intérieure dans la bande de Gaza post-conflit.
Des rapports locaux suggèrent que l'Autorité palestinienne a également mis fin aux opérations de la chaîne Al Jazeera, basée au Qatar, dans plusieurs villes de Cisjordanie, dont Jénine et Tubas, au début de ce mois.
Al Jazeera a condamné ce qu'elle a décrit comme une “campagne d'incitation” menée par le Fatah, le parti au pouvoir en Cisjordanie, à l'encontre de la chaîne et de ses journalistes.
Les tensions en Cisjordanie demeurent vives, amplifiées par la guerre en cours menée par Israël contre Gaza, qui a déjà causé près de 44 500 morts, principalement des femmes et des enfants.
L'année 2024 s'est avérée particulièrement meurtrière pour les professionnels des médias en Palestine, avec au moins 60 journalistes tués, la majorité d’entre eux par les forces israéliennes.
Vendredi, cinq professionnels des médias ont été tués à Gaza dans une attaque israélienne ciblant leur véhicule, clairement identifié par l’inscription "Press".
Au début du mois de décembre, des frappes aériennes israéliennes ont tué quatre autres journalistes lors d’incidents distincts survenus les 14 et 15 décembre.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.