PARIS : Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rendu mardi un hommage appuyé aux diplomates français en proie au malaise ces dernières années, promettant de renforcer leur pouvoir d'action et de mieux les associer à la stratégie du ministère.
Devant les ambassadeurs français réunis à Paris pour leur conférence annuelle, M. Barrot a longuement salué le « courage », la « persévérance » et l'« humanité » dont ont fait preuve les diplomates, citant notamment les agents en poste en Afghanistan, en Ukraine, en Haïti, au Liban ou en Israël.
« Je souhaite renforcer votre pouvoir d’agir, car vous avez toute ma confiance », a déclaré le ministre, après la crise profonde provoquée notamment par la réforme de 2022 prévoyant la suppression des deux corps historiques de la diplomatie française, qui constitue le troisième réseau mondial derrière les États-Unis et la Chine.
« Pour cela, nous allons vous donner davantage de latitude pour gérer votre budget », a-t-il annoncé, citant également une simplification des processus et un renforcement de la formation.
M. Barrot a également annoncé la mise en place d'une « conférence permanente » pour mieux associer les ambassades à la stratégie du ministère concernant les enjeux transversaux, la création de « task forces interministérielles » pour les grandes négociations, ainsi que l'utilisation de l'intelligence artificielle pour l'assistance à la rédaction.
Il a également annoncé une conférence sur les « diplomaties féministes » qui se tiendra en juin à Paris, et a promis d'ouvrir davantage la diplomatie à la société française, avec notamment la création d’un circuit de cinquante sites ayant été le cadre d’événements diplomatiques majeurs en France.
Le président de la République, Emmanuel Macron, a promis de « réarmer » la diplomatie en augmentant les moyens et les effectifs, en contrepartie de la réforme de 2022. Mais le projet de budget 2025, qui n'a toujours pas été adopté en raison de la crise politique en France, prévoit une baisse de 4,3 % pour l'action extérieure de l'État, pour atteindre 3,3 milliards d'euros.
La part de l'aide au développement, également gérée par le ministère des Affaires étrangères, chute de 23 %, à 2,4 milliards d'euros.







