Entre Paris et Alger, rien ne va plus

Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune alors qu'ils posent pour une photo de famille avec les chefs d'État du G7 et les chefs de délégation des pays d'outre-mer au Borgo Egnazia, lors du sommet du G7 organisé par l'Italie, à Savelletri, le 14 juin 2024. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune alors qu'ils posent pour une photo de famille avec les chefs d'État du G7 et les chefs de délégation des pays d'outre-mer au Borgo Egnazia, lors du sommet du G7 organisé par l'Italie, à Savelletri, le 14 juin 2024. (AFP)
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Publié le Samedi 11 janvier 2025

Entre Paris et Alger, rien ne va plus

  • Chaque diplomate français prenant un poste à Alger se devait d’avancer à pas feutrés et de peser à maintes reprises ses mots avant toute prise de parole publique, ménageant du mieux qu’il peut la sensibilité algérienne à fleur de peau
  • Les relations bilatérales ont toujours oscillé entre la détente et la crispation au gré des situations, ce qui a constitué un obstacle à leur plein épanouissement, étant toujours prises en otage par un épisode historique morbide

PARIS: La relation franco-algérienne s’envenime jour après jour à un rythme qui laisse craindre une sorte de divorce entre deux pays liés par une relation complexe voire passionnelle.

Paris et Alger se sont adonnés ces derniers jours à un véritable ėchange d’hostilités, montrant au grand jour la profonde dégradation des rapports entre ces deux capitales.

Cet état de fait étonne car il est aux antipodes de ce que le président français Emmanuel Macron envisageait dès son premier mandat présidentiel en 2017.

De quoi s’agit-il au juste ?

Selon une source diplomatique française, les relations de la France avec l’Algérie, son ancienne colonie, ont toujours pâti du poids de l’histoire et des stigmates sanglants de leur séparation en 1962.

Cette séparation s’est soldée par un lourd bilan, estimé à 500 milles morts du côté algérien dont plusieurs centaines de milliers de civils et 30 milles morts dans les rangs de l’armée française.

L’ampleur des pertes humaines, assure la source, a nourri chez les Algériens de l’époque une rancune à l’égard de la France, et cette rancune n’a cessé d’être alimentée par la suite sous diverses raisons par les gouvernements successifs.

Dans un tel climat, chaque diplomate français prenant un poste à Alger se devait d’avancer à pas feutrés et de peser à maintes reprises ses mots avant toute prise de parole publique, ménageant du mieux qu’il peut la sensibilité algérienne à fleur de peau.

Cela étant indique la source, les relations bilatérales ont toujours oscillé entre la détente et la crispation au gré des situations, ce qui a constitué un obstacle à leur plein épanouissement, étant toujours prises en otage par un épisode historique morbide.

Né en 1977, le président français appartient selon ses propres termes à une génération qui n’a pas connu la guerre d’Algérie, il ne pouvait donc pas se résigner à accepter le poids que ce chapitre de l’histoire continue de peser sur les rapports entre les deux pays et les deux peuples.

Ainsi il a lancé un chantier vaste et ambitieux, dont le but est de travailler main dans la main avec les responsables algériens, pour mettre à plat les blessures et les ressentiments du passé afin que chaque partie assume ses responsabilités, pour enfin apaiser les mémoires et construire le présent.

Multipliant les gages de bonne volonté, il pensait pouvoir enfin tournée la page des tourments et accéder avec l’Algérie à des relations saines et apaisées, mais les résultats n’étaient pas à la hauteur de ces attentes.

Les initiatives multiples engagées du côté français ne trouvaient pas un véritable répondant de la part des Algériens qui invoquaient toutes sortes de prétexte pour ne pas avancer de leur côté.

Au fil du temps, Macron s’est rendu compte que l’Algérie est loin de partager son volontarisme, ce qui l’a mené à faire une volte face franche au mois de juin dernier en adressant au roi du Maroc Mohamed VI une lettre dans laquelle il reconnaissait la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, objet d’un litige vieux de plusieurs décennies avec l’Algérie.

Les dés sont jetés, Alger rappelle son ambassadeur à Paris et procède à la rupture de toutes sortes de canaux de communication entre les deux capitales.

Une polémique aigre s’est enclenchée entre les deux parties, avec Alger allant jusqu’à accuser la France d’avoir monté une opération clandestine pour déstabiliser le pouvoir algérien.

La tension est montée d’un cran à la suite de l’arrestation récente par les autorités algériennes de l’intellectuel franco-algérien Boualem Sansal, qualifié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, d’imposteur envoyé par la France, pour avoir formulé son soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara.

Depuis, les rebondissements se succèdent, dans son discours devant la 30e conférence des ambassadeurs le président français a fustigé cette arrestation dans des termes crus, estimant que « l’Algérie entre dans une histoire qui la déshonore », en maintenant Sansal âgé de 75 ans en détention.

Avant lui, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait exprimé son inquiétude concernant l’état de santé de l’intellectuel, estimant que « les raisons qui ont pu conduire les autorités algériennes à l'incarcérer ne sont pas valables ».

La riposte algérienne ne s’est pas fait attendre, le ministère des affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué » les propos du président français qui déshonorent celui qui a cru devoir les tenir ».

Ces propos, ajoute le communiqué « ne peuvent qu’être rejetés et condamnés » ajoutant qu’il s’agit « d’une mise en cause de l’intégrité territoriale du pays ».

Parallèlement, Paris a procédé à l’arrestation de trois influenceurs algériens pour avoir inciter sur les réseaux sociaux à tuer tous ceux qui en France sont hostiles ou opposés au régime algérien.

Deux des influenceurs arrêtés sont sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, mais les autorités algériennes refusent de faciliter leur renvoi sur ses territoires…l’apaisement des relations avec la France va devoir attendre.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.