La reprise de l'économie libanaise dépend du soutien mondial et d'un cessez-le-feu stable, estime Moody's

Le Liban a souffert d'un manque de leadership depuis l'expiration du mandat du précédent président en octobre 2022. Shutterstock
Le Liban a souffert d'un manque de leadership depuis l'expiration du mandat du précédent président en octobre 2022. Shutterstock
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Publié le Mardi 14 janvier 2025

La reprise de l'économie libanaise dépend du soutien mondial et d'un cessez-le-feu stable, estime Moody's

  • nous nous attendons à ce que l'activité économique commence à se redresser plus tard dans l'année, à condition qu'il y ait une cessation permanente des hostilités », a déclaré Moody's dans un commentaire. 
  • Le redressement du Liban nécessite un soutien international substantiel, comme l'a souligné la conférence des donateurs internationale qui s'est tenue à Paris en octobre.

RIYADH : Selon Moody's, l'économie libanaise devrait commencer à se redresser cette année, après une contraction de 10 % en 2024, à mesure que le pays retrouvera des institutions pleinement opérationnelles. 

Le 9 janvier, le pays a élu l'ancien commandant de l'armée, Joseph Aoun, au poste de président, puis a nommé Nawaf Salam, président de la Cour internationale de justice, au poste de Premier ministre le 13 janvier. 

L'élection de M. Aoun a mis fin à une vacance du pouvoir qui perdurait depuis l'expiration du mandat du président précédent en octobre 2022. 

« Nous estimons une contraction économique de 10 % en 2024 en raison du conflit, mais nous nous attendons à ce que l'activité économique commence à se redresser plus tard dans l'année, à condition qu'il y ait une cessation permanente des hostilités », a déclaré Moody's dans un commentaire. 

Selon l'agence, le retour à des institutions pleinement opérationnelles dans le pays du Moyen-Orient favorisera le maintien continu du cessez-le-feu avec Israël, dans le cadre duquel les États-Unis, la France et la FINUL jouent un rôle de surveillance. 

Le redressement du Liban nécessite un soutien international substantiel, comme l'a souligné la conférence des donateurs internationale qui s'est tenue à Paris en octobre. Lors de cette conférence, 1 milliard de dollars de promesses de dons ont été recueillis, dont 800 millions pour l'aide humanitaire et 200 millions pour le soutien militaire. 

Ces fonds devraient permettre de répondre aux besoins immédiats de plus de 1,3 million de personnes déplacées pendant le conflit de septembre à novembre, ainsi qu'aux 8,5 milliards de dollars de pertes économiques subies, dont 3,4 milliards de dollars de dommages physiques aux infrastructures, comme l'a indiqué la Banque mondiale. 

Bien que ces promesses constituent une bouée de sauvetage, le déblocage des fonds dépendra probablement de l'adhésion du gouvernement aux engagements de réforme pris dans le cadre d'un prochain programme du Fonds monétaire international, a noté Moody's. 

Ces réformes comprennent une restructuration complète de la dette du gouvernement, de la banque centrale et des banques commerciales, afin d'assurer la reprise et la viabilité de l'économie à long terme. 

« La note C actuelle du Liban reflète nos prévisions selon lesquelles les détenteurs d'euro-obligations libanaises récupéreront moins de 35 % du pair à la suite de la restructuration éventuelle des euro-obligations », a ajouté l'agence. 
 
Selon Moody's, les activités fiscales et d'investissement ont été fortement réduites, ce qui compromet les perspectives de croissance à long terme et la fourniture de services publics. 

Le tourisme et les envois de fonds de la diaspora libanaise restent des sources vitales de devises, mais ils ne suffisent pas à corriger les déséquilibres structurels de l'économie. 

La dette publique, estimée à 150 % du produit intérieur brut à la fin de 2024, reste l'une des plus élevées au monde, ce qui représente un formidable défi pour la viabilité budgétaire, note Moody's. 

L'élection de M. Aoun a été saluée par les observateurs internationaux comme un tournant pour le Liban, enlisé dans la paralysie politique, l'effondrement économique et les séquelles des conflits récents. 

Le nouveau président dirigera les efforts visant à former un gouvernement doté des pleins pouvoirs, en remplacement de l'actuelle administration intérimaire dirigée par l'ancien Premier ministre Najib Mikati, « qui a fonctionné avec des pouvoirs limités ». 

Selon Moody's, la direction des forces armées libanaises, dirigée par M. Aoun, a joué un rôle déterminant dans l'application du cessez-le-feu de novembre entre le Hezbollah et Israël. 

Ce cessez-le-feu a joué un rôle essentiel dans la création d'un environnement stable propice à la reconstruction du Liban. Les observateurs notent que le rôle des forces armées dans la garantie de la trêve témoigne du fait que M. Aoun parvient à susciter le respect et la coopération des différentes parties prenantes, une qualité jugée vitale pour naviguer dans le paysage politique complexe du Liban. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.


Pétrole en repli, bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".