Fin de vie : Bayrou renvoie aux prérogatives du Parlement des questions en suspens

Le Premier ministre français François Bayrou assiste aux vœux du président de l'Assemblée nationale française à l'Assemblée nationale à Paris, le 14 janvier 2025. (Photo  AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou assiste aux vœux du président de l'Assemblée nationale française à l'Assemblée nationale à Paris, le 14 janvier 2025. (Photo AFP)
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Publié le Mardi 14 janvier 2025

Fin de vie : Bayrou renvoie aux prérogatives du Parlement des questions en suspens

  • Estimant que le Parlement a « des prérogatives qui doivent être pleinement respectées », il a affirmé que ce dernier « ne manquera pas de les exercer sur des sujets importants dans notre société, comme la fin de vie ».
  • Ce texte, qui avait été interrompu, devait légaliser le suicide assisté et, dans certains cas, l'euthanasie, mais il devait le faire dans des conditions strictes et sans employer ces termes, préférant parler d'"aide active à mourir".

PARIS : Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, François Bayrou, a renvoyé mardi au « pouvoir d'initiative » du Parlement sur le sujet sensible de la fin de vie, l'évoquant brièvement sans se prononcer ni sur le délai d'examen d'un texte ni sur le fond.

Estimant que le Parlement a « des prérogatives qui doivent être pleinement respectées », il a affirmé que ce dernier « ne manquera pas de les exercer sur des sujets importants dans notre société, comme la fin de vie ».

Le feuilleton dure depuis plusieurs années sur ce sujet de société sensible, au cœur d'une promesse du président Emmanuel Macron.

Après une longue gestation, un projet de loi porté par le gouvernement de Gabriel Attal avait été examiné en première lecture au printemps 2023, jusqu'à l'avant-veille des élections européennes. La dissolution de l'Assemblée nationale avait mis fin à l'examen du texte avant le vote solennel.

Ce texte, qui avait été interrompu, devait légaliser le suicide assisté et, dans certains cas, l'euthanasie, mais il devait le faire dans des conditions strictes et sans employer ces termes, préférant parler d'"aide active à mourir".

Plutôt que de relancer les travaux parlementaires via un projet de loi, c'est la proposition de loi du député Olivier Falorni (MoDem), qui reprend le texte issu des débats du printemps, qui servira de base aux nouvelles discussions.

« Le Premier ministre (François Bayrou) considère à juste titre que la fin de vie est un sujet majeur de société » et « la proposition de loi que j'ai déposée avec 227 députés peut être la meilleure démonstration » de la coopération exécutif-législatif, a réagi auprès de l'AFP Olivier Falorni, rapporteur général du projet de loi à l'examen interrompu par la dissolution.

Il estime qu'« il est maintenant urgent de relancer le débat parlementaire sur ce texte attendu par des millions de Français ».

Lors de la cérémonie des vœux aux parlementaires à la mi-journée, Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, s'est montrée très offensive sur le sujet, plaidant pour un examen à partir du 3 février, conformément aux engagements du gouvernement Barnier. Elle a estimé que « ce texte important aurait dû être voté le 18 juin dernier ».

La fin de vie figurait à l'ordre du jour des débats de l'Assemblée les semaines des 3 et 10 février, avant que le gouvernement Barnier ne soit censuré.

Le gouvernement actuel compte plusieurs opposants à l'aide active à mourir, comme le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, issu de la droite conservatrice.

Du côté des soignants également opposés, le Dr Claire Fourcade, présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), a déclaré à l'AFP : « On va voir maintenant comment et dans quel délai le Parlement s'en saisit. »

Elle a jugé « plus radical que tout ce qui se fait à l'étranger » le texte déposé par Olivier Falorni, « qui, contrairement à ce qu'il dit, n'est pas celui de la dissolution, puisqu'il a remis des choses contre lesquelles les députés avaient voté ».

Parmi les « gros points d'interrogation », selon elle, figurent « le fait que le geste puisse être effectué par des médecins, des infirmiers ou des proches, puisqu'il a remis les proches, contre quoi les députés avaient voté », ainsi que « des délais d'intervention extrêmement courts ».

Elle a aussi réclamé que la « priorité aux soins palliatifs, où il y a un vrai consensus », se traduise budgétairement.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.