A Gaza, le Hamas libère trois nouveaux otages israéliens

Un ancien prisonnier palestinien libéré par Israël descend d'un bus de la Croix-Rouge après son arrivée à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 1er février 2025. (AFP)
Un ancien prisonnier palestinien libéré par Israël descend d'un bus de la Croix-Rouge après son arrivée à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 1er février 2025. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 01 février 2025

A Gaza, le Hamas libère trois nouveaux otages israéliens

  • Après 484 jours de détention à Gaza, trois otages israéliens ont été libérés samedi, y compris le père des deux derniers enfants captifs dans le territoire palestinien, dans le cadre d'un nouvel échange contre des détenus palestiniens
  • L'échange de samedi est le quatrième depuis le début de la trêve le 19 janvier entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, après 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza

Gaza, Territoires palestiniens: Après 484 jours de détention à Gaza, trois otages israéliens ont été libérés samedi, y compris le père des deux derniers enfants captifs dans le territoire palestinien, dans le cadre d'un nouvel échange contre des détenus palestiniens.

L’Israélien Yarden Bibas, le Franco-Israélien Ofer Kalderon et l'Israélo-Américain Keith Siegel sont retournés en Israël après avoir été remis au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) par des combattants armés et cagoulés du mouvement islamiste palestinien Hamas déployés en nombre.

En contrepartie, Israël doit relâcher de ses prisons 183 détenus palestiniens, selon le Club des prisonniers palestiniens. Un bus transportant des détenus a quitté la prison israélienne d'Ofer en Cisjordanie occupée en fin de matinée.

Dans la bande de Gaza, des dizaines de combattants du Hamas étaient présents aux cérémonies de libération des trois otages, qui se sont déroulées rapidement, sans encombre, et en l'absence de foules de Palestiniens.

Jeudi, la libération d'une jeune femme otage a viré au chaos à Khan Younès (sud), où elle a dû affronter un long passage au coeur d'une foule hostile et exaltée, sous la protection de combattants armés.

L'échange de samedi est le quatrième depuis le début de la trêve le 19 janvier entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, après 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza.

- Craintes pour la famille Bibas  -

Le cas de la famille Bibas angoisse Israël, le sort de l'épouse de l'otage libéré et de leurs deux fils étant très incertain.

Tous trois avaient été enlevés le 7 octobre 2023 et emmenés à Gaza lors de l'attaque menée par le Hamas dans le sud d'Israël voisin, qui a déclenché la guerre.

En 2023, le Hamas avait annoncé la mort dans une frappe israélienne à Gaza de Shiri Bibas, de Kfir, 2 ans aujourd'hui, et d'Ariel, 5 ans. Mais Israël n'a jamais confirmé leur décès.

A Khan Younès, Yarden Bibas, 35 ans, et Ofer Kalderon, 54 ans, qui portaient des survêtements, sont montés à tour de rôle sur une estrade installée au milieu des ruines, entourés d'hommes armés et cagoulés.

Comme à chaque opération, le Hamas leur a remis des "certificats" de libération et leur a demandé de saluer les personnes présentes, avant de les remettre au CICR.

Même mise en scène à Gaza-ville (nord), où Keith Siegel a été libéré. Là, des combattants du Hamas en armes ont arboré des portraits des dirigeants du mouvement tués par Israël, dont celui de Mohammed Deif, accusé par Israël d'être l'un des cerveaux de l'attaque du 7-Octobre.

- "Pendant très longtemps" -

"On a attendu ce moment pendant très longtemps, j’espère que c’est le signe de la renaissance du peuple d’Israël, pas juste d’Ofer, pas seulement des otages mais du peuple d’Israël", a déclaré à l’AFPTV Shemi Kalderon, oncle paternel d’Ofer Kalderon bouleversé d’émotion après avoir vu à la télévision la remise de son neveu au CICR.

M. Kalderon avait été enlevé avec son fils Erez, 12 ans, et sa fille Sahar, 16 ans, libérés lors d'une première trêve en 2023.

Le président français Emmanuel Macron a dit partager "le soulagement et la joie immenses" des proches d'Ofer Kalderon, libéré "après un enfer inimaginable".

- "Un rayon de lumière" -

La libération des trois otages est "un rayon de lumière au milieu des ténèbres", s'est réjoui le Forum des familles d'otages.

Au milieu d'une mer de drapeaux israéliens et dans une atmosphère lourde d'émotion, des centaines de personnes se sont rassemblées sur la "Place des otages" à Tel-Aviv, pour suivre en direct les libérations à Gaza. Certaines pleurent, prient ou s'enlacent à la vue des otages libérés.

Quinze otages - dix Israéliens et cinq Thaïlandais - et 400 prisonniers palestiniens ont déjà retrouvé la liberté depuis l'entrée en vigueur de l'accord de cessez-le-feu.

Durant les six semaines de la première phase de la trêve, 33 otages israéliens au total, dont huit décédés, doivent être remis à Israël contre environ 1.900 prisonniers palestiniens.

- Evacuation des blessés -

Après l'échange, le point de passage de Rafah entre Gaza et l'Egypte, doit rouvrir conformément à l'accord de trêve, pour la première fois depuis qu'Israël en a pris le contrôle en mai 2024.

Cela permettra l'évacuation de malades et de blessés, selon des sources du Hamas et proches des négociations. L'Organisation mondiale de la santé s'attend à ce qu'une cinquantaine de patients soient évacués samedi.

Aux termes de l'accord, les négociations doivent reprendre lundi pour discuter des modalités de la deuxième phase. Celle-ci vise à la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, à laquelle certains membres du gouvernement israélien s'opposent.

L'attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.210 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles et incluant les otages annoncés comme morts.

Sur 251 personnes enlevées, 76 sont toujours retenues à Gaza, dont au moins 34 mortes selon l'armée.

L'offensive israélienne de représailles a fait au moins 47.460 morts à Gaza en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Short Url
  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
Short Url
  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

Short Url
  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.