Les idées de Trump pour Gaza : illégales au regard du droit international

La proposition du président américain Donald Trump d'une prise de contrôle de Gaza et d'un déplacement de sa population hors du territoire palestinien reste floue mais quel que soit le scénario, l'ONU et les experts estiment qu'il sera illégal au regard du droit international. (AFP)
La proposition du président américain Donald Trump d'une prise de contrôle de Gaza et d'un déplacement de sa population hors du territoire palestinien reste floue mais quel que soit le scénario, l'ONU et les experts estiment qu'il sera illégal au regard du droit international. (AFP)
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Publié le Jeudi 06 février 2025

Les idées de Trump pour Gaza : illégales au regard du droit international

  • Recevant mardi à Washington le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump a affirmé que les Etats-Unis allaient prendre "possession" de la bande de Gaza dévastée par la guerre afin de développer économiquement le territoire
  • Il a répété que les Gazaouis pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l'opposition de ces pays et de nombreux autres, ainsi que des Palestiniens eux-mêmes

GENEVE: La proposition du président américain Donald Trump d'une prise de contrôle de Gaza et d'un déplacement de sa population hors du territoire palestinien reste floue mais quel que soit le scénario, l'ONU et les experts estiment qu'il sera illégal au regard du droit international.

De quoi parle-t-on ?

Recevant mardi à Washington le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump a affirmé que les Etats-Unis allaient prendre "possession" de la bande de Gaza dévastée par la guerre afin de développer économiquement le territoire.

Il a répété que les Gazaouis pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l'opposition de ces pays et de nombreux autres, ainsi que des Palestiniens eux-mêmes.

Son administration a modulé ses propos mercredi.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que le président américain "ne s'est pas engagé à déployer des soldats sur le terrain à Gaza", du moins "pour l'instant", et le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a souligné que Donald Trump souhaitait seulement que les Palestiniens quittent temporairement Gaza.

Peu après Israël a dit jeudi lancer des préparatifs en vue d'un "départ volontaire" des habitants de la bande de Gaza.

Pourquoi est-ce illégal ?

"Tout transfert forcé ou déportation hors des territoires occupés sont strictement prohibés", a rappelé dès mercredi le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk.

"Le droit à l'autodétermination est un principe fondamental du droit international et doit être protégé par tous les Etats, comme l'a récemment souligné la Cour internationale de justice", a-t-il aussi rappelé.

Les experts renvoient à l'article 49 de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre qui stipule que "les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la puissance occupante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu'en soit le motif".

Le texte ajoute que "la puissance occupante pourra procéder à l'évacuation totale ou partielle d'une région occupée déterminée si la sécurité de la population ou d'impérieuses raisons militaires l'exigent".

Avec des garde-fous : "les évacuations ne pourront entraîner le déplacement de personnes protégées qu'à l'intérieur du territoire occupé, sauf en cas d'impossibilité matérielle" et la population "évacuée sera ramenée dans ses foyers aussitôt que les hostilités dans ce secteur auront pris fin".

La proposition du président américain est "illégale" et "complètement absurde", selon la rapporteure spéciale de l'ONU en charge des territoires palestiniens, Francesca Albanese.

Antonio Guterres, le chef de l'ONU, a mis en garde contre tout "nettoyage ethnique". Un geste politique fort, alors que le nettoyage ethnique n'est pas reconnu comme un crime à part entière dans le droit international, contrairement au génocide.

Les tribunaux 

"On se demande s'il y a un juriste à la Maison Blanche", a commenté Vincent Chetail, professeur de droit international à l'Institut de hautes études internationales et du développement (HEID) à Genève.

Sur les possibles conséquences judiciaires, il faut distinguer le transfert forcé d'une éventuelle occupation.

L'envoi de troupes "sans autorisation du Conseil de sécurité (...) serait considéré comme un crime d'agression" qui est "passible de la Cour pénale internationale", selon M. Chetail.

Le "transfert de population" est "une violation du droit international humanitaire constitutive d'un crime de guerre pour sûr, voire même d'un crime contre l'humanité si c'était l'intégralité de la population qui était transférée", a-t-il dit à l'AFP.

Or la compétence universelle, reconnue dans les Conventions de Genève, veut que les crimes les plus graves puissent être poursuivis partout dans le monde.

Selon les spécialistes, les "départs volontaires" ne changeraient rien à la nature "illégale" de l'occupation israélienne - comme l'a reconnu la Cour internationale de justice (CIJ) de l'ONU.

Et "il n'est pas réaliste de penser qu'autant de monde", à savoir plus de deux millions de Gazaouis, "partiront de leur plein gré. S'ils le font ce sera inévitablement sous la contrainte directe ou indirecte", a commenté M. Chetail.

 


L'Iran attaque et menace Trump de représailles «dévastatrices»

L'Iran lance lundi davantage d'attaques vers Israël et les pays du Golfe, avertissant de représailles "dévastatrices" si Donald Trump met à exécution ses menaces répétées. (AFP)
L'Iran lance lundi davantage d'attaques vers Israël et les pays du Golfe, avertissant de représailles "dévastatrices" si Donald Trump met à exécution ses menaces répétées. (AFP)
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  • L'armée israélienne, de son côté, a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes contre Téhéran
  • Dans la capitale iranienne, c'est une université qui a été ciblée, la frappe endommageant une installation gazière à proximité, privant une partie de la capitale iranienne de gaz, selon la télévision d'Etat (Irib)

TEHERAN: L'Iran lance lundi davantage d'attaques vers Israël et les pays du Golfe, avertissant de représailles "dévastatrices" si Donald Trump met à exécution ses menaces répétées.

Aux premières heures du 38e jour de la guerre du Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale, Téhéran a visé avec ses missiles et ses drones Israël, le Koweït et les Emirats arabes unis.

L'armée israélienne, de son côté, a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes contre Téhéran.

Dans la capitale iranienne, c'est une université qui a été ciblée, la frappe endommageant une installation gazière à proximité, privant une partie de la capitale iranienne de gaz, selon la télévision d'Etat (Irib). Selon les médias iraniens, plusieurs attaques ont aussi eu lieu sur des quartiers résidentiels de Téhéran.

"Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues", a averti le porte-parole du commandement militaire iranien dans un communiqué.

"Les pertes et dégâts (...) seront décuplés", a-t-il mis en garde.

Le conflit, déclenché le 28 février, ne montre aucun signe de désescalade: les frappes se succèdent jour après jour et les menaces de faire vivre "l'enfer" à l'autre camp également.

"Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer - VOUS ALLEZ VOIR!", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, fixant désormais son ultimatum à "mardi 20H00".

Imprévisible dans ses annonces, le président américain a prévu une conférence de presse - un format dont il est peu coutumier - à la Maison Blanche lundi à 13H00 heure de Washington (17H00 GMT).

Donald Trump devrait y revenir sur l'opération de sauvetage en Iran d'un aviateur américain, "gravement blessé" selon lui, alors qu'entre deux menaces il a encore évoqué auprès de médias américains de "bonnes chances" d'un accord avec Téhéran pour cesser les combats.

Le baril à 110 dollars 

Estimant avoir atteint les cibles militaires voulues, le président américain menace de s'en prendre désormais aux infrastructures civiles de l'Iran, ponts et centrales électriques en tête, si l'Iran ne rouvre pas entièrement le passage dans le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour l'approvisionnement mondial d'hydrocarbures.

"Toute notre région va brûler parce que vous insistez pour suivre les ordres de (Benjamin) Netanyahu", le Premier ministre israélien, lui a rétorqué le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Une rhétorique guerrière qui a nourri les craintes des investisseurs sur le marché du pétrole, au retour de trois jours de pause pascale.

Tant le prix du baril de Brent que celui de WTI, les deux principales variétés d'or noir, évoluaient lundi autour du seuil symbolique de 110 dollars le baril.

Ces inquiétudes ont à peine été apaisées par la décision de la Russie, l'Arabie saoudite et six autres membres de l'Opep+ d'augmenter de nouveau leurs quotas de production à partir de mai.

Les tensions sur les prix de l'énergie ont des répercussions partout dans le monde. L'Egypte a ainsi imposé un couvre-feu commercial à 21 heures en semaine et 22 heures le week‑end.

"D'habitude, c'est à cette heure‑ci que le travail commence", soupire Ali Haggag, un vendeur devant sa boutique de vêtements soudainement silencieuse. "On a l'impression de revivre la période du Covid", dit-il en évoquant le confinement sanitaire de 2020.

Discussions Oman/Iran 

En parallèle des menaces et des attaques, des efforts diplomatiques se poursuivent: Oman, situé face à l'Iran de l'autre côté du détroit d'Ormuz, a discuté avec Téhéran de sa réouverture, tandis que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptien, qui jouent un rôle de médiateur.

Cependant, la perspective d'un accord entre Américains et Iraniens, "du moins dans les conditions actuelles, est quasi inexistante", a estimé sur X Danny Citrinowicz, analyste en sécurité et ancien expert des services de renseignement israéliens, spécialiste de l'Iran.

Au Liban, autre front qui paie un lourd tribut à la guerre, le Hezbollah pro-iranien a revendiqué de nouveaux tirs de roquettes de l'autre côté de la frontière avec Israël.

Dimanche, Israël a poursuivi le pilonnage de la banlieue sud de Beyrouth, considéré comme un bastion du Hezbollah, une frappe à proximité d'un hôpital faisant au moins cinq morts et une autre tuant trois personnes à l'est de la capitale libanaise.

 


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
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  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com