Bolero : la start-up parisienne qui réinvente les droits musicaux

William Bailey, cofondateur et PDG de Bolero (Photo Fournie)
William Bailey, cofondateur et PDG de Bolero (Photo Fournie)
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Publié le Samedi 08 février 2025

Bolero : la start-up parisienne qui réinvente les droits musicaux

  • Fondée en 2021 et basée à Paris, Bolero s'appuie sur une technologie blockchain de pointe pour transformer les droits d'auteur et d'édition en actifs liquides et négociables pour les particuliers et les professionnels de la finance.
  • Soutenue par des artistes et des investisseurs de renom, Bolero remodèle le paysage financier de l'industrie musicale en comblant le fossé entre la culture et l'investissement dans les actifs alternatifs.

Riyad : Bolero, une start-up parisienne spécialisée dans les droits d'auteur musicaux. Il s'agit de la première plateforme européenne d'investissement dans les droits musicaux qui garantit que les créateurs conservent leur indépendance.

Fondée en 2021 et basée à Paris, Bolero s'appuie sur une technologie blockchain de pointe pour transformer les droits d'auteur et d'édition en actifs liquides et négociables pour les particuliers et les professionnels de la finance.

La plateforme a facilité un volume d'investissement de plus de 7 millions de dollars et sert une communauté croissante de plus de 18 000 investisseurs répartis dans sept pays. Soutenue par des artistes et des investisseurs de renom, Bolero remodèle le paysage financier de l'industrie musicale en comblant le fossé entre la culture et l'investissement dans les actifs alternatifs.

William Bailey, cofondateur et PDG de Bolero, était de passage à Riyad où il a rencontré de hauts responsables du ministère saoudien de l’investissement. Il a accordé à Arab News une interview exclusive durant laquelle il a abordé les axes fondamentaux de Bolero, notamment sa création, les principes sur lesquels Bolero s’appuie pour s’imposer sur le marché européen et mondial. 

William Bailey a déclaré à Arab News : « Notre visite a pour objectif d'estimer les opportunités de croissance pour Bolero, mais aussi pour les acteurs locaux qui distribueront nos produits et créeront un marché local. Nous sommes convaincus du potentiel de la région. Ce que j'entends par là, c'est que l'industrie de la musique a beaucoup évolué. »

William Bailey a confié à Arab News : « Avant, le marché était international et assez universel, dominé par les stars américaines et anglaises. Actuellement, l'industrie musicale est devenue locale : chaque pays, chaque région a ses propres stars. L'artiste le plus écouté en Allemagne chante en allemand, l'artiste le plus écouté en France chante en français, etc. On pense donc que cette évolution conduira à la création de sous-genres régionaux.

Il existe de nombreux marchés émergents qui influencent le monde. Et nous croyons que, de la même manière que l'afropop et les artistes africains ont influencé la scène anglaise et américaine pendant des années, Nous pensons que, dans les prochaines années, ce sont des artistes issus de la région qui exerceront une telle influence. Le marché saoudien est une page blanche, notamment en ce qui concerne l'investissement dans le domaine des droits musicaux. Cette perspective me rend très enthousiaste et la jeunesse saoudienne me permet d'avoir une vision optimiste de l'avenir. »

William Bailey a expliqué comment Bolero s’est lancée dans cette aventure : « Il y a trois facteurs qui ont motivé notre entrée sur ce marché. Le premier, c'est que j'ai expérimenté toutes les recherches de la blockchain et toutes les nouvelles infrastructures qui permettent les nouvelles formes de finance lors de mes études. Je me suis rendu compte qu’avec cette nouvelle technologie, on allait pouvoir financiariser des choses qui ne l'étaient pas auparavant, et l’aspect positif, c’est qu'on peut avoir un impact positif.

Le deuxième vecteur, c'est que j'avais beaucoup d'amis musiciens, artistes ou auteurs-compositeurs qui avaient du mal à monétiser correctement leurs œuvres. Et même quand on leur proposait des contrats avec des maisons d'édition, ce qui ne les intéressait jamais vraiment, on leur proposait immédiatement des schémas où ils devaient rembourser des avances beaucoup trop élevées. Ils entraient donc dans un mécanisme de dette qui n'était pas sans danger.

Le troisième vecteur, c'est l'essor des dons musicaux. Ce n'est pas nous qui avons inventé cela ; depuis longtemps, c'est un actif pour lequel des entreprises du secteur se battent. Mais depuis 2019-2020, notamment en raison des taux d'intérêt bas, il y a eu énormément de véhicules qui ont été levés pour investir dans ces droits. »

« C'est à ce moment-là que l'on a commencé à observer des transactions portant sur des catalogues d'artistes établis tels que Queen, David Bowie ou encore Michael Jackson, pour lesquels des sommes se chiffrant en plusieurs centaines de millions de dollars étaient proposées. La conjonction de ces trois facteurs m'a incité à réfléchir à une innovation pour le secteur.

J'ai alors eu l'idée qu'il faudrait créer un produit, une plateforme, sur laquelle chacun pourrait investir dans la carrière d'un artiste. Cela permettrait aux artistes d'accéder à une liquidité saine. Cela démocratiserait également une nouvelle forme d'investissement pour les particuliers comme pour les entreprises. » a-t-il ajouté

Bolero propose aux investisseurs plusieurs types de droits musicaux et en évalue la valeur avant de les proposer aux investisseurs potentiels. M. William explique : « Nous proposons les droits, que l'on appelle Master ou Publisher. Les droits masters protègent l'enregistrement, c'est-à-dire la performance. Ce sont généralement les labels, le producteur et les artistes qui détiennent ce droit.

Nous proposons également les droits de publication, qui protègent les paroles et la composition. En général, ces droits sont détenus par les auteurs, les compositeurs et les éditeurs. Nous travaillons sur les deux types de droits. La seule chose importante est que ces droits doivent être correctement monétisés, ce qui suppose qu'ils soient bien déposés et enregistrés.

Notre méthode consiste donc à rassembler un maximum de données et d'informations sur les historiques de revenus. C'est toujours plus facile quand on traite de morceaux, d'albums ou de catalogues qui existent depuis longtemps. Nous examinons l'historique des revenus et nous les projetons dans le futur en nous basant sur toutes les données disponibles concernant l'artiste, son cycle de carrière et le marché dans lequel il évolue, qu’il soit local ou international. » a expliqué Bailey

La start-up Bolero ambitionne de conquérir le marché saoudien car elle est convaincue que la passion de la jeunesse saoudienne pour la musique permettra de développer ce secteur non seulement en Arabie saoudite mais aussi dans la région dans l’ensemble la région. 


Le ramadan finira vendredi pour tous les musulmans en France

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
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  • La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué
  • De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

PARIS: Après un début en deux temps qui avait consterné les fidèles, le ramadan se terminera vendredi pour tous les musulmans de France, la Grande mosquée de Paris ayant elle aussi arrêté cette date pour l'Aïd el-Fitr.

La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué.

De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

Cette décision met un terme au pataquès qui avait entouré les dates du ramadan cette année en France, déploré par beaucoup comme un signe de division interne.

La Grande mosquée de Paris avait en effet fixé son début au 18 février, à rebours de la date du 19 arrêtée par de nombreuses autres institutions parmi lesquelles le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de représentation de l'islam auprès des pouvoirs publics.

En ce qui concerne la fin du ramadan, le CFCM avait de longue date fixé à vendredi le jour de l'Aïd el-Fitr.

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars.

La divergence dans la fixation des dates vient de la méthode retenue, selon que le calcul astronomique est ou non associé à l'observation de la lune.


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.