Guide pour les couples désireux de célébrer la Saint-Valentin en Arabie saoudite

Les couples peuvent explorer l'époustouflant angle de vue de Harrat à AlUla, qui offre une vue imprenable sur le paysage environnant. (Experiencealula.com)
Les couples peuvent explorer l'époustouflant angle de vue de Harrat à AlUla, qui offre une vue imprenable sur le paysage environnant. (Experiencealula.com)
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Publié le Vendredi 14 février 2025

Guide pour les couples désireux de célébrer la Saint-Valentin en Arabie saoudite

  • Pour les couples à la recherche d'une escapade romantique, les stations balnéaires de Djeddah offrent un cadre parfait pour l'amour
  • Rien n'est plus enchanteur qu'un séjour comprenant un spa et une vue imprenable sur la plage

RIYAD: La Saint-Valentin est enfin là! Les couples d'Arabie saoudite peuvent célébrer cette journée dans l'un de ces restaurants gastronomiques uniques, ou planifier une escapade romantique.

Chotto Matte propose un mélange captivant de cuisine fusion japonaise et péruvienne dans un cadre magnifique au KAFD (King Abdullah Financial District). Avec un paysage à couper le souffle et une atmosphère rehaussée par des spectacles en direct, c'est l'endroit idéal pour un dîner romantique. Le menu spécial de la Saint-Valentin permet aux couples de savourer des plats innovants tout en admirant l'impressionnante ligne d'horizon de la ville, pour une soirée inoubliable.

«Pour notre première Saint-Valentin à Riyad, nous réunissons les saveurs audacieuses de la cuisine Nikkei et le plaisir de prendre soin de soi.»

«Les clients pourront déguster des spécialités exclusives, notamment le dessert White Chocolate & Matcha Heart et le mocktail Mariposa Rosa, ainsi qu'une collaboration spéciale avec RITUALS, qui offrira un set de bien-être exclusif.»

«Il s'agit de célébrer l'amour par le goût, l'ambiance et une touche de luxe», a déclaré Kurt Zdesar, fondateur de Chotto Matte.

Brute prépare le terrain pour une célébration animée d'inspiration latine, avec un menu sélectionné qui met en valeur les saveurs vibrantes de l'Amérique latine. Au prix de 850 riyals saoudiens (226 dollars; 1 dollar = 0,96 euro) par couple, ce restaurant offre une atmosphère festive avec des animations en direct et un DJ, pour que chaque moment soit rempli de joie. Les couples peuvent se laisser tenter par de délicieuses entrées comme le chicharron de crevettes et un plat principal classique de surf et de turf, tout en profitant de l'ambiance animée.

Les clients du Clap peuvent s'immerger dans une expérience gastronomique japonaise contemporaine qui respire l'élégance et l'énergie. Pour 950 riyals saoudiens par couple, le menu méticuleusement élaboré propose des sushis et des sashimis accompagnés d'un spectacle. L'atmosphère électrique, combinée à des plats exquis, fait du Clap une destination idéale pour les couples qui souhaitent célébrer leur amour avec style.

Scott's, célèbre restaurant de fruits de mer, invite les couples à se laisser tenter par un menu romantique de quatre plats. Le cadre intime, agrémenté de chandelles et de jazz en direct, crée une toile de fond parfaite pour une soirée mémorable. Les convives peuvent profiter d'un dessert en forme de cœur qui vient couronner leur expérience gastronomique, garantissant des sourires à tous les convives.

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Apportant une touche new-yorkaise à Riyad, Raoul's offre une atmosphère charmante avec de la musique live et un menu soigneusement élaboré. Les couples peuvent profiter d'une expérience culinaire délicieuse au son d'un orchestre. Le menu propose des plats délectables, notamment un risotto crémeux aux crevettes et un dessert au chocolat, parfaits pour une soirée romantique.

Bador al-Huthail, qui est né et a grandi à New York, est ravi d'emmener sa femme chez Raoul's pour la Saint-Valentin: «Ma femme et moi avons toujours visité Raoul's lorsque nous vivions à New York, et maintenant nous continuons cette tradition ici à Riyad.»

À Nozomi, la cuisine japonaise contemporaine rencontre le romantisme raffiné. Ce lieu élégant offre un cadre enchanteur agrémenté de musique live, ce qui en fait un choix idéal pour les couples. Le menu propose des plats incontournables comme la sériole marinée et les gambas géantes, pour une expérience culinaire mémorable, pleine de saveurs et d'ambiance.

Madeo invite les clients à savourer une histoire d'amour toscane avec un menu de la Saint-Valentin qui capture l'essence de la tradition italienne. Les couples peuvent déguster un riche menu d'inspiration toscane dans une atmosphère chaleureuse, agrémentée de musique live, ce qui en fait l'endroit idéal pour des conversations intimes et des délices culinaires gourmandes.

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Pour une expérience culinaire suisse unique, le Swiss Bistro propose un menu fixe pour deux personnes à 390 riyals saoudiens. Les couples peuvent déguster des mets délicats comme la salade de saumon, la fondue au fromage suisse et le filet de bœuf rôti dans un cadre charmant et rustique, idéal pour une soirée confortable et romantique.

Sushi Samba Riyadh invite les clients à se lancer dans une aventure culinaire le vendredi. Au prix de 400 riyals saoudiens par personne, le restaurant propose en option un menu de la Saint-Valentin composé d'une gamme de plats savoureux élaborés par son chef exécutif. Avec des divertissements en direct, dont un violoniste, et de délicieux desserts à gagner, Sushi Samba crée une atmosphère romantique qui garantit une expérience inoubliable.

Mohammed Taher, qui emmène sa femme au Sushi Samba, a déclaré: «Ma femme adore les sushis et, avec la vue imprenable qu'offre Sushi Samba dans le quartier du KAFD, c'est l'endroit idéal pour célébrer la Saint-Valentin... exactement comme elle l'aime.»

Le ROKA KSA rehausse les célébrations de la Saint-Valentin avec un menu fixe exclusif au prix de 295 riyals saoudiens par personne. Connu pour son atmosphère vibrante et sa cuisine japonaise exceptionnelle, ROKA propose des performances DJ en direct et un décor romantique, créant une ambiance parfaite pour les couples désireux de célébrer l'amour.

Le Mansard Riyadh dispose de plusieurs restaurants emblématiques – Carbone, Sadelle's et L'Ami Dave – qui proposent tous des expériences culinaires exquises dans un cadre romantique. De la musique live aux caricaturistes, le lieu se transforme en un havre d'amour, s'assurant que chaque détail est conçu pour une soirée inoubliable.

Pour les couples à la recherche d'une escapade romantique, les stations balnéaires de Djeddah offrent un cadre parfait pour l'amour. Rien n'est plus enchanteur qu'un séjour comprenant un spa et une vue imprenable sur la plage. Le Narcissus Hotel and Spa se distingue par sa vue imprenable sur la côte nord de Djeddah. Il propose 60 villas de différentes tailles, de junior à royale, pour un séjour luxueux.

Le Durrat al-Arus, connu pour ses villas isolées dotées de plages et de piscines privées, est un autre lieu de prédilection pour une escapade rapide. Cette station balnéaire animée, très appréciée des locaux, propose une grande variété d'activités, ce qui en fait un lieu idéal pour les familles.

Les couples peuvent également explorer l'époustouflant angle de vue de Harrat à AlUla, qui offre une vue imprenable sur le paysage environnant.

L'ascension de l'impressionnant terrain de Harrat Uwayrid récompense les visiteurs en leur offrant des vues à couper le souffle sur Dadan, la vieille ville d'AlUla, le fort d'AlUla et l'oasis d'AlUla. La beauté naturelle constitue une toile de fond romantique pour les couples qui cherchent à se rapprocher de la nature et de l'autre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


De Paris à Riad, la maison Liza poursuit son aventure culinaire et culturelle

Depuis sa création en 2005, Liza s’est imposé comme un restaurant concept où chaque détail participe à une expérience globale : décoration raffinée, cuisine généreuse, présentation contemporaine des plats, atmosphère chaleureuse — tout est pensé pour faire du repas un moment aussi visuel que gustatif. (Photo site internet Liza)
Depuis sa création en 2005, Liza s’est imposé comme un restaurant concept où chaque détail participe à une expérience globale : décoration raffinée, cuisine généreuse, présentation contemporaine des plats, atmosphère chaleureuse — tout est pensé pour faire du repas un moment aussi visuel que gustatif. (Photo site internet Liza)
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  • Vingt ans après sa création, la maison fondée par Liza Asseily et Ziad Asseily franchit une nouvelle étape majeure avec son déploiement à Riyad et l’ouverture de deux restaurants
  • Après Paris puis Beyrouth, la marque libanaise s’installe en Arabie saoudite avec une première adresse dans le quartier culturel de Bujairi, au cœur du site historique de Diriyah, et une seconde ouverture prochaine au sein du complexe Solitaire

PARIS: Dans l’univers foisonnant des restaurants libanais à Paris, certains établissements se distinguent par leur singularité ; parmi ceux-là, Liza occupe une place à part.
Plus qu’une adresse gastronomique, c’est un véritable art de vivre qui s’y exprime, mêlant traditions, élégance et modernité.

Vingt ans après sa création, la maison fondée par Liza Asseily et Ziad Asseily franchit une nouvelle étape majeure avec son déploiement à Riyad et l’ouverture de deux restaurants. Après Paris puis Beyrouth, la marque libanaise s’installe en Arabie saoudite avec une première adresse dans le quartier culturel de Bujairi, au cœur du site historique de Diriyah, et une seconde ouverture prochaine au sein du complexe Solitaire.

liza


Une expansion qui marque une nouvelle phase dans l’histoire d’une maison née d’une passion, d’une vision et d’un profond attachement à la culture libanaise.

Depuis sa création en 2005, Liza s’est imposé comme un restaurant concept où chaque détail participe à une expérience globale : décoration raffinée, cuisine généreuse, présentation contemporaine des plats, atmosphère chaleureuse — tout est pensé pour faire du repas un moment aussi visuel que gustatif.

Le couple libanais, à l’origine de cette aventure, est animé par l’envie d’associer l’élégance parisienne à l’âme de Beyrouth et de transmettre, à travers la cuisine, une véritable déclaration d’amour à leur ville d’origine. D’ailleurs, la signature de la maison, « Beyrouth je t’aime », résume à elle seule cet esprit.

En deux décennies, leur vision n’a cessé de s’affirmer. Liza est devenue un lieu où les traditions culinaires se réinventent sans jamais perdre leur authenticité.

L’ouverture à Riyad s’est imposée presque naturellement, confie Liza à Arab News en français. Comme souvent dans les grandes aventures entrepreneuriales, tout est parti d’une rencontre. Approché par un groupe saoudien spécialisé dans le développement de restaurants internationaux, Ziad Asseily découvre un projet ambitieux, porté par une vision culturelle forte.

Le choix de Diriyah n’est pas anodin, puisqu’il s’agit du quartier historique de la capitale saoudienne, entièrement réhabilité. Il s’affirme aujourd’hui comme un centre culturel en pleine effervescence, accueillant événements artistiques et initiatives internationales.

Séduits par l’approche globale du projet, par l’emplacement proposé et par la liberté de création offerte, les fondateurs ont décidé de se lancer, avec pour objectif de rester fidèles à leur identité tout en s’inscrivant dans un nouveau contexte culturel.

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Pour cette implantation, la maison a collaboré à nouveau avec l’architecte d’intérieur Maria Ousseimi et met en valeur le savoir-faire libanais à travers des pièces de la maison Bokja, des créations du designer Hubert Fattal et des éléments en cuivre réalisés sur mesure par des artisans de Tripoli (Liban). L’enjeu n’était pas seulement d’ouvrir un restaurant, mais de recréer un univers cohérent, fidèle à l’esprit Liza.

Côté cuisine, l’approche reste la même : préserver l’essence de la gastronomie libanaise tout en l’adaptant légèrement aux produits disponibles et aux préférences locales. Les saveurs évoluent, mais l’identité demeure intacte. Après tout, si le public saoudien a souhaité accueillir Liza, c’est précisément pour découvrir ce mélange unique de tradition libanaise et d’élégance parisienne.

Le premier restaurant de Riyad, qui compte environ 150 couverts et dispose d’une belle terrasse, a ouvert ses portes récemment et connaît déjà un démarrage prometteur.

Pour les fondateurs, cette réussite repose en grande partie sur la qualité des partenaires locaux, capables d’opérer avec professionnalisme sur un marché qu’ils connaissent parfaitement. Mais c’est l’énergie humaine qui a particulièrement marqué Liza Asseily. L’ouverture lui a permis de découvrir une ville dynamique, animée par une nouvelle génération engagée et enthousiaste. Elle évoque une atmosphère d’ouverture, un public curieux et un véritable brassage social, reflet d’une métropole en pleine transformation.

La seconde adresse prévue dans le complexe Solitaire confirmera l’ancrage de la marque en Arabie saoudite. D’autres projets sont déjà en développement dans la région, tandis que la maison poursuit également son expansion à Paris avec de nouvelles initiatives.


Au carnaval de Rio, hommage vibrant et clivant à Lula en pleine année électorale

Le président brésilien Lula a eu droit dimanche soir à un défilé en son honneur au carnaval de Rio de Janeiro, sous les critiques de la droite à quelques mois du scrutin d'octobre. (AFP)
Le président brésilien Lula a eu droit dimanche soir à un défilé en son honneur au carnaval de Rio de Janeiro, sous les critiques de la droite à quelques mois du scrutin d'octobre. (AFP)
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  • Des cactus et des paysans pauvres pour représenter son enfance dans le Nord-Est rural, des ouvriers casqués illustrant son passé dans l'industrie métallurgique et le militantisme syndical...
  • C'est toute la trajectoire de Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans, revenu au pouvoir en 2023 après deux premiers mandats (2003-2010) et déjà candidat à sa succession, qui a été contée par Academicos de Niteroi

RIO DE JANEIRO: Une statue géante à son effigie qui salue la foule: le président brésilien Lula a eu droit dimanche soir à un défilé en son honneur au carnaval de Rio de Janeiro, sous les critiques de la droite à quelques mois du scrutin d'octobre.

Des cactus et des paysans pauvres pour représenter son enfance dans le Nord-Est rural, des ouvriers casqués illustrant son passé dans l'industrie métallurgique et le militantisme syndical...

C'est toute la trajectoire de Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans, revenu au pouvoir en 2023 après deux premiers mandats (2003-2010) et déjà candidat à sa succession, qui a été contée par Academicos de Niteroi, une des 12 principales écoles de samba de Rio.

Rendre hommage à des personnalités sur la célèbre avenue du Sambodrome, longue de 700 mètres, n'est pas rare. Mais c'est la première fois qu'un président en exercice y a droit. A tel point que l'opposition a dénoncé une campagne déguisée.

Lula et son épouse Rosangela "Janja" da Silva ont assisté au défilé depuis une tribune VIP au côté du maire de Rio, Eduardo Paes, un allié.

Ils ont dû goûter le spectacle.

Parmi les dizaines de milliers de spectateurs, ils étaient nombreux à chanter le leitmotiv de la chanson accompagnant le défilé: "Olé, olé, olé, ola, Lula, Lula!", qui n'est autre que l'inusable refrain de ses partisans.

De la lutte contre la faim à la défense des indigènes en passant par les programmes sociaux, c'est un manifeste de gauche que les chars flamboyants escortés de quelque 3.000 danseurs et percussionnistes ont donné à voir et à entendre.

"On n'est pas venus ici pour faire campagne mais pour célébrer l'histoire d'un ouvrier au Brésil", a expliqué à l'AFP Leonel Querino, un directeur des Academicos.

Le contexte politique n'a cependant rien d'anodin.

Face à un Lula déjà candidat, l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat, a lancé dans la course son fils aîné, le sénateur Flavio Bolsonaro.

Et l'ancien chef d'Etat a été à son corps défendant la vedette d'un temps fort du défilé: un char allégorique le brocardait en clown affligé d'un bracelet électronique. Bozo (le clown) est l'un des sobriquets donnés par la gauche à Jair Bolsonaro.

"Mélanger carnaval et politique" 

Cela ne devrait pas calmer la fureur du camp conservateur: il voit depuis plusieurs jours dans le spectacle un acte de campagne alors que celle-ci ne démarre qu'en août.

Jeudi, le Tribunal supérieur électoral (TSE) a rejeté les demandes déposées par deux partis d'opposition visant à faire annuler le défilé.

Les magistrats ont toutefois averti qu'ils ne donnaient aucun "passe-droit" et qu'ils pourraient examiner d'éventuels manquements a posteriori.

Dans le camp Lula, la mise en garde a fait l'effet d'un coup de froid.

Vendredi, la présidence a appelé les responsables assistant au carnaval à s'abstenir de "déclarations susceptibles d'être qualifiées de propagande électorale anticipée".

Et le Parti des travailleurs (PT) de Lula a demandé de proscrire tenues ou banderoles à caractère politique.

Avant même le défilé, Flavio Bolsonaro avait partagé sur Instagram une vidéo faite par intelligence artificielle figurant un tout autre spectacle, dépeignant Lula en "voleur" s'enrichissant sur le dos des pauvres.

Venue au Sambodrome, Marcia Alves, une retraitée de 59 ans, n'est pas non plus aux anges. Elle ne prise guère Lula et estime qu'"il ne faut pas mélanger le carnaval et la politique", dit-elle à l'AFP.

Luena Holliday, une Brésilienne de 51 ans vivant en Angleterre, soutient pour sa part le président de gauche mais hésite: "Nous vivons un moment de grande division dans le pays".

Nelia Macedo, elle, ne cache pas sa joie: "Lula est une légende!", s'écrie cette professeure de 44 ans en chantant et dansant. "Nous allons carnavaliser la vie!"


Les Portoricains célèbrent l'un des leurs, Bad Bunny, vedette du Super Bowl

La chanteuse-auteur-compositrice américaine Lady Gaga et le chanteur portoricain Bad Bunny se produisent lors du spectacle de la mi-temps Apple Music du Super Bowl LX Patriots vs Seahawks au Levi’s Stadium à Santa Clara, en Californie, le 8 février 2026. (AFP)
La chanteuse-auteur-compositrice américaine Lady Gaga et le chanteur portoricain Bad Bunny se produisent lors du spectacle de la mi-temps Apple Music du Super Bowl LX Patriots vs Seahawks au Levi’s Stadium à Santa Clara, en Californie, le 8 février 2026. (AFP)
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  • La performance de Bad Bunny à la mi-temps du Super Bowl, entièrement en espagnol, a suscité une immense fierté à Porto Rico, où l’artiste incarne une réussite culturelle, économique et identitaire
  • Au-delà de la musique, le concert a pris une portée politique, célébrant la culture portoricaine tout en provoquant des critiques virulentes de Donald Trump

PORTO RICO: A Vega Baja, une petite ville à quelques kilomètres de San Juan, la capitale de Porto Rico, Madeline Miranda, enseignante à la retraite, débordait d'enthousiasme après avoir vu son ancien élève, Bad Bunny, chanter lors du concert de la mi-temps au Super Bowl.

"J'ai dansé, j'ai crié, j'ai juré et j'ai tout donné", a déclaré la Portoricaine de 75 ans à l'AFP, qui assistait à la prestation aux côtés d'une centaine d'habitants.

Le football américain n'y est guère populaire et peu des personnes présentes ont prêté attention au match, que les Seattle Seahawks ont remporté face aux New England Patriots. La seule attraction en ville, c'était l'enfant du pays, Bad Bunny.

Et ce, d'autant plus que l'artiste de reggaeton et de trap latine âgé de 31 ans, qui a grandi à Vega Baja et n'a jamais renié ses origines modestes, a chanté entièrement en espagnol, dans un spectacle suivi par 120 millions de personnes.

"Que quelqu'un d'ici participe à l'un des événements les plus importants aux Etats-Unis est une source de fierté pour tous les Portoricains", assure Olvin Reyes, 39 ans, dans les rues de San Juan, saluant "quelque chose de vraiment exceptionnel".

Beaucoup sont reconnaissants des 31 concerts que Bad Bunny a donnés dans la capitale entre juillet et septembre, générant 733 millions de dollars pour l'île de 3,2 millions d'habitants, selon le cabinet Gaither International.

"Il a attiré des gens des États-Unis et d'autres régions du monde, et il leur a fait déguster la cuisine créole traditionnelle portoricaine", se félicite Jay Vizcarrondo, 67 ans. "Il a fait connaître l'île à l'échelle internationale, et pas seulement grâce à sa musique. C'est ça, être patriote."

- "Une grande inspiration" -

Bad Bunny a célébré avec emphase ce territoire insulaire des Caraïbes rattaché aux Etats-Unis, mais qui ne jouit pas du statut d'Etat américain et dont les habitants ne votent pas aux élections nationales.

Depuis les paroles de ses chansons jusqu'à sa scénographie mettant en scène la canne à sucre et "La Casita " (petite maison) couleur saumon, les fans ont applaudi chaque référence.

Premier artiste principal du Super Bowl à chanter entièrement en espagnol, il est aussi devenu la semaine dernière le premier interprète à remporter le Grammy de l'Album de l'année pour une oeuvre en langue espagnole.

Pour Pedro Meléndez Barrio, 14 ans, il constitue " une grande inspiration"  pour Vega Baja. " S'il a accompli tout cela, moi aussi je peux y arriver. Ça me motive vraiment."

Au-delà du caractère artistique, la performance de Benito Antonio Martinez Ocasio - le vrai nom de Bad Bunny - a pris une dimension politique.

Donald Trump et ses partisans avaient déploré le choix d'un chanteur connu pour sa dénonciation des arrestations et expulsions massives d'immigrés en situation irrégulière, auxquelles se livrent les agences fédérales américaines.

Le président a qualifié le concert de "véritable gifle" pour le pays, alors même que Bad Bunny a évité de le mentionner, et même d'égratigner sa politique migratoire durant son spectacle.

"Personne ne comprend un mot de ce que dit ce type", a raillé le chef de l'Etat sur son réseau Truth Social, stigmatisant un spectacle "absolument lamentable, l'un des pires de tous les temps!"

"C'est absurde, un affront à la grandeur de l'Amérique, et cela ne reflète en rien nos valeurs de réussite, de créativité et d'excellence", a insisté le milliardaire républicain, accablant une chorégraphie "répugnante".

Mais ces propos n'ont pas refroidi les Portoricains.

"Je me sens valorisé de voir une star de notre pays, si marginalisé et opprimé, dans un événement d'une telle ampleur, représentant notre culture, notre musique, mais aussi nos problèmes politiques", expliquait avant le spectacle Samy Nemir Olivares, un militant de 34 ans, à Santurce, l'un des quartiers les plus animés de San Juan.

"Nous ignorons la controverse car, qu'ils le veuillent ou non, nous faisons aussi partie des États-Unis. Et même si notre langue est l'espagnol, la plupart des Portoricains parlent anglais", relève de son côté Madeline Garcia, 31 ans, après le concert.