Zelensky met la pression sur les Européens face à Trump et à la Russie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky. (Photo AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky. (Photo AFP)
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Publié le Dimanche 16 février 2025

Zelensky met la pression sur les Européens face à Trump et à la Russie

  • « Je crois vraiment que le moment est venu de créer les forces armées de l'Europe », a-t-il exhorté devant un parterre de responsables politiques internationaux, à l'occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité.
  • Cette semaine, sans concertation avec les Européens, le président américain Donald Trump a eu un premier entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine.

MUNICH : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis samedi ses alliés européens sous pression, les exhortant à se renforcer pour éviter un accord forgé par les Américains « dans le dos » de l'Ukraine et de l'Europe.

« Je crois vraiment que le moment est venu de créer les forces armées de l'Europe », a-t-il exhorté devant un parterre de responsables politiques internationaux, à l'occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité.

« Le temps où l'Amérique soutenait l'Europe simplement parce qu'elle l'avait toujours fait est révolu », a-t-il prévenu.

Cette semaine, sans concertation avec les Européens, le président américain Donald Trump a eu un premier entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine. Il en a informé Volodymyr Zelensky, mais n'a pas cherché à s'entendre au préalable avec lui sur une stratégie de négociation.

Son chef de la diplomatie, Marco Rubio, en tournée au Moyen-Orient jusqu'à mardi, et d'autres hauts responsables de l'administration américaine vont rencontrer en Arabie saoudite des négociateurs russes et ukrainiens, ont indiqué samedi des responsables américains à Washington, sans donner de détails.

Auparavant, le département d'État américain avait confirmé un appel téléphonique annoncé par Moscou entre Marco Rubio et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Les deux hommes ont convenu de « coopérer » sur l'Ukraine, selon Moscou, et Marco Rubio a réaffirmé la volonté de Donald Trump de trouver une issue au conflit, selon Washington.

Dans l'immédiat, à Munich, près de trois ans après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés à proximité de l'hôtel où se tenait la conférence, faisant part de leurs craintes quant à un face-à-face entre Trump et Poutine.

« Les États-Unis se présentent comme un bastion de la démocratie et ils ont beaucoup aidé l’Ukraine, mais ces derniers temps, je ne sais même plus quoi penser », a confié Natalia Galouchka, une Ukrainienne de 40 ans.

« Trump n'aime pas les amis faibles. »

Ces initiatives américaines inquiètent les partenaires de Washington. Dans ce contexte, le président français Emmanuel Macron a convié des dirigeants européens à une réunion lundi à Paris, a annoncé Varsovie, qui sera représentée.

L’Élysée n'a pas confirmé la tenue d’une rencontre lundi, évoquant des « discussions en cours ».

Le chef de l'OTAN, Mark Rutte, a également confirmé sa présence à une réunion à Paris. Selon lui, les Européens doivent montrer leur « utilité » s'ils veulent peser.

L'Europe doit « jouer un plus grand rôle au sein de l'OTAN » et travailler avec les États-Unis pour « assurer l'avenir de l'Ukraine », a également souligné le Premier ministre britannique Keir Starmer.

Les dirigeants de l'UE sont convaincus que la sécurité du continent se joue dans les pourparlers futurs sur l'Ukraine que l'administration américaine veut accélérer, mais ils peinent à imposer leur voix.

Volodymyr Zelensky a mis en garde : « Donald Trump n'a pas mentionné une seule fois que l'Amérique a besoin de l'Europe à la table des négociations. » « Trump n'aime pas les amis faibles, il respecte la force », a-t-il souligné.

L'envoyé spécial américain Keith Kellogg, que Volodymyr Zelensky a invité à se rendre sur la ligne de front, a laissé entendre que les Européens ne seraient pas directement impliqués dans les négociations, mais qu'ils auraient leur « mot à dire ».

Face au risque d'être marginalisés, « je vous exhorte à agir, pour votre propre bien », a lancé le président ukrainien.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a réagi sur X en estimant que « l'Europe a besoin de toute urgence d'un plan d'action concernant l'Ukraine et notre sécurité, sinon d'autres acteurs mondiaux décideront de notre avenir ».

Pour M. Zelensky, « il ne faut pas de décisions sur l'Ukraine sans l'Ukraine, pas de décisions sur l'Europe sans l'Europe », car « si nous sommes exclus des négociations concernant notre propre avenir, alors nous perdons tous ».

- Poutine a « besoin de la guerre » -

Selon Volodymyr Zelensky, « Poutine ne peut pas offrir de véritables garanties de sécurité, pas seulement parce qu'il est un menteur, mais parce que le régime russe actuel a besoin de la guerre pour perdurer ».

Son avertissement vaut aussi pour Donald Trump : selon lui, Vladimir Poutine « essaiera de faire en sorte que le président américain se tienne sur la place Rouge le 9 mai (jour des célébrations en Russie de la victoire sur l'Allemagne nazie, ndlr) non pas comme un leader respecté, mais comme un gadget dans sa propre performance ».

Il n'a cependant rien révélé de sa première rencontre, vendredi, à Munich avec le vice-président américain, JD Vance.

« Ce n'est pas une perte de temps, mais ce n'est pas suffisant, et nous devons parler davantage », a simplement déclaré le président ukrainien, qui réclame à Washington « un plan » concerté avec les Européens avant toute discussion avec la Russie.

Il a par ailleurs révélé avoir refusé de signer un accord avec les États-Unis concernant les minerais ukrainiens, estimant qu'il ne « protégeait pas » son pays à ce stade et qu'il devait comporter « des garanties de sécurité » pour l'Ukraine.

Les Américains cherchent à boucler un tel accord qui permettrait de « rembourser » l'aide fournie à Kiev.

Samedi, l'armée russe a revendiqué la prise d'une nouvelle petite localité dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, où ses troupes progressent face aux forces de Kiev, moins nombreuses et moins équipées.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.