Syrie : Le redressement économique pourrait prendre 55 ans, avertit le PNUD

L'économie syrienne a subi des pertes cumulées de PIB estimées à 800 milliards de dollars depuis le début de la guerre (Reuters).
L'économie syrienne a subi des pertes cumulées de PIB estimées à 800 milliards de dollars depuis le début de la guerre (Reuters).
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Publié le Lundi 24 février 2025

Syrie : Le redressement économique pourrait prendre 55 ans, avertit le PNUD

  • Le rapport suggère que la Syrie pourrait se redresser en une décennie si la croissance économique annuelle était multipliée par six.
  • L'économie a subi des pertes cumulées de PIB estimées à 800 milliards de dollars depuis le début de la guerre.

RIYAD : L’économie syrienne pourrait prendre des décennies pour se remettre de la guerre, selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), à moins d’une accélération spectaculaire de la croissance.

Alors que le produit intérieur brut du pays s'est contracté à moins de la moitié de sa valeur de 2011 et que le chômage a triplé, le rapport suggère que la Syrie pourrait se redresser en une décennie si la croissance économique annuelle était multipliée par six.

L'évaluation, intitulée "L'impact du conflit en Syrie : une économie dévastée, une pauvreté omniprésente et un chemin difficile vers la reprise sociale et économique", souligne le lourd tribut économique et social de 14 années de guerre.  

"Aux taux de croissance actuels, l'économie syrienne ne retrouvera pas son niveau de PIB d'avant le conflit avant 2080", indique le rapport. Pour parvenir à une reprise dans les 15 ans, il faudrait une croissance ambitieuse multipliée par dix, ce qui ramènerait le PIB au niveau où il aurait été sans le conflit.

Une crise qui s'aggrave

Selon le PNUD, neuf Syriens sur dix vivent aujourd'hui dans la pauvreté et un sur quatre est au chômage. L'économie a subi des pertes cumulées de PIB estimées à 800 milliards de dollars depuis le début de la guerre. Les infrastructures publiques se sont effondrées, exacerbant la crise et prolongeant l'instabilité.

Le secteur de la santé s'est effondré, avec un tiers des centres de santé endommagés et près de la moitié des services d'ambulance inopérants, ajoute le rapport. L'éducation a également été durement touchée, 40 à 50% des enfants âgés de 6 à 15 ans n'étant pas scolarisés.  

Le logement et les services publics ont été lourdement endommagés, un tiers de toutes les unités ayant été touchées, laissant 5,7 millions de Syriens à la recherche d'un abri. Plus de la moitié des réseaux d'eau et d'égouts sont endommagés ou hors d'usage, ce qui affecte près de 14 millions de personnes. La production d'énergie a chuté de 80%, réduisant de plus de trois quarts la capacité du réseau national.

En conséquence, l'indice de développement humain de la Syrie est passé de 0,661 en 2010 à 0,557, tombant en dessous de son niveau de 1990, année où l'IDH a été enregistré pour la première fois.

La feuille de route du redressement

Le rapport du PNUD présente une feuille de route pour accélérer la reprise économique et rétablir la stabilité. "Au-delà de l'aide humanitaire immédiate, le redressement de la Syrie nécessite un investissement à long terme dans le développement afin d'instaurer une stabilité économique et sociale pour son peuple", a déclaré Achim Steiner, administrateur du PNUD.  

"Le rétablissement de la productivité pour créer des emplois et lutter contre la pauvreté, la revitalisation de l'agriculture pour assurer la sécurité alimentaire et la reconstruction des infrastructures pour les services essentiels tels que les soins de santé, l'éducation et l'énergie sont les clés d'un avenir autonome, de la prospérité et de la paix", a-t-il affirmé.  

Le rapport souligne la nécessité d'une vision nationale claire, de réformes institutionnelles et d'un meilleur accès au marché. Il calcule qu'au taux de croissance annuel actuel de 1,3% de la Syrie, entre 2018 et 2024, il faudrait 55 ans pour retrouver les niveaux de PIB d'avant le conflit. La reprise en 15 ans nécessite une croissance annuelle d'au moins 5%, tandis que le rattrapage d'un scénario sans conflit exige une croissance annuelle de près de 14%.

"L'avenir de la Syrie dépend d'une approche solide de reprise du développement", a déclaré Abdallah al-Dardari, administrateur adjoint du PNUD et directeur du bureau régional du PNUD pour les États arabes.  

"Cela exige une stratégie globale portant sur la réforme de la gouvernance, la stabilisation économique, la revitalisation du secteur, la reconstruction des infrastructures et le renforcement des services sociaux. En mettant en œuvre ces réformes interconnectées, nous pouvons aider la Syrie à reprendre le contrôle de son avenir, à réduire sa dépendance à l'égard de l'aide extérieure et à ouvrir la voie à un avenir résilient et prospère pour tous en Syrie", a expliqué M. al-Dardari.

L'évaluation du PNUD s'inscrit dans le cadre d'un effort plus large de l'équipe de pays des Nations unies en Syrie visant à façonner les initiatives de redressement et de reconstruction précoces.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
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  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.

 


L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
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  • Lille a été choisie pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne (EUCA) en 2028, après avoir battu Rome et huit autres villes, renforçant le rôle stratégique de la France dans le commerce et la logistique européens
  • La ville bénéficiera d’une implantation à Euralille, au cœur des axes logistiques européens, avec environ 250 emplois prévus d’ici 2034, dans le cadre de la réforme du système douanier de l’UE

BRUXELLES: Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

"C'est le choix d'une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous", a salué le président français Emmanuel Macron, sur le réseau X.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale.

Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

- "Au carrefour de l'Europe" -

"Fier de cette victoire collective: élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, dans un message sur X.

"Ça montre aussi que la France n'est pas isolée en Europe, contrairement à ce que beaucoup disent ou souhaiteraient", a assuré à l'AFP Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Ce dernier y voit la preuve de "l'attractivité" de la région et des "atouts techniques clairs" de la candidature lilloise, laquelle avait tiré les leçons de 2017, lorsque la ville avait vu lui échapper l'Agence européenne du médicament, autrefois installée à Londres et transférée à Amsterdam après le Brexit.

Il salue aussi "un réel travail collectif" qui montre "l'influence et le rayonnement des Hauts-de-France".

"C'est un choix judicieux", a estimé aussi l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure.

"La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair: la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034.

Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures.

Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.


Le dollar remonte avec la perspective de troupes américaines au Moyen-Orient

Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026.  (AFP)
Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz
  • Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies

LONDRES: Le dollar profite mardi de la remontée des cours de l'énergie, après des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine va déployer des troupes supplémentaires au Moyen-Orient, douchant les espoirs de négociations évoquées la veille par Donald Trump.

Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine prenait 0,22% à l'euro, à 1,1587 dollar.

"L'optimisme prudent des marchés financiers, suscité par le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes par le président Trump, s'est dissipé durant la séance asiatique après la publication d'informations pessimistes", et "le dollar s'est apprécié", résume Carol Kong, analyste chez CBA.

Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies.

Par ailleurs, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont finalement été visées par des frappes israélo-américaines, a affirmé tôt mardi l'agence de presse Fars, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi être en pourparlers avec les Etats-Unis.

Lundi, la livre sterling avait gagné jusqu'à 1% face au dollar, et le rendement obligataire britannique à 10 ans a connu un nouveau sommet depuis 2008, à 5,12%, avant de retomber de concert.

Depuis, la devise britannique relâchait mardi 0,26% au billet vert, à 1,3396 dollar, et les taux d'emprunt se sont apaisés.

Les marchés, qui anticipaient la veille quatre hausses de taux de la Banque d'Angleterre cette année, tablent désormais sur entre deux et trois, d'après Bloomberg.

"Les conditions sont exceptionnellement difficiles à remplir pour que la Banque d'Angleterre relève son taux directeur, déjà en territoire restrictif", et au vu de données économiques faibles, estime en effet Chris Turner, analyste chez ING.

L'indice d'activité PMI au Royaume-Uni a faiblit en mars, à 51, contre 53,7 en février, et moins que les 52,8 projetés par le consensus des analystes sondés par Bloomberg, selon les chiffres publiés mardi par S&P Global.

Mercredi, sera dévoilée l'inflation en février dans le pays, qui ne capturera cependant pas les effets de la guerre.

Le prix d'une once d'or progressait aussi de 0,27%, à 4.419,40 dollars.

La veille, les cours des métaux précieux s'étaient brièvement effondrés, les investisseurs préférant engranger leurs bénéfices sur l'or et l'argent pour récupérer des liquidités, plus facilement mobilisables et accessibles.