Déclaration de la conférence de Paris sur la Syrie: aide humanitaire accrue, reconstruction et levée des sanctions

Le président français Emmanuel Macron lors de la conférence internationale sur la Syrie à Paris, France, le 13 février 2025. (Reuters)
Le président français Emmanuel Macron lors de la conférence internationale sur la Syrie à Paris, France, le 13 février 2025. (Reuters)
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Publié le Vendredi 14 février 2025

Déclaration de la conférence de Paris sur la Syrie: aide humanitaire accrue, reconstruction et levée des sanctions

  • La déclaration conjointe de la conférence de Paris sur la Syrie, tenue le 13 février 2025, a rassemblé des ministres de divers pays et organisations internationales
  • Elle fait suite à des rencontres précédentes sur la situation en Syrie et vise à soutenir le gouvernement syrien de transition dans son processus de réformes

PARIS: La déclaration conjointe de la conférence de Paris sur la Syrie, tenue le 13 février 2025, a rassemblé des ministres de divers pays et organisations internationales. Elle fait suite à des rencontres précédentes sur la situation en Syrie et vise à soutenir le gouvernement syrien de transition dans son processus de réformes, en répondant aux aspirations du peuple syrien à la liberté et à la dignité.

Les points principaux soulignent l'importance d'une transition politique post-Assad, incluant la mise en œuvre des résolutions de l'ONU, le renforcement du respect des droits humains, et la lutte contre le terrorisme. Les participants se sont engagés à soutenir une gouvernance légitime, à prévenir le retour des groupes extrémistes, et à promouvoir le dialogue national inclusif tout en respectant les droits de tous les Syriens.

La déclaration appelle à une aide humanitaire accrue, à la reconstruction du pays, et à la levée des sanctions économiques nuisibles au peuple syrien. Elle met l'accent sur la coopération avec les Nations Unies pour améliorer l'assistance humanitaire et lutter contre l'impunité. Enfin, elle prône une coexistence pacifique avec les pays voisins et souligne l'importance de la préservation du patrimoine culturel syrien.

Les participants affirment leur intention de faciliter un retour sûr et durable des réfugiés et de garantir le respect de l'intégrité territoriale de la Syrie, tout en déployant des efforts pour garantir la justice et la transparence dans le processus de transition.

Texte integral de la declaration CONFERENCE DE PARIS SUR LA SYRIE

DECLARATION CONJOINTE DES GOUVERNEMENTS DE LA SYRIE, DE L’ALLEMAGNE, DE L’ARABIE SAOUDITE, DU BAHREIN, DU CANADA, DE L’EGYPTE, DES EMIRATS ARABES UNIS, DE L’ESPAGNE, DE LA FRANCE, DE LA GRECE, DE L’IRAK, DE L’ITALIE, DU JAPON, DE LA JORDANIE, DU KOWEIT, DU LIBAN, D’OMAN, DU QATAR, DU ROYAUME-UNI, DE LA TURQUIE, DE L’UNION EUROPEENNE, DE L’ENVOYE SPECIAL DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES POUR LA SYRIE, DU SECRETAIRE GENERAL DE LA LIGUE DES ETATS ARABES ET DU SECRETAIRE GENERAL DU CONSEIL DE COOPERATION DES ETATS ARABES DU GOLFE

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À la suite des réunions ministérielles d’Aqaba (14 décembre 2024) et de Riyad (12 janvier 2025) sur la situation en Syrie, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réuni à Paris les ministres et représentants de la République arabe syrienne, de la République fédérale d’Allemagne, du Royaume d’Arabie saoudite, du Royaume de Bahreïn, du Canada, de la République arabe d’Égypte, des Émirats arabes unis, du Royaume d’Espagne, de la République hellénique, de la République d’Irak, de la République italienne, du Japon, du Royaume hachémite de Jordanie, de l’État du Koweït, de la République du Liban, du Sultanat d’Oman, de l’État du Qatar, du Royaume-Uni, de la République de Turquie, de l’Union européenne, de l’Organisation des Nations Unies, de la Ligue des États arabes et du Conseil de coopération des États arabes du Golfe.

 

Le Président de la République française, Emmanuel Macron, a participé aux échanges. Il a souhaité que les discussions engagées à Aqaba et Riyad et poursuivies à Paris permettent d’apporter au gouvernement syrien de transition le soutien dont il a besoin afin que le processus qu’il mène réponde pleinement à l’aspiration du peuple syrien à la liberté et à la dignité et permette de construire une Syrie libre, unie, souveraine, stable, inclusive et pleinement intégrée à son environnement régional et à la communauté internationale.

La conférence qui sera organisée par l’Union européenne en mars prochain à Bruxelles sera l’occasion de poursuivre la mobilisation de la communauté internationale à cet égard.

Les participants ont exprimé leur volonté de travailler ensemble pour :

-Réussir la transition post-Assad dans le cadre d’un processus qui doit être conduit et contrôlé par la Syrie, dans l’esprit des principes fondamentaux de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité pour permettre au peuple syrien de bâtir un avenir plus prometteur, plus sûr, plus prospère et plus pacifique. Les participants ont pris note des priorités fixées par le président syrien pour la période de transition dans son discours du 29 janvier : établir une gouvernance légale et légitime ; préserver la paix civile en mettant notamment en place un système de justice transitionnelle et en empêchant les règlements de compte individuels ; reconstruire les institutions de l’État, en premier lieu l’armée et l’appareil de sécurité, pour qu’elles soient mises au service de la sécurité du peuple syrien ; relancer l’économie du pays ; rendre à la Syrie sa position dans les enceintes régionales et internationales, en se fondant sur la solidarité, le respect mutuel, la souveraineté et les intérêts communs.

-Soutenir l’organisation de la conférence de dialogue national annoncée par le président al-Charaa le 30 janvier avec une représentation de tous les secteurs de la société syrienne ainsi que des membres de la diaspora syrienne à l’étranger. Les participants se sont également engagés à soutenir les mécanismes de dialogue inclusifs que le gouvernement syrien de transition a annoncé qu’il mettrait en place, jusqu’à ce que des élections libres et régulières soient organisées en Syrie. Les partenaires de la Syrie ont salué la nomination le 12 février par le gouvernement syrien de transition des membres du comité préparatoire pour la conférence nationale.

-Reconnaître et soutenir le gouvernement syrien de transition dans son engagement actuel en faveur du respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous les Syriens.

-Apporter au gouvernement syrien de transition le soutien dont il a besoin pour veiller à ce que les groupes terroristes ne puissent pas trouver à nouveau refuge sur le territoire syrien, pour lutter contre toutes les formes d’extrémisme et de terrorisme et pour empêcher une nouvelle montée en puissance des organisations terroristes en Syrie. Ils ont condamné les multiples actes de terrorisme que ces groupes ne cessent de perpétrer en Syrie.

-Cesser toutes les hostilités en Syrie, soutenir l’unification de toutes les zones restantes du territoire syrien au moyen d'un règlement politique négocié et appeler tous les acteurs syriens à s’engager pleinement dans un programme d’action national syrien.

-Garantir la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la Syrie, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies, au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment sa résolution 350 (1974) relative à l’Accord sur le désengagement des forces israéliennes et syriennes et la création de la Force des Nations Unies chargée d’observer le dégagement.

-Mobiliser la communauté internationale pour accroître le volume et le rythme de l’aide humanitaire acheminée en Syrie ainsi que le volume de l’aide au relèvement précoce et au développement de ce pays, pour répondre aux besoins des Syriens dans la reconstruction de leur pays et appuyer la réintégration de la Syrie sur les scènes régionale et internationale. Les pays concernés ont souligné, dans le contexte des progrès réalisés dans le cadre de la transition post-Assad et de la mise en œuvre des réformes, la nécessité de travailler à la levée rapide des sanctions économiques contre la Syrie qui font obstacle aux intérêts du peuple syrien et entravent la reprise de l’économie syrienne et la transition politique, dans le cadre des efforts internationaux d’appui à la paix et à la prospérité en Syrie. Ils ont par ailleurs noté qu’il importe d’établir rapidement un nouveau cadre de coordination pour l’aide et la reconstruction de la Syrie, dans le prolongement des travaux menés ce matin à Paris par les bailleurs internationaux et multilatéraux.

-Travailler en lien avec le Secrétaire général des Nations Unies et le gouvernement syrien de transition pour poursuivre les échanges sur les activités des Nations Unies en Syrie afin d’accroître l’aide humanitaire, l’assistance technique et l’aide au relèvement précoce. 

-Aider les efforts conduits par les Syriens qui garantissent l’obligation de rendre des comptes et la lutte contre l’impunité ainsi que les efforts pour faire la lumière sur le sort des Syriens et des ressortissants étrangers portés disparus. Les participants ont déclaré leur soutien à la mise en place d’un système de justice transitionnelle, tout en prenant bonne note des demandes formulées par des représentants de la société civile syrienne réunis le 12 février à Paris, et en reconnaissant le travail mené par les systèmes judiciaires nationaux, les juridictions internationales et les mécanismes spécialisés des Nations Unies ainsi que les efforts considérables menés par la société civile pour préserver les preuves et aider aux poursuites.

-Envisager la création d’un groupe pérenne de « Soutien à la transition syrienne » afin d’assurer la poursuite du dialogue, d’appuyer la coordination stratégique des efforts de la communauté internationale et d’aider le peuple syrien à réaliser ses aspirations légitimes, pour mettre fin à des décennies d’isolement et de divisions et bâtir un avenir pacifique, prospère et stable.

Les participants ont souligné que la prochaine période de la transition aura une importance décisive pour garantir les principes mentionnés ci-dessous. Ils sont ainsi convenus de tout mettre en œuvre pour assurer :

-Une transition pacifique, crédible, ordonnée, rapide et inclusive, dans l’esprit des principes fondamentaux de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de permettre la mise en place d’une gouvernance inclusive et représentative de l’ensemble des composantes de la société syrienne, incluant dès le départ les femmes. Les partenaires de la Syrie ont appelé le gouvernement syrien de transition à fixer un calendrier de transition réaliste, clair et transparent et à s’y tenir. Cela passe par une réforme constitutionnelle et l’organisation d’élections libres et régulières lorsque les conditions en seront réunies.  Les participants ont réaffirmé le rôle important que les Nations Unies peuvent jouer pour appuyer la transition politique syrienne et ils ont rappelé leur soutien aux efforts de l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies à cet égard.

-La coexistence harmonieuse de la Syrie avec ses voisins, fondée sur le respect mutuel, la souveraineté et le respect de l’intégrité territoriale. Les participants ont rappelé que le territoire syrien ne saurait représenter une menace pour aucun pays, ni servir de refuge à des terroristes, tout comme les États étrangers ne sauraient représenter une menace pour les Syriens ni soutenir aucun acteur qui pourrait représenter une menace pour la souveraineté, la paix et l’intégrité territoriale de la Syrie. Ils ont insisté sur l’importance de la préservation des acquis obtenus après dix ans de lutte contre Daech, qui demeure une menace grave pour la paix et la sécurité internationales. Ils ont réaffirmé leur intention d’empêcher la circulation des terroristes et des groupes terroristes en provenance et à destination de la Syrie, compte tenu de la grave menace qu'ils représentent pour la Syrie, ses voisins et la région.

-La promotion des principes de tolérance et de coexistence pacifique ainsi que l’adoption de mesures pour combattre les discours de haine, le racisme, la discrimination fondée sur le genre et l’extrémisme, conformément à la résolution 2686 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

-Le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous

-La sécurisation et la destruction en toute sécurité des stocks d’armes chimiques, en coopération avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et conformément à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques à laquelle la Syrie est partie.

-Une lutte efficace contre la production et le trafic de captagon et les réseaux de criminalité organisée, en lien notamment avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

-Soutenir l’accès continu et sans entrave à l’aide humanitaire sur l’ensemble du territoire syrien, en coordination et en lien avec le gouvernement syrien de transition, ainsi que la liberté de circulation pour les personnes déplacées dans leur propre pays.

-La facilitation des conditions nécessaires à un retour durable des réfugiés, notamment le soutien à la reprise des activités économiques, conformément à la position du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés sur le retour en Syrie, en mettant notamment l’accent sur la récupération des droits de propriété.

En lien avec le gouvernement syrien de transition, faciliter l’accès aux prisons et, conformément au droit international pertinent, créer des mécanismes qui garantissent la lutte contre l’impunité et l’obligation de rendre des comptes, et déployer des efforts pour faire la lumière sur le sort des Syriens et des ressortissants étrangers portés disparus.

-La reconnaissance de l’importance du patrimoine culturel syrien pour le développement du pays. Ils sont déterminés à soutenir la préservation, la réhabilitation, la conservation et la promotion du patrimoine syrien.

-La protection de l’ensemble des installations et du personnel diplomatiques étrangers.


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
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  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.


En plein conflit au Moyen-Orient, le G7 Finances à Paris au chevet de l'économie mondiale

Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
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  • A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales
  • "On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement"

PARIS: Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois.

"Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne", a déclaré lundi matin aux journalistes le ministre français de l'Economie et des Finances Roland Lescure.

A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l’allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.

Ce dernier, qui a de nouveau menacé l'Iran d'anéantissement dimanche, laisse entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve en vigueur depuis le 8 avril.

"On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement", a détaillé Roland Lescure.

"La manière dont la croissance mondiale, aujourd'hui, se déroule, est clairement insoutenable", a-t-il estimé. "Nous devons (...) nous engager les uns les autres pour faire en sorte qu'on retrouve un modèle de croissance plus soutenable".

Ormuz 

En haut des priorités des grands argentiers du G7: les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.

En réaction, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.

"Cette guerre nuit fortement au développement économique. C'est pourquoi tout doit être mis en œuvre pour y mettre un terme définitif, rétablir la stabilité dans la région et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré dans un communiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.

"Le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7", a-t-il ajouté.

Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure. Il s'est toutefois montré prêt à "discuter de ça" si nécessaire, "si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz" et que les navires mettent du temps à circuler de nouveau normalement.

Ces craintes inflationnistes ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des bons d'Etat, et donc de hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Interrogée à ce sujet en marge de l'ouverture du G7 Finances, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Vulnérabilités et dépendances 

Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international après l'imposition de surtaxes douanières par Washington.

Alors que ces déséquilibres alimentent les tensions commerciales, géopolitiques et financières, et compromettent la croissance mondiale, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.

Cette réunion du G7, qui rassemble aussi les gouverneurs de banques centrales des pays membres, intervient quelques jours après la visite de Donald Trump à Pékin.

Ce sommet n'a pas donné d'annonces majeures, les deux chefs d'Etat n'ayant pas discuté des droits de douane. Les deux premières puissances économiques mondiales ont conclu une trêve commerciale en octobre.

Parmi les autres sujets mis sur la table, seront abordés "les matériaux critiques, les terres rares", a dit Roland Lescure. "Les terres rares, c'est le chaînon manquant de l'électrification. (...) Si on n'a pas accès aux terres rares de manière indépendante, on va manquer ce chaînon."

Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.

"Il faut qu'on fasse pour les matériaux critiques ce qu'on a fait sur l'énergie dans les années 1970", une cause commune, avait déclaré M. Lescure à la presse la semaine dernière.

Le ministre allemand met aussi l'accent sur la guerre en Ukraine: "Nous ne perdons pas de vue la brutale guerre d'agression de la Russie même si le monde a les yeux tournés vers le Moyen-Orient: le peuple d'Ukraine peut compter sur notre soutien" dans le financement de sa défense.