Le procès très attendu d'opposants tunisiens pour « complot » contre l'État débutera mardi

Dalila Ben Mbarek, avocate et membre du comité de défense des détenus accusés d'être impliqués dans une affaire de complot contre la sûreté de l'Etat, lors d'une conférence de presse à Tunis, le 27 février 2025. Deux ans après l'arrestation et l'incarcération de Khayam Turki, Ridha Belhaj, Ghazi Chaouachi, Jaouhar Ben Mbarek, Issam Chebbi et Abdelhamid Jelassi, le procès s'ouvre le 4 mars en l'absence des détenus (Photo FETHI BELAID / AFP).
Dalila Ben Mbarek, avocate et membre du comité de défense des détenus accusés d'être impliqués dans une affaire de complot contre la sûreté de l'Etat, lors d'une conférence de presse à Tunis, le 27 février 2025. Deux ans après l'arrestation et l'incarcération de Khayam Turki, Ridha Belhaj, Ghazi Chaouachi, Jaouhar Ben Mbarek, Issam Chebbi et Abdelhamid Jelassi, le procès s'ouvre le 4 mars en l'absence des détenus (Photo FETHI BELAID / AFP).
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Publié le Dimanche 02 mars 2025

Le procès très attendu d'opposants tunisiens pour « complot » contre l'État débutera mardi

  • Une quarantaine de personnes issues de divers courants sont poursuivies.
  • Une quarantaine de personnes issues de divers courants sont poursuivies.

TUNIS : Le procès d'un grand nombre d'opposants au président Kais Saied, parmi les plus connus de Tunisie, s'ouvre mardi pour « complot contre la sûreté de l'État ». Cette affaire, dénoncée comme « vide » et « politique » par des ONG et l'opposition, concerne responsables de partis, avocats, figures des médias, etc. Une quarantaine de personnes issues de divers courants sont poursuivies.

Responsables de partis, avocats, figures des médias : une quarantaine de personnes issues de divers courants sont poursuivies. Nombre d'entre elles sont soupçonnées d'avoir eu des contacts avec l'étranger, notamment des diplomates.

Selon leur avocat, elles sont inculpées pour « complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l'État » et « adhésion à un groupe terroriste ». Des accusations passibles de lourdes peines de prison et même de la peine capitale.

Plusieurs d'entre elles ont été arrêtées lors d'un coup de filet dans les rangs de l'opposition en 2023. Le président Saied avait à l'époque qualifié les personnes interpellées de « terroristes ».

Parmi les grands noms du procès figurent le chef du parti Al Joumhouri, Issam Chebbi, le juriste Jawhar Ben Mbarek et un ancien haut responsable du parti islamiste Ennahdha, Abdelhamid Jelassi.

Il convient également de citer les militants Khayam Turki et Chaïma Issa, l'homme d'affaires Kamel Eltaïef et l'ex-députée Bochra Belhaj Hmida, ancienne présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD). Cette dernière se trouve en France.

L'intellectuel français Bernard-Henri Lévy figure parmi les accusés.

« Vide »

Depuis sa cellule, Jawhar Ben Mbarek a dénoncé, dans une lettre lue lors d'une conférence de presse, un « harcèlement judiciaire » visant à « l'élimination méthodique des voix critiques ».

M. Ben Mbarek est l'un des fondateurs du Front du salut national (FSN), principale coalition d'opposition au président Saïed.

Depuis le coup de force de ce dernier à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs, l'opposition et des ONG dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie, pays qui, avec sa révolution en 2011, avait lancé le « Printemps arabe ».

La sœur de M. Ben Mbarek, l'avocate Dalila Msaddek, affirme que le dossier d'instruction est « vide » et fondé sur « des accusations se basant sur de faux témoignages ».

Selon la défense, les autorités judiciaires ont décidé que les accusés incarcérés devaient comparaître à distance, par visioconférence.

Une décision « inacceptable » pour les proches des accusés, qui exigent la présence des détenus.

« C'est l'une des conditions d'un procès équitable », a déclaré à la presse l'opposant historique Ahmed Néjib Chebbi, chef du FSN et frère d'Issam Chebbi. Il est lui-même mis en cause dans ce procès, mais il est libre.

« C'est une affaire dont les témoins et les preuves sont secrets », a dit un cadre d'Ennahdha, Riadh Chaibi. « De l'absurdité judiciaire, nous sommes passés à la folie judiciaire », a renchéri l'avocat Samir Dilou, également membre d'Ennahdha.

- « Persécution »

Le père de Jawhar Ben Mbarek, le militant Ezzedine Hazgui, a confié à l'AFP son « amertume » d'avoir voté pour Kais Saied en 2019.

Son fils, également, « s'était battu comme un diable » pour faire élire M. Saied, qui était alors un universitaire régulièrement invité comme analyste par les télévisions, selon Me Msaddek.

Sur la quarantaine de personnes poursuivies, plusieurs sont en détention, une partie est en liberté et le reste en fuite à l'étranger.

D'autres opposants et personnalités politiques ont récemment été condamnés à de lourdes peines de prison.

Début février, Rached Ghannouchi, chef d'Ennahdha et ancien président du Parlement, a ainsi été condamné à 22 ans pour « atteinte à la sûreté de l'État ». Ennahdha était la principale force politique au sein du Parlement dissous par M. Saied lors de son coup de force.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé la « persécution des opposants » en Tunisie, estimant que nombre d'entre eux faisaient « l'objet d'accusations vagues et larges après avoir vraisemblablement exercé leurs droits et leurs libertés ».

La Tunisie a dit sa « profonde stupéfaction » après ces critiques, assurant que les personnes mentionnées par l'ONU avaient été renvoyées pour « des crimes de droit public qui n'ont aucun lien avec leur activité partisane, politique ou médiatique ».

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a lancé : « La Tunisie pourrait donner des leçons à ceux qui pensent être en position de faire des déclarations ou donner des leçons. »


Syrie: deux civils tués dans une région druze 

Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
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  • Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda"
  • L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats

SOUEIDA: Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales.

La situation est tendue dans la province de Soueïda, où vivent de nombreux membres de cette minorité issue du chiisme, depuis des affrontements meurtriers il y a un an, les pires depuis la chute du président Bachar al-Assad fin 2024.

Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda, touchant un tracteur et tuant les deux personnes qui se trouvaient à bord: le conducteur et une femme".

Cette source, qui a requis l'anonymat, a également indiqué que "des affrontements intermittents ont lieu entre la Garde nationale et les forces gouvernementales depuis samedi soir", faisant référence au groupe armé de l'influent chef druze Hikmat al-Hijri.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats.

La deuxième source de sécurité, qui s'est rendue sur le site de la frappe, a dit avoir vu le tracteur "entièrement brûlé", ajoutant que les deux victimes étaient des agriculteurs.

Le gouvernement syrien n'a pas immédiatement réagi à ces informations.

Des factions druzes contrôlent la ville de Soueïda et d'autres secteurs de la province du même nom malgré des tentatives de Damas d'y rétablir son autorité.

Il s'agit de l'une des dernières zones échappant au gouvernement islamiste qui cherche, depuis fin 2024, à unifier le pays, morcelé par plus de 13 ans de guerre.

Samedi, des groupes armés druzes avaient empêché des élèves de se rendre à leurs examens dans un secteur de la province contrôlé par le gouvernement.

La province de Soueïda avait été le théâtre en juillet 2025 d'affrontements entre combattants druzes et bédouins, qui avaient dégénéré après l'intervention de forces gouvernementales, puis de combattants tribaux en appui aux Bédouins.

Ces violences, les pires depuis fin 2024, avaient fait plus de 2.000 morts, selon l'OSDH. D'après des survivants et des ONG, elles avaient été marquées par de nombreuses exactions visant les druzes.

Damas a récemment annoncé avoir renvoyé plusieurs personnes devant la justice dans le cadre de l'enquête sur ces affrontements.

En 2025, l'armée israélienne avait bombardé des positions gouvernementales, affirmant vouloir protéger la communauté druze, présente aussi en Israël.

Hikmat al-Hijri a déclaré cette semaine que "les druzes étaient partie intégrante de l'Etat d'Israël".


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
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  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.


Les Emirats arabes unis disent avoir fait face à un drone venant d'Iran

Une vue de Dubaï. (AFP)
Une vue de Dubaï. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales
  • Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales, après que Téhéran a dit avoir attaqué une base américaine dans le pays du Golfe.

Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X.