En plein réchauffement franco-britannique, Macron et Starmer «main dans la main» sur l'Ukraine

Keir Starmer, 62 ans, et Emmanuel Macron, 47 ans, se sont rapidement alliés pour s'assurer que tout accord mettant fin à ce conflit respecte les intérêts de l'Ukraine et la sécurité de l'Europe. (AFP)
Keir Starmer, 62 ans, et Emmanuel Macron, 47 ans, se sont rapidement alliés pour s'assurer que tout accord mettant fin à ce conflit respecte les intérêts de l'Ukraine et la sécurité de l'Europe. (AFP)
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Publié le Lundi 17 mars 2025

En plein réchauffement franco-britannique, Macron et Starmer «main dans la main» sur l'Ukraine

  • Le travailliste Keir Starmer est arrivé en juillet à Downing Street avec la promesse de "réinitialiser" les relations avec ses alliés européens
  • "Avant même d'arriver aux affaires, Keir Starmer a donné la priorité à l'établissement d'une relation solide avec le président Macron", explique une source à Downing Street, sous couvert d'anonymat

LONDRES: Après les tensions des années Brexit, les relations franco-britanniques se sont considérablement réchauffées avec le duo formé par Keir Starmer et Emmanuel Macron, qui oeuvrent à mobiliser les Européens derrière l'Ukraine face au tumultueux retour de Donald Trump à Washington.

Les relations entre les voisins étaient tombées très bas sous les successifs gouvernements conservateurs britanniques, après le vote choc de 2016 signant la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Le travailliste Keir Starmer est arrivé en juillet à Downing Street avec la promesse de "réinitialiser" les relations avec ses alliés européens.

"Avant même d'arriver aux affaires, Keir Starmer a donné la priorité à l'établissement d'une relation solide avec le président Macron", explique une source à Downing Street, sous couvert d'anonymat.

"Il est clair qu'ils entretiennent une relation personnelle chaleureuse et ont des compétences complémentaires", selon cette source. "Il y a un immense respect des deux côtés, qui s'est construit en amont du défi actuel et qui est maintenant inestimable".

Le "défi" en question est apparu au grand jour le mois dernier, quand Donald Trump a sorti Vladimir Poutine de l'isolement diplomatique en ouvrant unilatéralement des négociations avec Moscou pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Keir Starmer, 62 ans, et Emmanuel Macron, 47 ans, se sont rapidement alliés pour s'assurer que tout accord mettant fin à ce conflit respecte les intérêts de l'Ukraine et la sécurité de l'Europe.

Intermédiaires

Le duo a réuni des dirigeants européens et d'autres partenaires lors de sommets à Paris puis à Londres. Ils oeuvrent, depuis deux semaines, à la constitution d'une "coalition de (pays) volontaires", disposés à défendre un éventuel cessez-le-feu.

Starmer et Macron se disent prêts à déployer des troupes en Ukraine, avec un soutien des Etats-Unis, pour dissuader Vladimir Poutine de violer un accord de trêve.

Le Premier ministre britannique a encore réuni samedi une trentaine de dirigeants alliés pour préciser leur contribution, militaire ou logistique, lors d'une réunion virtuelle.

"Les équipes travaillent main dans la main", dit la source à Downing Street.

Le Royaume-Uni et la France jouent un important rôle d'intermédiaires entre l'Ukraine et l'administration Trump.

Des conseillers à la sécurité nationale des deux pays, ainsi que celui de l'Allemagne, ont rencontré Andriy Yermak - le chef de cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky - et son équipe à Varsovie cette semaine.

Des tensions demeurent

Historiquement, les relations entre les deux pays ont connu des hauts et des bas.

Des siècles de conflit se sont achevés avec la signature en 1904 de "L'Entente cordiale", une série d'accords resserrant les liens entre Londres et Paris, qui en ont célébré l'an dernier le 120ème anniversaire.

A l'Elysée, on estime que le contact est immédiatement bien passé entre Macron et Starmer, qui avait été reçu par le président français en septembre 2023 en tant que chef de l'opposition britannique.

Depuis son arrivée à Downing Street, et encore plus avec le retour de Trump à la Maison Blanche, les relations se sont intensifiées. L'entourage d'Emmanuel Macron décrit des échanges permanents entre les deux hommes.

Le temps où, en 2021, le conservateur Boris Johnson, alors Premier ministre, lâchait à Emmanuel Macron "Donnez-moi un break" ("Laissez-moi souffler"), en pleine crise diplomatique, semble loin.

En 2022, Liz Truss, alors candidate pour devenir Première ministre, avait botté en touche quand elle avait été interrogée pour savoir si Macron était un ami ou un rival.

"Les relations entre le Royaume-Uni et la France n'avaient pas été aussi fortes depuis des années", dit à l'AFP Mujtaba Rahman, directeur pour l'Europe au sein du cabinet de conseil en risques politiques Eurasia Group.

"C'est une très bonne chose" pour les deux seules puissances nucléaires européennes, souligne-t-il.

Les relations ne sont toutefois pas dénuées de compétition.

Le président français, qui a voulu devancer le Premier ministre britannique à Washington auprès de Donald Trump, revendique une "bonne relation" avec le milliardaire républicain, fort des liens noués lors de son premier mandat, et estime donc être mieux placé pour lui passer des messages.

A Paris, une certaine méfiance plane toujours à l'égard des Britanniques, jugés encore très dépendants des Etats-Unis et susceptibles de mettre en avant leurs intérêts nationaux auprès de Washington.

Des tensions entre les deux pays demeurent par ailleurs sur le Brexit, notamment sur les droits de pêche. La relation est "beaucoup plus compliquée dans le contexte de l'UE", estime Anand Menon, directeur du groupe de réflexion "UK in a Changing Europe". "Il y a des problèmes persistants".

Pour Patrick Chevallereau, ancien attaché de défense à l'ambassade de France au Royaume-Uni, "il y a un gros progrès" dans la relation, mais "il y a encore une marge de progression".

 


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.