Sept morts dans des tirs à la frontière avec la Syrie, selon les autorités libanaises

Un membre des forces de sécurité syriennes se tient dans l'embrasure d'une ancienne fabrique de drogue à l'intérieur d'un bâtiment abandonné près du village de Hawik dans la campagne d'Al-Qusayr, le 12 février 2025. (AFP)
Un membre des forces de sécurité syriennes se tient dans l'embrasure d'une ancienne fabrique de drogue à l'intérieur d'un bâtiment abandonné près du village de Hawik dans la campagne d'Al-Qusayr, le 12 février 2025. (AFP)
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Publié le Mardi 18 mars 2025

Sept morts dans des tirs à la frontière avec la Syrie, selon les autorités libanaises

  • Les autorités libanaises ont annoncé lundi que sept personnes avaient été tuées et 52 blessées dans les affrontements qui ont éclaté la veille à la frontière avec la Syrie, après la mort de trois soldats syriens dans une localité de l'est du Liban
  • Les nouvelles autorités de Damas ont accusé le Hezbollah, ancien allié du président déchu Bachar al-Assad, d'avoir enlevé ces trois soldats et de les avoir tués

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont annoncé lundi que sept personnes avaient été tuées et 52 blessées dans les affrontements qui ont éclaté la veille à la frontière avec la Syrie, après la mort de trois soldats syriens dans une localité de l'est du Liban.

Les nouvelles autorités de Damas ont accusé le Hezbollah, ancien allié du président déchu Bachar al-Assad, d'avoir enlevé ces trois soldats et de les avoir tués, ce que le mouvement libanais pro-iranien a "formellement nié".

Une source de sécurité libanaise a déclaré à l'AFP que les forces syriennes avaient tiré des obus sur le Liban après que les trois soldats ont été tués dans le village libanais de Qasr par des hommes armés impliqués dans la contrebande.

Selon l'agence officielle libanaise Ani, les échanges de tirs frontaliers ont repris lundi après de nouveaux tirs d'obus syriens.

En fin de journée, le ministre libanais de la Défense, le général Michel Mnassa, et son homologue syrien, Marhaf Abu Qasra, se sont mis d'accord lors d'un entretien téléphonique sur un cessez-le-feu afin "d'empêcher une escalade le long de la frontière", a annoncé le ministère libanais de la Défense.

Le ministère de la Santé a déclaré que les "développements des deux derniers jours sur la frontière libano-syrienne ont entraîné la mort de sept citoyens et en ont blessé 52".

Six personnes ont été tuées lundi tandis qu'un garçon de 15 ans est mort dimanche, selon le ministère.

Le président libanais, Joseph Aoun, avait annoncé plus tôt lundi avoir ordonné à l'armée de répondre aux tirs en provenance de la frontière syrienne.

"Ce qui se passe aux frontières est et nord-est ne peut plus durer", a déclaré M. Aoun sur X. "J'ai ordonné à l'armée libanaise de répondre à la source des tirs", a-t-il ajouté.

- "Mesures exceptionnelles" -

L'armée a annoncé lundi que ses unités avaient "répondu aux sources des tirs avec des armes appropriées" après de nouveaux tirs depuis le territoire syrien, selon l'Ani. Elle a ajouté que ses unités "s'efforçaient de renforcer leurs positions défensives".

L'armée avait annoncé auparavant avoir mis en place "des mesures de sécurité exceptionnelles et eu des communications intenses" depuis dimanche soir, ce qui a permis de restituer les corps des trois Syriens aux autorités de leur pays.

De leur côté, les autorités de la province syrienne de Homs, frontalière du Liban, ont annoncé lundi qu'"un photographe et un journaliste avaient été blessés à la frontière", accusant le Hezbollah de "les avoir visés avec un missile guidé".

Une source au ministère syrien de la Défense a ensuite déclaré à l'agence de presse officielle Sana que les forces syriennes avaient lancé une opération de sécurité dans les zones frontalières.

"L'objectif (...) est d'expulser les milices du Hezbollah des villages et zones syriennes qu'elles utilisent comme bases temporaires pour des opérations de contrebande et de trafic de drogue", a précisé cette source.

Les nouvelles autorités syriennes, arrivées au pouvoir après la chute de Bachar al-Assad le 8 décembre, ont annoncé en février le lancement d'une campagne de sécurité dans la province de Homs, visant à fermer les routes de contrebande avec le Liban.

Elles ont accusé le Hezbollah de lancer des attaques et de soutenir des groupes de contrebandiers.

Sous le régime de Bachar al-Assad, la Syrie a été un maillon essentiel de ce que l'Iran appelle "l'axe de résistance" contre Israël, servant d'intermédiaire pour l'acheminement d'armes vers le Hezbollah.

Depuis Bruxelles, le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accusé lundi "des entités illégales" parmi lesquelles "certaines milices stationnées à nos frontières", de constituer "une menace permanente".

Il a affirmé que Damas ne "tolèrerait aucune tentative de porter atteinte à la souveraineté de la Syrie".


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.