Macron au Vietnam pour promouvoir un ordre mondial «fondé sur le droit», face à Trump et Xi

La France et le Vietnam partagent une proximité liée à l'histoire coloniale, souvent douloureuse pour Hanoï, mais le poids commercial de Paris demeure marginal dans ce pays à forte croissance, qui tire son dynamisme des exportations, principalement dans le textile et l'électronique. (AFP)
La France et le Vietnam partagent une proximité liée à l'histoire coloniale, souvent douloureuse pour Hanoï, mais le poids commercial de Paris demeure marginal dans ce pays à forte croissance, qui tire son dynamisme des exportations, principalement dans le textile et l'électronique. (AFP)
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Publié le Lundi 26 mai 2025

Macron au Vietnam pour promouvoir un ordre mondial «fondé sur le droit», face à Trump et Xi

  • "Avec la France vous avez un ami connu, sûr et fiable (...) et dans la période que nous vivons, ceci seul a beaucoup de valeur", a insisté Emmanuel Macron, au cours d'une rencontre avec To Lam, le secrétaire général du parti communiste
  • La France et le Vietnam partagent une proximité liée à l'histoire coloniale, souvent douloureuse pour Hanoï, mais le poids commercial de Paris demeure marginal dans ce pays à forte croissance

HANOI: Emmanuel Macron a rappelé lundi son engagement pour un ordre mondial "fondé sur le droit" depuis le Vietnam, première étape de sa tournée en Asie du Sud-Est, une région vulnérable à la montée des frictions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

Le président français a évoqué "le retour de discours de puissances ou d'intimidations", qui imposent d'agir "ensemble" pour "préserver un ordre fondé sur le droit", devant son homologue vietnamien Luong Cuong.

La France défend une stratégie dite de la "troisième voie" dans une région exposée au regain de tensions entre Pékin et Washington, depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump.

Paris espère trouver une oreille attentive auprès des dirigeants vietnamiens.

"Avec la France vous avez un ami connu, sûr et fiable (...) et dans la période que nous vivons, ceci seul a beaucoup de valeur", a insisté Emmanuel Macron, au cours d'une rencontre avec To Lam, le secrétaire général du parti communiste, figure politique la plus influente du Vietnam.

La France et le Vietnam partagent une proximité liée à l'histoire coloniale, souvent douloureuse pour Hanoï, mais le poids commercial de Paris demeure marginal dans ce pays à forte croissance, qui tire son dynamisme des exportations, principalement dans le textile et l'électronique.

Plus d'une douzaine d'accords ont été signés lundi, notamment dans les transports, les satellites et sur l'énergie nucléaire, à un moment où ce pays asiatique, dépendant des énergies fossiles, cherche à répondre aux besoins croissants de ses 100 millions d'habitants.

La compagnie low-cost Vietjet Air a aussi annoncé passer commande pour 20 avions gros porteurs Airbus A330-900, qui s'ajoutent à un premier contrat similaire de 20 appareils passé l'an dernier avec le géant européen de l'aéronautique.

"C'est bien une nouvelle page qui s'écrit entre nos deux pays (...) Une volonté d'écrire une page encore plus ambitieuse de la relation entre le Vietnam et la France, entre l'Asean et l'Union européenne", a insisté M. Macron.

Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, Emmanuel Macron poursuit sa tournée cette semaine en Indonésie et à Singapour.

Nouvelle commande d'Airbus 

M. Macron a aussi déjeuné avec To Lam, qu'il avait accueilli à Paris en octobre, au temple de la Littérature, un monument dédié à Confucius et emblématique de la culture vietnamienne, où ils ont assisté à une représentation de musique et de danse traditionnels.

To Lam est critiqué par les groupes de défense des droits pour avoir orchestré une campagne de répression de grande échelle contre toutes les voix critiques de son pouvoir. Human Rights Watch a recensé plus de 170 prisonniers politiques dans le pays, dont des bloggueurs et des militants pour l'environnement.

Le président français assure régulièrement préférer évoquer ces sujets sensibles à huis clos. D'autant qu'au Vietnam, l'Elysée espère "renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l'énergie, les transports et la défense".

"Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale", glisse un haut responsable de la diplomatie française.

Hanoï est aussi en pleines négociations pour échapper à la forte taxe douanière de 46% imposée puis suspendue par Donald Trump. Les Etats-Unis représentent près d'un tiers des exportations vietnamiennes.

Des "règles" plutôt que la "jungle"

Enoncée dès 2018, déjà vantée dans de multiples déplacements en Inde, dans l'océan Pacifique ou dans l'océan Indien, la "stratégie indopacifique" d'Emmanuel Macron trouve, selon Paris, toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.

De manière indirecte, le président français devrait avoir un message pour chacun.

A l'adresse du président américain, en défendant les "règles du commerce international" plutôt que la loi de la "jungle", selon un de ses conseillers.

Pour son homologue chinois Xi Jinping, qu'il a appelé avant son départ à garantir une "concurrence équitable", en martelant que la France est un partenaire "respectueux" de "la souveraineté" des pays de la région.

Et aussi pour le président russe Vladimir Poutine, en affirmant aux pays comme le Vietnam ou l'Indonésie, longtemps tournés vers Moscou notamment pour leur armement mais qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs, que la Russie, par la guerre qu'elle mène en Ukraine avec le soutien de soldats nord-coréens, "déstabilise l'Asie" et pas seulement l'Europe.

Au Vietnam, cette posture de "puissance d'équilibre" peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa "diplomatie du bambou".


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.