14 juillet: la France réaffirme son attachement au partenariat stratégique avec l'Arabie Saoudite

Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Arabie saoudite (Photo Fournie)
Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Arabie saoudite (Photo Fournie)
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Publié le Mercredi 16 juillet 2025

14 juillet: la France réaffirme son attachement au partenariat stratégique avec l'Arabie Saoudite

  • En poste à Riyad depuis un an, l'ambassadeur décrit la relation entre la France et l'Arabie saoudite comme particulièrement dynamique.
  • "La dynamique est très positive. Cette première année nous a permis de formaliser notre partenariat stratégique, comme en témoigne la visite d'État historique du président français en décembre dernier"

RIYAD: Chaque 14 juillet, jour de la Bastille, la France commémore les valeurs fondatrices de sa République : la liberté, l'égalité et la fraternité. Elle célèbre aussi les liens durables qui l’unissent à ses partenaires mondiaux.
Cette fête nationale, qui trouve son origine dans la prise de la Bastille en 1789 — tournant de la Révolution française et de la fin de la monarchie absolue — a été célébrée pour la première fois en 1790, lors de la Fête de la Fédération, et officiellement déclarée fête nationale en 1880. Elle reste un symbole d’unité, de démocratie et d’ouverture.

C’est dans cet esprit que nous avons rencontré Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Arabie saoudite, pour réfléchir à l’état des relations bilatérales entre Paris et Riyad.
Au cœur de la discussion : le partenariat stratégique croissant entre les deux pays, le développement de la coopération économique, la présence accrue des entreprises françaises dans le Royaume, les échanges culturels et touristiques, ainsi que le rôle que joue la France dans la promotion de la stabilité régionale.

Une relation bilatérale stratégique et dynamique

En poste à Riyad depuis un an, l’ambassadeur décrit la relation entre la France et l’Arabie saoudite comme particulièrement dynamique.
« La dynamique est très positive. Cette première année nous a permis de formaliser notre partenariat stratégique, comme en témoigne la visite d'État historique du président français en décembre dernier », a-t-il souligné.

« Sous l’impulsion de nos deux dirigeants, nous avons œuvré à l’approfondissement de notre coopération dans tous les domaines couverts par le partenariat : la coopération politique, comme en témoigne notre coordination sur les questions régionales, ainsi que dans les domaines de l’économie, de la culture et de la défense », a-t-il ajouté.

Il a insisté sur le haut niveau de confiance mutuelle :
« Je suis heureux que la France soit reconnue comme un partenaire stratégique de confiance du Royaume, et réciproquement. La fréquence des rencontres entre le prince héritier et le président français témoigne de la solidité de notre relation bilatérale », a-t-il déclaré.

Coopération économique : un partenariat en pleine expansion

La France est aujourd’hui le deuxième investisseur étranger en Arabie saoudite, avec des projets majeurs dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des transports et de la santé. L’ambassadeur a souligné l’importance de la récente visite d’État présidentielle :
« Cette visite reflète la maturité de notre relation bilatérale, mais surtout notre ambition commune d’aller plus loin dans des domaines clés tels que l’économie, la défense, l’innovation, la transition énergétique, la culture et les échanges entre les peuples », a-t-il déclaré.

Dans le secteur de l’énergie, de grandes entreprises françaises sont impliquées.
« On ne le dit pas assez : la France est le deuxième investisseur étranger en Arabie saoudite, notamment dans des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables, les transports et la santé », a-t-il souligné.

« Les projets incluent le partenariat de TotalEnergies avec Saudi Aramco pour l’exploitation de la raffinerie SATORP et le développement du complexe pétrochimique Amiral. Engie détient près de 9 milliards de dollars d’actifs dans les secteurs de l’énergie et de l’eau, tandis qu’EDF gère un portefeuille de projets d’une valeur de plus de 8 milliards de dollars, comprenant notamment le développement d’une infrastructure multi-services pour AMAALA, ainsi que les centrales à cycle combiné Taiba-2 et Qassim-2, qui fourniront ensemble une capacité de plus de 4 gigawatts. »

Dans le secteur des transports, les entreprises françaises contribuent au métro de Riyad et au tramway expérimental d’AlUla. Airbus a reçu plus de 300 commandes d’avions de la part de Saudia, Flynas, Riyadh Air et AviLease.

Parmi les autres acteurs majeurs figurent Veolia, Accor, Bouygues, Alstom, Thales et JCDecaux, tous impliqués dans le développement urbain et les infrastructures.
« Je me réjouis des technologies que nous apportons à l’appui de la Vision 2030 », a déclaré l’ambassadeur.

Aujourd’hui, plus de 200 entreprises françaises sont présentes dans le Royaume et emploient environ 13 000 personnes. Le Conseil d’affaires franco-saoudien, qui compte plus de 300 membres, reflète cette dynamique :
« Il compte désormais 75 % d’entreprises saoudiennes francophiles et 25 % d’entreprises françaises opérant en Arabie saoudite, soit un quasi-quadruplement du nombre de ses membres », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, 34 entreprises françaises ont établi leur siège régional en Arabie saoudite en juin 2025. L’ambassadeur a également salué l’ouverture du bureau du Fonds d’investissement public (FIP) à Paris :
« C’est un signal fort de l’intention du Royaume d’approfondir ses investissements en France et en Europe, en particulier dans les secteurs d’avenir », a-t-il souligné.

Discours de l'ambassadeur de France en Arabie saoudite à l'occasion du 14 juillet

Chers amis de la France,

Ce jour de fête nationale pour les Français, est aussi, en Arabie saoudite, un moment tout particulier : un moment pour célébrer l’amitié sincère, profonde, singulière, entre nos deux nations.

En cette occasion solennelle, je prie votre Altesse royale de transmettre, au nom du Président de la République, un salut respectueux à Sa Majesté le Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, Gardien des deux Saintes Mosquées, et à Son Altesse Royale le Prince héritier, Mohammed ben Salmane, dont la vision et l’engagement façonnent l’avenir de ce grand Royaume. J’adresse également le salut fraternel de la France à toutes les autorités et à la nation saoudiennes.

Cette amitié, je la ressens à chaque instant de ma mission ici. Elle s’exprime dans les gestes simples, la chaleur de l’accueil, la générosité des échanges et la qualité des conversations. Elle dit la confiance, la bienveillance et le respect profond qui unissent nos deux peuples.

L’année passée a été marquée par un moment fort : la visite d’État du Président Emmanuel Macron, en décembre. Une visite qui a encore renforcé nos liens. Une visite qui a rappelé combien la relation entre la France et l’Arabie Saoudite est confiante, exigeante et tournée vers l’avenir.

Car, si nos coopérations économiques sont multiples et fructueuses, pour la France, l’Arabie n’est pas seulement une terre d’opportunités. Elle est un partenaire de pensée, de vision, de transformation. Elle est un acteur majeur dans un monde en mutation dont nous partageons la responsabilité.

Mais il y a aussi quelque chose de plus intime, de plus précieux encore. À chaque rencontre, je suis touchée par l’amour que vous témoignez à mon pays. Cet attachement dépasse les mots. Il est fait de souvenirs, de sensations, d’émotions.

Vous êtes nombreux à avoir des souvenirs d’enfance en France, des vacances dans nos montagnes ou dans nos campagnes, des moments heureux dans les rues de Paris, à la terrasse d’un café ou sur les routes lumineuses du Sud. Vous connaissez nos artisans, notre gastronomie, nos créateurs, notre patrimoine. Vous parlez de nos paysages avec tendresse.

Chaque Saoudien que je rencontre porte en lui un morceau de France. Une maison à Paris, un été à Cannes, une étincelle d’enfance à Disneyland ou dans un village de Provence, et toujours le souvenir simple de moments heureux. Et cela, je dois le dire, nous touche profondément. Car cela signifie que notre relation est humaine, vivante, habitée. Elle n’est pas une abstraction diplomatique, encore moins un contrat commercial. Elle est une histoire partagée.

Ce lien-là, si unique, si ancré, nous engage. Il nous oblige à être à la hauteur de ce que nous représentons l’un pour l’autre. Il nous rappelle que la France et l’Arabie Saoudite ne se regardent pas à distance. Elles dialoguent, elles avancent, elles construisent. Ensemble.

Face aux défis et aux fracas du monde, face aux incessantes tragédies du Moyen Orient, qui nous révoltent et nous bouleversent, nous portons une voix commune. Celle de la paix, de la stabilité, de la dignité. Car nous croyons ensemble qu’il n’y a pas de fatalité. Que la paix est un devoir. Que l’avenir se construit par le dialogue, la compréhension mutuelle et la volonté partagée d’un monde plus juste.

C’est dans cet esprit que la France et l’Arabie Saoudite se sont engagées pour faire sortir le Liban de l’impasse, pour éviter que la Syrie ne sombre, pour œuvrer à la reconnaissance d’un État palestinien. Car il ne saurait y avoir de paix durable sans justice, ni de stabilité dans la région sans un espoir concret pour le peuple palestinien. Nous assumons ainsi notre responsabilité pour porter une voix forte en faveur d’une solution politique, respectueuse du droit international, qui redonne sa place au dialogue et à la dignité humaine.

Je veux aussi m’adresser à la jeunesse saoudienne, à cette génération pleine de vitalité, de créativité et d’audace. Elle incarne l’avenir de ce Royaume qui avance, transforme, innove. Je la rencontre souvent, et je suis toujours frappée par son intelligence, sa curiosité, son envie d’échanger, de bâtir, de rêver grand sans jamais perdre le lien avec ses racines. C’est avec cette jeunesse que nous voulons construire les ponts de demain. Des ponts d’idées, de projets, de passions partagées.

 

Cette expertise est notamment mise à profit pour le développement d’AlUla, avec le soutien d’AFALULA en matière d’archéologie, de durabilité, d’hospitalité et de formation au tourisme.
« Nous sommes également engagés dans d’autres régions du Royaume, dans la construction de musées, les infrastructures sportives, la gestion d’hôtels et d’événements, ainsi que dans la formation », a-t-il noté.

L’ambassadeur a visité plusieurs projets majeurs, notamment Diriyah, Qiddiya, King Salman Park, le futur aéroport international de Riyad et l’Expo 2030.
« Ces projets passionnants vont transformer l’image du Royaume. Je suis fier chaque fois que l’expertise française est sollicitée », a-t-il déclaré.

La reprise de la ligne directe Paris–Riyad par Air France renforce encore les liens bilatéraux.
« Les Saoudiens aiment la France, et de plus en plus de Français découvrent l’Arabie saoudite et repartent émerveillés par tout ce qu’elle offre : lieux saints, merveilles archéologiques, plages, divertissements, et bien sûr une ligue de football de classe mondiale ! »

Coopération culturelle : patrimoine et créativité en dialogue

« Plus d’une quinzaine de missions archéologiques françaises sont actuellement actives en Arabie saoudite », précise l’ambassadeur.
Depuis 2018, la France soutient le développement d’AlUla, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, à travers AFALULA.
Cette coopération implique également des institutions prestigieuses: « Le Centre Pompidou, le Grand Palais, l’Institut national du patrimoine, la Bibliothèque nationale de France... », a-t-il énuméré.

« Nous soutenons également de belles initiatives comme la création du premier ballet national saoudien et la formation d’étudiants saoudiens dans les domaines de la mode et de la gastronomie. »

Deux projets importants sont à venir :
« Le 2 octobre, nous inaugurerons la Villa Hegra à AlUla, une résidence qui accueillera des artistes saoudiens et français. Et en janvier, dans le cadre de la Biennale d’art contemporain de Diriyah, nous ouvrirons une "Factory" franco-saoudienne dédiée à la danse et aux arts immersifs », annonce-t-il.

Un outil essentiel a également été mis en place : « Suite à la visite du Président, nous avons ouvert un Institut français en Arabie saoudite pour structurer et intensifier tous ces domaines de coopération », a-t-il conclu.

Stabilité régionale : une vision diplomatique engagée

« La France reste fidèle à ses convictions : seules des solutions politiques durables peuvent apporter la stabilité dont cette région a besoin », a affirmé l’ambassadeur.

Et d’ajouter :
« L’histoire du Proche-Orient montre que les armes n’ont jamais conduit à des solutions politiques durables. Les victoires militaires et une paix durable sont deux objectifs très différents. »

Concernant le conflit israélo-palestinien, il est sans équivoque :
« Il n’y aura pas de véritable stabilité sans la mise en œuvre d’une solution à deux États qui réponde aux aspirations légitimes des Palestiniens et aux besoins d’Israël en matière de sécurité. »

Il a fermement condamné les violences récentes :
« Les horreurs du 7 octobre, les massacres à Gaza et les actes criminels des colons extrémistes dans les territoires occupés sont autant d’insultes au droit international, à la conscience des nations et à notre humanisme commun. »

Et d’avertir : « Je suis profondément préoccupé par des politiques à court terme qui ne conduiront qu’à davantage de souffrances atroces, à des effusions de sang qui appellent malheureusement davantage de sang. »

La France agit :« La France et l’Arabie saoudite coprésideront bientôt une conférence à l’Assemblée générale des Nations unies pour faire avancer la solution des deux États, avec tous les pays invités. Cette conférence comprendra des mesures à la fois ambitieuses et concrètes », a-t-il annoncé.

Au-delà de la Palestine, l’ambassadeur a constaté une coordination croissante entre Paris et Riyad sur d’autres crises régionales :
« Notre coopération se traduit également dans les dossiers du Liban, du nucléaire iranien et de la Syrie », a-t-il ajouté.

Il a conclu avec conviction :
« Le renforcement de notre relation politique est notre atout le plus précieux. Je suis convaincu que le Royaume et a France peuvent jouer ensemble un rôle constructif unique pour l’ensemble de la région. »


Incendies en France: nouvelles évacuations dans plusieurs communes près de Bordeaux

Vue de la fumée provenant de l’incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon (visible en haut), avec une vue sur une plage et l’océan Atlantique (en bas), près de Lège-Cap-Ferret, dans le sud-ouest de la France, le 24 juillet 2026. (AFP)
Vue de la fumée provenant de l’incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon (visible en haut), avec une vue sur une plage et l’océan Atlantique (en bas), près de Lège-Cap-Ferret, dans le sud-ouest de la France, le 24 juillet 2026. (AFP)
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  • Un important incendie en Gironde a entraîné l’évacuation préventive de plusieurs communes proches de Bordeaux, alors que les flammes progressent dans le département
  • Les autorités ont mobilisé d’importants moyens pour contenir le feu, qui a déjà détruit des milliers d’hectares et provoqué des évacuations massives

BORDEAUX: L'incendie qui sévit depuis mercredi en Gironde, dans le sud-ouest de la France, nécessite l'évacuation de "manière préventive" de sept communes aux portes de Bordeaux, a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi la préfète du département.

Cette nouvelle mesure concerne les habitants des communes de Saint-Médard-en-Jalles (33.000 habitants), Le Haillan (11.400), Saint-Jean d'Illac (9.600), Martignas-sur-Jalles (8.000) et Saint-Aubin de Médoc (7.800), toutes proches ou faisant partie de la métropole de Bordeaux.

Les communes de Mérignac (78.000) et d'Eysines (24.800), limitrophe de la ville de Bordeaux, sont aussi partiellement concernées.

"Au regard de la progression du feu et malgré les moyens importants mobilisés par les services d'incendie et de secours, la situation nécessite la mise en sécurité des habitants des zones concernées", a indiqué la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, dans un communiqué.

"Cet incendie avec lequel nous vivons, contre lequel nous luttons ici en Gironde depuis trois jours, a pris une ampleur inédite" et "se dirige vers l'est du département et la métropole bordelaise", avait-elle auparavant déclaré lors d'une conférence de presse.

Bison Futé, le service public officiel de l'information routière en France, a en outre appelé dans la nuit de vendredi à samedi les automobilistes à "éviter de se rendre ou de traverser le département de la Gironde" en raison des incendies en cours, alors que la journée est classée rouge au niveau national dans le sens des départs.

Le président Emmanuel Macron a demandé vendredi aux Armées "de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile" face aux violents incendies dans le Sud-Ouest, selon son entourage

Les autorités vont "tout faire pour protéger" la ville de Bordeaux, a assuré quant à lui le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur TF1.

Le feu, qui a débuté au nord du bassin d'Arcachon, a détruit 19.000 hectares et 100 bâtiments en trois jours, selon un dernier bilan donné en préfecture où Sophie Brocas s'exprimait devant la presse.

Au moins 141.000 évacuations ont eu lieu depuis mercredi soir en raison des feux qui ravagent le Sud-Ouest de la France, avec 110.000 personnes évacuées en Gironde et 31.000 dans les Landes, selon le ministère de l'Intérieur.

La préfecture de Gironde avait activé vendredi un plan d'évacuation par la route et par la mer, d'une ampleur inédite, pour mettre les habitants et vacanciers de la presqu'île du Cap-Ferret, dans le bassin d'Arcachon, à l'abri des flammes. Un protocole cadré et anticipé depuis 2023.


Villepin, le quasi-candidat qui attend son heure

L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin visite le Salon international de l’agriculture à Paris Expo Porte de Versailles, à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin visite le Salon international de l’agriculture à Paris Expo Porte de Versailles, à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
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  • Dominique de Villepin retarde l’annonce officielle de sa candidature à la présidentielle, misant sur une entrée en campagne à l’automne et sur une stratégie de rassemblement plutôt qu’une déclaration précoce
  • Malgré des intentions de vote limitées (autour de 3 %) et environ 200 promesses de parrainage, il espère fédérer des soutiens issus du centre, de la gauche modérée et des écologistes

PARIS: Rien ne sert de courir vers l'Elysée. Ou, en tout cas, rien ne sert de se déclarer trop tôt. Dominique de Villepin, clairement en campagne, fait le choix de repousser l'officialisation de sa candidature et parie sur un rassemblement aux contours abstraits.

Au centre, Gabriel Attal et Edouard Philippe s'affrontent déjà. A gauche, une foule de prétendants cherchent à s'imposer.

Et quelque part entre eux, dans un espace politique volontairement indéfini, Dominique de Villepin, 72 ans, poursuit son chemin en sous-marin, sans émerger dans les sondages.

Ces derniers mois, il s'est rendu à Strasbourg, La Rochelle, Aix-en-Provence, Avignon ou encore Lille, pour ne citer que quelques déplacements.

Un "gros Tour de France", comme le dit son entourage, qui a permis à l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac de déployer son amour du discours et sa connaissance de la géopolitique, et d'afficher sa popularité chez une partie de la jeunesse.

Ses fréquentes interventions médiatiques lui ont offert l'occasion d'avancer quelques points de programme, comme le retour d'un impôt sur la fortune (ISF) repensé ou une taxe carbone.

Mais toujours pas de déclaration de candidature.

Son entourage est persuadé qu'il est trop tôt. Et que les candidats qui ont déjà organisé de grands meetings, comme Gabriel Attal, Edouard Philippe ou Bruno Retailleau, commettent une erreur.

Ces évènements, coûteux, "n'ont pas fait bouger grand-chose" et ont "cramé une partie de la caisse", estime un proche.

Pour eux, la présidentielle se jouera en décembre. C'est là, à les croire, que les électeurs plongent vraiment dans la présidentielle et que tout se cristallise.

François Hollande, vu comme un potentiel rival dans le camp Villepin, envisage les choses de la même façon. Il a prévenu que, s'il devait se déclarer, ce serait en décembre.

Dominique de Villepin devrait lui officialiser à l'automne, même si aucune date n'est calée.

- "Assez pour espérer" -

Laisser les plus pressés se lancer dans la bataille, les voir échouer à convaincre, et arriver en rassembleur. Voilà, en résumé, le scénario idéal pour Dominique de Villepin.

Paraît-il le plus probable ? Pas vraiment.

Dans les sondages, à prendre certes avec des pincettes, il peine à dépasser les 3% d'intentions de vote.

"C'est largement assez pour espérer", a-t-il répondu la semaine dernière sur BFMTV. Mais pas assez pour fédérer.

Dominique de Villepin croit qu'à ce stade, personne au sein du bloc central n'a la moindre chance de se qualifier au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Il martèle ces dernières semaines un appel au rassemblement pour dépasser les clivages partisans. Il dit compter sur "un moment de lucidité", un "esprit de responsabilité", qui pousserait les candidats à se ranger derrière un seul (lui, par exemple).

Son entourage assure ne pas s'inquiéter des tièdes sondages, ou de l'absence de ralliement. Un de ses conseillers explique viser les "orphelins" politiques, des responsables qui ne croient dans aucune des candidatures ayant déjà émergé.

Dominique de Villepin pourrait devenir, dans son esprit, le patriarche d'une grande famille recomposée, dont les membres seraient issus de la gauche hors LFI, de la Macronie ou des écologistes.

Une ministre macroniste n'y croit pas.

Pour elle, Dominique de Villepin est "un Fabien Roussel inversé". Comme le patron du Parti communiste français, apprécié à droite, cet ancien de l'UMP est un "candidat de droite que la gauche aime bien", ce qui "ne paye pas au niveau électoral".

Et puis il y a ses lucratives activités et conférences à l'étranger ces deux dernières décennies, notamment en Chine. La ministre pense qu'elles pourraient "lui poser problème" dans la campagne.

Le vraisemblable candidat a réfuté tout conflit d'intérêts. Tout comme dans l'affaire des statuettes reçues lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, qu'il a depuis données au Quai d'Orsay.

Ira-t-il au bout ? Ne pas se déclarer, c'est aussi garder une porte de sortie, si les vents ne paraissent pas favorables.

En 2012, il avait jeté l'éponge après avoir échoué à obtenir les 500 parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater.

Pour l'instant, il a récolté environ 200 promesses, encore loin du compte. Mais son entourage, confiant, rappelle que c'est avant d'avoir annoncé sa candidature, et donc "envoyé la grosse Bertha".


Incendies: Paris sollicite l'aide européenne, état d'urgence en Espagne

L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie. (AFP)
L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie. (AFP)
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  • Face aux incendies qui ont conduit à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE)
  • "Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque"

LEGE-CAP-FERRET: De violents incendies font toujours rage vendredi en Europe du Sud, en particulier en France qui doit recevoir rapidement de nouveaux renforts européens, et en Espagne où l'état d'urgence a été décrété près de Madrid.

L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie.

Face aux incendies qui ont conduit à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE).

"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a détaillé sur X le président français, en soulignant que "la situation reste sous très forte tension face aux incendies qui frappent le pays, en particulier en Gironde".

Près de Bordeaux (sud-ouest), plus de 400 personnes sont déjà arrivées par bateau à la jetée d'Arcachon pour fuir l'avancée des flammes après un ordre d'évacuation depuis la très touristique presqu'île du Cap-Ferret, a annoncé à l'AFP vendredi matin la mairie d'Arcachon.

L'ensemble des résidents a été priés d'évacuer par route ou voie maritime alors que les pompiers luttent contre un feu de forêt, d'origine probablement accidentelle, qui a parcouru 8.700 hectares au nord du bassin d'Arcachon. Cette région touristique sur la façade atlantique avait déjà été frappée par de violents incendies à l'été 2022.

"C'est une catastrophe, c'est horrible", a témoigné pour l'AFP Jean Gonçalves, 54 ans, qui habite Lège-Cap-Ferret depuis 30 ans et a quitté sa maison en catastrophe.

En short et claquettes, un tee-shirt noué autour du bas de son visage, il explique que la maison de son voisin, un chalet en bois dont les habitants avaient été évacués, a complètement brûlé. "J'ai vu le feu, c'est la maison juste à côté, je me suis dit, je dégage", a-t-il confié tôt vendredi, inquiet pour sa maison "et pour ses poules, dans un poulailler pas loin de la forêt".

La préfecture a ordonné tôt vendredi l'évacuation des "premiers villages de la presqu'île du Cap-Ferret", particulièrement fréquentée, sans préciser le nombre de personnes concernées.

Dans le département voisin des Landes, un autre incendie a été déclenché par un véhicule jeudi près de Biscarrosse et s'est rapidement propagé, parcourant plus de 2.500 hectares jusqu'aux portes de la ville et conduisant à l'évacuation de 23.000 personnes, selon les pompiers.

Le colonel Romain Moutard, directeur adjoint des pompiers du département, avait décrit jeudi un "feu apocalyptique". Vendredi matin, il a déclaré à l'AFP redouter une "journée encore plus criante" car "le vent forcit et change de sens".

Les forêts brûlent d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules exceptionnelles. Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.

 Vent et sécheresse 

Dans le sud-est de la France, l'incendie qui touche le département du Var depuis trois jours a connu de nombreuses reprises de feu jeudi mais l'amélioration des conditions météo a permis le retour de certains évacués et devrait faciliter le travail des 800 pompiers engagés, selon la préfecture.

Parti mardi d'un champ, l'incendie a parcouru environ 2.700 hectares, et une cinquantaine de maisons ont été impactées, dont 25 détruites, selon la préfecture.

Etat d'urgence en Espagne 

En Espagne, la région de Madrid est traversée par les flammes. Au total, plus de 10.000 personnes ont été évacuées ces derniers jours et heures de la région de la capitale, où plusieurs feux de forêt sont actifs.

Le gouvernement espagnol a décrété l'état d'urgence national dans la région de Madrid et la province d'Avila voisine pour mobiliser davantage de ressources.

Au total, près de 125.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon Effis.

Et dans le sud de l'Italie, des dizaines de feux de forêt et de végétation, attisés par le vent chaud, font rage notamment en Sicile.