Le monde des affaires coupe les ponts avec Trump et ses partisans

Les événements au Capitole isolent plus que jamais Donald Trump (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

Le monde des affaires coupe les ponts avec Trump et ses partisans

  • Deutsche Bank a en effet décidé qu'elle ne ferait plus affaire à l'avenir avec le président américain ou avec ses entreprises
  • De nombreuses figures du monde des affaires avaient rapidement dénoncé les violences après l'intrusion de supporteurs du président américain au Congrès le 6 janvier

NEW YORK: Après l'assaut du Capitole, plusieurs grandes entreprises américaines ont pris la décision de couper les ponts financiers avec Donald Trump et ses plus ardents partisans. Parmi elles, plusieurs banques du locataire de la Maison Blanche.

Deutsche Bank a en effet décidé qu'elle ne ferait plus affaire à l'avenir avec le président américain ou avec ses entreprises, autrement que pour le remboursement des plus de 300 millions de dollars qu'il doit encore à l'établissement financier.  

Signature Bank a de son côté commencé à fermer les comptes personnels de l'homme d'affaires républicain qu'elle gère, qui comptaient 5,3 millions de dollars au dernier rapport officiel.  

De nombreuses figures du monde des affaires avaient rapidement dénoncé les violences après l'intrusion de supporteurs du président américain au Congrès le 6 janvier.

Quelques-unes, comme le puissant syndicat AFL-CIO, l'investisseur milliardaire Nelson Peltz ou l'entreprise Ben & Jerry's, ont même appelé au départ immédiat de Donald Trump.

Mais certaines entreprises ont maintenant décidé d'aller encore plus loin, au-delà des mots.

Twitter a éjecté le président de sa plateforme de communication préférée en fermant définitivement son compte, et d'autres réseaux sociaux comme Facebook et Instagram ont suspendu son profil.

La plateforme de vente en ligne Shopify a fermé des pages officielles vendant des articles à son effigie. 

Le service de paiement sur internet Stripe a décidé de ne plus gérer les transactions de son site de campagne. 

D'autres ont tourné leur attention vers les responsables politiques. 

Plusieurs sociétés comme le géant de l'hôtellerie Marriott, l'assureur-santé Blue Cross Blue Shield ou l'émetteur de cartes de crédit American Express ont indiqué qu'elles allaient cesser toute donation aux élus républicains s'étant opposés le 6 janvier à la certification des résultats de l'élection présidentielle.

Pour combien de temps ?

D'autres grandes sociétés comme la banque JPMorgan Chase, le géant de l'informatique Microsoft, le réseau social Facebook ou le moteur de recherche Google ont, elles, décidé de suspendre toute activité de leur Comité d'action politique (PAC), aussi bien en faveur de républicains que de démocrates. 

Ces PAC collectent des dons versés par les employés pour les reverser à des candidats ou des partis politiques choisis par l'entreprise.

Mais il n'est pas certain que cette prise de distance du monde des affaires avec les politiques se perpétue. 

Suspendre les contributions politiques aux législateurs qui ont voté contre la certification de Joe Biden le 6 janvier « peut avoir un impact réel en envoyant le message clair que rompre avec les normes démocratiques et répandre de la désinformation ne sera pas toléré », a estimé Daniel Newman, le co-fondateur de l'organisation MapLight, qui étudie de près les financements des partis et responsables politiques.

Mais « nous avons besoin de plus qu'une auto-régulation des entreprises pour réparer notre démocratie brisée », ajoute-t-il en plaidant pour une vaste réforme du financement de la politique et de la transparence gouvernementale. 

« C'est un vrai moment de vérité ? Changent-ils vraiment leur comportement ? Ou reviennent-ils à leurs habitudes après une certaine période ? », s'interroge pour sa part Bruce Freed, du Centre pour la responsabilité des politiques.

Chez JPMorgan Chase, la suspension des contributions du PAC a été décidée pour « au moins six mois », chez Facebook ce sera « pendant au moins trois mois ». 

Un porte-parole de Google a précisé que ce sera « le temps d'examiner et de réévaluer les politiques suite aux événements particulièrement perturbants de la semaine dernière », tandis que Microsoft a souligné que ce serait « le temps d'(en) évaluer les implications ».

Toutes ces entreprises peuvent aussi continuer à verser de l'argent en dehors de leur PAC, à leurs fédérations professionnelles par exemple, qui peuvent ensuite les reverser à des candidats favoris.

« Vont-ils aussi poser une limite à ce genre de dépenses ? » s'interroge Bruce Freed.

Alors que le président élu Joe Biden a promis de relever les impôts sur les sociétés ou d'augmenter le salaire horaire minimum, les grandes entreprises vont probablement retrouver le chemin des bureaux des parlementaires dès que le nouveau Congrès sera mis en place. D'autant que des élections législatives se tiennent tous les deux ans et que les prochaines auront donc lieu dès 2022.


KPMG: 98% des PDG saoudiens s'apprêtent à investir dans la technologie cloud en 2021

Les dirigeants d'entreprise en Arabie saoudite adoptent la révolution numérique. (Archive/Shutterstock)
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  • L'intelligence artificielle, l'automatisation des processus robotiques et la 5G devraient également faire l'objet d'investissements supplémentaires, selon une enquête
  • 88% des PDG d’Arabie saoudite voient la transformation technologique comme une opportunité plutôt qu'une menace

DJEDDAH: Les dirigeants d'entreprise d’Arabie saoudite adoptent la révolution numérique: 98% d’entre eux prévoient d'augmenter leurs investissements dans le cloud computing («informatique en nuage») cette année, selon une nouvelle enquête.

Le cloud computing arrive en tête des programmes des PDG du Royaume, avec des investissements dans l'intelligence artificielle, l'automatisation des processus robotiques et la 5G, populaire elle aussi, selon l'enquête 2020 de CEO Outlook du cabinet de conseil mondial KPMG.

Alors que les progrès technologiques peuvent poser des problèmes de sécurité, 88% des PDG d’Arabie saoudite considèrent la transformation technologique comme une opportunité plutôt qu'une menace.

«Le rythme de l'adoption de la technologie s'est accéléré cette année, alors que les organisations réagissent à une nouvelle réalité de travail. La plupart des PDG pensent que la pandémie a accéléré la création d'une expérience client numérique transparente et [que] la création de nouvelles sources de revenus numériques a progressé pendant la pandémie», indique Mazhar Hussain, directeur des innovations chez KPMG en Arabie saoudite.

«Néanmoins, la pandémie a connu une recrudescence de cyberattaques, ce qui a accru la sensibilisation et les investissements dans la cybersécurité. Le nombre de failles dans les opérations de la plupart des organisations a augmenté avec le travail à distance. Par conséquent, les entreprises doivent résister à l'envie d'orienter les coupes budgétaires vers des mesures préventives de cybercriminalité et [voir] la forte augmentation de la cybercriminalité mondiale comme une raison de continuer à faire progresser leurs cyberdéfenses», ajoute-t-il.

En même temps, selon l'enquête KPMG, la pandémie a ébranlé la confiance des PDG dans la croissance économique mondiale. Près de 32% d’entre eux ont déclaré qu'ils étaient moins confiants dans les perspectives de croissance mondiale des trois prochaines années qu'ils ne l'étaient au début de l'année.

Bien que l'investissement dans le cloud computing soit une priorité, une enquête réalisée en janvier par la société allemande de logiciels d'entreprise SAP a révélé que, si plus des quatre cinquièmes (89%) des hauts dirigeants du secteur public saoudien sont d’accord pour dire que le partage de données les aide à améliorer leurs relations avec les citoyens, beaucoup n'ont pas investi dans la formation pour mettre cela en œuvre.

La SAP constate que, si 83% des personnes interrogées ont déclaré que le partage de données améliorait l’innovation de leurs biens ou de leurs services actuels, seuls 22% l'ont fait avec des partenaires.

Et en ce qui concerne la formation, seuls 33% ont formé à nouveau leurs employés sur la meilleure façon d'analyser les données. Cette pénurie de compétences a été évoquée par 61% des personnes interrogées comme un obstacle à la réalisation des initiatives de changement stratégique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Emmanuel Faber joue sa place à la tête de Danone

Le PDG de Danone Emmanuel Faber pose suite à la présentation des résultats annuels du groupe, le 19 février 2019 à Paris JACQUES DEMARTHON / AFP
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  • Le président-directeur général Emmanuel Faber fait face à une fronde d'actionnaires depuis plusieurs semaines
  • Connu pour défendre un capitalisme libéré du court-termisme, plus vert et plus social, Emmanuel Faber est directeur général depuis 2014 et président du conseil d'administration depuis 2017

Qui dirigera Danone demain ? Emmanuel Faber gardera-t-il les pleins pouvoirs de PDG ou devra-t-il lâcher du lest, voire partir ? Le conseil d'administration du groupe français se réunit lundi, poussé par une partie de ses actionnaires à se pencher sur sa gouvernance.

Le président-directeur général Emmanuel Faber fait face à une fronde d'actionnaires depuis plusieurs semaines. Le silence des quinze autres administrateurs du géant de l'agroalimentaire a semé le doute sur leurs intentions à son égard.

Deux fonds d'investissement ont fait du départ de M. Faber un préalable au redressement des performances du groupe, dont les volumes de ventes s'érodent depuis plusieurs années, un mouvement aggravé par la pandémie de Covid-19. Ces fonds, entrés au capital à la faveur de la baisse du cours de Bourse en 2020, ont enfoncé le clou en fin de semaine dernière. Artisan Partners, 3e actionnaire avec 3% du capital, a répété qu'il trouvait "urgent de s'occuper de la structure du conseil et de la direction de la société".

Alors qu'Emmanuel Faber a défendu avec une certaine morgue son bilan lors de la présentation des résultats annuels le 19 février, le fonds estime les performances "médiocres" et la direction mal placée pour engager la "réinvention" de Danone. Danone travaille sur un plan de réorganisation mondiale prévoyant jusqu'à 2.000 suppressions de postes parmi ses managers. 

Le fonds américain spécifie vouloir la désignation d'un nouveau président et d'un nouveau directeur général, dotés d'une "expertise extérieure pertinente". Le fonds activiste Bluebell Capital Partners, basé à Londres et d'envergure plus modeste, demande aussi qu'un nouveau directeur général soit cherché en dehors de Danone. Selon lui, les actionnaires du groupe sont "massivement" en faveur de la séparation des fonctions de président et directeur général. Il menace de mettre le sujet à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale, fin avril, si le conseil d'administration ne s'en saisit pas. 

Emmanuel Faber s'est contenté de dire qu'il n'était "pas dogmatique" sur cette question de dissociation des fonctions.

Gages aux actionnaires

Connu pour défendre un capitalisme libéré du court-termisme, plus vert et plus social, Emmanuel Faber est directeur général depuis 2014 et président du conseil d'administration depuis 2017. Le groupe paraît soucieux de montrer qu'il n'oublie pas l'importance de rémunérer ses actionnaires.

Le 19 février, lors de la présentation des résultats, Emmanuel Faber a annoncé que la rémunération des principaux dirigeants de Danone, dont la sienne, serait désormais en partie subordonnée à l'évolution des dividendes et du cours de Bourse.

Et dimanche, à la veille de la réunion du conseil d'administration non confirmée officiellement par Danone, le groupe a annoncé qu'il allait se désengager du géant des produits laitiers Mengniu et que les fruits de l'opération seraient reversés "dans leur majorité" aux actionnaires. Selon Danone, sa participation dans Mengniu est actuellement valorisée à hauteur de 850 millions d'euros.

Lundi matin, à la Bourse de Paris, le titre progressait vers 09H40 (08H40 GMT) de 1,84% à 57,50 euros dans un marché également à la hausse. 

Inquiets de voir les fonds d'investissement dicter la stratégie du groupe, plusieurs syndicats du groupe (CFDT, FO et CGC) ont apporté leur soutien à la gouvernance actuelle. 

Dimanche, la présidente du premier syndicat agricole français, Christiane Lambert, s'est aussi émue de la situation dans un tweet: "Hasard du calendrier: le 01/03 marque la fin des #négociations entre #GMS [grandes et moyennes surfaces] et #industriels sous pression forte pour imposer encore des déflations. Le même jour @EmmanuelFaber fait face à des +fonds activistes+ qui exigent plus de +rentabilité+ pour @DanoneFR #producteurs inquiets !"


L’industrie des puces en Arabie saoudite pourrait profiter de la pénurie

Les prix des puces pourraient grimper de près de 6% cette année, mais le retard témoigne surtout d’une réduction de la production (Photo, Reuters).
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  • Reuters rapporte que les prix des puces pourraient grimper de près de 6% cette année
  • La pénurie mondiale actuelle pourrait être un catalyseur pour que l'Arabie saoudite investisse davantage dans le secteur

RIYAD: Une pénurie mondiale de puces destinés aux semi-conducteurs, causée par la pandémie du coronavirus à l’origine de la Covid-19, augmente le besoin saoudien de stimuler la production locale afin de réduire la dépendance aux fabricants étrangers, affirme une experte informatique qui réside au Royaume.

La pénurie a propulsé les actions de puces à des niveaux records, et les analystes s'attendent à ce que pénurie se maintienne au moins jusqu'à la fin de 2021.

Maribel Lopez, analyste principale chez Lopez Research, une entreprise basée San Francisco, a déclaré à MarketWatch que l'industrie des puces fait face à «une tempête parfaite». Les problèmes de demande et d'offre ne se résoudront probablement pas de sitôt.

«À moins d’une crise économique majeure, ce qui est bien sûr possible, la situation actuelle est la suivante : presque tout ce que vous achetez contient une puce», explique Lopez.

Reuters rapporte que les prix des puces pourraient grimper de près de 6% cette année, mais le retard témoigne surtout d’une réduction de la production. Le constructeur automobile Ford assure qu'il pourrait voir sa production réduite de 20% en raison de la pénurie. La semaine dernière, le président américain Joe Biden a annoncé un financement de 37 milliards de dollars pour remédier à la situation.

«L'importance des semi-conducteurs ne peut être ignorée en raison de leur rôle critique dans l’internet des objets, les ordinateurs, les smartphones et les appareils électroniques destinés au public. Cependant, la pénurie mondiale des semi-conducteurs et la demande inégalée en pleine pandémie ont aggravé la situation pour un grand nombre d’industries. Ceci a contraint les constructeurs automobiles, militaires, industriels et autres de réduire leur production, ou même à fermer des lignes de production», dit le Dr Muhammad Khurram Khan, professeur de cybersécurité à l'Université King Saud et fondateur et PDG de la Global Foundation for Cyber ​​Studies and Research à Washington, à Arab News.

Il ajoute que «si la situation actuelle se maintient au cours des prochains mois, le Royaume pourrait observer une hausse du prix des articles électroniques. Il est donc préférable que les importateurs, les entreprises et les consommateurs locaux s’organisent en conséquence».

Le professeur estime que la pénurie mondiale actuelle pourrait être un catalyseur pour que l'Arabie saoudite investisse davantage dans le secteur, et développe ainsi ses capacités locales.

«La dépendance aux importations s’en trouverait réduite, et la demande de production locale serait comblée, ce qui stimulerait l'économie et créerait des opportunités d'emploi dans le Royaume conformément à Vision 2030», a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com