BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".
"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.
Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre
Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre
Ces pourparlers ont abouti d'abord à l'annonce par le président américain, Donald Trump, d'une trêve de dix jours, entrée en vigueur le 17 avril, qui a ensuite été prolongée de trois semaines à l'issue de la deuxième session de discussions.
"Ces négociations et leur résultat sont comme inexistants et ne nous concernent ni de près, ni de loin", a affirmé Naïm Qassem. "Nous poursuivons notre résistance pour défendre le Liban (...). Nous ne reculerons pas (face aux) menaces" israéliennes.
"Nous ne renoncerons pas à nos armes (...) et l'ennemi israélien ne restera sur aucune parcelle de notre territoire occupé", a-t-il poursuivi.
Les autorités libanaises affirment que l'objectif des négociations est de mettre fin à la guerre, d'obtenir le retrait d'Israël du sud du Liban et de permettre le retour des déplacés dans leurs régions, dont le nombre est estimé à plus d'un million.
Le cessez-le-feu reste fragile, Israël reprenant ses frappes et ordres d'évacuation surtout dans le sud, où ses forces poursuivent leurs opérations de démolition de localités à l'intérieur d'une "ligne jaune", établie le long de la frontière pour assurer la sécurité des Israéliens, selon leur gouvernement.
Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", selon l'accord du cessez-le-feu publié le 16 avril par le département d'Etat américain, qui précise que la cessation des hostilités "ne doit pas faire obstacle à l'exercice de ce droit".
Le Hezbollah refuse cette partie de l'accord et critique le fait qu'il n'ait pas été soumis au vote au sein du gouvernement libanais, où le groupe est représenté.
Le mouvement chiite continue de revendiquer des attaques intermittentes contre des positions israéliennes sur le sol libanais et le lancement de roquettes et de drones vers le nord d'Israël.
Avant les discussions sous l'égide des Etats-Unis, les premières du genre depuis 1993, Israël avait affirmé ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah.
Selon des chiffres rassemblés par l'AFP à partir de sources officielles libanaises, les frappes israéliennes ont fait au moins 36 morts, dont 14 dimanche, depuis le début de la trêve. Au total, le conflit a déjà fait 2.509 morts et 7.755 blessés côté libanais depuis le 2 mars.
Seize soldats israéliens ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche.







