Covid-19: E484K, la mutation qui pose question pour les vaccins

La mutation E484K  «pourrait être le début des problèmes» pour les vaccins (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

Covid-19: E484K, la mutation qui pose question pour les vaccins

  • Appelée E484K, cette mutation est portée par des variants qui ont émergé en Afrique du Sud et, plus récemment, au Brésil et au Japon
  • Le 8 janvier, BioNTech et Pfizer, les fabricants du principal vaccin administré dans le monde, ont assuré que le vaccin était efficace contre la mutation N501Y

PARIS: Le variant anglais attire tous les regards, mais c'est pourtant une mutation présente sur d'autres versions du coronavirus qui inquiète les scientifiques du point de vue de la vaccination contre le Covid-19, car elle pourrait nuire à son efficacité. 

Appelée E484K, cette mutation est portée par des variants qui ont émergé en Afrique du Sud et, plus récemment, au Brésil et au Japon, mais pas par le variant anglais, dont l'expansion dans le monde fait les gros titres. 

Or, cette mutation « est la plus inquiétante de toutes » sur le plan de la réponse immunitaire, estime Ravi Gupta, professeur de microbiologie à l'Université de Cambridge, interrogé. 

Les variants sont des versions différentes du coronavirus initial, qui apparaissent avec le temps sous l'effet de diverses mutations. Un phénomène normal dans la vie d'un virus, car les mutations interviennent quand il se réplique. 

De nombreuses mutations du Sars-CoV-2 ont été observées depuis son apparition, la grande majorité sans conséquence. Certaines peuvent toutefois lui donner un avantage pour sa survie, dont une plus grande transmissibilité. 

Les variants qui ont émergé en Angleterre, en Afrique du Sud et au Japon (ce dernier via des voyageurs venus du Brésil) ont en commun une mutation appelée N501Y. Située sur la protéine spike du coronavirus (une pointe qui lui permet de pénétrer dans les cellules), cette mutation est suspectée de rendre ces variants plus contagieux. 

Des soupçons d'une autre nature pèsent sur la mutation E484K. Des tests en laboratoire ont montré qu'elle semblait capable de diminuer la reconnaissance du virus par les anticorps, et donc sa neutralisation. 

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« Evasion immunitaire » 

« A ce titre, elle peut aider le virus à contourner la protection immunitaire conférée par une infection antérieure ou par la vaccination », explique le Pr François Balloux, de l'University College de Londres, cité par l'organisme britannique Science Media Centre. 

C'est cette perspective « d'évasion immunitaire » qui préoccupe les scientifiques, avec en ligne de mire la question de l'efficacité des vaccins. 

Le 8 janvier, BioNTech et Pfizer, les fabricants du principal vaccin administré dans le monde, ont assuré que ce dernier était efficace contre la mutation N501Y. 

Mais leurs vérifications en laboratoire n'ont pas porté sur E484K. Elles ne suffisent donc pas à conclure que l'efficacité du vaccin sera la même contre les variants qui la portent que contre le virus classique. 

Par ailleurs, une étude publiée le 6 janvier décrit le cas d'une Brésilienne malade du Covid en mai, puis réinfectée en octobre par un variant porteur de la mutation E484K. 

Cette deuxième infection, plus sévère que la première, pourrait être le signe que la mutation a causé une moins bonne réponse immunitaire de la patiente. 

Pour autant, rien n'indique qu'E484K suffise à rendre des variants résistants aux vaccins actuels, tempèrent les scientifiques. 

« Début des problèmes » 

En effet, même s'il s'avère que cette cible-là est moins bien reconnue par les anticorps, d'autres composants des variants resteront en principe à leur portée. 

« Même si vous baissez en efficacité, vous allez normalement toujours avoir une neutralisation du virus », indique Vincent Enouf, du Centre national de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur à Paris.  

« Je ne pense pas que cette mutation soit à elle seule problématique pour les vaccins », renchérit l'immunologiste Rino Rappuoli, chercheur et responsable scientifique du géant pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK), interrogé. 

Il a cosigné une étude rendue publique le 28 décembre. Son objectif était d'observer en laboratoire l'émergence d'un variant, en mettant pendant plusieurs semaines le virus en présence du plasma d'un patient guéri du Covid. 

Après moins de trois mois, un variant résistant aux anticorps est apparu. Il était porteur de trois mutations, dont E484K. « Il faut développer des vaccins et des anticorps capables de contrôler des variants émergents », conclut cette étude. 

La mutation E484K  « pourrait être le début des problèmes » pour les vaccins, juge pour sa part le Pr Gupta. 

« A ce stade, ils devraient tous rester efficaces, mais ce qui nous inquiète, c'est la perspective de futures mutations qui s'ajouteraient » à celles qu'on observe déjà, développe-t-il, en appelant à « vacciner le plus vite possible partout dans le monde ». 

Face à l'émergence de nouveaux variants, plusieurs laboratoires ont assuré qu'ils étaient capables de fournir rapidement de nouvelles versions de leur vaccin si besoin était. 


«First Abu Dhabi» complète son acquisition de «Bank Audi Egypt»

First Abu Dhabi Bank et le groupe libanais Bank Audi ont annoncé la signature d’un accord définitif, et l’institution financière émiratie ajoute ainsi 100% du capital de Bank Audi Egypt à son portefeuille. (Photo, Reuters)
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  • Cet accord augmente considérablement le volume de l’activité de First Abu Dhabi Bank en Égypte et en fait l’une des plus grandes banques étrangères au pays en termes d’actifs
  • First Abu Dhabi Bank est installée en Égypte depuis 1975 et opère actuellement 17 agences dans tout le pays. Bank Audi Egypt opère 53 agences supplémentaires

LE CAIRE: First Abu Dhabi Bank et le groupe libanais Bank Audi ont annoncé la signature d’un accord définitif, et l’institution financière émiratie ajoute ainsi 100% du capital de Bank Audi Egypt à son portefeuille.

Les deux banques ont déclaré dans un communiqué conjoint que l’accord d’acquisition a été conclu après l’achèvement d’un processus de vérification approfondie des données et d’une vérification préalable effectuée par First Abu Dhabi Bank.

Le processus devrait se terminer dans les prochains mois, après avoir rempli un nombre de conditions, dont notamment l’approbation finale de la banque, la Banque centrale égyptienne et des autorités de régulation et de surveillance nécessaires aux Émirats arabes unis et en Égypte.

Cet accord augmente considérablement le volume de l’activité de First Abu Dhabi Bank en Égypte et en fait l’une des plus grandes banques étrangères au pays en termes d’actifs, avec une valeur qui dépasse 120 milliards de livres égyptiennes (8,1 milliards de dollars) après la consolidation. Le produit de la vente contribuera à renforcer la résilience financière du groupe Bank Audi.

Les actifs de Bank Audi Egypt totalisaient de 83,2 milliards de livres égyptiennes à la fin du mois de septembre 2020, et le total des capitaux propres a atteint 7,6 milliards de livres égyptiennes.

First Abu Dhabi Bank est installée en Égypte depuis 1975 et opère actuellement 17 agences dans tout le pays. Bank Audi Egypt opère 53 agences supplémentaires.

First Abu Dhabi Bank et la filiale d’UBS AG à Londres ont servi de conseillers financiers pour l’acquisition, tandis que Freshfields Bruckhaus Deringer et Matouk Bassiouni et Hinnawi ont servi de conseillers juridiques à First Abu Dhabi Bank.

EFG Hermes était le seul conseiller financier de Bank Audi dans l’acquisition, alors que Dechert SARL et Zulficar et partenaires étaient ses conseillers juridiques.

«First Abu Dhabi Bank a une longue histoire en Égypte, puisque la banque a ouvert sa première agence dans le pays il y a plus de 45 ans afin de contribuer à l’accélération de la croissance des affaires du groupes sur des marchés qui ont un potentiel prometteur», a déclaré André Sayegh, PDG du groupe First Abu Dhabi Bank».

«Cette acquisition représente les meilleurs résultats jamais obtenus au profit nos partenaires, en particulier nos clients et nos employés en Égypte, en raison des défis auxquels le Liban est confronté depuis 16 mois, et de l’efficacité du modèle d’entreprise et de la gouvernance que le groupe Bank Audi a mis en place dans la région», explique Samir Hanna, PDG du groupe Bank Audi.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Maire admet des erreurs de méthode dans le dossier Veolia-Suez

"Des décisions que je regrette ? Non. Des erreurs dans la méthode ? Oui", a affirmé Bruno Le Maire sur LCI, évoquant l'opération de rapprochement entre les deux géants historiques de l'eau et des déchets, feuilleton sur la place de Paris depuis l'été dernier (Photo, AFP/Archives).
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  • Suez, qui refuse de se laisser absorber, a récemment dévoilé l'existence d'un plan B avec une offre des fonds français Ardian et américain GIP
  • Veolia est devenu premier actionnaire de son éternel rival, après en avoir acquis 29,9% auprès du groupe Engie

PARIS : "On ne s'est pas très bien débrouillés" dans le projet de fusion Suez-Veolia, a reconnu jeudi soir le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, admettant des erreurs "dans la méthode".

"Des décisions que je regrette ? Non. Des erreurs dans la méthode ? Oui", a affirmé Bruno Le Maire sur LCI, évoquant l'opération de rapprochement entre les deux géants historiques de l'eau et des déchets, feuilleton sur la place de Paris depuis l'été dernier.

"Veolia-Suez, dans le fond, c'était absolument indécidable (...) Lorsque vous êtes à la fois juge et partie, vous êtes à la fois actionnaire de référence d'Engie, donc vous voulez vendre au meilleur prix", a-t-il expliqué.

"En même temps, vous êtes l'Etat garant que l'opération est amicale. Sur cette opération-là, on ne s'est pas très bien débrouillés, soyons clairs", a-t-il enchaîné.

Veolia est devenu premier actionnaire de son éternel rival, après en avoir acquis 29,9% auprès du groupe Engie, dont l'Etat est actionnaire de référence.

Les représentants de l'Etat ont voté non à la cession, mais cela n'a pas empêché l'énergéticien de vendre ses parts le 5 octobre, pour 3,4 milliards d'euros.

Mais Veolia ne peut jouir notamment de ses droits de vote, suspendus par la justice en attendant une consultation des personnels de Suez, ni encore mener à bien son OPA "amicale" sur le reste des actions.

Suez, qui refuse de se laisser absorber, a récemment dévoilé l'existence d'un "plan B" avec une offre des fonds français Ardian et américain GIP.


Suspension d'une deuxième chercheuse en éthique, le syndicat de Google s’inquiète

Le mois dernier, plus de 1.400 employés de Google et près de 2000 autres personnes ont signé une lettre appelant l'entreprise à expliquer pourquoi Timnit Gebru avait été renvoyée et pour quelles raisons elle avait dû se rétracter (Photo, AFP).
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  • Margaret Mitchell, qui a fondé l'équipe de recherche en éthique et IA de la société, s'est vue refuser l'accès à son compte professionnel
  • Google fait face à des critiques car l'informaticienne accuse l'entreprise de l'avoir forcée à se rétracter sur des résultats de recherche

SAN FRANCISCO : Le nouveau syndicat de Google (Alphabet) s'est dit "inquiet" de la suspension par la société californienne d'une chercheuse en éthique et intelligence artificielle (IA), quelques semaines après le renvoi d'un autre membre de l'équipe.

"Ce sont des attaques contre les personnes qui essaient de rendre la technologie de Google plus éthique", déclare dans un communiqué le Alphabet Workers Union, le syndicat récemment formé par des employés du groupe.

Margaret Mitchell, qui a fondé l'équipe de recherche en éthique et IA de la société, s'est vue refuser l'accès à son compte professionnel mercredi.

Selon le site d'information Axios, Google l'a bloquée parce qu'elle aurait téléchargée des documents liés à son ancienne collègue Timnit Gebru, qui a été remerciée le mois dernier.

Le géant des technologies fait depuis face à des critiques car l'informaticienne accuse l'entreprise de l'avoir forcée à se rétracter sur des résultats de recherche.

Dans une déclaration à Axios, le groupe explique que le compte de Margaret Mitchell a été suspendu dans l'attente d'une enquête interne sur le téléchargement d'un grand nombre de documents qu'elle aurait ensuite partagés avec des personnes extérieures.

"Nos systèmes de sécurité bloquent automatiquement le compte professionnel d'un employé s'ils détectent un risque de corruption du compte en cas de problèmes d'identification ou quand une règle automatique sur la gestion de données sensibles est déclenchée", a indiqué Google.

Margaret Mitchell est une "membre essentielle des communautés industrielles et académiques liées à la production éthique de l'IA", souligne le syndicat.

Mardi, l'employée a critiqué publiquement le directeur exécutif du groupe, Sundar Pichai, sur le thème du racisme.

"Disons que vous avez un problème parce que vous n'arrêtez pas de vous aliéner les femmes noires et que vous leur causez des torts importants", a-t-elle tweeté au-dessus du lien vers un article de CNN intitulé "Le patron de Google rencontre des dirigeants d'universités noires après des accusations de racisme".

"Vous pouvez: A) essayer de réparer vos torts B) essayer de trouver plus de personnes noires pour vous apprécier (l'approche symbolique et superficielle). Bonne chance...", a-t-elle ajouté.

Le mois dernier, plus de 1.400 employés de Google et près de 2000 autres personnes ont signé une lettre appelant l'entreprise à expliquer pourquoi Timnit Gebru avait été renvoyée et pour quelles raisons elle avait dû se rétracter.

Ils demandaient aussi à Alphabet de s'engager "sans équivoque" en faveur de l'intégrité de la recherche et de la liberté académique.