Un musée numérique redonne vie à des images historiques saoudiennes

Une version colorée d’une photo du roi Abdel Aziz prise lors de son voyage historique en Égypte en 1946. (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

Un musée numérique redonne vie à des images historiques saoudiennes

  • Omar Murshid a créé le musée numérique Al-Masmak il y a dix ans
  • Des applications dédiées permettent d'identifier automatiquement les nuances de couleurs visibles sur des photos en noir et blanc

RIYAD: Un conservateur de musée numérique se tourne vers l’intelligence artificielle (IA) pour faire revivre l’histoire de l’Arabie saoudite. 

Omar Murshid a créé le musée numérique Al-Masmak il y a dix ans. Depuis, il passe méticuleusement à la couleur de vieilles photographies en noir et blanc et des séquences de films rares. 

Son projet de préservation permet de redonner vie à des images fanées d'événements et de monuments historiques. Son musée numérique est une plate-forme culturelle et ludique qui répertorie les événements liés à la royauté et les moments importants du Royaume. Il a utilisé plusieurs techniques pour faire revivre le patrimoine saoudien grâce à l'utilisation des dernières technologies. 

«Pour numériser cette montre fabriquée dans les années 1940, l’un des cadeaux du roi Faisal ben Abdel Aziz al-Saoud, ministre saoudien des Affaires étrangères de l’époque, j’ai utilisé un scanner 3D», explique-t-il à Arab News. 

«Cela m’a pris beaucoup de temps, car j’ai dû terminer le travail à la main. En effet, après la numérisation, le résultat n’était pas parfait et la structure de la montre présentait des défauts.» 

Sa dernière initiative : restaurer et améliorer des images et des vidéos en noir et blanc. «J’utilise Photoshop pour coloriser les photos. J’ajoute les couleurs et j’ajuste les calques manuellement. C'est un long processus qui demande beaucoup d’heures de travail», raconte Omar Murshid. 

Des applications dédiées permettent également d'identifier automatiquement les nuances de couleurs visibles sur des photos en noir et blanc ou sépia. Mais coloriser de vieilles séquences de film est un processus bien plus compliqué. 

«C'est la raison pour laquelle j'ai utilisé le dernier logiciel d'IA. Cette technologie permet d'effectuer plusieurs tests avant d’obtenir un résultat. Le logiciel travaille sur la décompression de la vidéo en images et cadres et sur la coloration de chacun d'entre eux séparément», ajoute-t-il. 

Pour ce travail de restauration des couleurs, il a choisi deux films : le premier présente la Grande Mosquée de La Mecque et la mosquée du Prophète à Médine pendant la saison du Hajj en 1954; le second, la visite historique du roi Abdel Aziz en Égypte en 1946. 

Le travail de M. Murshid peut être consulté sur le compte Instagram d’Al-Masmak. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Un cinéma «drive-in» à Riyad, signé MUVI

Le cinéma pop-up de Riyad est le premier «drive-in» du royaume depuis la levée de l'interdiction nationale des cinémas en 2018. (Photo fournie)
Le cinéma pop-up de Riyad est le premier «drive-in» du royaume depuis la levée de l'interdiction nationale des cinémas en 2018. (Photo fournie)
Le cinéma pop-up de Riyad est le premier «drive-in» du royaume depuis la levée de l'interdiction nationale des cinémas en 2018. (Photo fournie)
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  • Il ajoute que MUVI envisage d'ouvrir d’autres locaux temporaires similaires à travers le Royaume.
  • Le cinéma peut accueillir jusqu'à 150 véhicules, tout en maintenant des mesures de distanciation sociale

RIYADH: La chaîne locale de Cinéma MUVI a ouvert un cinéma pop-up à Riyad, le premier «drive-in» du royaume depuis la levée en 2018 de l'interdiction nationale sur les , selon l’entreprise.

Le cinéma peut accueillir jusqu'à 150 véhicules, tout en maintenant des mesures de distanciation sociale, ont affirmé les organisateurs. Les téléspectateurs seront tenus de porter des masques et de faire contrôler leur température, conformément aux mesures recommandées pour lutter contre la propagation de la Covid-19. Nourriture et boissons peuvent être consommées dans les voitures des visiteurs. «Les Cinémas MUVI adoptent des mesures de précaution strictes afin d’assurer un environnement sûr pour nos employés et nos clients», a déclaré le directeur de marketing de MUVI, Mahmoud Mirza, à Arab News. Il précise qu'aucune décision n'avait encore été prise au sujet de la durée d'ouverture du pop-up.

Selon Mirza, la réaction initiale du public indique que le concept de «drive-in» sera aussi populaire dans le Royaume qu'il l'a récemment été dans d'autres régions du Moyen-Orient, dont Dubaï et Beyrouth. Cela permettra aux clients de regarder des films sur le grand écran, tout en restant protégés contre la pandémie de la Covid-19.

Arwa Al-Numair, résidente de Riyad, a déclaré à Arab News qu'elle avait hâte d'essayer le drive-in, après avoir vu les photos sur les réseaux sociaux.

«Ça a l'air tellement cool. Tout comme dans les films et à la télévision. C'est tout à fait évocateur et un excellent moyen de voir des films en toute sécurité pendant la pandémie», a-t-elle avoué. «Je suis très prudente, donc j'étais inquiète à l'idée d’aller dans une salle de cinéma. Mais le fait de voir un film sans même avoir à quitter ma voiture me rend plus à l'aise pour y emmener ma famille».

Ismaeel Al-Assem, un autre résident de Riyad, évoque ses souvenirs dans les cinémas «drive-in» de la province orientale au début des années 70, avant l'interdiction qui a touché tout le pays.

«Je me souviens être allé au «drive-in» le week-end avec mes amis, avoir acheté des frites et des hamburgers dans l'un des stands. Le son passait via un câble en forme de tuyau que l’on rentrait dans la voiture. À l'époque, c'était le summum du cool», dit-il. «C’est palpitant de les voir revenir. J'aimerais vraiment aller voir ce qui a changé, ce qui a été amélioré et ce qui va me donner la même sensation».

Mirza souligne que c'est la période idéale pour y aller. «Les cinémas «drive-in» exigent de nombreuses conditions pour réussir. Un facteur important est la météo, et avec le temps qu’il fait à Riyad en ce moment, l’expérience devient exceptionnelle», a-t-il expliqué. 

Il ajoute que MUVI envisage d'ouvrir d’autres locaux temporaires similaires à travers le Royaume.

«Les cinémas MUVI n’en sont pas à leur premier pop-up cinéma», a-t-il poursuivi. «Nous continuerons d'offrir de telles expériences afin d’élargir notre portée et créer des moments de bonheur pour notre public, que ce soit à l'intérieur de nos salles de cinéma ou à l'extérieur».

Mirza a révélé que MUVI compte ouvrir 15 nouvelles salles de cinéma en Arabie saoudite cette année, ajoutant plus de 150 écrans à sa liste.

«De nouvelles salles de cinéma s’ajouteront dans des villes où nous sommes déjà présents, et d’autres seront introduites dans des endroits comme Taif, Buraidah et Onaizah», a-t-il soutenu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Après 77 jours d'isolement à Florence, Michel-Ange et Raphaël enfin déconfinés

« La naissance de Vénus » de Sandro Botticelli au musée des Offices de Florence à Florence, en Toscane (Photo, AFP).
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  • Pour ce premier jour d'ouverture, la poignée de visiteurs présents est assaillie de questions par la nuée de journalistes venus couvrir l'événement
  • A l'intérieur du musée, William, un artiste irlandais de 28 ans qui vit à Florence, ne cache pas sa joie face à la vue imprenable sur le Ponte Vecchio

FLORENCE : Enfin! Après 77 jours de fermeture pour cause de pandémie, le musée des Offices de Florence, célèbre pour ses chefs-d’œuvre de Michel-Ange, Léonard de Vinci et Raphaël, a rouvert ses portes jeudi matin en grande pompe.

En présence notamment du maire de Florence Dario Nardella, les deux lourds battants en bois ouvragé ont grincé sur leurs gonds. Derrière les cordons où se pressent habituellement les touristes, les premiers visiteurs, un peu perdus, attendent sagement leur sésame.

A l'intérieur du musée, William, un artiste irlandais de 28 ans qui vit à Florence, ne cache pas sa joie face à la vue imprenable sur le Ponte Vecchio: "C'est un soulagement après le stress d'avoir dû passer deux mois enfermé chez moi".

Dans les salles quasi-désertes, "il faudrait juste ajouter des fauteuils pour qu'on puisse en profiter encore plus", plaisante-t-il en riant. "Pour moi c'est bien, mais pour la culture et les Italiens, non! Florence a besoin de voir les touristes revenir d'Amérique et du reste de l'Europe. Revoir la foule dans les musées signifie que la société fonctionne de nouveau", estime le fluet jeune homme.

Un peu plus loin, Michele Diana et Anna Ghelardini, deux Florentins emmitouflés d'une vingtaine d'année, saluent "les mesures de sécurité, justes et adaptées, finalement les mêmes qu'on retrouve partout: contrôle de la température, gel désinfectant..."

"Je n'étais jamais venu", confesse Michele, qui s'est laissé entraîner par son amie Anna, qui voulait revoir le "Tondo Doni", un somptueux tableau de Michel-Ange représentant la Sainte-Famille: "le plus beau de tous", s'exclame-t-elle.

Le directeur des Offices, l'Allemand Eike Schmidt, est visiblement soulagé: "Il est vraiment temps de rouvrir, de donner à voir ces œuvres d'art remarquables qui appartiennent à l'humanité toute entière", confie-t-il.

A cause du Covid, les Offices, écrin de la Renaissance italienne, ont dû affronter "la plus longue fermeture depuis la Deuxième Guerre mondiale", rappelle-t-il en réajustant son masque rouge.

Un petit pas

Et même si "nous continuons notre programmation en ligne sur notre site et les réseaux sociaux", "l'opportunité de voir ces œuvres en personne est tout simplement unique, aussi encourageons-nous tous ceux qui le peuvent à venir". "En ce moment, il faut être en Toscane, car les frontières entre les régions italiennes sont encore fermées", précise-t-il.

De fait, pour ce premier jour d'ouverture, la poignée de visiteurs présents est assaillie de questions par la nuée de journalistes venus couvrir l'événement. "Ca suffit, laissez-nous admirer en paix ces œuvres", lance une visiteuse italienne en extase devant "Le Printemps" de Botticelli.

Le Covid, qui a fait plus de 83.000 morts en Italie, reste dans toutes les têtes: "les visiteurs doivent porter un masque, comme moi! Et respecter le distanciation sociale", s'empresse de rappeler M. Schmidt.

La réouverture amorcée jeudi sera d'ailleurs progressive. "En ce moment, nous sommes ouverts seulement du mardi au vendredi mais nous espérons que très bientôt la courbe des contagions descendra et que nous pourrons rouvrir aux visiteurs de toute l'Europe, de même que le week-end", veut espérer Eike Schmidt.

Du fait de la pandémie, "nous avons eu beaucoup moins de visiteurs l'an dernier (...) Nos finances ont également été affectées, mais nous avons reçu des fonds du gouvernement pour compenser les mois de fermeture". Selon une source interne au musée, les pertes en recettes s'élèvent à environ quatre millions d'euros par mois de fermeture, une perte sèche pour le musée qui avait dû fermer lors du premier confinement et avait rouvert le 3 juin avant de baisser à nouveau le rideau le 5 novembre.

Jeudi, les Offices ont accueilli au total pas moins de 776 visiteurs, dont la moitié avait moins de 25 ans.

"La réouverture des musées est pensée avant tout pour les locaux afin de leur donner la possibilité de profiter en toute sécurité de leur patrimoine culturel. C'est un petit pas, un signe de réouverture", a expliqué en début de semaine le ministre de la Culture Dario Franceschini.

Outre les Offices, d'autres lieux culturels emblématiques ont rouvert au public, comme le célèbre site archéologique de Pompéi.

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En 2021, Rio renonce à son célèbre carnaval pour cause de Coronavirus

Le Carnaval de Rio a lieu traditionnellement en février ou mars, juste avant le Carême. En septembre, les écoles de samba, qui organisent le défilé, avaient décidé de le reporter en juillet en raison de la pandémie (Photo, AFP/Archives).
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  • «Il me paraît insensé d'imaginer à cette heure que nous pourrons organiser le carnaval en juillet», a affirmé le maire de Rio
  • Le Brésil est le deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie de Covid-19 derrière les Etats-Unis, avec 213.000 morts

RIO DE JANEIRO : Le maire de Rio de Janeiro a annoncé jeudi que sa ville renonçait à organiser en 2021 son célèbre Carnaval que les écoles de samba espéraient encore pouvoir fêter en juillet, en raison d'un rebond de l'épidémie de Covid-19.

"Je n'ai jamais caché ma passion pour le carnaval et je connais l'importance économique de cette manifestation culturelle pour notre ville. Cependant, il me paraît insensé d'imaginer à cette heure que nous pourrons organiser le carnaval en juillet", a écrit sur Twitter Eduardo Paes.

"En 2022 nous pourrons (tous dûment vaccinés) célébrer la vie et notre culture avec toute l'intensité que cela mérite", a ajouté le nouveau maire de la ville. Il a également annoncé une aide en faveur des Brésiliens qui travaillent toute l'année à l'organisation de la gigantesque fête.

Le Carnaval de Rio a lieu traditionnellement en février ou mars, juste avant le Carême. En septembre, les écoles de samba, qui organisent le défilé, avaient décidé de le reporter en juillet en raison de la pandémie, misant notamment sur l'élaboration d'un vaccin.

Malgré le début de la campagne de vaccination dimanche au Brésil, le maire de la ville a jugé "impossible" d'organiser en plein rebond épidémique le plus grand carnaval du monde qui attire chaque année des millions de personnes dans les rues.

Le Brésil est le deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie de Covid-19 derrière les Etats-Unis, avec 213.000 morts. Le pays de 212 millions d'habitants fait face depuis novembre à une forte augmentation du nombre de cas et de décès.