Lutte anti-djihadiste au Sahel: Macron reçoit le président de la Mauritanie

Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. (AFP)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

Lutte anti-djihadiste au Sahel: Macron reçoit le président de la Mauritanie

  • L'objectif de ce dîner de travail est de «faire le bilan des résultats obtenus depuis le sommet de Pau et de préparer le prochain sommet de N'Djaména», selon la présidence
  • La capitale tchadienne doit accueillir en février un sommet des présidents des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger et Tchad) un peu plus d'un an après celui de Pau (sud de la France) au cours duquel avait été relancée la lutte antijiha

PARIS : Emmanuel Macron reçoit mercredi à dîner à l'Elysée le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour faire le point sur la lutte contre les groupes djihadistes actifs au Sahel, a indiqué l'Elysée.

L'objectif de ce dîner de travail est de «faire le bilan des résultats obtenus depuis le sommet de Pau et de préparer le prochain sommet de N'Djaména», selon la présidence.

La capitale tchadienne doit accueillir en février un sommet des présidents des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger et Tchad) un peu plus d'un an après celui de Pau (sud de la France) au cours duquel avait été relancée la lutte anti-djihadiste.

Cette réunion se tiendra alors que deux attaques djihadistes au Mali ont fait un total de cinq morts côté français et que Paris se retrouve face à des choix difficiles sur l'avenir de sa force militaire déployée sur le terrain depuis huit ans. La France pourrait annoncer le retrait de 600 militaires, envoyés en renfort au sein de Barkhane en janvier 2020, qui avaient porté à 5 100 les effectifs français au Sahel.

Président depuis 2019, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a participé lundi à l'Elysée au One Planet Summit, notamment sur le programme de «grande muraille verte» qui lutte contre la désertification dans 11 pays au sud du Sahara.

 


Les menus végétariens dans les cantines « déchaînent les passions » à l'Assemblée

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. (Photo, AFP)
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  • Un amendement complète la loi Climat, dont l'article 59 propose aux seules collectivités volontaires l'expérimentation d'un choix végétarien quotidien
  • Des députés dénoncent ces « campagnes antiviande » et proposent de « manger mieux, de meilleure qualité et français»

PARIS : « C'est un sujet qui déchaîne les passions »: les menus végétariens à la cantine ont à nouveau animé les débats vendredi à l'Assemblée nationale, qui a pérennisé l'obligation de proposer au moins une fois par semaine un tel menu aux élèves.

Cette règle avait été votée sous forme d'expérimentation en 2018 lors de la loi Egalim. L'Assemblée a voté pour généraliser la mesure, durant l'examen en première lecture du projet de loi climat.

Cet amendement de la co-rapporteure LREM Célia de Lavergne complète la loi climat, dont l'article 59 propose aux seules collectivités volontaires l'expérimentation d'un choix végétarien quotidien dans les cantines, et plus seulement hebdomadaire.

Dans la foulée, les députés ont voté des amendements de Célia de Lavergne et Vincent Thiébaut (LREM) demandant à l'Etat d'être « exemplaire » en la matière, avec dès 2023 une option « végétarienne quotidienne dans ses administrations, les établissements publics et les entreprises publiques », en cas de menus multiples.

Cette fois, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et son collègue de l'Agriculture Julien Denormandie ont affiché leur unité, alors qu'une polémique avait divisé la majorité fin février à propos des menus sans viande dans les cantines de la municipalité EELV de Lyon.

C'est un sujet qui « déchaîne les passions », « gardons-nous de polémiques infondées », « ce dispositif est bon pour la santé, le climat et notre agriculture », a souligné Mme Pompili.

Chez LREM, le député paysan Jean-Baptiste Moreau est revenu à la charge contre l'article 59 et les « campagnes antiviande »: « plutôt que de dire qu'on en mange moins, il faut en manger mieux, de meilleure qualité et française ».

Le LR Thibault Bazin s'est inquiété du risque de pénaliser les familles modestes dont les enfants n'ont parfois que la cantine pour manger de la viande.

La « première priorité, c'est remplacer la viande importée par de la viande française élevée à l'herbe », a aussi argumenté le communiste André Chassaigne. 

Célia de Lavergne (LREM) défend à l'inverse le « bon équilibre » du texte et ses amendements. « On répond à une attente et on incite les collectivités à faire pareil » que l'Etat.

Le Conseil national de la restauration collective a testé plusieurs recettes, dont sept sont « vraiment appréciées des enfants », selon Célia de Lavergne, comme les lasagnes végétariennes, le « chili sin carne » ou le couscous végétarien.

En commission, citant des sondages, elle avait indiqué que « 5% de Français mangent végétarien, et 12% des 18-25 ans. Surtout, de plus en plus de Français pratiquent une alternative végétarienne dans leur alimentation, près de 30% se disent flexitariens ».

En soirée, les députés ont voté un amendement fixant un minimum de 60% de viande et poisson de « qualité » dans les cantines, à compter de 2024, pour éviter les produits transformés ou importés.


En France, l'épidémie se stabilise à un niveau élevé, prudence sur le cap du 15 mai

La crise sanitaire a provoqué des dégâts économiques et sociaux sans précédents. En un an, 360 000 emplois ont été détruits dans le secteur privé et l'Etat a dû débloquer des dizaines de milliards d'euros d'aides directes pour soutenir les entreprises, entre chômage partiel et fonds de solidarité.(AFP)
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  • Au-delà de ce cap de la mi-mai, le gouvernement, qui a déjà vu s'effondrer l'espoir d'un début de retour à la vie normale mi-avril, avance à pas prudents, au moment où plusieurs pays européens accélèrent leur réouverture
  • Si la circulation du virus semble ne plus augmenter d'après les indicateurs épidémiologiques, ceux-ci "se maintenaient à un niveau très élevé durant la semaine dernière, a mis en garde Santé publique France

PARIS : Face à une épidémie de Covid-19 qui a déjà fait 100 000 morts et dont les indicateurs se stabilisent à un niveau élevé, l'exécutif maintient l'objectif de rouvrir de rares activités à la mi-mai, sans faire de grandes promesses.

"Le président de la République avait indiqué que les réouvertures démarreraient autour de la mi-mai, et donc c'est autour de la mi-mai que pourront démarrer les réouvertures", a affirmé sur franceinfo le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en rappelant qu'il s'agissait de rouvrir "certaines terrasses et certains lieux de culture".

De plus, les dates de réouverture des établissements scolaires (le 26 avril pour les maternelles/primaires et le 3 mai pour les collèges/lycées) "seront tenues", a-t-il ajouté, sans toutefois exclure que "certaines classes du collège" reviennent en demi-jauge, comme les lycéens.

Au-delà de ce cap de la mi-mai, le gouvernement, qui a déjà vu s'effondrer l'espoir d'un début de retour à la vie normale mi-avril, avance à pas prudents, au moment où plusieurs pays européens accélèrent leur réouverture (Danemark, Suisse, Grande-Bretagne, Belgique).

"Rien ne serait pire que de dire à la mi-mai 'on commence à tout rouvrir', et 15 jours ou trois semaines plus tard, parce que le virus revient, on serait obligé de tout refermer", a tempéré sur France 2 jeudi soir le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Mais chez les restaurateurs, fermés depuis la fin octobre, comme tous les lieux culturels, la date du 15 mai "est dans la tête de tous les professionnels", prévient le président du principal syndicat de l'hôtellerie restauration (Umih) Roland Héguy. Pour lui, "un nouveau décalage de calendrier ne serait pas compris".

La crise sanitaire a provoqué des dégâts économiques et sociaux sans précédents. En un an, 360 000 emplois ont été détruits dans le secteur privé et l'Etat a dû débloquer des dizaines de milliards d'euros d'aides directes pour soutenir les entreprises, entre chômage partiel et fonds de solidarité.

Si la circulation du virus semble ne plus augmenter d'après les indicateurs épidémiologiques, ceux-ci "se maintenaient à un niveau très élevé" durant la semaine dernière, a mis en garde Santé publique France.

"Un peu plus serein" 

Ainsi, le nombre de nouveaux cas s'est maintenu à plus de 200 000 (230 770, contre 275 249 la semaine précédente), malgré un jour férié supplémentaire (Pâques). 

Et avec plus de 13 000 hospitalisations hebdomadaires, plus de 3 100 admissions en réanimation et plus de 2.100 décès, "la tension hospitalière se poursuit sur l'ensemble du territoire métropolitain et la mortalité est toujours en hausse", ajoute Santé publique France.

"La troisième vague est loin d'être terminée", malgré "un certain nombre d'évolutions favorables", a commenté le Premier ministre Jean Castex lors d'un déplacement à Caen vendredi.

Depuis lundi, le nombre de malades Covid-19 en réanimation s'est stabilisé au-dessus de 5 900, encore loin du pic de la première vague (7 000).

"Il y a dix jours, (...) quand un malade arrivait, je ne savais pas où on allait le mettre. Cette semaine je suis un peu plus serein", explique le Dr Serge Carreira, chef du service de réanimation à l'hôpital Saint-Camille de Bry-sur-Marne, près de Paris, où le nombre de lits est passé de 12 à 20.

Cela n'a pas empêché une barre symbolique d'être franchie jeudi, celle des 100.000 morts depuis le début de l'épidémie.

La vaccination, elle, continue de progresser, dépassant les 400.000 injections quotidiennes, mais le taux de couverture vaccinale (22,8% de la population majeure avec une première dose, 8,1 % avec deux) est encore relativement bas.

Le gouvernement a annoncé des créneaux dédiés ce week-end pour les plus de 55 ans, pour vacciner des enseignants, policiers et d'autres professions exposées.

De son côté, la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher n'a pas exclu que l'Union européenne ne renouvelle pas ses contrats avec le vaccin d'AstraZeneca pour 2022, après des relations tendues entre Bruxelles et le laboratoire anglo-suédois à cause de livraisons non tenues et des questions autour des risques d'effets secondaires.

Pour le vaccin à ARN Pfizer/BioNTech, une troisième dose, en plus des deux prévues, sera "probablement" nécessaire, puis sans doute une injection chaque année, a affirmé le patron du géant pharmaceutique américain, Albert Bourla.


Guyane: difficile combat contre le variant brésilien, devenu majoritaire

La ministre française des Outre-mer, Annick Girardin, portant un masque facial, s'adresse à la presse à son arrivée à l'aéroport Felix Eboue de Matoury, près de Cayenne, dans le département français d'outre-mer de la Guyane, le 23 juin 2020, pour une visite concernant le coronavirus (COVID -19) crise. (Jody Amiet/AFP)
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  • En Guyane, département qui partage une frontière fluviale et terrestre de 730 kilomètres avec le Brésil, "Le variant P1, dit brésilien, représente aujourd'hui plus de 84% des prélèvements positifs"
  • Selon les autorités sanitaires, "la couverture vaccinale de 5,32% en Guyane reste trop limitée pour protéger le territoire"

CAYENNE : Le variant brésilien ? "Aucune idée de ce que c'est, il n'y a que les scientifiques qui le savent", sourit Gui, Guyanais de 84 ans. Contrairement à la population, les autorités locales s'inquiètent, ont renforcé les restrictions et étendu la vaccination aux plus de 30 ans.

En Guyane, département qui partage une frontière fluviale et terrestre de 730 kilomètres avec le Brésil, "Le variant P1, dit brésilien, représente aujourd'hui plus de 84% des prélèvements positifs", a indiqué cette semaine le préfet Thierry Queffelec.

Selon les autorités sanitaires, "la couverture vaccinale de 5,32% en Guyane reste trop limitée pour protéger le territoire", elles ont donc annoncé élargir la cible vaccinale aux personnes de plus de 30 ans, dans cette région où une personne sur deux a moins de 25 ans.

Pourtant, au centre de vaccination de l'Encre, le seul de Guyane, les patients venus recevoir leur injection ne semblent pas tous s'en inquiéter.

Outre Gui, l'octogénaire, qui se dit, en souriant, pas du tout effrayé par le variant brésilien, Thomas, 32 ans, se montre tout aussi décontracté. Il espère même pouvoir voyager au Brésil bientôt grâce au vaccin.

Le personnel de santé enchaîne les vaccins sans temps mort, "entre 60 et 100 piqûres par jour", précise l'un d'eux. Cependant, pas de bousculade, ni de file d'attente, les patients arrivent 15 minutes avant l'heure du rendez-vous, se font enregistrer et passent dans une des sept lignes de vaccination.

Hervé, 73 ans, est venu avant tout pour prémunir sa famille. En revanche, le variant l'inquiète un peu plus que les autres. "Nous sommes voisins du Brésil, où la contamination est énorme, il était nécessaire de me protéger à ce niveau-là", car il n'est pas serein: "nous n'avons pas de frontière", déplore-t-il, "on ne sait pas qui rentre et qui sort".

Contenir le variant

La suspension des liaisons aériennes entre la France et le Brésil a braqué les projecteurs sur la Guyane voisine. Mercredi, le ministère de l'Intérieur annonçait la mise en place de tests antigéniques à l'arrivée des vols en provenance de Cayenne, en plus du test PCR négatif et du motif impérieux obligatoire pour voyager.

Le lendemain, la préfecture dévoilait un nouveau train de mesures : un couvre-feu du samedi 19H00 au lundi 05H00 dans huit communes, dont Cayenne et Kourou, un auto-test à réaliser à l'aéroport pour les voyageurs vers Paris, et un renforcement des contrôles à la frontière avec le Brésil.

A l'hôpital de Cayenne, le plan blanc a été déclenché mercredi, 18 des 23 lits de réanimation étant occupés, en majorité par des malades du Covid-19. La Guyane a connu une remontée fulgurante du taux d'incidence ces dernières semaines. Il culmine à 173 cas pour 100.000 habitants et atteint 200 à Cayenne et les communes limitrophes.

La prégnance du variant brésilien incite maintenant des personnes à se faire vacciner.

Fatoumata Traoré, infirmière au Centre Hospitalier de Cayenne, remarque que beaucoup d'institutrices viennent au centre de vaccinations. "Elles craignent d'être contaminées à la reprise des cours par des élèves qui seraient allés au Brésil pendant les vacances", explique-t-elle à l'AFP, "ces personnes n'étaient pas très motivées mais sont venues".

Le récent arrêt des liaisons aériennes entre la France et le Brésil ne concerne pas le département, car il n'y a plus de liaisons aériennes entre la Guyane et le Brésil depuis longtemps, l'unique compagnie assurant ces vols a quitté le territoire dès le premier confinement.

Mais si la frontière terrestre est fermée depuis plus d'un an, elle reste poreuse, des piroguiers parviennent à déjouer la surveillance sur le fleuve Oyapock. Le trafic des pirogues a diminué mais n'a pas cessé. En revanche, le prix de la traversée a augmenté.