La France rapatrie sept enfants de djihadistes de Syrie, critiquée pour des retours au compte-goutte

Les sept enfants rapatriés mercredi étaient détenus dans les camps de Roj et Al-Hol, a indiqué une source au sein de l'administration semi-autonome kurde, qui gère la région, à un correspondant de l'AFP à Qamichli (nord-est). (AFP)
Les sept enfants rapatriés mercredi étaient détenus dans les camps de Roj et Al-Hol, a indiqué une source au sein de l'administration semi-autonome kurde, qui gère la région, à un correspondant de l'AFP à Qamichli (nord-est). (AFP)
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

La France rapatrie sept enfants de djihadistes de Syrie, critiquée pour des retours au compte-goutte

  • Ces jeunes enfants, âgés de deux à onze ans et «particulièrement vulnérables», ont été remis à leur arrivée en France aux «autorités judiciaires» et «pris en charge par les services sociaux», a annoncé le ministère français des Affaires étrangères
  • Au total, 35 enfants de djihadistes français ont été ramenés de Syrie depuis l'effondrement du groupe Etat islamique (EI) en mars 2019. Le précédent rapatriement remontait à juin 2020 et concernait dix mineurs

PARIS : La France a ramené mercredi sept enfants de djihadistes français qui étaient retenus dans des camps de déplacés sous contrôle kurde en Syrie, s'attirant de nouvelles critiques pour ces rapatriements au compte-gouttes alors que les conditions de vie restent précaires sur place.

Ces jeunes enfants, âgés de deux à onze ans et «particulièrement vulnérables», ont été remis à leur arrivée en France aux «autorités judiciaires» et «pris en charge par les services sociaux», a annoncé le ministère français des Affaires étrangères, sans plus de précisions.

Au total, 35 enfants de djihadistes français ont été ramenés de Syrie depuis l'effondrement du groupe Etat islamique (EI) en mars 2019. Le précédent rapatriement remontait à juin 2020 et concernait dix mineurs. Il s'agit d'orphelins ou d'enfants confiés par les rares mères ayant accepté de s'en séparer.

Les sept enfants rapatriés mercredi étaient détenus dans les camps de Roj et Al-Hol, a indiqué une source au sein de l'administration semi-autonome kurde, qui gère la région, à un correspondant de l'AFP à Qamichli (nord-est).

«Ils appartiennent à des familles de l'EI. Trois enfants sont de la même famille et sont orphelins. Pour les quatre autres, leurs mères ont accepté leur retour en solitaire, en raison de leur état de santé délicat», a ajouté cette source sous couvert de l'anonymat.

Ils avaient besoin de «soins médicaux spécifiques non disponibles» dans les territoires kurdes, a ajouté un responsable au sein des Affaires étrangères de l'administration semi-autonome kurde, Fener Al-Kaït.

«Goût amer»

Les enfants ont été remis mardi à une délégation française emmenée par Eric Chevalier, directeur du Centre de crise et de soutien au ministère français des Affaires étrangères.

Ces nouveaux rapatriements ont relancé les interrogations des familles de djihadistes français qui réclament en vain le retour en France des quelque 150 adultes et 200 enfants retenus en Syrie - plus quelques cas en Irak - depuis la chute de l'EI.

«Cette opération laisse un goût amer, même si elle prouve encore une fois que la France a la capacité de rapatrier qui elle veut, quand elle veut», a estimé le Collectif des familles unies.

Les autorités françaises refusent de ramener les adultes, hommes et femmes, qu'elles estiment complices de l'EI, et souhaitent voir jugées sur place. Elles soulignent aussi que le retour des enfants est subordonné à l'autorisation des parents. 

La mère d'une Française détenue à Roj depuis deux ans avec ses quatre enfants en a appelé mercredi au président Emmanuel Macron, alors que les nouvelles de sa fille, souffrant d'une tumeur selon son entourage, sont alarmantes.

«Elle ne peut plus s'alimenter ni aller aux toilettes, son système digestif est bloqué (..) A la moindre occlusion intestinale, elle est condamnée. Je suis désespérée et j'en appelle au président Macron», a déclaré à l'AFP Pascale Descamps, habitante du Pas-de-Calais (nord).

«En danger immédiat»

Les familles de membres de l'EI sont détenues dans des camps surpeuplés, où s'entassent aussi des milliers de civils ayant fui les combats contre les djihadistes, dans des conditions décrites comme «épouvantables» par l'ONU.

Les autorités kurdes appellent les pays concernés à les rapatrier ou à créer un tribunal international pour les juger.

Nombre d'observateurs évoquent aussi les risques d'évasion depuis ces camps ainsi que des prisons où les hommes sont détenus alors que l'EI connaît une résurgence sur le terrain en Irak et en Syrie. Treize djihadistes françaises, dont Hayat Boumedienne, la compagne de l'un des auteurs d'attentats en France en janvier 2015, se sont ainsi évadées selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

Comme la France, la plupart des pays, notamment européens, rechignent à rapatrier leurs ressortissants face à des opinions publiques souvent hostiles. Paris, qui compte un des plus forts contingents européens de djihadistes dans la zone, est particulièrement montré du doigt.

Début décembre, le Comité des droits de l'enfant de l'ONU a jugé que les plus de 200 enfants français détenus dans les camps de tentes du nord-est syrien y étaient en danger «immédiat», avec des «risques de dommages irréparables pour leurs vies, leur intégrité physique et mentale et leur développement».

La Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) demande pour sa part le retour de tous les enfants et des mères de Syrie ainsi que des djihadistes »condamnés à mort en Irak».

 


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.