Chari.ma, centrale d’achat en ligne, intègre le prestigieux Founders Program de la Station F

La jeune start-up Chari.ma a été fondée par Ismael Belkhayat et Sophia Alj. (Photo fournie).
La jeune start-up Chari.ma a été fondée par Ismael Belkhayat et Sophia Alj. (Photo fournie).
Après un an d’existence, l’application d’e-commerce assure les livraisons, les commandes et les approvisionnements de nombreux produits. (Photo fournie).
Après un an d’existence, l’application d’e-commerce assure les livraisons, les commandes et les approvisionnements de nombreux produits. (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 14 janvier 2021

Chari.ma, centrale d’achat en ligne, intègre le prestigieux Founders Program de la Station F

  • La jeune start-up Chari.ma est la première centrale d’achat digitale marocaine destinée aux commerces de proximité à intégrer le prestigieux Founders Program de Station F
  • Installée à Paris, Chari.ma pourra désormais évoluer dans un écosystème très favorable qui lui permettra d’acquérir compétences, savoir-faire et expertise

PARIS : La jeune start-up Chari.ma a été fondée par Ismael Belkhayat et Sophia Alj. C’est la première centrale d’achat digitale marocaine destinée aux commerces de proximité à intégrer le prestigieux Founders Program de Station F, lancé par Xavier Niel, fondateur de l’opérateur français Free.

Installée à Paris, Chari.ma pourra désormais évoluer dans un écosystème très favorable, qui lui permettra d’acquérir compétences, savoir-faire et expertise. Lancée au mois de janvier 2020, elle a été incubée par le holding familial HnS Invest Holding, qui accompagne les porteurs de projets digitaux dans les secteurs de la distribution et de la logistique.

Sollicité par Arab News en français, Ismael Belkhayat, cofondateur et PDG de la start-up, explique que «le réseau Chari.ma dispose d’outils extrêmement performants, à la pointe de la technologie, qui accompagnent toute la chaîne de valeur logistique depuis la prise de commande jusqu’à la livraison». «La technologie Chari.ma englobe, entre autres, une application de réception, de gestion et de préparation des commandes (warehouse management system, «système de gestion d'entrepôts», [WMS]), une application de gestion des tournées de livraison (transport management system, «système de gestion des transports», [TMS]) ainsi qu’une application de business intelligence («informatique décisionnelle», [BI])», explique-t-il.

«Ces technologies permettent de digitaliser le processus de distribution de bout en bout, et d’optimiser le fonctionnement de Chari.ma, donc ses coûts», nous confie Ismael Belkhayat. «Nous sommes le seul acteur d’e-commerce business to business («commerce entre entreprises», [B2B]) capable de livrer plus de 1 000 références aux commerces de proximité en moins de vingt-quatre heures», poursuit-il.

Après un an d’existence, l’application d’e-commerce assure les livraisons, les commandes et les approvisionnements de nombreux produits. «Nous proposons un large choix de produits de grande consommation», affirme le fondateur de Chari.ma. Ces produits peuvent être commandés sur l’application mobile, par téléphone ou par WhatsApp.

Le Founders Program de la Station F

Le Founders Program possède un écosystème adapté qui permet aux jeunes pousses d’évoluer aisément dans le milieu digital mondial. Réservé aux start-up les plus prometteuses de plus de soixante-dix pays, le Founders Program de la Station F est un lieu de networking privilégié pour les fondateurs de start-up qui souhaitent échanger et développer leurs champs d’expertise.

Considéré comme l’un des plus grands campus de start-up au monde, Station F regroupe des incubateurs issus des plus grandes écoles et des plus importants fonds d’investissement européens. Avec 30 programmes de start-up, 35 administrations publiques, 100 fonds d’investissement, 4 bureaux de mentorat et 600 événements par an, Station F rassemble les meilleures ressources et permet aux fondateurs de start-up d’évoluer dans d’excellentes conditions.

Interrogé par Arab News en français sur les retombées de l’intégration de Chari.ma à la Station F, Ismael Belkhayat, précise que, pour piloter le développement à l’international, une partie des équipes va s’installer à Paris afin d’être plus proche de la French Tech et des start-up françaises. «En s’installant à la Station F, une partie des collaborateurs pourront côtoyer de nombreux entrepreneurs, partager leurs expertises et e-savoir-faire. Les défis relevés par les start-up sont souvent similaires, et la Station F permet d’organiser des sessions de problem solving («résolution de problème») interentreprises», nous confie Ismael Belkhayat qui précise, par ailleurs, que leur installation à la Station F «permettra à Chari.ma de se rapprocher des venture capitalists («capital-risqueur», [VC]) et de préparer plus sereinement une levée de série A dans un délai de douze à dix-huit mois ».

Devenue un maillon central dans la chaîne d’approvisionnement, Chari.ma s’est engagée dans une démarche écoresponsable en intégrant graduellement une mobilité hybride ou électrique. Ses fondateurs ont fait appel au leader sur le marché en signant un partenariat avec Avis Maroc pour équiper la flotte de motos et de camionnettes en véhicules hybrides. Une première commande de 50 motos électriques a été passée auprès du loueur international.

«Nos fournisseurs et beaucoup de grandes marques ont adopté une démarche écoresponsable», confirme Ismael Belkhayat. «Que l’on s’adresse aux grandes marques ou aux épiciers à travers le Royaume, nous ne pouvons parler de distribution aujourd’hui sans avoir une stratégie engagée.»

Lauréat d’un concours

En décembre 2020, Chari.ma a remporté le Middle East Africa Seed Challenge, organisé par Orange Ventures (France), un concours qui rassemble plus de cinq cents start-up issues de nombreux pays, dont la Tunisie, l’Égypte, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Jordanie.

«Orange Ventures a décidé d’investir dans Chari.ma en valorisant la jeune entreprise avec 10 millions de dollars [1 dollar = 0,82 euro]. La synergie entre Orange et Chari.ma est appelée à se développer davantage. Nous pourrions devenir distributeurs pour les cartes prépayées Orange. L’application peut aussi permettre aux points de vente de proximité de proposer la recharge des lignes prépayées Orange et le paiement des factures des lignes postposées», affirme le CEO de Chari.ma. «Ce partenariat permettra à notre application d’entrer dans le réseau d’Orange Money, et donc d’augmenter le nombre de points de vente, de retrait et de dépôt pour les transferts d’argent». Enthousiaste, Ismael Belkhayat nous confie: «Tout cela est très positif, car Chari.ma ambitionne aussi d’étendre ses activités en Afrique francophone, là où opère Orange. Nous espérons que ce financement et cette visibilité nous permettront de dupliquer ce concept marocain dans de nombreuses régions africaines et francophones», se réjouit-il.

Pour y parvenir, les cofondateurs de Chari.ma évoluent désormais, grâce à leur intégration dans l’écosystème de Station F, dans un cadre professionnel des plus adaptés afin d’accroître leur expertise et d’obtenir la levée de fonds nécessaire pour concrétiser leur plan de développement.

Pour Jérôme Berger, PDG d’Orange Venture, «la difficulté de l’accès à l’investissement constitue pour les entrepreneurs un frein à leur développement en Afrique». Or, explique-t-il, «le continent regorge de toutes parts d’opportunités et de talents. Notre initiative peut contribuer à apporter une solution à ces talents, et elle renforce notre confiance dans le potentiel d’innovation des écosystèmes locaux dans les pays où Orange est présent», confirme-t-il.

Le groupe français Orange est présent dans dix-huit pays, en Afrique et au Moyen-Orient.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.