Sahel: face au danger mortel des engins explosifs, les armées cherchent à s'adapter

Face à ce danger invisible, les armées cherchent depuis des années à améliorer leurs dispositifs de détection et à mieux protéger leurs soldats en réduisant les vulnérabilités de leurs véhicules (Photo, AFP)
Face à ce danger invisible, les armées cherchent depuis des années à améliorer leurs dispositifs de détection et à mieux protéger leurs soldats en réduisant les vulnérabilités de leurs véhicules (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 16 janvier 2021

Sahel: face au danger mortel des engins explosifs, les armées cherchent à s'adapter

  • Intensément employés contre les forces occidentales engagées en Irak et en Afghanistan, les engins explosifs improvisés constituent aussi une menace létale pour les troupes françaises au Mali ou au Niger
  • Les armées ont également entrepris de renforcer leurs blindés, en particulier les VBL, les plus vulnérables aux IED, dont 150 exemplaires sont déployés au Sahel

PARIS: Leur nombre n'augmente pas mais leur charge tend à croître: les engins explosifs improvisés (IED) posés par les jihadistes le long des routes sahéliennes restent le danger numéro un pour les militaires français, poussant les armées à chercher des parades pour mieux s'en protéger. 

En l'espace de trois semaines, entre fin décembre et début janvier, cinq militaires de la force antijihadiste Barkhane ont été tués au Mali dans l'explosion d'un IED au passage de leur véhicule blindé léger (VBL), et six autres blessés par une voiture piégée conduite par un kamikaze. 

Intensément employés contre les forces occidentales engagées en Irak et en Afghanistan, les engins explosifs improvisés constituent aussi une menace létale pour les troupes françaises au Mali ou au Niger: sur les 50 morts au combat depuis le début de l'intervention militaire au Sahel en 2013, 23 ont été tués par des IED ou par des véhicules piégés, selon le porte-parole de l'état-major français, le colonel Frédéric Barbry. 

Ces attaques occasionnent également de très graves blessures parmi les soldats, dont le ministère refuse de donner un bilan chiffré. 

« Tous les ans, nous découvrons et empêchons l'explosion d'une grosse vingtaine d'IED posés par les groupes terroristes. Mais tous les ans, nous déplorons en moyenne une dizaine d'attaques par IED », explique le colonel Barbry. 

Malgré la récente série d'incidents qui ont endeuillé la force Barkhane, quelques semaines après la libération par les autorités maliennes de 200 prisonniers contre des otages, dont certains possèdent »des expertises techniques » de l'aveu de sources françaises, l'état-major dément une recrudescence de l'usage de ces engins explosifs sur le terrain sahélien.  

« Le pic de ces attaques a eu lieu en 2015, elles sont aujourd'hui en décroissance », assure le porte-parole, tout en admettant que les armées constatent une tendance croissante à « l'adjonction d'explosifs artisanaux, avec des charges qui peuvent aller jusqu'à 40 kg ».  

Face à ce danger invisible, les armées cherchent depuis des années à améliorer leurs dispositifs de détection et à mieux protéger leurs soldats en réduisant les vulnérabilités de leurs véhicules. 

brouilleurs et surblindage 

« Cette menace, nous avons appris à mieux la connaître. En Afghanistan, nous avons amorcé ce processus de protection passive de nos engins, par du blindage, du brouillage et surtout par une autre approche du renseignement en amont des convois pour essayer de déceler les signaux faibles et tenter d'entraver les tentatives de l'ennemi », a rappelé, mardi, la ministre des Armées, Florence Parly. 

Aujourd'hui, les armées disposent d'un parc de 400 brouilleurs, dont plus des deux tiers sont déployés au Mali. Les systèmes actuels seront progressivement remplacés par un nouveau dispositif de brouillage, baptisé »Barrage », développé par l'industriel français Thales. Une demi-douzaine sont déjà déployés en bande sahélo-saharienne, essentiellement au sein des troupes du génie chargées d'ouvrir les itinéraires. 

Toutefois, admet l'état-major, si « les brouilleurs sont particulièrement efficaces contre les IED déclenchés à distance », à l'aide d'un téléphone portable par exemple, »la très grande majorité des IED sont déclenchés par pression », au simple passage d'un véhicule. 

Les armées ont également entrepris de renforcer leurs blindés, en particulier les VBL, les plus vulnérables aux IED, dont 150 exemplaires sont déployés au Sahel.  

« Un nouveau modèle de VBL plus durci va très prochainement équiper nos forces. Le déploiement aura lieu au Sahel au premier semestre de cette année », a promis Mme Parly. Selon elle, la France travaille également « à plus long terme sur un programme de véhicule blindé un peu plus lourd dont nous souhaiterions qu'il puisse être conduit en coopération européenne ». 

Toutefois, « quelle que soit la force du blindage, les quantités d'explosif utilisées au Mali au cours des derniers mois sont telles que même le meilleur engin blindé ne peut pas protéger les soldats qui s'y trouvent », a fait valoir la ministre. 

Les armées poursuivent donc leurs travaux pour améliorer la détection des IED, via des radars pénétrateurs de sol, des radars aériens embarqués pour détecter d'éventuelles modifications de terrain, ou encore des véhicules autonomes d'ouverture d'itinéraire. « Ces technologies ne sont pas encore au point, reconnaît Mme Parly. Mais nous considérons que ce sont des pistes extrêmement prometteuses ». 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.