L’Iran demande aux inspecteurs de ne pas publier de détails «inutiles»

Jeudi, l'AIEA annonçait avoir été informée par l’Iran du lancement de l’installation d’équipements pour la production d'uranium métal. (Fichier / AFP)
Jeudi, l'AIEA annonçait avoir été informée par l’Iran du lancement de l’installation d’équipements pour la production d'uranium métal. (Fichier / AFP)
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Publié le Dimanche 17 janvier 2021

L’Iran demande aux inspecteurs de ne pas publier de détails «inutiles»

  • Le département nucléaire iranien a demandé à l’AIEA d’éviter de publier des détails sur son programme nucléaire qui pourraient prêter à confusion
  • Samedi, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont pressé l'Iran de renoncer à son plan de développement d’uranium métal

 

TÉHÉRAN : l'Iran a exhorté les inspecteurs nucléaires des Nations Unies à éviter de publier des détails "inutiles" sur le programme nucléaire de Téhéran, a rapporté dimanche la télévision d'État, un jour après que l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont déclaré que Téhéran n'avait «aucune utilisation civile crédible» pour son développement d’uranium métal.

Le rapport cite une déclaration du département nucléaire iranien qui demande à l’Agence internationale de l’énergie atomique d’éviter de publier des détails sur le programme nucléaire iranien qui pourraient prêter à confusion.

"On s'attend à ce que l'agence internationale de l'énergie atomique évite de fournir des détails inutiles et s’abstienne de préparer le terrain à des malentendus avec la communauté internationale", indique le communiqué sans autres précisions.

Samedi, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont pressé l'Iran de renoncer à son plan de développement d’uranium métal, qualifiant celui-ci de "dernière violation planifiée" de son accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales. Le but de l'accord est d'empêcher l'Iran de développer une bombe nucléaire, l'Iran insistant sur le fait que ce n’est pas ce qu’il recherche.

" L'Iran n'a aucune utilisation civile crédible de l'uranium métal ", ont déclaré les trois États européens dans un communiqué conjoint. "La production d'uranium métal a des implications militaires potentiellement graves. "

Jeudi, l'AIEA a déclaré que l'Iran l'avait informé qu'il avait commencé à installer des équipements pour la production d'uranium métal, ajoutant que Téhéran maintenait ses plans de recherche et de développement sur la production d'uranium métal qui font partie de son "objectif déclaré de concevoir un type de carburant amélioré".

L'Iran a réagi à la déclaration européenne dimanche, soulignant avoir informé le gardien nucléaire de l'ONU il y a près de deux décennies de ses plans pour la production "pacifique et conventionnelle" d'uranium métal. Téhéran a également déclaré avoir fourni des informations mises à jour à l'agence il y a deux ans sur ses projets de production de carburant avancé au siliciure.

Le communiqué indique que l'uranium métal est un "produit intermédiaire" dans la fabrication du siliciure d'uranium, un combustible utilisé dans les réacteurs nucléaires qui est plus sûr et possède davantage de capacité énergétique que le combustible à base d'oxyde d'uranium, que l'Iran produit actuellement.

Les trois pays européens, aux côtés des États-Unis, de la Russie et de la Chine ont signé l'accord nucléaire de 2015 avec l'Iran qui interdisait la recherche et la production d'uranium métal.

Le président Donald Trump a retiré unilatéralement en 2018 les États-Unis de l'accord nucléaire iranien, dans lequel Téhéran avait accepté de limiter son enrichissement d'uranium en échange de la levée des sanctions économiques. Après que les États-Unis ont intensifié les sanctions, l’Iran a progressivement et publiquement abandonné les limites de l’accord sur son développement nucléaire.

Le président élu Joe Biden, qui était vice-président lorsque l'accord a été signé sous l'administration Obama, a déclaré qu'il espérait ramener les États-Unis à l'accord.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.