Le livre en gros caractères va enfin se voir

Parce qu'ils comptent plus de pages, et que l'impression coûte davantage, ces ouvrages sont plus chers (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 18 janvier 2021

Le livre en gros caractères va enfin se voir

  • Pour offrir un confort de lecture satisfaisant aux malvoyants, ce type de livre doit répondre à des exigences précises
  • Les lecteurs atteints d'autres troubles y trouvent aussi leur compte parfois: dyslexie, dyspraxie, atteintes neurologiques, etc.

PARIS: Le livre en gros caractères, destiné aux lecteurs malvoyants, encore mal connu et isolé dans des recoins de grandes surfaces culturelles, va enfin bénéficier de l'ouverture d'une librairie à Paris mercredi, la première du genre. 

Dans le quartier du Panthéon (5e arrondissement), au 6 rue Laplace, la Librairie des grands caractères est créée par deux maisons d'édition: Voir de près et A vue d'oeil. 

Les autres éditeurs n'y seront pas, dans un premier temps. « Si nos concurrents veulent nous rejoindre, on sera ravi des les accueillir. A condition que dans leur catalogue la qualité soit au rendez-vous », prévient Agnès Binsztok, la directrice éditoriale. 

Qualité des textes, mais surtout de la forme. Pour offrir un confort de lecture satisfaisant aux malvoyants, ce type de livre doit répondre à des exigences précises: caractères grands et simples, lignes espacées, et papier opaque à la teinte douce, pour empêcher la réverbération de la lumière, tout en restant léger. 

Les lecteurs atteints d'autres troubles y trouvent aussi leur compte parfois: dyslexie, dyspraxie, atteintes neurologiques, etc. « J'ai appris récemment que le livre en gros caractères aidait certaines personnes qui ont fait un AVC, et qui sont en rééducation », indique l'éditrice. Soit des millions de lecteurs potentiellement. 

Gros tirage à 900 

Parce qu'ils comptent plus de pages, et que l'impression coûte davantage, ces ouvrages sont plus chers. L'un des succès de ces dernières années par exemple, « Le Lambeau » de Philippe Lançon (500 pages) se vend à 21 euros chez Gallimard, et 8,60 euros en poche chez Folio. Chez Voir de près, il grimpe à 44 euros, pour deux tomes et 850 pages au total. 

Peu de lecteurs peuvent se l'offrir. « Quand j'ai obtenu les droits, Gallimard a accepté qu'on ne fasse que 400 exemplaires. Le succès a été là, on en a réimprimé 50. Cela reste de petits chiffres, mais c'était un récit tellement important qu'il le fallait », concède Mme Binsztok. 

Les « gros tirages » restent en dessous du millier au départ, l'éditeur évoquant par exemple « 800 à 900 exemplaires pour un Marc Levy », le romancier français qui s'est le mieux vendu depuis 2000. 

Son grand rival, Guillaume Musso, est chez un autre éditeur installé au Mans, Libra Diffusio. Le dernier Amélie Nothomb, « Les Aérostats » (2020), a paru chez Feryane, qui n'a pas adopté les « caractères bâtons » jugés indispensables par Voir de près, éditeur du précédent roman de la romancière belge, « Soif » (2019).  

Police de caractères spéciale 

D'après Mathieu Rondeau, concepteur de ces livres, le manque d'uniformité est un problème. « La typographie, c'est ce qu'il y a de plus important », souligne-t-il. « Si vous utilisez du Times, du Garamond, qui sont des typographies traditionnelles dans l'édition », fines et élégantes, « vous avez quelque chose d'esthétiquement très beau, mais qui pour le malvoyant pose des difficultés ».  

Lui ne jure que par une police de caractères libre de droits, créée en coordination avec des malvoyants: Luciole. 

L'idée de la librairie, où le lecteur peut lui-même constater si le confort de lecture lui convient, s'est imposée. Si les vicissitudes de la crise sanitaire de 2020 ont repoussé l'ouverture, l'inauguration va bien avoir lieu, avec un éclairage lui aussi pensé pour les malvoyants, sous une lumière douce et uniforme. 

En venant sur ce segment du livre à gros caractères, « j'ai découvert que beaucoup de gens ignoraient son existence, et que le catalogue souffrait d'une idée reçue, celle de lecteurs âgés qui voulaient des romans de terroir », se souvient Agnès Binsztok. « Il ne demandent pas que ça, évidemment ». 


Le mannequin maroco-britannique Nora Attal exprime son soutien à l'Asie face au racisme

La mannequin maroco-britannique Nora Attal a donné son opinion sur Instagram. (AFP)
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  • « C'est révoltant... Les gens utilisent les Asiatiques comme des boucs émissaires pour exprimer leur colère. »
  • Plus tôt cette semaine, Huda Kattan avait étalement utilisé Instagram afin d’exprimer son indignation

DUBAÏ: Le mannequin maroco-britannique Nora Attal a utilisé Instagram cette semaine pour dénoncer la violence dont la communauté asiatique est victime au Royaume-Uni, en pleine pandémie de coronavirus.

Sur Instagram Stories, elle a partagé une image provenant d’une page qui révèle qu'un professeur d'université a été attaqué par un groupe d’individus dans la ville de Southampton.

Instagram/@noraattal
Instagram/@noraattal

 

 

Elle commente ce triste fait divers en ces termes: «C'est révoltant... Les gens utilisent les Asiatiques comme des boucs émissaires pour exprimer leur colère.»

Plus tôt cette semaine, Huda Kattan, magnat de la beauté américano-irakienne, avait étalement utilisé Instagram afin d’exprimer son indignation. «Malheureusement, ces événements alarmants ont bien peu attiré l'attention des médias, et ce n'est pas normal», a-t-elle ainsi écrit dans un message qu'elle a partagé lundi sur la page Instagram de sa marque de maquillage, Huda Beauty.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Deux œuvres de la Renaissance restituées au Louvre 40 ans après leur vol

Les deux pièces restituées au Louvre (Photo, AFP).
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  • Ce casque et cette dossière d'armure (haut du dos) avaient été légués au mondialement célèbre musée parisien en 1922 par la famille Rothschild, avant d'y être dérobés
  • «Ce sont des armes de prestige, d'un savoir-faire virtuose, un peu l'équivalent des voitures de luxe aujourd'hui»

PARIS: Énigme résolue au Louvre : deux œuvres d'art du milieu du XVIe siècle ont été restituées au musée mercredi, près de quarante ans après leur vol, par la police, qui a retrouvé leur trace lors d'une succession dans le sud-ouest de la France.

Ce casque et cette dossière d'armure (haut du dos) avaient été légués au mondialement célèbre musée parisien en 1922 par la famille Rothschild, avant d'y être dérobés dans la nuit du 31 mai 1983, dans des circonstances qui n'ont jamais été éclaircies.

Mi-janvier, un expert en antiquités militaires, sollicité pour expertiser ces œuvres dans le cadre de la succession d'un habitant de Bordeaux (sud-ouest), a alerté les policiers de l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC).

Ses doutes sur les origines des pièces ont été confirmés après vérification sur le Treima, le fichier qui recense actuellement 100 000 œuvres d'art volées, a précisé le commissaire Frédéric Malon, sous-directeur chargé de la lutte contre la criminalité organisée à la Direction centrale de la police judiciaire. Quelque 900 œuvres ont été volées en 2020, a-t-il rappelé.

L'enquête, ouverte par le parquet de Bordeaux pour recel, devra tenter de déterminer comment les deux pièces, incrustées d'or et d'argent selon la technique du damasquinage, probablement réalisées par un atelier milanais vers 1560-1580, ont atterri chez le particulier bordelais dont la famille réglait la succession. En attendant, le Louvre savoure leur retour.

« J'étais certain qu'on les verrait réapparaître un jour car ce sont des objets trop particuliers », applaudit Philippe Malgouyres, conservateur en chef du patrimoine au département des objets d'art du Louvre. « Mais je ne pouvais pas imaginer que le scénario soit aussi favorable, à savoir qu'il s'agisse d'un recel en France et que les deux objets soient encore ensemble ».

« Ce sont des armes de prestige, d'un savoir-faire virtuose, un peu l'équivalent des voitures de luxe aujourd'hui », a-t-il ajouté. « Au XVIe siècle en Occident, les armes deviennent des objets de très grand luxe, l'armure devient un endroit de luxe et d'ornement qui n'a rien à voir avec son usage ».

Selon Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre, le dernier vol survenu dans le musée le plus visité au monde - avant la pandémie - remonte à 1998. « Un tableau de (Jean-Baptiste Camille) Corot que nous recherchons toujours », a-t-il précisé.


Optimisme chez Courrèges, mode durable chez Chloé

Les mannequins se préparent avant de défiler (Photo, AFP).
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  • Le défilé Courrèges retransmis en ligne a été filmé à La Station-Gare des Mines à Aubervilliers, un lieu de danse et épicentre de la contre-culture
  • Nicolas Di Felice a été nommé directeur artistique de Courrèges en septembre pour donner un nouveau souffle à la maison parisienne, célèbre dans les années 1960 pour son style futuriste

PARIS: Le nouveau styliste de Courrèges, Nicolas Di Felice, a présenté mercredi une collection optimiste pour la « jeunesse qui ne peut pas danser », crise sanitaire oblige, tandis que Gabriela Hearst a fait le pari d'une mode durable chez Chloé. 

Le défilé Courrèges retransmis en ligne, comme toutes les présentations de cette semaine du prêt-à-porter féminin à Paris, a été filmé à La Station-Gare des Mines à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), un lieu de danse et épicentre de la contre-culture.

Un cube blanc dans cette friche industrielle qui a servi de cadre à cette collection évoque l'obsession pour le blanc et les silhouettes graphiques de l'avant-gardiste André Courrèges, fondateur de la maison. 

Minimaliste et presque entièrement monochrome, en noir et blanc, la première collection de Nicolas Di Felice revisite les grandes classiques de la maison comme les mini-robes trapèze, le thème des cercles et les variations autour du vinyle, matière emblématique de la maison avec des cols surdimensionnés. 

De nouvelles silhouettes s'installent dans cette collection, très portable, avec des pantalons taille haute, vestes en denim, bombers, casquettes et cuissardes. 

La collection est « une lettre vibrante à la jeunesse d'aujourd'hui, celle qui ne peut pas danser », souligne la maison dans la note qui accompagne la présentation. 

Nicolas Di Felice a été nommé directeur artistique de Courrèges en septembre pour donner un nouveau souffle à la maison parisienne, célèbre dans les années 1960 pour son style futuriste.

Le créateur de 37 ans, diplômé de La Cambre à Bruxelles et passé par Balenciaga, Dior et Louis Vuitton aux côtés de Nicolas Ghesquière, succède à l'Allemande Yolanda Zobel qui avait quitté la maison en janvier 2020 après deux ans de collections fraîchement accueillies, malgré son engagement de cesser la production de plastique.

Ni viscose, ni polyester

Dans sa première collection pour Chloé, Gabriela Hearst, créatrice américaine d'origine uruguayenne, défend un « sens d'utile à chaque pièce » et prend des engagements environnementaux radicaux. 

« Un virage vers des matériaux bruts à faible impact a permis à la collection d’être quatre fois plus durable que l’an dernier », souligne la maison dans un communiqué.

Elle a décidé d'éliminer les fibres vierges synthétiques comme le polyester ou les fibres cellulosiques artificielles (la viscose), de s'approvisionner en denim recyclé, réemployé et biologique. Plus de 50% de la soie vient de l’agriculture biologique et plus de 80% des fils de cachemire pour la maille sont recyclés. Les sacs sont doublés de lin naturel.

Dans la vidéo, les mannequins sortent de la brasserie Lipp, lieu mythique de Saint-Germain-des-Prés où la fondatrice de la maison, Gaby Aghion, née il y à 100 ans jour pour jour, présentait ses premières collections. 

Elles marchent sur les pavés en tenues décontractées comme des robes rayées à franges ou un poncho intégré à une doudoune. 

Les chaussures, des bottes aux chaussons et Moonboots en passant par les mocassins, répondent au confort, tout en interprétant des formes classiques avec caractère comme une bordure de bottines festonnée en cachemire recyclé.