Emirates lance un programme de vaccination de milliers d'employés

Un Emirates 777 atterrit à l'aéroport d'Heathrow, dans l'ouest de Londres, alors que la quarantaine de 14 jours prévue par le gouvernement britannique pour les arrivées internationales afin de limiter la propagation de Covid-19 commence le 8 juin 2020. (Adrian DENNIS / AFP)
Short Url
Publié le Lundi 18 janvier 2021

Emirates lance un programme de vaccination de milliers d'employés

  • Selon le site allemand de recueil de données Statista, les Emirats se classent deuxième derrière Israël en termes de pourcentage de la population vaccinée
  • La compagnie a souffert de la pandémie de Covid-19, avec ses premières pertes semestrielles en trois décennies, annoncées fin 2020

DUBAÏ: Le groupe de la compagnie aérienne de Dubaï, Emirates, a annoncé lundi un programme de vaccination contre le nouveau coronavirus de son personnel basé aux Emirats arabes unis, qui compte des dizaines de milliers d'employés.

"La campagne de vaccination a débuté ce (lundi) matin, la priorité étant accordée aux employés de première ligne, notamment le personnel naviguant, les pilotes et autres employés", a déclaré le groupe dans un communiqué.

Le programme est destiné à "préserver la santé et le bien-être des employés", s'est félicité le fleuron aéronautique de Dubaï, précisant que les vaccins qui seront administrés sont celui de l'alliance américano-allemande Pfizer-BioNTech et le chinois Sinopharm. 

Selon le site allemand de recueil de données Statista, les Emirats se classent deuxième derrière Israël en termes de pourcentage de la population vaccinée. Avec près de 1,9 million de doses administrées, le pays a vacciné environ 14% de sa population de 10 millions d'habitants.

Emirates a largement repris ses activités après la paralysie du transport aérien mondial, alors que Dubaï garde ses portes grandes ouvertes aux touristes qui fuient les confinements imposés à travers le monde.

La compagnie a souffert de la pandémie de Covid-19, avec ses premières pertes semestrielles en trois décennies, annoncées fin 2020.

Emirates, qui exploite une flotte de 270 gros-porteurs, avait indiqué que le nombre d'employés du groupe, qui comprend d'autres activités liées au transport aérien, comme la restauration et les services au sol, avait été réduit de 24% pour atteindre 81.334 au 30 septembre 2020.

Avant la crise mondiale, Emirates desservait un réseau mondial couvrant plus de 158 destinations dans 84 pays.


Pour Israël, l'interconnexion avec le réseau du Golfe renforce la sécurité énergétique

La vie sur les toits de Tel-Aviv. Israël souhaite des liens énergétiques plus étroits avec le Golfe. (Reuters)
Short Url
  • « La connexion avec l'Égypte et les Émirats et la coopération régionale nous donnent des garanties sur le fait que nous pourrons accroître la sécurité énergétique à l'avenir », indique le ministre
  • « C'est un nouveau Moyen-Orient, particulièrement dans le domaine de l'énergie. »

LONDRES: Le ministre israélien de l’Énergie, Yuval Steinitz, a déclaré que le fait de relier le réseau électrique de son pays à d’autres économies régionales renforcerait la sécurité énergétique de tout le Moyen-Orient. Le ministre israélien a fait ces commentaires mercredi dernier lors du rassemblement virtuel CERAWeek, qui réunit des leaders mondiaux de l'industrie énergétique. À cette occasion, ses homologues des Émirats arabes unis et d'Égypte ont également pris la parole.

« La connexion avec l'Égypte et les Émirats et la coopération régionale nous donnent des garanties sur le fait que nous pourrons accroître la sécurité énergétique à l'avenir », affirme-t-il. « Un simple exemple : si nous pouvons connecter nos systèmes de transport d'électricité entre l'Égypte, Israël, les Émirats arabes unis, et peut-être via la Jordanie et l'Arabie saoudite – et nous parlons également de nous connecter et de cette région à l'Europe via Chypre et la Grèce –, cela nous donnera une sécurité énergétique inédite. »

Ses commentaires interviennent alors que le paysage énergétique du Moyen-Orient est en train d’être redessiné, notamment avec ces nouvelles découvertes de gaz en Méditerranée orientale qui suscitent de nouvelles rivalités en même temps qu’elles rapprochent d’anciens ennemis.

« Un nouveau Moyen-Orient »

« C'est un nouveau Moyen-Orient, particulièrement dans le domaine de l'énergie. La création du Forum du gaz de la Méditerranée orientale au Caire témoigne d’une nouvelle atmosphère », a-t-il expliqué. Le Forum du gaz de la Méditerranée orientale, créé en 2019, comprend l'Égypte, Israël, la Jordanie, Chypre, la Grèce, l'Italie et les territoires palestiniens – mais pas la Turquie.

Mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré que son pays était prêt à négocier avec l'Égypte et à signer un accord sur les frontières maritimes de la Méditerranée orientale. « En fonction de l’évolution des relations, nous pourrions négocier des frontières maritimes avec l'Égypte et parvenir à un accord à l'avenir », a fait savoir le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, aux journalistes.

L’idée de connecter les réseaux électriques de certains des principaux producteurs d’électricité de la région pourrait également réduire la redondance du réseau, a déclaré le ministre de l’Énergie des Émirats arabes unis, Suhail al-Mazroui. « Il est important que nous parlions de la réduction des émissions. Nous devons donc évoquer la réduction de la redondance dans les systèmes que nous avons et, ce faisant, nous pouvons automatiquement réduire les émissions de CO2 », indique-t-il.


Tunisie : Le FMI souligne la nécessité d’un nouveau pacte social pour relancer l'économie

Des Tunisiens achètent du poisson au marché municipal de la ville tunisienne centrale de Sidi Bouzid le 28 octobre 2020. FETHI BELAID / AFP
Short Url
  • Les acteurs politiques, économiques et sociaux doivent aborder la question des réformes « avec un esprit ouver t», explique Chris Geiregat
  • L’adoption d’un nouveau programme de financement pluriannuel pour la Tunisie n’est pas encore à l’ordre du jour

TUNIS: Les acteurs politiques, économiques et sociaux doivent aborder la question des réformes « avec un esprit ouvert » et « savoir qu’elles doivent faire des concessions », insiste Chris Geiregat, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour la Tunisie.

Coupé depuis près d’un an et demi à la Tunisie, le robinet du FMI n’est pas près de se rouvrir. Certes, le bras financier de la communauté internationale a accordé à ce pays, au mois d’avril 2020, un prêt de 745 millions de dollars (soit 615 millions d’euros) « pour lui permettre de répondre aux besoins urgents de financement du budget et de la balance des paiements causés par la pandémie de Covid-19 ». Toutefois, l’adoption d’un nouveau programme de financement pluriannuel n’est pas encore à l’ordre du jour.

Chris Geiregat l’a confirmé mardi 2 mars dernier, en déclarant lors d’un briefing de presse à distance – Covid-19 oblige – que les récents échanges avec le gouvernement tunisien n’avaient pas pour objet la négociation d’un nouvel accord, mais uniquement « la prise du pouls économique du pays ». Car la situation qui avait amené le fonds, au mois de décembre, à suspendre le paiement des deux dernières tranches – totalisant 1,2 milliard sur un prêt de 2,8 milliards de dollars (2,31 milliards d’euros) accordé en avril 2016 – n’a pas changé d’un iota: les réformes décidées alors n’ont pas été mises en œuvre.

Sortir de l'impasse

Pour sortir de cette impasse, le FMI suggère au gouvernement d’élaborer un « ambitieux plan de réformes » et d’organiser un débat national afin de convaincre tous les acteurs politiques, économiques et sociaux de l’approuver et de se l’approprier.

Dans son dernier rapport sur la Tunisie, publié le 2 février, le fonds rappelle les défis auxquels le pays est aujourd’hui confronté: dans l’immédiat, «sauver les vies et préserver les conditions de vie, ce qui, en raison du manque d’espace politique fiscal, nécessitera une priorisation des dépenses». Et, à moyen terme: « D’un côté, soutenir la reprise, atténuer les inégalités sociales, promouvoir une croissance inclusive créatrice d’emplois et entraînée par le secteur privé; de l’autre, réduire les importants déséquilibres et restaurer la durabilité fiscale et externe. »

Pour cela, il faudra « renforcer le filet social », réformer les entreprises publiques, améliorer la gouvernance, lutter contre la corruption et promouvoir la compétition dans le domaine économique.

Les réformes seront difficiles

Le responsable du FMI ne le cache pas: les réformes seront difficiles et « le coût de l’ajustement peut être difficile à supporter à court terme ».

Pour pouvoir l’engager, il faudra, d’après Chris Geiregat, « gagner la confiance de la société en améliorant la gouvernance et en luttant contre la corruption ». Ensuite, les autorités – dont le responsable du FMI a pointé les lacunes en matière de communication – devront commencer par expliquer à la population « la gravité de la situation économique » et « la nécessité d’une nouvelle direction économique », ainsi que ce qu’elle a à y gagner. «Les Tunisiens ne peuvent accepter de difficiles réformes s’ils n’en voient pas les bénéfices», souligne-t-il.

Inexistante jusqu’ici, l’appropriation des réformes par les Tunisiens « est plus importante qu’elle ne l’a pas été par le passé. Car le succès en dépend », indique Chris Geiregat.

Pour finir, s’adressant aux acteurs politiques, économiques et sociaux – et notamment l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le syndicat historique –, le monsieur Tunisie du FMI insiste sur le fait que « toutes les parties » doivent aborder la question des réformes «avec un esprit ouvert » et « savoir qu’elles doivent faire des concessions ».


Le «SPAC», l'instrument financier dont s'amourachent les marchés

Des passants marchent devant la Bourse de New York, à Wall Street (Photo, AFP).
Short Url
  • Les «SPAC» ont permis de lever 83 milliards de dollars aux Etats-Unis l'an dernier, plus que les introductions en Bourse classiques
  • Un « Special Purpose Acquisition Company », est une entreprise sans activité commerciale dont le but est de lever des fonds en entrant sur une place boursière

PARIS: On les appelle aussi les « chèques en blanc », ou les « coquilles vides » : les « SPAC », nouvel instrument financier dont s'amourachent les marchés, ont permis de lever 83 milliards de dollars aux Etats-Unis l'an dernier, plus que les introductions en Bourse classiques.

Explications sur ce nouvel instrument financier qui attire les investisseurs, mais aussi des célébrités telles que le rappeur et producteur Jay-Z, avides de prise de risque et d'innovation.

Investir dans une coquille vide

Un SPAC, ou « Special Purpose Acquisition Company », est une entreprise sans activité commerciale dont le but est de lever des fonds en entrant sur une place boursière.

Ces fonds levés vont permettre au SPAC d'acquérir, généralement dans un horizon de deux à trois ans, une entreprise dans un secteur défini à l'avance. 

En revanche, les investisseurs ignorent au moment de la cotation du SPAC l'identité et donc le modèle d'activité qu'aura la société rachetée à terme. Ils signent, en quelque sorte, un « chèque en blanc ».

Sont visées, en général, des start-up jugées prometteuses, dans des secteurs en vogue allant du cannabis aux voitures électriques.

C'est par exemple via ce système que la société Lucid Motors, spécialisée dans les véhicules électriques et considérée par les spécialistes comme une potentielle concurrente du célèbre constructeur Tesla, entend entrer en Bourse.

Lucid Motors doit fusionner avec un SPAC appelé « Churchill Capital Corp IV ». L'annonce a fait grand bruit à Wall Street, avec des spéculations autour de montants en dizaines de milliards de dollars pour l'opération, qui n'est pas encore concrétisée.

En Europe aussi, le mécanisme essaime. Des entrepreneurs ou hommes d'affaires tels que Xavier Niel (fondateur de Free) ou Bernard Arnault s'y risquent, à des degrés divers. Et la City de Londres voudrait elle aussi sa part de ce gros gâteau.

Pourquoi un tel engouement ?

Pour répondre à la crise engendrée par la pandémie de Covid-19, les banques centrales et les gouvernements ont mis beaucoup d'argent sur la table. Ce qui profite aux placements les plus risqués.

Pour les entreprises cherchant à accéder au marché boursier, le SPAC est une voie d'accès plus rapide et moins coûteuse qu'une introduction en Bourse classique puisque la cotation a déjà eu lieu en amont. 

Des entrepreneurs à succès ou des personnalités (dits « sponsors »), à l'instar du rappeur Jay-Z ou de l'ancienne star de basket-ball Shaquille O'Neal aux Etats-Unis, associent généralement leurs noms aux SPACs, contribuant à leur publicité.

Jay-Z, qui veut devenir un leader de l'industrie légale du cannabis aux Etats-Unis, et soutenir les entrepreneurs afro-américains ou issus de minorités visibles, est ainsi le Chief Visionary Officer (« visionnaire en chef ») d'une société, The Parent Company, qui prend la forme d'un SPAC afin de lever des fonds.

Un pari (donc risqué) sur l'avenir 

Investir dans un SPAC est donc un pari, qui peut plus ou moins bien tourner. Il peut arriver que le SPAC ne rachète finalement aucune société, ou que le rachat se révèle un fiasco.

Mais si le SPAC a misé sur le bon cheval et que la société avec laquelle il a fusionné prospère, c'est le jackpot. 

L'opération concernant Lucid Motors semble à cet égard particulièrement bien nommée, puisque nombre de commentateurs y voient un test de la clairvoyance, ou non, des investisseurs à propos du constructeur de véhicules électriques. Les actions de la SPAC qui doit servir de véhicule à son entrée en Bourse se sont écroulées depuis l'annonce de l'opération. 

Les investisseurs gardent un souvenir cuisant du fabricant de camions électriques et à hydrogène Nikola, qui avait connu une ascension fulgurante après son entrée en juin 2020 sur le Nasdaq via ce mécanisme. Avant que l'entreprise ne soit emportée dans un vaste scandale de fraude.