La négociation revient à l'ordre du jour entre Suez et Veolia

Les logos des deux entreprises, géants de l’eau et des déchets (Photo, AFP).
Les logos des deux entreprises, géants de l’eau et des déchets (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 19 janvier 2021

La négociation revient à l'ordre du jour entre Suez et Veolia

  • Après le rachat de 29,9% de ses titres par Veolia à Engie début octobre, Suez a fermé la porte aux discussions avec son vieux rival concernant une OPA « amicale » sur le reste de ses actions
  • Continuant à chercher un repreneur, Suez a finalement annoncé dimanche avoir reçu une offre d'Ardian avec le fonds américain GIP

PARIS: Suez et son concurrent Veolia, qui cherche à l'absorber, se retrouveront peut-être bientôt à la table des négociations, après avoir ferraillé pendant des mois au tribunal.

Le numéro deux mondial de l'eau et des déchets a annoncé dimanche avoir trouvé un investisseur alternatif en la personne du fonds français Ardian. Mais l'annonce a été accueillie froidement par Veolia et porte encore bien des inconnues.

Que veut négocier Suez ?

Après le rachat de 29,9% de ses titres par Veolia à Engie début octobre, Suez a fermé la porte aux discussions avec son vieux rival concernant une OPA « amicale » sur le reste de ses actions, dénonçant une casse sociale et industrielle.

Continuant à chercher un repreneur, Suez a finalement annoncé dimanche avoir reçu une offre d'Ardian avec le fonds américain GIP.

Leur lettre d'intention vise « à permettre une solution amicale et rapide ». Objectif : maintenir la pérennité des deux entreprises. Et cette fois, le conseil d'administration reparle de négociation avec Veolia.

« Il y avait une forme d'enlisement et de blocage de la situation, c'est le moins que l'on puisse dire. Il est de notre responsabilité d'essayer d'en sortir par le haut et cette offre de ce consortium d'investisseurs est ce qui permet de le faire », a expliqué à la presse le directeur général Bertrand Camus, indiquant avoir téléphoné juste avant à son homologue Antoine Frérot.

Les modalités « resteront à négocier avec Veolia », a indiqué Camus, mais cela pourra aller « jusqu'au dépôt d'une offre sur l'ensemble du capital de Suez avec 18 euros par action » (le prix payé par Veolia).

Et selon lui, il est prévu d'ouvrir le tour de table dans une deuxième étape.

Quel intérêt pour Ardian et GIP ?

Ardian s'était déjà dit prêt en septembre à jouer les chevaliers blancs auprès de Suez, avant de renoncer en contexte « inamical ».

Dimanche, son patron Mathias Burghardt a de nouveau revendiqué une démarche « amicale ».

« Les investisseurs aiment les ‘utilities’ (services essentiels), notamment les concessions de gestion de l'eau car, même si les tarifs sont sous pression, ils restent attractifs et offrent une bonne visibilité sur le long terme », explique Xavier Regnard, analyste chez BryanGarnier.

En revanche, lettre d' « intention » n'est pas encore « offre » formelle.

Que veut négocier Veolia ?

La réponse a été immédiate : « les 29,9% que Veolia possède au capital de Suez ne sont pas à vendre ».

« Notre objectif est de racheter Suez », a dit Antoine Frérot à la presse lundi soir. « Je veux construire un grand projet industriel et j'ai besoin des actifs qui peuvent le constituer ».

Pour lui, la proposition d'Ardian n'est « pas une offre » : « il n'y a pas de projet alternatif à celui de Veolia. Nous allons donc pouvoir dialoguer avec Suez » sur cette seule base, a-t-il dit.

Le groupe compte reprendre les discussions laissées en octobre. Il propose par exemple d'étoffer le bloc Suez Eau France, qu'il ne pourra garder pour cause de lois anti-trust, en lui adjoignant des actifs supplémentaires.

Veolia comptait le céder au fonds Meridiam. L'activité pourrait-elle passer chez Ardian ?

L'antitrust sera juge, a répondu Frérot, ajoutant que « Meridiam propose des engagements importants, sociaux, de durée de l'actionnariat, d'investissement. Je serais intéressé de connaître les engagements de GIP et d'Ardian ».

« Que proposent Ardian et GIP ? Une contre-opération financière avec un effet de levier par la dette, dans une perspective de court terme pouvant conduire à un démantèlement », a aussi rétorqué lundi le patron de Méridiam Thierry Déau dans un entretien aux Echos.

Alors quels scénarios ?

Les négociations pourraient-elles aboutir à un partage d'activités avec in fine un Veolia plus gros et un Suez plus petit ? Une source proche du dossier répond par l'affirmative.

Du côté du gouvernement, Bruno Le Maire s'est dit lundi, sur RTL, « favorable à une solution amicale », car « on traite d'activités stratégiques ».

« Pour l'instant ça reste flou », note Xavier Regnard. « Veolia a toujours la main mais ils ont tout intérêt à se mettre à la table des négociations pour arriver à une solution amicale ».

« Il y a toute une série de possibilités », dit-il. Par exemple, « Veolia pourrait échanger ses 29,9% contre des actifs de Suez. L'intérêt industriel serait plus limité mais cela resterait intéressant ». Et « si aucune solution amicale n'est trouvée, il faudra attendre l'AG (d'ici juin) pour voir si les actionnaires décideront de suivre ou changer le conseil d'administration, ce qui était le scénario jusqu'ici évoqué. »


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.