Islam: la «charte des principes» ouvre la voie à la création d’un conseil national des imams

Le président du CFCM Mohammed Moussaoui signe la "Charte des principes" aux côtés du président français Emmanuel Macron le 18 janvier 2021. (AFP).
Le président du CFCM Mohammed Moussaoui signe la "Charte des principes" aux côtés du président français Emmanuel Macron le 18 janvier 2021. (AFP).
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Publié le Mardi 19 janvier 2021

Islam: la «charte des principes» ouvre la voie à la création d’un conseil national des imams

  • Approuvée par le Conseil français du culte musulman suite à des semaines de négociations et de crises internes, cette charte affirme l’attachement des musulmans français aux valeurs républicaines
  • Des sources de l’Elysée estiment que le texte de la charte, formée de 10 articles, constitue un texte fondateur, limpide, clair et sans ambiguïté

PARIS: Après des années passées à se morfondre des amalgames dont ils font l’objet en France, les musulmans français ont franchi un grand pas en établissant une véritable démarcation entre eux et l’islamisme politique par l’adoption de la « Charte des principes pour l’islam de France ».

Approuvée par le Conseil français du culte musulman (CFCM) suite à des semaines de négociations et de crises internes, cette charte affirme l’attachement des musulmans français aux valeurs républicaines. Elle affirme surtout que l’Islam, deuxième religion du pays, est totalement compatible avec ces valeurs.

La charte, adoptée par le CFCM suite à une séance de discussions, dimanche, avec le ministre français de l’Intérieur et des Cultes, Gerard Darmanin, a été présentée lundi au président de la République, Emmanuel Macron.

Ce dernier s’est félicité lors de sa rencontre avec le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, et des membres dirigeants du conseil, de la « clarification de l’organisation du culte musulman ».

Emmanuel Macron a également indiqué qu’il s’agissait d’un « engagement net, clair et précis en faveur de la République ».

En effet, cette charte dont l’adoption coïncide avec le début des discussions en commission parlementaire sur la loi contre le séparatisme, dont le but est de combattre le radicalisme, ouvre la voie à la création d’un conseil national des imams, « CNI », qui sera chargé de labéliser les imams exerçant en France.

Des sources de l’Élysée estiment que le texte de la charte, formée de 10 articles, constitue un texte fondateur, limpide, clair et sans ambiguïté.

En préambule, la charte approuvée à l’unanimité par les membres du CFCM stipule qu’« aucune conviction religieuse ne peut être invoquée pour se soustraire aux obligations des citoyens », ce qui correspond selon l’Elysée à la reconnaissance de la supériorité de la République par rapport aux convictions religieuses.

Elle affirme la parfaite compatibilité des droits républicains avec les valeurs islamiques et souligne que les musulmans de France appartiennent pleinement à la communauté nationale.

La charte affirme aussi le respect de tous les principes liés à la laïcité et de la liberté de conscience et le refus du prosélytisme actif, ainsi que le droit de renoncement à la religion, allusion faite aux « takfiris » qui interdisent un tel renoncement.

Par ailleurs, la charte condamne catégoriquement tout appel à la haine, et insiste sur l’égalité entre la femme et l’homme.

Elle affirme surtout le rejet de toute ingérence étrangère dans les affaires des musulmans de France, qu’elle soit financière ou politique, et refuse que les lieux de culte servent à diffuser des discours politiques ou importent des conflits qui ont lieu dans d’autres parties du monde.

Les lieux de culte devront selon la charte être réservés à la prière et à la transmission des valeurs.

Partant de là, la charte rejette l’islam politique et s’arrête longuement devant la nécessité de la séparation de l’Islam du fait politique et souligne la nécessité de designer les courants qui se livrent à l’islam politique.

En dernier lieu, elle instaure un mode de contrôle et de sanctions quand la charte n’est pas respectée par un des signataires, ces sanctions pouvant mener à l’exclusion du contrevenant de toutes les instances représentatives de l’Islam de France.

Cette charte signée par six des neuf fédérations qui constituent le CFCM, a failli ne pas voir le jour après le coup d’éclat du représentant de l’une de ses grandes composantes, le recteur de la grande mosquée de Paris Chems eddine Hafiz.

Ce dernier s’était retiré au mois de décembre des travaux d’élaboration de la charte pour protester selon lui contre « la composante islamiste au sein du CFCM, notamment celle liée à des régimes hostiles à la France ».

Ce retrait faisait craindre le retour aux querelles traditionnelles entre les composantes des musulmans français selon leur pays d’origine.

Toutefois, le recteur Hafiz se sentant isolé, selon des sources proches du CFCM, est revenu à la table des négociations au bout de deux semaines.

Dans une déclaration faite après l’adoption de la charte, il a évoqué cet « épisode de division qui a entachée nos travaux ».

M. Moussaoui a, de son côté, estimé que « c’était necessaire de réaffirmer d’une façon solennelle ces valeurs » qui constituent la charte. Reste maintenant, selon l’Elysée, à la faire vivre en l’élargissant à d’autres acteurs que les fédérations du CFCM.

A noter que toutes les fédérations du conseil ne l’ont pas signée, mais pourront le faire dans un délai de quinze jours.

Parmi les fédérations non signataires à ce jour, deux sont d’obédience turque : la « Mission pour la loi et pratique » et le « Comité de coordination des musulmans de France.


G7, Groenland, Russie: Macron face au défi de ne pas rompre le fil avec Trump

Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements. (AFP)
Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements. (AFP)
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  • "Mon ami", commence le président français dans un message privé qui n'aurait pas dû être publié mais a été révélé mardi par son homologue américain
  • "Nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland", poursuit-il

PARIS: Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements.

"Mon ami", commence le président français dans un message privé qui n'aurait pas dû être publié mais a été révélé mardi par son homologue américain.

"Nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland", poursuit-il.

Il propose d'"organiser une réunion du G7 à Paris jeudi après-midi", et se dit prêt, "en marge" de ce sommet, à "inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes".

Une présence officielle de dirigeants russes à Paris serait inédite depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine il y a bientôt quatre ans. La Russie a été expulsée du G8, redevenu G7, à la suite de l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014, même si Donald Trump a plusieurs fois exprimé le vœu de la réintégrer.

La réponse du président américain n'a pas été rendue publique, et rien ne dit à ce stade que ce sommet se fera. Le Kremlin a assuré n'avoir reçu aucune invitation.

Emmanuel Macron estime avoir appris à gérer sa relation avec Donald Trump lors du premier mandat à la Maison Blanche et depuis son retour il y a un an.

Face à des tensions à nouveau au plus haut en raison de la volonté américaine de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois, et des menaces de taxes douanières accrues contre les Etats européens qui s'y opposent, le président français tente de jouer sur les codes de la diplomatie disruptive de son homologue.

"Le président Trump aime faire des opérations. J'ai un peu le même tempérament, donc je comprends très bien", avait reconnu Emmanuel Macron en octobre au sujet de ses "coups" qui sèment souvent la sidération.

Accusé d'être trop accommodant il y a deux semaines sur le Venezuela, le chef de l'Etat français est monté en première ligne pour défendre la souveraineté du Danemark et du Groenland, en dépêchant des militaires sur l'île arctique aux côtés de l'Allemagne notamment.

Puis il a été le plus ferme des dirigeants de l'UE à s'élever contre les menaces douanières, en demandant d'activer son "instrument anti-coercition", considéré comme le "bazooka" en cas de guerre commerciale.

Parallèlement, Paris a été le premier grand pays à dire clairement "non" à l'invitation américaine à un "Conseil de la paix" qui ressemble à un substitut de l'ONU, mais totalement à la main de Donald Trump.

Fin de mandat 

Ce dernier a réagi à ce refus en moquant son homologue français, dont "personne ne veut car il va bientôt terminer son mandat", et en agitant le spectre de droits de douane de 200% sur les vins et champagnes.

Hasard du calendrier, cette séquence intervient le jour de la diffusion, prévue mardi sur la chaîne France 2, d'un documentaire dans lequel on voit Emmanuel Macron appeler le dirigeant américain en mai depuis Kiev pour lui dire que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté sa proposition de cessez-le-feu. "Prix Nobel pour ça!", "tu es le meilleur", répond l'intéressé.

Les deux hommes, qui avaient cassé les codes, chacun à sa manière, pour arriver aux affaires en 2017, avaient d'abord noué une relation particulière, entre séduction et rapport de forces. Mais la vraie-fausse idylle a depuis connu des hauts mais aussi beaucoup de bas.

A tel point qu'Emmanuel Macron est régulièrement accusé, en France et parfois en Europe, d'en faire trop pour plaire à Donald Trump.

L'ex-président François Hollande a estimé que son successeur à l'Elysée avait tort de vouloir ménager l'Américain "pour essayer de l'influencer" et de "tout faire pour garder Donald Trump sur le terrain européen".

C'est bien la stratégie d'Emmanuel Macron: "garder Trump au plus près de nous" lorsque les intérêts européens sont en cause, sur l'Ukraine, le Groenland ou le commerce. "Gérer ses à-coups" et les poussées de tensions, quitte à avaler des couleuvres, quand monter au créneau serait peine perdue.

"Il pense qu'il faut choisir ses batailles", analyse Célia Belin, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales. "C'est un principe de réalité: quand la gesticulation ne sert à rien, ça nous rend à la limite plus faibles", dit-elle à l'AFP.

Selon elle, "l'Europe a besoin que la France", pays doté de l'arme nucléaire et porteuse par tradition gaulliste d'une voix à part, "se mette plus en avant dans la confrontation avec Trump".

 


France: Marine Le Pen à la barre au procès en appel des assistants parlementaires de l'extrême-droite

Présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement National (RN), Marine Le Pen quitte le palais de justice lors de son procès en appel pour détournement présumé de fonds publics européens, à Paris, le 15 janvier 2026. (AFP)
Présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement National (RN), Marine Le Pen quitte le palais de justice lors de son procès en appel pour détournement présumé de fonds publics européens, à Paris, le 15 janvier 2026. (AFP)
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  • Marine Le Pen comparaît en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du FN/RN, après sa condamnation en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, compromettant sa candidature à la présidentielle de 2027
  • Elle ajuste sa ligne de défense, n’excluant plus une irrégularité mais niant toute intention frauduleuse,

PARIS: La cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen est appelée mardi à la barre au procès en appel à Paris des assistants parlementaires du Front national, où elle joue sa candidature à la présidentielle de 2027.

La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (RN, alors appelé Front national) et à d'autres cadres d'avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l'argent du Parlement européen.

Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris l'a déclarée coupable de détournement de fonds publics et l'a notamment condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, l'empêchant en l'état de se présenter à la présidentielle prévue en avril 2027. Un coup de tonnerre au moment où la candidate survolait les intentions de vote pour le premier tour.

Comme dix autres condamnés en première instance, Mme Le Pen, 57 ans, a fait appel.

Sous les boiseries du palais de justice, elle va être interrogée mardi après-midi et toute la journée de mercredi par la cour, puis par les représentants de l'accusation et les avocats des différentes parties.

Elle a martelé en fin de semaine dernière être "engagée dans un combat pour (son) innocence", avec "cette conviction que la cour entendra les arguments que le tribunal n'a pas entendus".

Marine Le Pen, qui espère être autorisée à mener à bien sa quatrième candidature à l'Elysée, a désigné Jordan Bardella pour la remplacer si elle en était empêchée par la justice.

- Nouvelle ligne de défense -

Alors que le second quinquennat d'Emmanuel Macron s'est enlisé faute de majorité à l'Assemblée nationale - où le RN dispose d'un record de 120 députés - M. Bardella est donné largement en tête dans les sondages et aucun candidat incontestable ne se dégage à droite et au centre gauche.

Mais Marine entend reprendre la main en cas de feu vert des juges.

Elle a dans cette perspective infléchi sa ligne de défense, ne niant plus la possibilité d'avoir commis un délit, contrairement à ce qu'elle soutenait en première instance.

Devant les juges d'appel, elle a lors de sa première prise de parole il y a une semaine assuré n'avoir eu "aucun sentiment" de commettre une irrégularité, et accusé le Parlement européen de n'avoir pas "pas joué (son) rôle d'alerte" alors qu'elle n'avait "rien dissimulé".

Un argument balayé jeudi par l'institution européenne lors de la déposition de son représentant, le directeur général des finances Didier Klethi, qui a dénoncé une "organisation bien rodée que seule l'instruction (de la justice) a permis de révéler".

En première instance, les juges ont établi le préjudice restant du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.


Les images du vol spectaculaire du Louvre dévoilées

Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision. (AFP)
Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision. (AFP)
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  • On y voit notamment deux des cambrioleurs: l'un porte une cagoule noire et un gilet jaune, l'autre est vêtu de noir et d'un casque de moto. Tous deux s’introduisent dans la galerie Apollon où se trouvaient les bijoux.
  • Ces images les montrent enjambant la porte-fenêtre, après être montés via un monte-charge

PARIS: Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision.

On y voit notamment deux des cambrioleurs: l'un porte une cagoule noire et un gilet jaune, l'autre est vêtu de noir et d'un casque de moto. Tous deux s’introduisent dans la galerie Apollon où se trouvaient les bijoux.

louvre

Ces images les montrent enjambant la porte-fenêtre, après être montés via un monte-charge.

L'un des deux hommes, s'attaque, muni d'une disqueuse, à la vitrine dans laquelle se trouvait le diadème de l'Impératrice Eugénie, qu'il parvient à saisir après avoir donné des coups de poings dans le verre.

Il vient ensuite en aide au deuxième malfaiteur s'affairant sur la vitrine voisine, qui attrape plusieurs bijoux à toute vitesse.

Le tout aura duré moins de quatre minutes, sous les yeux de quelques agents impuissants, l'un d'eux brandissant un poteau de guidage sans savoir que faire, selon les images de France Télévisions.

Le butin a été estimé à 88  millions d'euros.

Les voleurs auraient pu être stoppés "à 30 secondes près", a notamment estimé mi-décembre Noël Corbin, chef de l'Inspection générale des affaires culturelles (Igac).