Macron face aux «blessures» de la guerre d'Algérie

Emmanuel Macron, de passage à Alger en pleine campagne pour la présidentielle en février 2017 (Photo, AFP)
Emmanuel Macron, de passage à Alger en pleine campagne pour la présidentielle en février 2017 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 20 janvier 2021

Macron face aux «blessures» de la guerre d'Algérie

  • En février 2017, Emmanuel Macron déclare à la télévision algérienne qu' «il est inadmissible de faire la glorification de la colonisation»
  • Le chef de l'Etat annonce l'ouverture des archives sur la disparition des civils et militaires, français et algériens, durant le conflit

PARIS: Il est né 15 ans après la fin du conflit en 1962, mais Emmanuel Macron accorde une grande importance à la guerre d'Algérie, dont il veut regarder en face »les blessures » afin de »réconcilier les mémoires » entre Français et Algériens. 

Voici ses principales déclarations et décisions sur le dossier, avant la remise mercredi du rapport qu'il a demandé à l'historien Benjamin Stora à un an du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie en 2022. 

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Le général Charles de Gaulle et le général Jacques Massu à Alger le 4 juin 1958 (Photo, AFP/Archives) 

 

EN BREF 1962: accords d'Evian 

De Gaulle négocie avec le Front de libération nationale (FLN) et le 18 mars 1962 les accords d'Evian proclament un cessez-le-feu. 

Le 8 avril, les accords sont approuvés en métropole à 90%. Le 1er juillet, en Algérie, un référendum approuvé à 99,72% scelle l'indépendance. 

Commence alors l'exode de près d'un million de pieds-noirs, tandis qu'au moins 55.000 harkis sont massacrés en Algérie. 

Le 5 juillet, l'Algérie, dont Ahmed Ben Bella (FLN) deviendra le premier président, proclame son indépendance. 

« Crime contre l'humanité » 

En février 2017, Emmanuel Macron, de passage à Alger en pleine campagne pour la présidentielle, déclare à la télévision algérienne qu' « il est inadmissible de faire la glorification de la colonisation », qui fait « fait partie de l'histoire française » et »est un crime contre l'humanité ». Ces propos sont vivement critiqués par ses adversaires de droite en France. 

Quelques mois plus tôt, il avait évoqué, dans son livre « Révolution », « des éléments de civilisation » dans la colonisation de l'Algérie: »il y a eu la torture, mais aussi l'émergence d'un Etat, de richesses, de classes moyennes (...) Il y a eu des éléments de civilisations et des éléments de barbarie ». 

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Le président français Emmanuel Macron et Michele Audin, fille de Maurice Audin (Photo, AFP)

Pas « prisonnier du passé » 

« Qu'est-ce que vous venez m'embrouiller » avec la colonisation?, lance le président Emmanuel Macron à un jeune d'une vingtaine d'années croisé dans une rue d'Alger au cours de sa visite en Algérie en décembre 2017. Et il lui demande de « ne pas être prisonnier du passé » mais de « regarder vers l'avenir ». 

Clamant être venu « en ami », le chef de l'Etat fait un geste en annonçant la restitution des restes de 24 insurgés algériens tués au XIXe siècle par l'armée française et conservés au Musée de l'Homme à Paris. Ce qui sera fait en juillet 2020, Alger saluant « un grand pas ».  

« Pardon » 

Le 14 septembre 2018, Emmanuel Macron crée la surprise en rendant visite à la veuve de Maurice Audin, 61 ans après la mort sous la torture de ce militant communiste de 25 ans. 

Il demande « pardon » à Josette Audin, 87 ans, à qui il remet une déclaration reconnaissant, « au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté, ou torturé à mort », un décès « rendu possible par le système institué alors en Algérie par la France ».  

Cette décision est applaudie à gauche, mais « Macron commet un acte de division en pensant flatter les communistes », s'indigne Marine Le Pen. 

Le chef de l'Etat annonce également ce jour-là l'ouverture des archives sur la disparition des civils et militaires, français et algériens, durant le conflit. Alger réclame à la France la remise de « la totalité » des archives (1830-1962), considérées comme « inaliénables et imprescriptibles » par Paris. 

Quelques jours plus tard, il promeut une vingtaine de harkis dans les ordres de la Légion d'honneur et du Mérite. Il avait promis, en 2017, de rendre hommage à ces combattants algériens ayant servi la France, avant d'être abandonnés par Paris dans des conditions tragiques. 

EN BREF Conquête et colonisation 

Le 14 juin 1830, les Français débarquent en Algérie suite à un incident diplomatique avec le dey d'Alger lié à une dette française que le consul de France a refusé d'honorer. 

La défaite d'Abd-el-Kader, le 14 août 1843, marque la bascule en faveur de la France et l'Algérie devient constitutionnellement territoire français en 1848. Une loi de 1873 scelle la francisation de la propriété et la spoliation des tribus. 

« Apaisement » 

« Il importe que l'histoire de la guerre d'Algérie soit connue et regardée avec lucidité. Il en va de l'apaisement et de la sérénité de ceux qu'elle a meurtries », explique Emmanuel Macron en confiant en août 2020 une mission à l'historien Benjamin Stora.  

Revenant sur le sujet, il déclare, lors d'un discours aux Mureaux en octobre, que le « séparatisme » islamiste est en partie « nourri » par les « traumatismes » du « passé colonial » de la France et de la guerre d'Algérie, qui « nourrit des ressentiments, des non-dits ». 

« Au fond, nous nous sommes enfermés dans une espèce de balancier entre deux postures: l'excuse et la repentance d’une part, le déni et la fierté de l'autre. Moi, j'ai envie d’être dans la vérité et la réconciliation », résume-t-il dans un entretien à Jeune Afrique en novembre, en annonçant qu'il prendra des mesures après la remise du rapport Stora. 


Dialoguer avec l'Algérie est «une nécessité», selon l'ambassadeur de France à Alger

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
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  • "Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer"
  • "On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse"

PARIS: Dialoguer avec l'Algérie "est une nécessité", a estimé lundi l'ambassadeur de France Stéphane Romatet, tout en appelant au "respect" mutuel entre les deux pays, qui ont amorcé un rapprochement après près de deux années de profonde crise diplomatique.

"Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer", a affirmé sur France Inter le diplomate, qui a fait son retour à Alger le 8 mai, près d'un an après avoir été rappelé par le président Emmanuel Macron.

"On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse", a-t-il poursuivi, en référence aux critiques souvent émises par la droite et l'extrême droite françaises.

Interrogé sur le sort du journaliste français Christophe Gleizes détenu depuis bientôt un an, M. Romatet a estimé que "si on stigmatise, si on jette l'anathème sur ce pays, on n'y arrivera pas. Reprendre cette relation avec Alger (...) c'est aussi aider Christophe à revenir le plus tôt possible en France".

Arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

L'ambassadeur a toutefois fustigé des propos "inacceptables" publiés par le quotidien El Watan visant le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui s'est rendu au Maroc le 20 mai. Le journal évoquait une "vassalisation" à Rabat et multipliait les attaques personnelles contre le ministre, qualifié notamment de "technicien sans relief" et de "ministre de paille".

"De part et d'autre (...) il faut faire preuve de respect. Nous attendons du respect de la part de l'Algérie", a affirmé M. Romatet.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 lorsque Paris a apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

La crise s'était aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement en France d'un influenceur algérien, Amir DZ. Cette affaire avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur Romatet.

Un dégel a été amorcé depuis février, marqué par les visites de trois ministres français à Alger. "D'autres visites sont programmées de ministres algériens en France, de hauts responsables français en Algérie dans les semaines qui viennent", a ajouté M. Romatet.


Chaleur: Météo-France étend la vigilance jaune à 18 départements dont Paris et petite couronne

Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
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  • Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros"
  • "Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée"

PARIS: La vigilance jaune canicule a été étendue à 18 départements jusqu'à mardi, Paris et la petite couronne ainsi que la Manche basculant lundi à ce niveau d'alerte, a annoncé Météo-France dans son dernier bulletin.

Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros", a indiqué l'établissement public dans son bulletin publié à 06H00.

Les départements concernés sont le Finistère, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, Le Maine-et-Loire, la Sarthe, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente, les Deux-Sèvres, la Vienne, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Finistère, suivis à partir de midi par la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Paris.

"Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée. Il fait 30°C à 35°C sur la moitié Nord. Dans le Sud-Ouest, le mercure atteint 32°C à 36°C, tout comme dans la vallée du Rhône. Sur le reste du Sud-Est, on attend 29 à 32°C", a écrit Météo-France.

Le pays est la proie d'un "dôme de chaleur" depuis dimanche qui agit comme un couvercle. L'air chaud en provenance du Maroc transite par la péninsule ibérique et se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone.

Les climatologues ont montré que les canicules à répétition étaient un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

 


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.