A l'ère de l'infox, les «fact-checkers» proposés pour le Nobel de la paix

Chaque année, des centaines de noms sont proposés pour la prestigieuse distinction. Parmi les autres candidatures connues pour 2021 figure Donald Trump qui a pour sa part popularisé l'expression «fake news» (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 22 janvier 2021

A l'ère de l'infox, les «fact-checkers» proposés pour le Nobel de la paix

  • Dans la pratique, l'élue a avancé la candidature de l'International Fact-Checking Network (IFCN), un réseau de plusieurs dizaines de médias et d'organisations actives dans la vérification des faits
  • Joe Biden avait exhorté ses compatriotes à rejeter la manipulation des faits, dans une référence à son prédécesseur Donald Trump, qui a nié pendant des semaines le résultat de l'élection présidentielle

OSLO: Faisant valoir que «la première victime d'une guerre, c'est la vérité», une députée norvégienne a annoncé jeudi avoir proposé la candidature des «fact-checkers», les vérificateurs des faits, au prix Nobel de la paix.

«Nous vivons à une époque où combattre les mensonges est tellement important que @JoeBiden l'a mentionné dans son discours» d'investiture, a expliqué Trine Skei Grande, ex-présidente du parti Libéral, actuellement au pouvoir en Norvège au sein d'une coalition.

«Cette année, j'ai proposé les vérificateurs des faits au prix Nobel de la paix. Ils ont besoin de notre soutien», a-t-elle ajouté sur Twitter.

Dans la pratique, l'élue, qui a notamment été ministre de la Culture puis de l'Education entre 2018 et 2020, a avancé la candidature de l'International Fact-Checking Network (IFCN), un réseau de plusieurs dizaines de médias et d'organisations actives dans la vérification des faits.

Dans un courriel à la communauté mondiale des «fact-checkers», le directeur de l'IFCN, Baybars Örsek, a fait part du «sentiment énorme d'humilité et de fierté» régnant à la tête de l'organisation, après l'annonce que sa candidature était avancée.

«Si nous sommes conscients qu'il s'agit d'une étape très préliminaire dans un voyage sans égal, c'est un grand témoignage du travail de notre mouvement», a-t-il écrit.

L'Institut Nobel accepte toutes les candidatures valides envoyées avant la date-limite du 31 janvier, sans qu'il faille y voir une quelconque reconnaissance de sa part.

Chaque année, des centaines de noms sont proposés pour la prestigieuse distinction. Parmi les autres candidatures connues pour 2021 figure... l'ex-président américain Donald Trump qui a pour sa part popularisé l'expression «fake news».   

Des dizaines de milliers de personnes (parlementaires et ministres de tous les pays, anciens lauréats, certains professeurs d'université, etc.) sont habilitées à soumettre une candidature au Nobel de la paix.

Mercredi, Joe Biden avait exhorté ses compatriotes à rejeter la manipulation des faits, dans une référence à son prédécesseur Donald Trump, qui a nié pendant des semaines le résultat de l'élection présidentielle.

«Chacun d'entre nous a le devoir et la responsabilité, en tant que citoyens, qu'Américains, et particulièrement en tant que dirigeants, (...) de défendre la vérité et de combattre les mensonges», avait souligné le nouveau président américain. 

Faisant référence en matière de lutte contre l'infoxl'IFCN compte, selon son site internet, 79 signataires certifiés à travers le monde. Outre le service de fact-checking de l'Agence France-Presse, on y retrouve celui du Washington Post, du Monde («Les Décodeurs»), de Reuters ou encore Africa Check.

Le Nobel de la paix sera attribué début octobre. L'an dernier, il avait couronné le Programme alimentaire mondial (PAM).


Lever des fonds, le parcours du combattant des femmes entrepreneuses

La statue de la Fille sans peur à Wall Street, New York. Les femmes du secteur financier américain applaudissent les signes de progrès de géants financiers comme Cititgroup, qui est devenu la première grande banque de Wall Street à nommer une femme directrice générale. (Kena Betancur/AFP)
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  • Lever des fonds pour une jeune pousse tient souvent à la confiance que son fondateur inspire aux financiers. Or les fondatrices en inspirent visiblement beaucoup moins
  • Le circuit officieux qui relie les entrepreneurs aux fonds de capital-risque est principalement ouvert aux hommes blancs issus d'universités prestigieuses comme Stanford dans la Silicon Valley

SAN FRANCISCO : "Je ne dis pas qu'il faut faire des cadeaux aux femmes, je dis simplement qu'elles n'ont pas accès au même nombre de transactions", résume l'entrepreneuse Lauren Foundos, après des années d'expérience et de rendez-vous avec des investisseurs pour financer sa start-up, Fortë.

Lever des fonds pour une jeune pousse tient souvent à la confiance que son fondateur inspire aux financiers. Or les fondatrices en inspirent visiblement beaucoup moins, d'après Lauren Foundos et d'autres femmes interviewées par l'AFP.

"Parfois, avant même que je présente mon projet, ils me demandaient si j'étais prête à laisser la place de patron à quelqu'un d'autre", raconte-t-elle.

Cette New-Yorkaise a toujours excellé à tout ce qu'elle a tenté, du hockey sur gazon à l'université aux marchés de Wall Street, où elle était courtière en bourse, jusqu'à la création en 2015 de Fortë, une plateforme de cours de gym en ligne qui a décollé pendant la pandémie.

Elle est habituée à ce que le chemin soit plus ardu en tant que femme, mais les entretiens avec les fonds de capital-risque, "c'était un autre niveau", constate-t-elle.

Régulièrement, les investisseurs parlaient d'elle à la troisième personne, comme si elle n'était pas là, pour se demander si elle tiendrait le coup émotionnellement et qui s'occuperait des finances.

"Quand ça arrive, je leur dis que je suis là. Et que je suis la personne responsable des finances. J'ai travaillé dans de grandes banques pendant 10 ans."

Aux États-Unis, un pourcentage très faible des sommes investies dans des start-up vont à des sociétés fondées par des femmes, d'après Allyson Kapin, associée du W Fund, un fonds qui privilégie les dirigeantes.

Harcèlement contre financement

Elle explique que les apports aux dirigeantes de start-up ont plongé en 2020, qui a pourtant été une année record pour les financements par les fonds de capital-risque.

Et surtout elle s'indigne de ce manque de clairvoyance, alors que ces entreprises délivrent de meilleurs retours sur investissement selon ses données: "Ce n'est pas une question d'altruisme ou de charité... Il est question de gagner plein de fric !".

Lauren Foundos a récolté plus de 8 millions de dollars en tout, ces dernières années. Elle est en train de conclure sa quatrième levée de fonds, de loin la plus rapide et la plus fructueuse, après des mois de pandémie qui ont fait exploser la demande pour les cours de sport à distance.

Lors des entretiens, elle amène avec elle son "bras droit", un associé à l'accent britannique, très prisé aux Etats-Unis, pour améliorer ses chances de succès.

Souvent, elle demande aux hommes de l'autre côté de la table s'ils ont déjà investi dans des sociétés dirigées par des femmes. La réponse est toujours "non".

Parfois, c'est pire. Selon une étude récente de l'association Women Who Tech ("les femmes qui font de la tech"), les propositions de relations sexuelles en échange de financements ou de présentation à des contacts sont monnaie courante pour les fondatrices de jeunes pousses.

Quelques 44% des dirigeants interviewées ont mentionné du harcèlement pendant le processus des levées de fonds, comme des allusions sexuelles ou des contacts physiques non voulus.

Priorité aux hommes blancs

Le circuit officieux qui relie les entrepreneurs aux fonds de capital-risque est principalement ouvert aux hommes blancs issus d'universités prestigieuses comme Stanford dans la Silicon Valley, selon Allyson Kapin et d'autres.

"Ce n'est pas représentatif du monde dans lequel on vit et c'est problématique parce que vous essayez de résoudre des problèmes mondiaux à travers le prisme d'une poignée de personnes - essentiellement des hommes blancs", analyse-t-elle.    

Les femmes non blanches ont ainsi encore plus de mal à obtenir l'argent nécessaire.

Fonta Gilliam a travaillé à l'étranger pour le gouvernement américain, avec des institutions financières, avant de créer la start-up Invest Sou Sou, spécialisée dans la banque sociale.

Inspirée par les villages africains qui mettent leurs économies en commun, cette entrepreneuse afro-américaine a créé une application mobile gratuite qui reprend cette idée, en ajoutant de l'intelligence artificielle.

Elle a démontré avec un prototype la capacité du concept à générer des revenus, mais a tout de même eu l'impression de se heurter à un mur.

"Nous devons toujours sur-performer et sur-compenser", constate-t-elle. "Les hommes sont crus sur parole alors que nous devons prouver les choses dix fois."

Certains investisseurs lui ont offert des valorisations tellement insultantes qu'elle a quitté des rendez-vous.

"On avance à la force du poignet, mais je pense que ça finira par payer", raconte-t-elle. "Le truc avec les start-up de femmes noires, c'est que la barre est tellement haute pour obtenir du soutien que les entreprises sont généralement plus solides, plus résistantes."

Le Département d’État américain célèbre aujourd’hui les « femmes de courage »
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Femmes dans la finance, l’expérience américaine

Allyson Kapin, General Partner du W Fund et co-fondatrice de Women Who Tech, jette un œil par sa porte arrière avant un entretien avec l'AFP à Washington, DC, le 24 février 2021. Des pourcentages dérisoires de l'argent du capital-risque vont aux startups féminines aux États-Unis, la part du lion revenant aux hommes, selon Kapin. (Nicholas Kamm / AFP)
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  • Les expériences des femmes dans la finance américaine sont uniques. Trois d'entre elles témoignent
  • Il y a certainement "une marge de progression" pour améliorer la diversité dans la finance mais la situation évolue, estime Anna Zhou

NEW YORK : Entre des situations gênantes et la solidarité féminine, entre une carrière ralentie par la maternité et des opportunités inédites: les expériences des femmes dans la finance américaine sont uniques. Trois d'entre elles témoignent.

"Ça n'a jamais été facile"

"J'ai eu de la chance, j'ai été promue et soutenue par mes pairs et supérieurs tout au long de ma carrière", reconnait d'emblée Hermina Batson, aussi appelée Nina. Mais être une femme afro-américaine dans la finance n'a "jamais été facile".

Elle ne s'est pas sentie rejetée, mais s'est parfois trouvée dans des situations gênantes.

"Il m'est arrivé plusieurs fois d'arriver dans des salles de réunion que je devais animer et avoir des clients ou des supérieurs me tendre leur manteau ou s'asseoir à mon siège." Avec l'âge, elle a appris à leur tendre en retour son propre manteau.

Sa fascination dès le plus jeune âge pour les billets et le système bancaire avait poussé sa mère à l'emmener visiter l'antenne de la banque centrale américaine à New York, à six ans.

Tout en poursuivant ses études, Mme Batson a commencé dès la sortie du lycée à travailler dans des banques, gravissant peu à peu les échelons jusqu'à passer 25 ans avec la banque japonaise MUFG et y devenir responsable au sein du département en charge des produits titrisés.

"Je suis actuellement en transition, mais j'ai très envie de rester dans le secteur de la finance", explique-t-elle.

Elle prendra en juillet la tête de l'Association des femmes de la finance, une organisation créée en 1956 par huit femmes qui s'étaient vu refuser l'entrée dans un club masculin.

La nomination de Jane Fraser à la tête de Citigroup est à ses yeux une bonne nouvelle. "Pour toute personne venant d'une minorité, pouvoir voir quelqu'un qui lui ressemble, ou venant du même monde, est très très important pour faire bouger les choses."

Elle loue aussi les nouvelles règles ayant poussé les établissements financiers à se pencher sur la question de la diversité et à être plus transparents sur le sujet.

Mais "on n'y est pas encore", dit-elle en regrettant notamment les disparités salariales.

"J'ai vu s'ouvrir plus de portes"

Sélectionnée dans l'équipe d'escrime de la prestigieuse université Yale en 2016, Anna Zhou, 22 ans, n'avait pas vraiment d'idée précise sur son avenir à la sortie du lycée. Jusqu'à ce qu'elle rencontre l'organisation Girls Who Invest (GWI), qui cherche à promouvoir les femmes dans les métiers de la gestion de portefeuilles.

Entre deux années universitaires, elle a pu suivre une formation intensive à la finance puis des stages d'été dans la société d'investissements Wellington Management, basée à Boston.

Plusieurs femmes, à divers échelons de l'entreprise, l'ont épaulée. Ce soutien et la diversité des employés l'ont incitée à y accepter un emploi à la fin de ses études.

Il y a certainement "une marge de progression" pour améliorer la diversité dans la finance mais la situation évolue, estime Mme Zhou.

Depuis sa première année universitaire, elle a " vu s'ouvrir plus de portes vers la finance grâce en partie à des organisations comme GWI", assure-t-elle. "J'ai pu constater l'importance pour les femmes du secteur d'avoir un solide réseau et je promeus désormais cette idée autour de moi."

Chez Wellington, elle profite d'un programme mettant formellement en relation des responsables, hommes ou femmes, avec des employés plus jeunes.

Travailler à temps partiel, "une vraie différence"

"Avant même que ce soit populaire, S&P m'a donné l'opportunité de travailler à temps partiel quand j'ai commencé à avoir des enfants", explique Robin Prunty, 57 ans et depuis 1987 à l'agence de notation S&P Global Ratings. A l'époque, en 1993, "beaucoup de femmes devenant mère quittaient l'entreprise."

"Ce devait être une expérimentation de six mois, ça a duré 17 ans (...). Je pense que ça a fait une vraie différence pour les autres femmes de la compagnie. Ça a en tout cas été un important facteur dans ma décision de rester dans l'entreprise".

Sa carrière n'a probablement pas avancé aussi rapidement, reconnaît-elle. Mais ses supérieurs "appréciaient le fait de garder quelqu'un avec de l'expérience". Et quand elle a repris un emploi à temps plein, elle est rapidement devenue manager.

Elle est aujourd'hui responsable du département recherche et analyse sur les finances publiques américaines, un métier dont elle se dit "passionnée".

"Si on regarde les conseils d'administration, les directions, le secteur de la finance peut encore s'améliorer". Mais le fait d'avoir de plus en plus d'études démontrant l'avantage d'avoir une réelle diversité à tous les niveaux de l'entreprise, aide, selon elle, à faire avancer la situation.


Le Département d’État américain célèbre aujourd’hui les « femmes de courage »

1- Zarifa Ghafari, d'Afghanistan, prend la parole lors de la 14e cérémonie annuelle de remise des prix International Women of Courage (IWOC) au département d'État de Washington, DC, le 4 mars 2020. (Mandel Ngan/AFP)
2- Susanna Liew, épouse du pasteur chrétien malaisien enlevé Raymond Koh, montre le prix international 2020 des femmes de courage qui lui a été envoyé à sa résidence à Kuala Lumpur. Elle ne sait toujours pas si son mari est vivant ou mort, mais ne compte pas abandonner le combat pour le retrouver. (Mohd Rasfan / AFP)
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  • La 15e édition du Prix IWOC du secrétaire d’État récompense les femmes qui ont fait preuve d’un courage et d’un leadership exceptionnels au service de la paix, de la justice, des droits de l’homme, de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation
  • Un prix d’honneur sera également conféré à cette occasion à sept femmes leaders et militantes d’Afghanistan qui ont été assassinées pour leur dévouement à la cause de l’amélioration de la vie de leurs compatriotes

WASHINGTON : Le secrétaire d’État Antony J. Blinken accueille aujourd’hui une cérémonie de remise de prix virtuelle au cours de laquelle la première dame, Dr. Jill Biden, prononcera une allocution spéciale.

Le lundi 8 mars, à 10h00, le secrétaire d’État Antony J. Blinken accueillera la cérémonie virtuelle annuelle des prix internationaux du courage féminin (International Women of Courage Awards ou IWOC) pour honorer un groupe de femmes extraordinaires du monde entier. Un prix d’honneur sera également conféré à cette occasion à sept femmes leaders et militantes d’Afghanistan qui ont été assassinées pour leur dévouement à la cause de l’amélioration de la vie de leurs compatriotes. La première dame des États-Unis, Dr Jill Biden prononcera une allocution pour rendre hommage aux réalisations courageuses de ces femmes.

Par prudence et dans un souci de sécurité et de distanciation sociale, la cérémonie sera uniquement couverte par un nombre limité de représentant de la presse et diffusée en direct sur www.state.gov.

En sa 15e année, le Prix IWOC du secrétaire d’État récompense une fois de plus les femmes du monde entier qui ont fait preuve d’un courage et d’un leadership exceptionnels au service de la promotion de la paix, de la justice, des droits de l’homme, de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes – souvent au prix de grands risques et sacrifices personnels. Depuis la création de ce prix en mars 2007, le département d’État a récompensé plus de 155 lauréates de plus de 75 pays. Les missions diplomatiques américaines à l’étranger nomment une femme de courage de leurs pays d’accueil respectifs, et les finalistes sont sélectionnées et approuvées par les hauts fonctionnaires du département d’État. Après la cérémonie virtuelle de remise des prix IWOC, les lauréates participeront à un échange virtuel du programme International Visitor Leadership Programme (IVLP) et seront mises en contact avec leurs homologues américains. Les lauréates de 2021 sont :

Cameroun – Maximilienne C. Ngo Mbe

Maximilienne C. Ngo Mbe a fait preuve d’un leadership, d’un courage et d’une persévérance extraordinaires face à l’adversité dans son action en faveur de la promotion des droits humains au Cameroun et en Afrique centrale. Elle a porté les préoccupations des acteurs de la société civile, sacrifiant souvent sa sécurité personnelle, dans la lutte pour une solution pacifique à la crise anglophone au Cameroun. Elle a appelé à mettre fin aux violations des droits humains perpétrées par les séparatistes et les forces de sécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et par les forces de sécurité dans l’Extrême-Nord. Maximilienne a également exprimé son opposition aux contraintes accrues imposées à la société civile, aux journalistes et à l’opposition politique par le gouvernement du Cameroun. Son engagement en faveur des droits humains a été inébranlable malgré les intimidations, les menaces et les agressions dont elle a fait l’objet.

République démocratique du Congo – Julienne Lusenge

Depuis 1978, Julienne Lusenge est la principale militante en république démocratique du Congo (RDC) qui lutte contre la violence basée sur le genre et en faveur de la promotion des droits des femmes et des filles dans les situations de conflit. En 2000, elle a créé Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral, la principale organisation congolaise au service des droits des femmes et des filles contre l’impunité de la violence sexiste. Le témoignage véhément de Julienne a contribué à l’adoption d’accords internationaux tels que la résolution 1820 de l’ONU, qui reconnait la violence sexuelle comme arme de guerre. Julienne a touché la vie de millions de femmes de toute la RDC, et attiré l’attention de la communauté internationale pour susciter une prise de conscience et de mesures face à l’ampleur de la violence sexuelle qui ébranle les communautés en RDC.

En plus des prix individuels IWOC qui seront remis aujourd’hui, 8 mars, le secrétaire Blinken remettra également un prix d’honneur IWOC à un groupe de sept femmes afghanes assassinées en 2020 alors qu’elles servaient leurs communautés à un moment charnière de l’histoire de l’Afghanistan. Ces meurtres tragiques mettent en lumière une tendance alarmante caractérisée par des attaques de plus en plus fréquentes à l’encontre de femmes en Afghanistan, et les États-Unis condamnent ces actes de violence.

•  Fatema Natasha Khalil, une fonctionnaire de la Commission afghane indépendante des droits de l’homme qui a été tuée en juin 2020 avec son chauffeur par un engin piégé à Kaboul, alors qu’elle se rendait à son bureau.

•  La générale Sharmila Frough, responsable de la division du genre à la Direction nationale de la sécurité (NDS), était l’une des femmes de la NDS dont l’ancienneté dans les services était la plus importante, puisqu’elle avait assumé la direction de la division anti-enlèvement et secrètement travaillé dans le cadre de la lutte contre les réseaux criminels. La générale Frough a été assassinée dans l’explosion d’un EEI visant son véhicule en mars 2020 à Kaboul.

•  Maryam Noorzad, une sage-femme qui a travaillé dans des régions éloignées des provinces de Wardak et de Bamyan avant de travailler pour l’hôpital PD 13 de Médecins sans frontières à Kaboul. Le 12 mai 2020, trois hommes armés ont attaqué la maternité de l’hôpital, mais Maryam a refusé de quitter sa patiente qui était en train d’accoucher. Maryam, sa patiente et le nouveau-né ont été tués dans la salle d’accouchement.

•  Fatima Rajabi, une policière de 23 ans originaire de la province de Ghazni et membre de la division anti-stupéfiants. Elle se rendait à son village natal du district de Jaghori dans un minibus civil en juillet 2020 lorsque les talibans ont arrêté le véhicule et l’ont faite prisonnière. Deux semaines plus tard, les talibans l’ont tuée et ont envoyé sa dépouille, qui présentait des blessures par balle et des indications de torture, à sa famille.

•  Freshta, fille d’Amir Mohamed, une gardienne de prison de 35 ans au bureau de l’administration pénitentiaire. Elle marchait de sa résidence dans la ville de Kandahar vers un taxi sur le chemin du travail lorsqu’elle a été assassinée par un homme armé inconnu le 25 octobre 2020.

•  Malalai Maiwand, une journaliste à la radio et télévision Enikas, a été abattue avec son chauffeur par un homme armé le 10 décembre 2020, lors d’une attaque contre son véhicule à Jalalabad. Malalai n’était pas la première de sa famille à être ciblée. Cinq ans plus tôt, sa mère, une militante, avait également été tuée par des inconnus armés.

•  Freshta Kohistani, une militante des droits des femmes et de la démocratie de 29 ans, a été assassinée par des inconnus armés près de son domicile dans la province de Kapsia le 24 décembre 2020. Kohistani organisait régulièrement des événements en faveur de la défense des droits des femmes en Afghanistan et se servait des médias sociaux comme de plate-forme pour diffuser ses messages